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    À Benghazi, quinze ans après, les espoirs déçus de la révolution libyenne

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    By Maryline Dumas on 18 février 2026 à la une

     

    Dans la seconde ville du pays le chaos qui a suivi la chute de Kadhafi a jeté une ombre sur la fin de la dictature.

     

    Le lieu a bien changé et a vécu plusieurs Histoires en 15 ans. C’est ici, devant le tribunal de Benghazi, en Cyrénaïque (l’Est libyen) qu’a débuté la révolution du 17 février 2011. Le bâtiment marron aux hautes colonnes, recouvert en 2011 par des centaines de photos de martyrs du régime Kadhafi a été remplacé par une construction blanche et grise avec une longue baie vitrée. Derrière lui, la vieille ville de Benghazi offre des bâtiments éventrés et déchiquetés par les balles, résultat de la guerre de 2014. Devant, la corniche a été refaite avec une promenade, des cafés modernes avec vue sur la mer translucide et des aires de jeux.

     

    Le 15 février 2011, devant ce tribunal, symbole de l’injustice qui règne depuis 1969 (prise du pouvoir de Kadhafi), se rassemblent les familles des prisonniers disparus au sein de la prison tripolitaine d’Abou Salim : plus de 1 200 prisonniers auraient été tués en 1996 sans que leurs proches ne soient informés. La colère va exploser après l’arrestation d’un de leurs avocats et la violente répression. Akram Hamad Amsallem était déjà policier à l’époque, mais comme beaucoup, il a refusé de suivre les ordres et de tirer sur la population. « J’aime ma ville et j’étais convaincu du bien-fondé des revendications des manifestants », souligne-t-il avant d’ajouter : « Nous avions besoin de changement. Il y avait des problèmes de corruption. Même au sein de la police. Je rêvais d’une police intègre et moderne. »

    Le 17 février, une caserne de Benghazi est pillée, les manifestants sont désormais armés et prennent le contrôle de la ville en quelques jours. Le mouvement se propage dans le pays. En mars, l’Otan lui apporte son soutien. La révolution s’achève avec l’assassinat de Mouammar Kadhafi près de Syrte, au centre de la côte, le 20 octobre 2011. S’ensuivent quelques mois d’euphorie générale. « C’était une période exceptionnelle. Nous avions l’impression que tout était possible. On découvrait le ‐ monde après avoir vécu enfermés et coupés du monde pendant 42 ans », se souvient Muath, commerçant de Misrata, dans l’Ouest libyen.

    Les 6 millions de Libyens, forts de leurs réserves de pétrole – les plus importantes d’Afrique -, se comparent déjà à Dubaï. Mais la sécurité reste un réel défi avec plus de 20 millions d’armes en circulation dans ce pays trois fois plus grand que la France et possédant près de 2 000 km de frontière commune avec le Soudan, le Tchad et le Niger en plein milieu du désert. Et cela ne s’est pas arrangé. Selon un rapport de l’ONU datant de 2021, « l’embargo (mis en place en 2011, NDLR) sur les armes reste totalement inefficace. »

    En 2012, les Libyens élisent leur premier Parlement. « Je me souviens avoir voté pour mon voisin, parce que c’était quelqu’un de bien. Je n’avais aucune idée de ce qu’était la politique », reconnaît Muath. Rapidement, les tensions politiques commencent et la population est mécontente du rendement de ses députés.

    Surtout, Benghazi est en proie à de nombreux attentats, visant des policiers, des juges ou des activistes. Le groupe terroriste Ansar al-Charia prend de plus en plus de poids. Akram Hamad Amsallem en a fait les frais. Le 29 avril 2014, celui qui s’opposait aux islamistes sur les réseaux sociaux, est victime d’une bombe placée sous sa voiture. Il perd une jambe. Une quinzaine de jours plus tard, Khalifa Haftar, un militaire retraité, lance une opération contre ces groupes extrémistes pour « nettoyer Benghazi ». Le gouvernement d’alors ne lui reconnaît aucune légitimité. Peu de temps après, de nouvelles élections législatives ont lieu mais elles ne sont pas reconnues dans l’ouest du pays. Le nouveau Parlement prête alors allégeance à Khalifa Haftar. C’est le début d’une Libye à deux têtes, avec deux Parlements – toujours en place – peu actifs et deux gouvernements incapables de s’imposer face aux groupes armés. À Benghazi, la guerre va durer trois ans et détruire la ville. Il faudra attendre l’aprèsCovid pour que la reconstruction démarre.

    Aujourd’hui, Akram Hamad Amsallem ne regrette rien : « Nous avons payé un très lourd tribut avec cette guerre. Mais lorsque je vois le résultat de cette opération militaire menée par Khalifa Haftar : stabilité, sécurité dans la ville… Regardez ces enfants, ils n’auraient pas pu jouer ici dans une ville tenue par les extrémistes. » Au souk près du centre-ville de Benghazi, alors que les Libyens préparent le début de ramadan, les souvenirs de la guerre et de la révolution semblent bien loin. Il faut donner la date du 17 février et préciser l’année pour que les Libyens se souviennent de cet anniversaire. Najet, une veuve sexagénaire, explique sans détour : « Aujourd’hui, à Benghazi, nous sommes stables et nous avons la sécurité. Mais je ne peux m’empêcher de me poser la question : pourquoi tous ces malheurs pour en arriver là ? L’ambiance générale, notre société, les prix, tout était mieux avant. »

    Les Libyens sont nombreux à se plaindre de l’augmentation des prix notamment dans l’alimentation. Najet se dit favorisée : elle vit grâce aux devises que lui envoient ses fils, à l’étranger. En janvier – pour la seconde fois en moins d’un an -, la Banque centrale libyenne (BCL) a dévalué le dinar libyen de 14,7 %. L’économie est touchée par l’envolée des dépenses publiques en l’absence de coordination budgétaire entre les deux gouvernements rivaux. Selon la BCL, en 2024, les dépenses publiques se sont élevées à 224 milliards de dinars (29,96 milliards d’euros) pour des recettes de 136 milliards (18,18 milliards d’euros) – majoritairement issues du pétrole. En réalité, si le taux officiel correspond à 7,47 dinars pour un euro en ce mois de février, au marché noir – le plus couramment utilisé – de Benghazi, l’euro s’échange contre 11 dinars (lyd).

    Résultat, les Libyens, habitués aux faibles prix car détaxés, ont vu leurs dépenses augmenter fortement. Le panier hebdomadaire de fruits et légumes de Mohammed est ainsi passé de 65 lyd (8,70 € au marché officiel) à 120 lyd (16 €) pour des revenus de 1500 lyd (200 €) : « La plupart des fruits et légumes viennent d’Égypte. Mais les prix ont encore plus augmenté pour le lait, le thon, l’huile… » Le retraité qui a travaillé dans le secteur du pétrole reconnaît sans peine : « La révolution a d’abord changé notre pays de façon positive, puis de façon négative avec la guerre. Aujourd’hui, c’est mieux. Mais si on me demande un bilan général, j’ai envie de dire que Mouammar Kadhafi me manque. » Un autre problème concerne la pénurie de liquidités. Depuis quelques mois, les banques se repèrent de loin aux longues files d’attente de leurs clients. Les retraits sont limités, selon les établissements, entre 1 000 et 2 000 lyd (133 € à 267 €) par mois. Les moyens de paiement en ligne et par carte se sont cependant développés ces dernières années au fur et à mesure de ces crises, inexistantes avant 2011.

    Personne pourtant ne critique Khalifa Haftar. L’Ouest, où se trouve la banque centrale, est pointé du doigt pour le mal-être économique. Khalifa Haftar, dont la photo apparaît un peu partout dans la ville avec celles de ses fils, reste l’homme qui a libéré la ville et la région des terroristes islamistes. Il a également réussi à créer une structure militaire digne de ce nom appelée « Armée arabe nationale libyenne » (ANL) à partir de groupes armés disparates. Ce que Tripoli n’a jamais réussi à faire. À l’heure actuelle, la capitale est « protégée » par des groupes armés affiliés au gouvernement de Tripoli au gré de leurs humeurs. Avec le fonds de reconstruction et de développement, dirigé par Belkacem Haftar, un des fils du maréchal, de grands travaux de reconstruction et de modernisation ont été lancés dans les territoires contrôlés par l’ANL. À Benghazi, un terrain de golf, au cœur de la ville, est en cours de construction et des grues sont visibles partout. Un dynamisme que la population n’avait pas connu depuis bien longtemps. Sous Kadhafi, elle était habituée à la stagnation des projets à cause de la corruption.

    « Nous sommes deux pays », estime Aguila*, un travailleur humanitaire basé à Tripoli et ayant la chance de pouvoir voyager dans tout le pays alors que certains de ses compatriotes ne le peuvent pas en raison de leur affiliation politique. Il souligne que l’Est et Benghazi sont stables, à l’inverse de Tripoli : « Les citoyens aujourd’hui n’ont plus d’ambition politique. Ils veulent vivre leur vie quotidienne sans avoir peur. C’est la priorité principale. Et c’est ce qu’on trouve à Benghazi. » Les dernières élections municipales, qui ont eu lieu à Benghazi en décembre – après dix années d’interruption – n’ont attiré que 12 500 votants sur une population de 700 000 à 1 million d’habitants (le dernier recensement date de 2007). Zaïd Mahmoud Alawaj, un des nouveaux élus de la ville, garde espoir : « La population retrouvera confiance en la politique au fur et à mesure des élections et grâce à cette nouvelle stabilité ».

     

    LE FIGARO

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