Close Menu
    Facebook Instagram LinkedIn
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Facebook Instagram LinkedIn
    Middle East Transparent
    • Accueil
    • Categories
      1. A la une
      2. Actualités
      3. Opinions
      4. Magazine
      Featured
      à la une Walid Sinno

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      Recent
      10 janvier 2026

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      2 janvier 2026

      La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants

      30 décembre 2025

      La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?

    • Contactez nous
    • Archives
    • Inscription
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Middle East Transparent
    You are at:Home»Les miliciens iraniens s’en prennent à la jeunesse dorée

    Les miliciens iraniens s’en prennent à la jeunesse dorée

    0
    By Sarah Akel on 21 août 2007 Non classé

    Un policier iranien discute avec une Iranienne dans une voiture de police. Elle a été arrêtée en raison de sa tenue « inappropriée » lors d’une manifestation.
    AFP.

    NI PANCARTE ni comité d’accueil à l’entrée de cette tour ultramoderne, perchée sur les hauteurs de Téhéran. Juste un digicode, dont la formule secrète n’a été révélée que la veille, par SMS, à une centaine d’invités, hommes et femmes, triés sur le volet. Une fois passé le porche en fer, un jeune brunet en blue jeans vous fait discrètement signe de descendre les marches en marbre qui mènent au parking souterrain. Et là, comme une lumière inattendue au bout du tunnel, ce nez à nez impromptu avec un des spectacles les plus ébouriffants de la capitale du voile obligatoire : le déhanché gracile d’une grappe de jeunes mannequins, mèches peroxydées, talons aiguilles et splendides robes de soirée en satin et soie sauvage. Le tout au rythme d’une musique orientale techno transe mixé par un DJ, assis au fond de ce sous-sol décoré d’un tapis rouge central. Dehors, la police des moeurs fait la chasse aux « mal voilées ». Mais derrière les murs de cet espace éphémère, on se croirait à New York ou à Paris.

    Coups de fouet

    « C’est vrai qu’on prend des risques. Mais ça vaut quand même la peine… », clame Sadaf, la jeune créatrice de mode à l’origine de ce défilé de mode underground. Elle n’est pas à l’abri – elle le sait -, d’une descente de miliciens. En ces temps de répression renforcée, les gardiens de la morale islamique veillent plus que jamais au grain. Les peines encourues ? « La prison, une lourde amende à payer. Et parfois, les coups de fouet… », murmure-t-elle.

    Mais du haut de ses trente ans et de ses chaussures à talons, Sadaf a préféré, ce soir-là, laisser ses craintes au vestiaire, juste à côté des foulards des convives. Elle n’a pas le choix. Pour survivre aux restrictions imposées par la République islamique, sa génération a dû apprendre à slalomer entre les interdits. En se créant, en douce, des petits espaces de respiration : soirées underground, concerts privés, galeries d’art en sous-sol.

    « On se confectionne tous des bulles, des îlots de liberté », souffle Ehlam, 21 ans, une des huit mannequins de la soirée. Elle est bien placée pour le savoir. ہ Téhéran, où la plupart des modèles en plastique qui ornent les vitrines des boutiques ont les seins coupés, son métier est banni par les religieux au pouvoir. Et pourtant… le déhanché à la Fashion TV – captée clandestinement grâce à la parabole, et branchée 24 heures sur 24 dans le salon parental -, n’a aucun secret pour cette fan de Christian Dior. « ہ force de regarder les chaînes de mode, j’ai fini par apprendre », sourit la jeune pin-up, qui reconnaît avoir pu compter sur la complicité de son petit frère. « Je lui donne mon téléphone portable, et il me filme avec la petite caméra intégrée pendant que je défile devant le miroir », dit-elle, en explosant de rire.

    A l’écouter, dans l’intimité de ce sous-sol improvisé en maison de haute couture, on en oublie, tout d’un coup, les portraits austères d’ayatollahs enturbannés qui ornent les murs de Téhéran. Oubliés, également, le dossier nucléaire, les sanctions onusiennes et les déclarations fracassantes du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad. « La politique, on a déjà donné, et ça ne sert à rien », tranche Keyvan, 29 ans, un des invités. Comme beaucoup de jeunes (70 % des Iraniens ont moins de 30 ans), il a cru, en 1997, au changement, en votant pour un religieux modéré Mohammad Khatami. Il a suivi de près les nouveaux débats politiques, le boom de la presse, les manifestations étudiantes. Déçu par les réformes avortées, il a boycotté les dernières élections, remportées à la faveur de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, en juin 2005. « Depuis, je ne lis plus un seul journal et je m’éclate en soirée », dit-il. Un luxe qui reste, bien sûr, réservé à une minorité huppée des beaux quartiers du nord de Téhéran. Mais qui symbolise, à sa façon, les frustrations d’une jeunesse en quête d’échappatoires.

    Rock sur Internet

    A l’école du cache-cache avec les interdits, Kamran et Mamrez font figure de premiers de la classe. Dans cette salle à manger transformée en studio d’enregistrement, les deux jeunes stars grimpantes du rock underground sont en pleine répétition. Pas pour un concert public, proscrit pour des musiciens de leur trempe. Mais pour la sortie de leur prochain album… qui sera vendu sur Internet. « Les nouvelles technologies, ça nous offre une incroyable liberté… Mais le gouvernement commence à vouloir renforcer son contrôle sur le Web. Alors, tant qu’il est encore temps, on en profite », glisse Kamran. Et si, un jour, un voile noir finissait par s’abattre sur la Toile virtuelle, les deux compères peuvent compter sur une bonne vieille méthode : la diffusion de leur CD sous le manteau.

    Cette technique bien rodée constitue le fonds de commerce de Reza, un jeune disquaire du centre de Téhéran, spécialisé, plus particulièrement, dans la vente de copies pirates de films hollywoodiens, qu’il camoufle derrière son comptoir. « Little Miss Sunshine, Spiderman, Harry Potter… Pour l’équivalent de 3 euros, je vous dégotte le dernier film en date », assure-t-il. Reza dispose d’un excellent réseau de copains, qui lui rapportent de leurs voyages les derniers films dans l’air du temps. « Il y a un mois, la police m’a pris sur le fait et j’ai dû mettre la clef sous la porte pour un mois… J’ai vécu dans cette ambiance depuis mon enfance. Alors, on s’habitue, et on rebondit », dit-il.

    Par les temps qui courent, les rebelles de la nuit doivent pourtant redoubler de prudence. « J’ai visité 8 endroits avant de pouvoir convaincre le propriétaire de cet immeuble de nous laisser organiser ce défilé », confie Sadaf, la créatrice de mode. L’adresse du lieu, tenue au plus grand secret, n’a jamais été révélée lors de ses conversations téléphoniques avec les mannequins. « Ce soir, on a tous la trouille », confie Parastou, une des spectatrices, tout en dévorant du regard les minijupes qui défilent sous ses yeux. « Mais franchement, ça fait du bien d’enfreindre la loi », ajoute-t-elle, avec un sourire crispé.

    http://www.lefigaro.fr/international/20070821.FIG000000127_les_miliciens_iraniens_s_en_prennent_a_la_jeunesse_doree.html

    Share. Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link
    Previous ArticleWikipédia : un outil pour identifier les manipulateurs d’informations
    Next Article Mahmoud Ahmadinejad s’empare des leviers du pouvoir économique

    Comments are closed.

    Flux Articles récents en anglais
    • Confidence in Trump: A test written in Venezuela, read in Cyprus and Ukraine 10 janvier 2026 Yusuf Kanli
    • Liquidity at the Core of Lebanon’s Financial Deposit Repayment Act 9 janvier 2026 Samara Azzi
    • Talk and Plot: Teheran Double Game with the Sharaa Regime 6 janvier 2026 Shaffaf Exclusive
    • When “law enforcement” looks like piracy: The Maduro seizure, Türkiye’s caution, and the “precedent” problem 5 janvier 2026 Yusuf Kanli
    • The Financial Stabilization and Deposits Repayment Act: A Controversial Step in Lebanon’s Crisis Management 5 janvier 2026 Samara Azzi
    Flux Articles récents en arabe
    • أموال رئيسة فنزويلا وأموال “مادورو” مجمّدة في سويسرا منذ 2018  10 janvier 2026 سويس أنفو
    • ليبيا واستراتيجية “القفل الفولاذي”: نموذج الاستقرار القسري 2026 10 janvier 2026 أبو القاسم المشاي
    • ثرثرة على ضفّة “الحركة” بمناسبة الذكرى الحادية والستين لانطلاقة حركة فتح! 10 janvier 2026 هشام دبسي
    • طالبت الغرب بالتدخّل، عبادي: قطع الإنترنيت في إيران مقدّمة لارتكاب “مجرزة”! 10 janvier 2026 شفاف- خاص
    • هل الجمهورية الإسلامية على وشك الانهيار؟ 9 janvier 2026 خاص بالشفاف
    19 septembre 2013

    Réflexion sur la Syrie (à Mgr Dagens)

    12 octobre 2022

    Putain, c’est compliqué d’être libanais

    24 octobre 2022

    Pourquoi je ne vais pas à Beyrouth

    10 janvier 2025

    D’un aounisme l’autre: lettre ouverte à Michel Aoun, ancien président de la République

    21 mars 2009

    L’AYATOPAPE

    Commentaires récents
    • SK_Azzi dans Au cœur de Paris, l’opaque machine à cash de l’élite libanaise
    • Saoud el Mawla dans La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants
    • Samara Azzi dans La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?
    • Rabbi Dr Elie Abadie M.D. dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    • Fathi el Yafi dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    Soutenez-nous
    © 2026 Middle East Transparent

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.