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    Le retour du Liban sous l’emprise des Assad

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    By Jean-Pierre Filiu on 8 mai 2023 à la une
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    Le Liban se prépare à élire à la présidence de la République un proche de Bachar Al-Assad, dont le grand-père avait déjà, en 1976, légitimé l’occupation syrienne d’une partie du pays.

     

    Ils s’appellent tous deux Soleiman Frangié, selon une coutume arabe qui prénomme les petits-fils en écho de leur grand-père, mais aussi en illustration d’un implacable féodalisme. C’est ainsi que Bachar Al-Assad a prénommé son fils aîné Hafez, en hommage à Hafez Al-Assad, le fondateur de cette dynastie dictatoriale, maître absolu, de 1970 à 2000, d’une Syrie qu’il avait « léguée » à son fils, lequel prépare un nouvel Hafez Al-Assad à sa propre succession.

    Dans le nord du Liban voisin de la Syrie, Soleiman Frangié avait pris en 1960 la tête du fief familial de Zghorta, dont il devint député, réélu à deux reprises, avant d’accéder en 1970 à la présidence de la République. C’est à ce titre que, en 1976, il appelle officiellement les troupes de Hafez Al-Assad à intervenir au Liban, afin d’y contrer l’offensive de la gauche libanaise, alliée aux fedayins palestiniens. Une fois que ce péril a été écarté, l’armée syrienne continuera d’occuper une bonne partie du Liban durant près de trente ans. Aujourd’hui, c’est un nouveau Soleiman Frangié, aussi proche de Bachar Al-Assad que son grand-père l’était de Hafez, qui brigue la présidence de la République, une élection qui marquerait le retour du Liban sous l’emprise des Assad.

    Samir Kassir, figure respectée de la presse libanaise, a conceptualisé dès 2004 le lien, à son avis indissoluble, entre l’indépendance du Liban et la démocratie en Syrie. Il lui paraissait en effet inconcevable de prétendre garantir la souveraineté du pays du Cèdre tant qu’un despote tenait Damas d’une main de fer. C’est d’ailleurs pour écraser l’alternative progressiste au Liban que, en 1976, le président Hafez Al-Assad y était intervenu à la demande du président Soleiman Frangié.

    Le message de Samir Kassir

    L’occupation syrienne s’était accompagnée d’un pillage systématique du Liban, avec constitution de solides réseaux de criminalité transfrontalière, entre autres pour le trafic de stupéfiants. Mais le despote de Damas avait surtout consolidé une gestion confessionnelle de la politique libanaise, étouffant toutes les tentatives d’émergence d’une authentique citoyenneté. La milice chiite du Hezbollah pro-iranien, fondée en 1982 avec l’aval de Hafez Al-Assad, était devenue son principal instrument de contrôle du Liban, au nom d’une communauté de « résistance » contre Israël.

    Bachar Al-Assad, une fois installé sur le trône familial en 2000, n’amenda rien de cette dialectique entre l’absolutisme syrien et la soumission libanaise. Il fit même assassiner, en février 2005, Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais, qui, après des années de complaisance, avait enfin décidé de tenir tête à Damas. Soleiman Frangié, surnommé « Slimy » pour le distinguer de son grand-père, est alors ministre de l’intérieur. Il apporte sa caution chrétienne aux relais chiites de la Syrie que sont le Hezbollah et Nabih Berri, président du Parlement depuis 1992.

    L’attentat contre Rafic Hariri suscite une vague de manifestations, qui, sous le nom de « révolution du Cèdre », parvient à obtenir le retrait des troupes syriennes du Liban. La célébration de la « libération » du pays n’est pourtant que de courte durée. En juin 2005, Samir Kassir périt dans l’explosion d’une voiture piégée, un meurtre bientôt suivi d’une série d’assassinats de journalistes, de députés et de militants ayant tous en commun leur opposition à la tutelle syrienne.

    Le candidat du Hezbollah

    Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, est vu sur un écran géant alors qu’il s’adresse à la foule dans un discours télévisé lors d’un rassemblement organisé dans la banlieue sud de Beyrouth le 16 février 2016.

    Bachar Al-Assad, furieux d’avoir été expulsé du Liban, est en effet déterminé à se venger dans le sang de cette humiliation. Les patriotes libanais, soumis à une nouvelle forme de mainmise de Damas, moins directe, mais tout aussi meurtrière, reprennent espoir en 2011, lorsqu’un soulèvement révolutionnaire, initialement pacifiste, débute en Syrie. Mais le Hezbollah est tout aussi conscient des enjeux transfrontaliers de la contestation syrienne, ce pourquoi il s’engage sans réserve aux côtés du régime Assad. La contribution de la milice chiite est déterminante, non seulement dans la répression féroce que mène la dictature syrienne, mais aussi dans la polarisation confessionnelle qui en découle. Une telle polarisation creuse, au Liban même, le fossé entre sunnites et chiites, tandis que les personnalités chrétiennes s’y divisent sur l’attitude à adopter envers Damas.

    L’appui inconditionnel qu’apporte « Slimy » Frangié à Bachar Al-Assad n’en est que plus significatif. Cet alignement perdure malgré les secousses de la contestation populaire du système confessionnel, en octobre 2019, puis de l’explosion qui ravage le port de Beyrouth, en août 2020. La banqueroute financière, dévastatrice pour la classe moyenne, se double d’un blocage des institutions, dont le clientélisme communautaire ne peut que sortir renforcé.

    Depuis l’automne 2022, la présidence de la République est vacante, car Nabih Berri a veillé à ce que le quorum des députés ne soit jamais réuni. Bachar Al-Assad attend en effet que l’impasse persistante lui permette d’imposer son protégé Soleiman Frangié à la tête du Liban. L’intéressé ne s’en cache même pas, lui qui revendique ce « que beaucoup n’ont pas : la confiance du Hezbollah et de Bachar Al-Assad ».

    La récente réconciliation de l’Arabie saoudite et de l’Iran, suivie de la normalisation entre Riyad et Damas, semble ouvrir la voie à une élection de Frangié à la présidence libanaise. Si cette perspective se confirme, se confirmera aussi le message énoncé par Samir Kassir au prix de sa vie : le Liban ne sera jamais pleinement indépendant tant que la Syrie ne sera pas démocratique.

    Jean-Pierre Filiu(Professeur des universités à Sciences Po)

    LE MONDE

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