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    L’université et le corps politique

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    By Antoine Courban on 31 décembre 2018 Opinions
    (L’un des épisodes les plus marquants de la Foire du Lendit était le cortège de l’Université : en grande pompe, le recteur, les professeurs, tous les représentants de la Sorbonne, et à leur suite les étudiants braillards et batailleurs, se rendaient au Lendit pour faire le plein de parchemins.)

     

     

    L’année 2018 s’achève sur un désastre politique au Liban. C’est ainsi que j’aime imaginer l’opinion de Selim Abou, ancien recteur de l’USJ, qui vient de nous quitter pour rejoindre son ami Samir Frangié, dans un au-delà où les phalanges angéliques ne s’arrachent pas, tels des charognards, les restes de la carcasse du Royaume des Cieux à l’image des politiciens libanais, passés maîtres dans l’art de dépouiller la charogne de l’Etat libanais de la moindre parcelle de chair qui demeure attachée sur ses os rabotés par ces nécrophages. 

     

    Dans son éloge funèbre, le Recteur Selim Daccache a annoncé la volonté de son université (USJ) à publier une anthologie du vivre-ensemble, projet inachevé sur lequel travaillaient conjointement Selim Abou et Samir Frangié, avec une brochette d’universitaires, avant que la maladie et la mort ne les empêchent de mener à bien cette œuvre destinée essentiellement aux jeunes générations. Se servant de l’histoire du Liban comme fil directeur, les protagonistes du projet avaient l’intention de laisser aux générations futures une anthologie les informant sur l’enracinement du vivre-ensemble, c’est-à-dire « LE » politique, au Liban ; et les aidant à discerner les signes avant-coureurs du « non-vivre ensemble », c’est-à-dire de l’agonie « DU » politique afin de pouvoir prévenir et conjurer une telle catastrophe.

    Vivre-ensemble c’est produire du politique en un lieu donné, bien circonscrit, où des individus et des groupes divers ont décidé de s’enraciner en se référant en permanence, non à un consensus tribal, mais à un texte constitutionnel et des lois auxquels chacun se soumet. Ce faisant, la « communauté politique » se cimente. Elle fait exister une « cité » et laisse émerger le profil du « citoyen » dont l’allégeance à l’Etat est, par définition, indéfectible.

    L’initiative du Recteur Daccache pose, encore une fois, la question du statut de l’Université, de l’universitaire et de l’intellectuel au sein de la communauté politique ou du vivre-ensemble. On pense, surtout au Liban, que l’universitaire et l’intellectuel doivent obligatoirement être « neutres », ne pas prendre position, se laisser réduire au rôle de castrat de l’intellect et d’eunuque de l’esprit. Certes, l’intellectuel n’est pas un activiste politique en dépit de l’autorité morale qu’on peut lui reconnaître dans le débat public. Il n’est membre d’aucun parti. Comme le présenteL’Encyclopédie de l’Agora, l’influence de l’intellectuel repose sur trois piliers :

    • L’effet Mirabeau : il est apte à exprimer la pensée de son peuple et le conseiller avec justice en prenant le parti de la victime de l’Histoire et non du pouvoir établi.
    • L’effet Goethe : il est toujours en mesure d’émettre une parole qui dépasse son individualité afin d’énoncer l’universel.
    • L’effet Gorgias : Il est autorisé à parler de sujets qui débordent son domaine de compétences, au nom de la vérité et non en fonction d’une technique.

    L’universitaire peut et doit être un intellectuel. Il ne peut démissionner du débat public sous peine de forfaiture. Comme représentant de l’Université, il n’a pas à prendre position en faveur de telle force politique ou de telle idéologie. A titre personnel, comme intellectuel, il est en droit de se positionner. Selim Abou et Samir Frangié étaient deux universitaires dont les choix n’étaient pas identiques lors de la guerre civile libanaise mais qui ont œuvré en commun après la fin des combats durant la phase de reconstruction et ont fait le lit de la « révolution du Cèdre », chacun à sa manière et en fonction de leur autorité morale d’intellectuels.

    L’Université est la pouponnière des intellectuels d’un pays, parce que l’enclos universitaire est un espace sacré inviolable, le sanctuaire de la liberté de parole que l’Esprit confère. L’Université n’est pas, en elle-même, une force politique. Elle demeure la tribune par excellence où toutes les idées interagissent. Le savant comme l’homme politique participent tous les deux à la recherche du bien commun même s’ils peuvent se tromper. C’est au sein de l’enceinte universitaire, sanctuarisée, que se forge en toute liberté, loin de toute idéologie, la « norme » de la cité et non l’inverse. Ce ne sont pas les forces, en compétition pour le pouvoir, qui peuvent prétendre imposer leur hégémonie au sein de l’Université. L’enceinte universitaire n’est pas un enjeu de pouvoir politique. Par contre, elle demeure la matrice des grands principes qui régissent la vie publique.

    Si le domaine du philosophe est le concept, celui de l’intellectuel est l’idée. L’intellectuel n’est pas un « expert » ni un « politologue ». Dans le sanctuaire universitaire, « les dispositions qui fondent le statut de l’intellectuel sont exigeantes »

    • Compétence reconnue dans un domaine.
    • Aptitude à manier les idées générales qui aident à discerner l’Universel, à la fois du Commun et de l’Uniforme. C’est un tel discernement qui permet au corps politique de ne pas se laisser mourir par l’inertie et l’homogénéité du consensus imposé.
    • L’intellectuel se distingue par une intégrité personnelle reconnue, y compris par ceux qui le désapprouvent.

    Tel est le rôle, non de l’Université comme institution, mais de l’intellectuel universitaire : être le médecin du corps politique.

    acourban@gmail.com

    Beyrouth

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