Les sujets conflictuels soigneusement évités au sommet d’aujourd’hui à Koweït

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L’ÉCLAIRAGE

C’est aujourd’hui que s’ouvrira, pour la première fois au Koweït, le 25e sommet arabe ordinaire, avec pour thème : « La solidarité pour un avenir meilleur ». Un thème très ambitieux étant donné l’importance des conflits entre plusieurs États et les divergences autour d’un grand nombre de dossiers.

Étalés sur deux jours, les travaux du sommet se concentreront, selon des sources ministérielles koweïtiennes, sur des questions fondamentales en rapport avec la complémentarité, la coopération et la coordination entre les États membres ainsi que sur les développements qui s’accélèrent dans la région, sans pour autant toucher aux sujets qui fâchent. Les délibérations auront lieu sur base du projet de communiqué et des recommandations établis par la conférence ministérielle, qui s’était tenue dimanche, indique-t-on de mêmes sources, en soulignant que la présence massive de souverains, d’émirs et de chefs d’État arabes témoigne de l’importance de cette réunion au sommet à laquelle participera, pour la première fois, un représentant du sud du Soudan.

À la veille de l’ouverture du sommet, les contacts se sont intensifiés, afin d’éviter des conflits ou des échanges acerbes, suivant les vœux de l’émir du Koweït qui espère que cette réunion permettra de rompre la glace entre plusieurs États et de paver la voie devant l’émirat pour qu’il puisse entreprendre plus tard une médiation entre les pays du Conseil de coopération du Golfe, notamment après le rappel par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn de leurs ambassadeurs au Qatar, reprochant à Doha ses ingérences dans les affaires de ses voisins.

Certains observateurs n’ont pas exclu dans ce cadre une éventuelle rencontre entre l’émir du Qatar et le prince héritier saoudien et font état d’une initiative koweïtienne dans ce sens. Le conflit entre les pays du CCG plane sur le sommet, même si, de sources ministérielles, on affirme que les monarchies du Golfe sont soucieuses de ne pas importuner leur hôte et de s’efforcer de maintenir les débats dans un cadre positif, « par respect pour l’État hôte et en signe d’appréciation de la politique qu’il suit et de son rôle au niveau du règlement des crises qui soufflent sur la région ».

Dans ce contexte, il ne faut pas s’attendre à ce que des sujets en rapport avec la représentation syrienne au sommet, la présidence de la délégation égyptienne, la guerre en Syrie ou l’adjonction des Frères musulmans sur la liste des organisation terroristes soient abordés par les dirigeants arabes. Plusieurs chefs arabes doivent intervenir à la séance d’ouverture, dont le président Michel Sleiman, qui prendra la parole après le roi Abdallah de Jordanie.

Selon des sources informées, la délégation libanaise que préside M. Sleiman et qui est notamment composée du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, et des ministres des Finances, Ali Hassan Khalil, et de la Santé, Waël Abou Faour, a multiplié les contacts afin d’introduire des amendements au texte du communiqué final du sommet. Dans sa nouvelle mouture, le texte doit faire part de l’appui du sommet arabe à la déclaration de Baabda, aux résolutions du Groupe international d’appui au Liban, au Tribunal international spécial pour le Liban, à l’armée libanaise ainsi qu’à un règlement du dossier des réfugiés syriens.

Parallèlement, M. Bassil multiplie ses contacts en marge des travaux du sommet, pour encourager ses homologues arabes à user de pressions sur leurs gouvernements respectifs pour qu’ils maintiennent le contact avec le Liban et qu’ils lèvent l’interdiction faite à leurs ressortissants de se rendre au pays du Cèdre. Dans ce même contexte, il a notamment invité son homologue saoudien à autoriser l’ambassadeur d’Arabie à regagner son poste à Beyrouth.

De mêmes sources, on souligne que ces modifications ont été agréées par tous les participants arabes au sommet dont une grande partie devrait quitter le Koweït après la séance d’ouverture, aujourd’hui. Les sujets conflictuels pourraient être ainsi examinés au niveau des chefs de la diplomatie, à la faveur d’entretiens bilatéraux ou multilatéraux, en marge des travaux du sommet. Au sommet, ce sont donc les questions qui rapprochent qui seraient abordées, comme la cause palestinienne, le rejet d’une demande israélienne de reconnaissance du caractère juif de l’État et un accord sur la tenue du prochain sommet au Caire.

La culture aura par ailleurs la part belle au cours de la réunion du Koweït, puisqu’il est question, pour la première fois, d’un sommet arabe culturel dont la date et le lieu restent à déterminer.

L’Orient Le Jour

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