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    DST-RG, le renseignement en fusion

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    By Sarah Akel on 14 juin 2007 Non classé

    L ‘immeuble est banal mais très protégé. En son sein, des centaines de policiers découvrent leur nouveau cadre de travail et déballent leurs cartons, remplis de documents confidentiel défense. La Direction centrale des renseignements généraux, les fameux « RG », et la DST (Direction de la surveillance du territoire) viennent d’emménager dans des locaux communs, rue de Villiers à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). La sous-direction de l’antiterrorisme (SDAT) de la police judiciaire est en train de les rejoindre. Il ne s’agit pas d’une question accessoire de locaux, mais d’une étape historique dans les relations entre ces services, souvent rivaux.

    Le rapprochement des services de renseignement est un serpent de mer qui a survécu à plusieurs générations de policiers. Malgré des contacts opérationnels plus fréquents, les RG et la DST demeuraient des maisons aux méthodes différentes, jalouses de leurs prérogatives.

    La DST, créée en 1944 pour « lutter contre les activités d’espionnage et contre l’ingérence des puissances étrangères », présente la particularité d’avoir une double casquette : elle fait du renseignement classique, mais bénéficie aussi de la compétence judiciaire. Cela signifie qu’elle a la charge de certaines enquêtes préliminaires ou informations judiciaires, qui lui sont confiées par le parquet ou bien par le juge saisi.

    Fixées par le décret du 22 décembre 1982, les missions de la DST sont traditionnellement de trois types : contre-espionnage, contre-terrorisme, protection du patrimoine économique et scientifique. Elle a dû aussi répondre à de nouvelles menaces, telles la prolifération des armes nucléaires, bactériologiques, chimiques, ou la grande criminalité organisée. En matière de terrorisme islamiste, la DST est l’interlocuteur quasi exclusif des magistrats, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Elle a notamment établi un lien de confiance privilégié avec le juge Jean-Louis Bruguière, figure de proue des juges antiterroristes au Palais de justice de Paris, aujourd’hui lancé en politique. Un lien qui a conduit, selon les détracteurs du système antiterroriste français, à des abus réguliers en matière de détention provisoire, grâce à une législation préventive très sévère.

    Les RG, pour leur part, ont pour principal atout leur maillage territorial par quelque 4 000 fonctionnaires. Les RG ont abandonné leur vocation historique de « police politique » pour se consacrer à des missions prioritaires : la lutte contre le terrorisme, les violences urbaines, le suivi des mouvements radicaux et sectaires, l’étude de l’opinion… En matière antiterroriste, leur vocation est de détecter, en amont, des individus potentiellement dangereux, par exemple engagés dans une radicalisation religieuse en rupture avec la société. Les fonctionnaires des RG n’ont pas d’habilitation d’officiers de police judiciaire, mis à part un groupe spécifique (courses et jeux).

    Quant à la SDAT, au moment des attentats islamistes de 1995 en France, c’est elle qui avait la charge des enquêtes. Puis, a suivi une longue éclipse, pendant laquelle ses policiers se sont concentrés sur le terrorisme basque et corse. Depuis deux ans, la directrice centrale de la Police judiciaire (la PJ), Martine Monteil, a essayé de revitaliser la section islamiste de la SDAT, dans l’espoir d’en faire, un jour, l’unique interlocuteur des juges.

    La plupart des hauts responsables policiers admettent aujourd’hui l’idée que cet éparpillement des responsabilités conduit souvent à des doublons. La pression budgétaire et la nécessité de recentrer les services sur des missions modernes ont convaincu Nicolas Sarkozy, dès son arrivée au ministère de l’Intérieur en mai 2002 : une fusion RG-DST serait un gage d’efficacité et d’économies. Mais le président Jacques Chirac s’y était opposé, craignant l’émergence d’un outil aussi puissant aux mains de son rival. L’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée lui donne aujourd’hui l’occasion de concrétiser ce projet. Les réserves de la nouvelle ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui se contenterait bien de l’étape du déménagement, pourraient ne pas résister longtemps. Mais il reste à régler bien des questions, d’hommes et d’organigramme, avant que cette fusion ne devienne réalité.

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-923138@51-923141,0.html

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