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    Cinq questions pour comprendre la crucifixion de Jésus, entre histoire et symboles

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    By Cyprien Mycinski on 3 avril 2026 à la une

    En ce week-end de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection de Jésus, qui aurait eu lieu trois jours après sa mort sur la croix. Mais si la crucifixion fait partie intégrante de la tradition, que sait-on vraiment sur cet événement fondateur du christianisme ?

    Le Christ portant la croix, par Howat Andrew.

    Le Christ portant la croix, par Howat Andrew. BRIDGEMAN IMAGES

    La crucifixion de Jésus est un élément central de la foi chrétienne. Chaque dimanche, lorsqu’ils récitent le Credo, de nombreux chrétiens proclament que le Christ « a été crucifié ». Plus largement, la vue d’une croix, dans une église, en pendentif autour du cou ou au bord des routes, paraît aujourd’hui banale dans un pays de tradition chrétienne, même en contexte sécularisé.

    Mais à quoi cette crucifixion, censée avoir eu lieu trois jours avant la résurrection, célébrée à Pâques, renvoie-t-elle précisément ? Au cours des dernières décennies, les recherches sur cet événement fondateur du christianisme ont beaucoup avancé, tant pour en comprendre le contexte historique que les différentes interprétations que l’on a pu en faire.

    Quel sens les Romains donnaient-ils à la crucifixion ?

    Davantage que la décapitation, le bûcher et même la mort infligée par les bêtes voraces, la crucifixion est décrite par les sources romaines comme le « summum supplicium », le « pire des supplices », généralement réservé à des criminels (brigands ou pirates) qui n’étaient pas citoyens romains, ainsi qu’à des esclaves, des prisonniers de guerre ou des condamnés politiques.

    Avec ce supplice, le condamné souffre longtemps avant de mourir, parfois même plusieurs jours. Finalement, il meurt d’asphyxie, le diaphragme écrasé par le poids de son corps, que ses muscles tétanisés ne parviennent plus à soulever – l’agonie de Jésus, telle que la relatent les Evangiles, paraît à cet égard singulièrement brève.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’interminable quête du Jésus historique

    Mais la crucifixion est surtout d’une violence inouïe d’un point de vue symbolique. « Elle manifeste un rejet radical du condamné », note Andreas Dettwiler, professeur de Nouveau Testament à l’université de Genève, auteur d’un récent article intitulé « Que savons-nous de la crucifixion de Jésus ? Une enquête historique » (Scandale ou salut ? Comment comprendre la mort de Jésus, sous la direction de F. Amsler et S. Butticaz, Labor et Fides, 176 pages, 19 euros).

    « Ce n’est pas une mort noble, c’est une mort de faible »

    L’humiliation provient d’abord de la nudité du supplicié, exposé aux regards de la foule dans un lieu très visible, par exemple au sommet d’une colline, comme dans les Evangiles. D’autre part, la croix est élevée à l’extérieur des murs de la ville, ce qui signifie une exclusion hors de l’espace de la civilisation. Contrairement à ce que certaines représentations de la mort du Christ ont pu laisser penser, le corps d’un crucifié saigne peu. « Ce n’est pas une mort noble, une mort masculine, une mort de guerrier, explique Andreas Dettwiler. C’est une mort de faible, et cela aussi participe de l’humiliation. »

    Enfin, lorsqu’il expire, le condamné ne touche pas le sol, il n’est pas en contact direct avec la terre, c’est-à-dire avec le séjour des morts. Symboliquement, on le prive donc d’un accès à la dernière demeure. Une fois la mort advenue, le cadavre d’un crucifié est d’ordinaire laissé sur la croix afin qu’il soit dévoré par les rapaces et les chiens sauvages. Il arrive aussi qu’on le jette dans une fosse commune.

    Dans les Evangiles, il en va toutefois autrement : le corps de Jésus est en effet descendu de la croix pour être enseveli. Les historiens se sont longtemps étonnés de ce passage. Mais une découverte archéologique majeure est venue appuyer le récit des évangélistes. En 1968, près de Jérusalem, furent en effet mis au jour les restes d’un condamné du Ier siècle que l’on avait inhumé après sa mort sur la croix. Cela devait être exceptionnel, mais certains crucifiés ont été enterrés en bonne et due forme.

    Jésus a-t-il vraiment été crucifié ?

    Si nous ne disposons d’aucune preuve formelle de la crucifixion de Jésus, la majorité des historiens affirment aujourd’hui qu’il y a peu de raisons d’en douter. D’ailleurs, aucune source romaine ou juive de l’Antiquité ne semble le faire. La crucifixion est même l’un des rares épisodes mentionnés dans des sources non chrétiennes. « Lorsque sur la dénonciation de nos premiers citoyens, Pilate l’eut condamné à la crucifixion, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire », écrit par exemple Flavius Josèphe à la fin du Ier siècle, dans ses Antiquités juives (18, 63-64).

    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Quelles sont les sources les plus anciennes sur Jésus ?

    Des documents aussi anciens sont toutefois à prendre avec précaution, tant le chemin qui les a conduits jusqu’à nous reste flou. En définitive, les historiens ne peuvent pas en dire beaucoup plus que ce qu’en relatent les Evangiles, qui restent la principale source. « Que Jésus ait été baptisé, qu’il ait voyagé en Galilée et à Jérusalem, avant d’être arrêté et condamné par les Romains, qu’il soit mort sur une croix, tout cela est très vraisemblable. Mais peut-on vraiment aller au-delà en tant qu’historien ? Je ne le crois pas », résume Rémi Gounelle, doyen de la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg, dans un entretien au Monde.

    Sur quels motifs Jésus a-t-il été condamné ?

    Dans l’hypothèse où la crucifixion aurait bien eu lieu, qui aurait alors condamné Jésus ? Pendant des siècles, la réponse à cette question a largement contribué à nourrir un virulent antijudaïsme chrétien. Les évangélistes insistent en effet sur la responsabilité des autorités juives, c’est-à-dire des prêtres du Temple de Jérusalem. A l’inverse, Ponce Pilate, ne souhaitant nullement la mort du Christ, paraît s’être fait forcer la main.

    Le contexte de rédaction des Evangiles, dans les dernières décennies du Ier siècle, n’est probablement pas étranger à une telle présentation des faits. Les premiers chrétiens sont alors en train de se détacher du judaïsme. Ils cherchent d’autant plus à se distinguer de celui-ci que la révolte juive de 66-70, achevée par la destruction du Temple de Jérusalem, a considérablement noirci la réputation des juifs auprès du pouvoir romain.

    « Pour les païens, la crucifixion de Dieu est absolument incompréhensible »

    A l’inverse, alors que le christianisme se diffuse de plus en plus hors de son berceau palestinien, il semble contre-productif de s’attaquer à Rome de front. Cela peut expliquer pourquoi les évangélistes pointent du doigt les juifs et exemptent largement le préfet de Judée de sa responsabilité dans l’exécution de Jésus. Andreas Dettwiler rappelle néanmoins que « seul Ponce Pilate a pu condamner Jésus à la crucifixion » tout en précisant qu’« une certaine convergence d’intérêts avec les autorités juives est parfaitement envisageable, puisque ces dernières pouvaient tout à fait souhaiter la mort de Jésus ».

    Les raisons de la condamnation ne sont pas évidentes. Du côté des prêtres du Temple, on reproche probablement à Jésus le statut de Messie qu’il revendique. Sans doute est-il également regardé comme un « faux prophète ». Reste que ces motifs strictement religieux, qui relèvent finalement des affaires internes au judaïsme, ne sont pas suffisants pour justifier une condamnation par les autorités romaines.

    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Jésus a-t-il vraiment existé ? Les arguments des historiens face à la thèse mythiste

    On peut donc imaginer que les prêtres ont cherché à mettre l’accent sur une dimension supposément politique du message de Jésus, afin d’obtenir sa condamnation. Le « règne de Dieu » que prêche le Christ a ainsi pu être présenté comme une mise en cause du pouvoir romain. Jésus pourrait alors avoir été condamné comme rebelle.

    Andreas Dettwiler insiste sur les circonstances précises de la condamnation pour expliquer celle-ci. Quand Jésus se rend à Jérusalem, la fête de la Pâque approche. A ce moment, les pèlerins affluent en nombre et la population de la ville est multipliée par trois. Les autorités romaines sont spécialement nerveuses, craignant les débordements. « Jésus a donc pu apparaître comme un facteur de déstabilisation sociale à un moment où, pour les Romains, l’essentiel est que le calme règne dans la ville », explique le spécialiste.

    Quel sens les chrétiens ont-ils donné à la crucifixion ?

    Donner un sens à la mise à mort ignominieuse de leur maître était essentiel pour les premiers chrétiens. Paul de Tarse (mort vers 67) joue un rôle décisif pour développer une « théologie de la croix ». « Nous proclamons un Messie crucifié, écrit-il dans sa première épître aux Corinthiens. Scandale pour les juifs, folie pour les païens » (1 Cor 1, 23). Par cette formule, il souligne combien la crucifixion du Christ crée une rupture avec les conceptions religieuses classiques du bassin méditerranéen.

    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Frédéric Boyer : « En retraduisant les Evangiles, j’espère provoquer un nouveau désir de lecture »

    « La mort de Dieu sur la croix est une obscénité religieuse », explique Daniel Marguerat, professeur honoraire de théologie à l’université de Lausanne et auteur de Vie et destin de Jésus de Nazareth (Seuil, 2019) ainsi que du très récent Paul de Tarse (Seuil, 2023). « Elle est un “scandale” pour les juifs car ils attendent un Messie de force, un Messie qui imposera la volonté de Dieu au bénéfice du peuple d’Israël », précise le théologien.

    Et pour les païens, ce « Messie crucifié » est une « folie », c’est-à-dire une « imbécillité », une « ineptie » – car, « dans le monde grec, la divinité est source d’harmonie, poursuit Daniel Marguerat. C’est elle qui fait tenir le cosmos. La crucifixion de Dieu est dès lors absolument incompréhensible ».

    A rebours des religions de son temps, c’est donc une « révolution théologique » qu’opère Paul, explique Daniel Marguerat : « au Dieu des miracles infinis se substitue le Dieu qui habite la finitude et la fragilité de l’humain ». D’emblée, saint Paul fait ainsi de la crucifixion à la fois le fondement du christianisme et sa spécificité dans le paysage religieux.

    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « En l’an 70, la start-up Jésus aurait pu disparaître »

    Aujourd’hui encore, la crucifixion est toujours au cœur de la réflexion des théologiens. L’Américain John Caputo développe par exemple une « théologie de la faiblesse » largement fondée sur la croix. « Le pouvoir de Dieu n’est pas une violence païenne, un pouvoir brutal ou une vulgaire magie, écrit-il dans La Faiblesse de Dieu (Labor et Fides, 2016). Il est le pouvoir de qui n’a pas de pouvoir (…), le pouvoir de souffrir avec la souffrance innocente. » C’est là, juge-t-il, que se trouve « le symbole central du christianisme ».

    Les chrétiens admettent-ils tous la crucifixion de Jésus ?

    Pourtant, la radicalité de la théologie de la croix de Paul de Tarse n’est pas toujours bien entendue. Plusieurs courants issus du christianisme ont même préféré éluder la mort sur la croix. Dans certains évangiles apocryphes circulant au sein de mouvements gnostiques des débuts de l’ère chrétienne, Jésus ne succombe pas. Et cela se retrouve jusque dans le Coran, où sa crucifixion est présentée comme une forme de mirage.

    Les chrétiens eux-mêmes ont mis des siècles à oser représenter leur Seigneur sur la croix. Il faut ainsi attendre environ 430 pour qu’apparaisse la première représentation connue de la crucifixion, laquelle se trouve dans l’église Sainte-Sabine à Rome. Jusque-là Jésus avait été représenté en pasteur, en guérisseur ou en prédicateur, mais jamais crucifié. Peu à peu, la croix s’est imposée comme le symbole chrétien par excellence.

    Au Moyen Age et dans les siècles qui ont suivi, une autre interprétation de la Passion eut parfois cours. Le Christ ayant enduré des tourments effroyables, on a pu penser que le chrétien devait lui-même rechercher la souffrance pour trouver grâce auprès de Dieu. Certains dévots ont ainsi pu s’infliger des mortifications toujours plus éprouvantes afin de se rapprocher de Jésus. « Mais jamais le Christ n’a voulu endurer la crucifixion, précise Daniel Marguerat. Sa souffrance est indésirée. Dans le jardin de Gethsémani, il prie même son Père d’éloigner de lui la Passion qui l’attend. » « Le dolorisme, conclut le théologien, est une perversion du christianisme. »

    Cyprien Mycinski

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