Aujourd’hui, le Liban se trouve à nouveau au bord du précipice à cause de ceux qui brandissent le slogan de la « résistance » et transforment le pays en une plateforme au service d’une volonté étrangère. Hezbollah n’est plus simplement un parti libanais, mais une milice iranienne totalement fidèle aux Gardiens de la Révolution iranienne et au Corps des Gardiens de la révolution – Force Qods, exécutant des agendas étrangers au détriment du sang des Libanais et de la souveraineté de l’État. Ses récentes frappes contre « Mishmar HaCarmel » ne défendent pas le Liban ; elles servent gratuitement Téhéran et offrent à Israël un prétexte pour détruire ce qui reste des infrastructures et transformer les civils en boucliers humains.
Les événements récents n’ont laissé aucun doute : le Liban est devenu un champ de bataille pour l’Iran, et le Hezbollah n’est qu’un instrument d’exécution, décidant quand et où ouvrir le front, tandis que l’État est incapable de protéger sa population. Même la décision du cabinet ministériel hier, adoptée à l’unanimité pour interdire les activités militaires et sécuritaires du parti et le déclarer hors-la-loi, n’est qu’un début. La véritable mesure se trouve dans l’application rapide et concrète de cette décision, afin d’empêcher le Liban de glisser dans une catastrophe similaire à Gaza, où destruction, déplacements et attaques contre les civils deviennent un quotidien.
Le Liban est un champ de bataille iranien
Chaque opération militaire annoncée par le parti au nom de la « vengeance pour le Guide » révèle la loyauté réelle qu’il place au-dessus des intérêts du Liban. Le Sud libanais n’est plus un territoire national, mais une plateforme de messages pour Téhéran, et la banlieue sud de Beyrouth n’est qu’une carte de pression dans un conflit régional. Aujourd’hui, les Libanais ne sont pas des citoyens ayant des droits : ils sont du « carburant » pour une guerre qui ne les concerne pas.
La plus grande erreur stratégique du parti est d’avoir sous-estimé la réaction israélienne, qui n’a pas hésité à frapper largement les localités du Sud, la banlieue sud de Beyrouth, et la Békaa, les transformant en ruines, tandis que le gouvernement reste impuissant ou hésitant, et son silence amplifie le danger. Chaque missile lancé par le parti au nom de la « résistance » renforce le prétexte pour Israël de détruire le Liban et creuse davantage le fossé entre l’État et ses citoyens.
La logique de l’État face au suicide
Ce qui a historiquement protégé le Liban, c’est la souveraineté de l’État, la légitimité arabe et internationale, et l’équilibre interne. On ne peut pas combiner une armée officielle avec une décision militaire parallèle, ni parler de réforme économique alors que les frontières sont ouvertes à tout conflit régional. Lier le Liban à l’agenda iranien par le Hezbollah est un suicide lent, car les États ne sont pas dirigés par des slogans mais par des intérêts. L’intérêt national est clair : protéger les civils et assurer la stabilité avant tout, reconstruire l’État sur la base de la loi et non des armes, et maintenir le Liban à l’écart des conflits régionaux.
Aujourd’hui, des mesures décisives sont nécessaires : appliquer rapidement la décision du cabinet, garantir l’exclusivité des armes aux forces légales et tenir responsables tous ceux qui impliquent le Liban dans des confrontations non nationales. Le silence n’est plus neutralité, il est complicité et peut conduire à de nouvelles catastrophes humanitaires.
Parier sur l’escalade régionale est illusoire, et le peuple paie le prix lorsque les grands calculs échouent. Le Liban, « petit pays » et épuisé, ne peut pas supporter une nouvelle guerre menée en son nom et sans son consentement. Le choix est clair : soit un État pleinement souverain avec un commandement unique et un seul arsenal, soit continuer à être assujetti à un projet transfrontalier qui brûle le pays et utilise sa population comme boucliers humains. Dans ce combat, le sort du Liban en tant qu’État est décidé, ou son territoire devient une plateforme permanente pour les guerres par procuration.
