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    Caramel

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    By Sarah Akel on 17 août 2007 Non classé

    Vu dans une salle parisienne, tout film libanais prend un autre goût. Depuis quelques années, j’en ai vu quelques-uns, ceux de Ghassan Salhab (Terra incognita, Le dernier homme), ceux du couple Joreige aussi, notamment a Perfect Day, Falafel le premier long-métrage de Michel Kammoun, la comédie musicale Bosta l’autobus, écrite, produite et réalisée par Philippe Aractingi, etc.

    A la magie d’entendre des comédiens parler (malheureusement souvent, réciter) en libanais, succède la reconnaissance de certains lieux de Beyrouth, de certaines situations qui font la magie de la capitale libanaise (bouchons quotidiens, policiers qui draguent, j’en passe, et des meilleures), et puis enfin, le générique final, dévoilant des noms d’amis, de camarades de classe, en somme, de personnes qu’on a côtoyées, connues, admirées, et qui, reconnaissons-le, se débrouillent plutôt bien, pour que le cinéma libanais existe.

    Sorti mercredi donc, jour de l’Assomption, le long-métrage de Nadine Labaki, Caramel, après avoir été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du dernier festival de Cannes, n’a pas manqué de m’étonner.

    Une histoire simple, un scénario correct et une image parfaite, signée Yves Sehnaoui, magnifiquement cadrée, aux couleurs chaudes (influence peut-être des publicités et vidéo-clips musicaux que Labaki et Sehnaoui ont respectivement depuis quelques années déjà, réalisés et cadrés).

    Labaki essaie de suivre au quotidien les journées de quatre jeunes femmes qui tiennent un salon de coiffure à travers notamment leurs aventures amoureuses. Layale (interprété par la réalisatrice) est la maîtresse d’un homme marié, Rima a des tendances ambiguës envers les femmes. Nisrine, à la veille de son mariage est prise au piège entre la modernité à laquelle elle aspire notamment en prenant comme pseudonyme « Julie Pompidou » et les mœurs des vieilles familles musulmanes ce qui va la conduire à vouloir se faire « recoudre ». Jamale, enfin, refuse de vieillir. Il ne faut pas oublier Rose la couturière, à la vue de laquelle on a envie de fredonner « dis moi Céline, les années ont passé… » et qui s’occupe de sa sœur Lily, caractère inspiré d’une vieille dame du quartier de Gemmayzeh et qui ramasse les feuilles dans la rue, espérant des lettres de son amant disparu.

    Ces femmes sont attachantes, et le public féminin libanais pourrait s’identifier au moins à l’une d’elles. Leurs récits se croisent, s’entrecoupent, se superposent. Parfois anecdotiques, leurs apparitions font sourire; Jamale, ménopausée, se tache volontairement le habits, Rima, allume le générateur du premier coup, Layale se fait courtiser par un policier (joué par le talentueux Adel Karam) et à défaut de roses, se voit offrir tous les jours des PV, Nisrine veut avoir, une fois, un prénom français, privilège des femmes chrétiennes. Et pourtant, ces portraits virent parfois au stéréotype (nécessaire certes pour le processus d’identification), sans parvenir à donner aux caractères une épaisseur psychologique qui aurait accordé au film toute sa cohérence.

    Car, si tout a l’air de bien fonctionner, il est un moment dans le film, où le récit s’effiloche, laissant place à une série d’anecdotes, amusantes certes, mais trop rapides.
    En tout cas, mieux vaut se contenter de l’ambiance plaisante qui se dégage que de chercher à comprendre la structure du film, car son plus grand défaut, réside peut-être dans les enchaînements. Je ne citerai qu’un seul exemple, celui de l’alternance entre les scènes de Nisrine dans le bloc opératoire, et la machine à coudre de Rose. Car Nisrine va se faire « recoudre », on l’a bien compris, et l’intérêt d’une métaphore réside indubitablement dans la suggestion que dans la démonstration.

    Paradoxalement, les autres sujets « tabous » traités par Labaki restent eux, dans l’évoqué, le non-dit. Layale retrouve son amant dans sa voiture, garée sous un pont, un peu comme la superbe scène d’Intervention divine, où les amants se retrouvent en voiture dans un no man’s land. La question qui se poserait alors serait de savoir ce que cache ce parti pris de la réalisatrice; une volonté de rester pudique, pour plaire à un public moyen oriental où la police laisse les terroristes, trafiquants et autres dangers publics pour s’occuper d’un couple dans une voiture sous l’égide de la protection des mœurs, ou une hypocrisie que n’égalerait que la lâcheté d’oser nommer un chat un chat.

    Combien de jeunes filles se sont-elles reconnues dans le personnage de Nisrine? Combien de jeunes filles écoutent les explications de leurs mères qui tentent, en rougissant, de leur expliquer ce qu’est une nuit de noces sans oser dire qu’elles le savent déjà (en théorie comme en pratique) depuis longtemps? Car le plus grand tabou réside dans la volonté d’émancipation des jeunes femmes, et les traditions qu’on a su leur accepter. Ce dilemme est représenté par la jeune femme aux longs cheveux et que Rima va convaincre d’adopter un look plus moderne, plus occidental et plus homo certes aussi.

    Mercredi soir, donc, dans la salle, la plus grande surprise était les rires des spectateurs. Le regard occidental sur l’Orient, terre d’exotisme et de sensualité, véhiculé par les récits des voyageurs est inévitable. Mais comment expliquer que les orientaux, non seulement se sont plus à cette image mais ont fini par y croire? Le cinéma, comme le roman, est un miroir promené le long d’une route, et le cinéma libanais n’a pas fini de nous montrer ce qu’est l’orient aux yeux des occidentaux. Cette remarque en apparence formelle pose en quelque sorte beaucoup de questions de fond, notamment, le rôle joué par les productions européennes, qui financent des films destinés aux festivals plus qu’aux salles. Une autre question serait celle de l’identité, au sens sociologique, ne serions-nous pas en train de faire ce que Ghassan Tueni appelle pertinemment « l’auto-orientalisme »? D’ailleurs, Caramel déclanchera-t-il les mêmes réactions dans les salles libanaises?

    En tout cas, Labaki a pu, sans tomber excessivement dans le mélodrame (à part la scène de mariage qui est aussi exotique pour moi que pour un parisien d’origine) refléter une image ludique et joviale de Beyrouth dans une version plus kitsch de Venus beauté, et faire oublier pendant un peu plus d’une demi-heure les conflits dont le pays est la scène.

    Une chose est sûre, la possibilité de tourner le grand chef-d’œuvre du cinéma libanais existe encore.

    ofphelia@yahoo.fr

    Bande d’Annonce

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