Close Menu
    Facebook Instagram LinkedIn
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Facebook Instagram LinkedIn
    Middle East Transparent
    • Accueil
    • Categories
      1. A la une
      2. Actualités
      3. Opinions
      4. Magazine
      Featured
      à la une Walid Sinno

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      Recent
      10 janvier 2026

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      2 janvier 2026

      La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants

      30 décembre 2025

      La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?

    • Contactez nous
    • Archives
    • Inscription
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Middle East Transparent
    You are at:Home»Abou Hamza, un sous-produit de la mondialisation

    Abou Hamza, un sous-produit de la mondialisation

    0
    By Sarah Akel on 6 décembre 2012 Non classé

    Portrait au Kärcher du célèbre prédicateur islamiste de Londres, Abou Hamza Al-Masri.

    Les éléments biographiques connus indiquent qu’Abou Hamza Al-Masri [né en 1958] a quitté l’Egypte pour la Grande-Bretagne afin de suivre des études, qu’il s’y est marié et a obtenu la nationalité britannique. Il a vécu ensuite en Afghanistan, puis il est retourné à Londres comme prédicateur dans une mosquée. Accusé d’être impliqué dans des actes terroristes [et de soutien à Al-Qaida], il a été arrêté et vient d’être extradé [le 5 octobre]vers les Etats-Unis après huit ans de procédures judiciaires à rebondissements.

    L’image qu’on retient de lui est celle d’un homme au corps imposant, coiffé d’un turban afghan et vêtu dans un style hétéroclite, mélange d’arabe et de pakistanais : abaya [vêtement ample porté au-dessus des vêtements], tunique, sarouel [pantalon bouffant]et bottines européennes aux pieds. Il a surtout un crochet métallique à la place de sa main amputée et porte des lunettes noires (de fabrication européenne). On l’a souvent vu ainsi, haranguant les foules dans la rue, dans des reportages télévisés. Son public est composé d’un mélange d’allures et de visages indiens, africains ou arabes ponctué de quelques autres européens ou asiatiques. La scène évoque une sorte de carnaval hybride, reflet du nouveau millénaire.

    Cette image carnavalesque ­rappelle celle du moine populaire du roman Le Nom de la rose, d’Umberto Eco, non en raison des accoutrements mais davantage par la langue hybride de cette époque où le latin résistait face aux dialectes locaux, devenus par la suite langues nationales. Autrement dit, on revient avec Abou Hamza aux débuts de l’Europe moderne et à l’émergence difficile des Etats-nations. La langue du moine d’Eco est un mélange d’un latin qu’il ne maîtrise pas et de dialectes locaux pas encore stabilisés dans leur espace géographique. Dans un tel sabir, il dit beaucoup de choses et rien en particulier, ne parvenant pas à trouver les mots pour étayer ses concepts. Il apparaît plutôt comme un muet que comme un orateur.

    Cette comparaison avec le moine populaire est utile pour évoquer l’homme corpulent s’adressant à une foule d’immigrés dans la capitale d’un empire britannique sur lequel désormais le soleil se couche. Il prêche devant une foule mélange d’ethnies, de langues et d’histoires individuelles et collectives de gens qui n’ont ni travail ni espoir. Des enfants de l’histoire coloniale, des fanatismes locaux des anciennes colonies, et qui préfigurent les promesses et les menaces de la mondialisation. C’est sur ce ­dernier point que n’opère plus la comparaison entre le moine médiéval et le prédicateur imposant. L’homme à la coiffe afghane qui s’adresse à des immigrés dans une rue de la capitale d’un ancien empire est une parfaite représentation d’un métissage pur produit de la mondialisation.

    Dans son ouvrage remarquable intitulé La Sainte Ignorance : le temps de la religion sans culture [Points Essais, 2012], Olivier Roy analyse le développement des intégrismes religieux à la fin du XXe siècle. Son hypothèse est que la croyance religieuse s’est séparée de la culture. Historiquement, les grandes religions étaient liées aux cultures locales, qui réussissaient à créer un équilibre et un compromis entre les valeurs religieuses et les nécessités de la vie quotidienne. Cet équilibre a été sapé par les changements politiques et socioculturels des dernières décennies.

    Ainsi on peut comprendre le phénomène que constituent l’homme à la coiffe afghane et son public d’Indiens, de Pakistanais, d’Arabes et d’Africains dans une rue de Londres. Comme le moine d’Eco, aucun de ces derniers n’appartient à un lieu défini ni ne représente une identité nationale stable permettant une relation négociée entre le spirituel et le temporel. Ce sont des déracinés sans lien avec un espace et un temps définis, ne maîtrisant pas une langue en particulier dans un monde de désordre et de déchaînement de la violence.

    Des pions sur un grand échiquier où se mêlent le wahhabisme saoudien, le tribalisme pachtoune, le prix du pétrole, l’arrogance de l’empire américain, les produits les plus modernes de Microsoft, les prédications des cheikhs sur les chaînes satellitaires et des vies d’immigrés chômeurs sans espoir. Abou Hamza, le tribun de Londres, parle comme le moine du Moyen Age, mais au XXIe siècle, sous la protection de la police britannique et devant les caméras de télévision. Alléluia !

    Traduction par Courrier International

    En Arabe:

    أبو حمزة المصري

    Share. Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link
    Previous Articlelocation de voitures anis tour tlemcen algerie
    Next Article Sexe, mensonges et téléphone arabe

    Comments are closed.

    Flux Articles récents en anglais
    • Endgame Iran: Islamic Republic nears its end when anti-regime forces converge 11 janvier 2026 Ronald Sandee
    • Confidence in Trump: A test written in Venezuela, read in Cyprus and Ukraine 10 janvier 2026 Yusuf Kanli
    • Liquidity at the Core of Lebanon’s Financial Deposit Repayment Act 9 janvier 2026 Samara Azzi
    • Talk and Plot: Teheran Double Game with the Sharaa Regime 6 janvier 2026 Shaffaf Exclusive
    • When “law enforcement” looks like piracy: The Maduro seizure, Türkiye’s caution, and the “precedent” problem 5 janvier 2026 Yusuf Kanli
    Flux Articles récents en arabe
    • انتهت اللعبة: الجمهورية الإسلامية تقترب من نهايتها مع تقارب القوى المناهضة للنظام 11 janvier 2026 رونالد ساندي
    • أموال رئيسة فنزويلا وأموال “مادورو” مجمّدة في سويسرا منذ 2018  10 janvier 2026 سويس أنفو
    • ليبيا واستراتيجية “القفل الفولاذي”: نموذج الاستقرار القسري 2026 10 janvier 2026 أبو القاسم المشاي
    • ثرثرة على ضفّة “الحركة” بمناسبة الذكرى الحادية والستين لانطلاقة حركة فتح! 10 janvier 2026 هشام دبسي
    • طالبت الغرب بالتدخّل، عبادي: قطع الإنترنيت في إيران مقدّمة لارتكاب “مجرزة”! 10 janvier 2026 شفاف- خاص
    19 septembre 2013

    Réflexion sur la Syrie (à Mgr Dagens)

    12 octobre 2022

    Putain, c’est compliqué d’être libanais

    24 octobre 2022

    Pourquoi je ne vais pas à Beyrouth

    10 janvier 2025

    D’un aounisme l’autre: lettre ouverte à Michel Aoun, ancien président de la République

    21 mars 2009

    L’AYATOPAPE

    Commentaires récents
    • SK_Azzi dans Au cœur de Paris, l’opaque machine à cash de l’élite libanaise
    • Saoud el Mawla dans La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants
    • Samara Azzi dans La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?
    • Rabbi Dr Elie Abadie M.D. dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    • Fathi el Yafi dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    Soutenez-nous
    © 2026 Middle East Transparent

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.