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    J’aimais beaucoup Charlie Kirk

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    By Emma Becker on 13 septembre 2025 à la une

     

     Tribune collective

    Avec la mort de Charlie Kirk, influenceur pro-Trump assassiné ce mercredi, les conservateurs ont perdu une voix, mais ceux qui le détestaient ont perdu plus précieux encore : un contradicteur contre lequel aiguiser leurs arguments et leur esprit critique, avance l’écrivain * dans un hommage poignant.

    J’aimais beaucoup Charlie Kirk. Je n’ai pas peur de le dire, pourtant il faudrait ; il suffit de voir les réactions extatiques sur les réseaux.

    Apparemment, tuer d’une balle dans le cou un gamin de 31 ans devant sa femme et ses deux enfants, pendant un débat sur un campus universitaire, c’est un recul notable du fascisme. Et puis l’ambiance est claire : ce qui est à droite est forcément nauséabond. «Si Charlie Kirk n’avait pas été une pourriture de droite, peut-être qu’on n’en serait pas là », note une jeune démocrate sur X. Confortablement installé dans son petit fauteuil, on ressort la vieille question pseudo-philosophique de Mai 68 : faut-il tolérer l’intolérance ?

    J’aimais beaucoup Charlie Kirk parce qu’il était exactement le contraire de l’intolérance. Qu’on soit d’accord avec lui ou non, d’ailleurs. Le type avait fait profession d’aller sur les campus américains, selon le principe connu : voilà mon avis sur telle question, faites-moi changer d’avis. Lui-même n’avait pas fait d’études
    supérieures, et son cheval de bataille, souvent, était de démontrer que l’université américaine, et les dettes dont on s’accable pour en être, était une arnaque ; que pour s’éduquer, il fallait avant tout lire, écouter, exercer son esprit critique, le frotter à celui des autres. Les étudiants, les profs, faisaient la queue pour débattre, avec des opinions bien souvent à l’opposé de celles de Kirk. Ils arrivaient avec des notes, des chiffres, des sources, la rage d’en découdre, parfois l’envie d’être bousculé, parfois, plus rarement, sans véritable conviction, plutôt des questions, auxquelles Kirk s’affairait à répondre.

    La foule autour était plus fâcheuse que lui, et lorsqu’elle se mettait à huer, on voyait Charlie Kirk lui enjoindre de se taire pour laisser parler la personne au micro. Kirk était sarcastique, mais jamais méchant ; féroce, mais pas injuste ; attaché à ses opinions, mais toujours prêt à les remettre en cause, si les arguments en face s’y prêtaient. Énervant, certes, parce que brillant et doué d’une répartie de sale gosse, Charlie
    Kirk, on avait envie de ne pas être d’accord avec lui ; il faut le rappeler, en cette époque que tout hérisse, que tout blesse et met en danger, ne pas être d’accord avec des gens intelligents, c’est un plaisir de
    gourmet. On le sait tous, c’est le sel de tous nos rapports humains, de nos relations amoureuses, amicales, c’est bon de ne pas être d’accord, c’est ce qui met sainement à l’épreuve notre sens critique et renforce nos liens – car quel mérite y a-t-il à aimer les gens qui nous donnent raison sur tout ? L’approbation béate, ça n’est pas de l’amour. C’est le culte de soi-même à travers l’autre.

    J’aimais beaucoup Charlie Kirk, et j’aurais aimé pouvoir ne pas être d’accord avec lui, en live, sur notamment le sujet de l’avortement. J’en ai regardé, des débats, et pas une fois je n’ai entendu un opposant lui faire remarquer que chez les conservateurs, la charge contraceptive retombe toujours sur les épaules des femmes, comme si ça n’était pas les hommes qui pouvaient, physiologiquement, inséminer cinquante femmes par jour – et pourquoi, alors, ne se penche-t-on pas sur le sujet d’une contraception masculine, pourquoi n’emmerde-t-on pas plus les hommes, pourquoi revient-on toujours à une sorte de faute originelle de la femme qui en ferait le garant de sa propre pureté, celle du foyer familial, et de la vertu de la société
    américaine ?

    Je n’étais pas d’accord sur tout avec Charlie Kirk, regardez : voilà pour le témoignage de contrition qu’il faut absolument donner en gage pour ne pas se retrouver classée à l’extrême droite. Cette joie du débat rondement mené, où l’on accepte de se laisser convaincre si les arguments sont bons, est manifestement devenue, depuis quelques années, un sport de droitard. Si c’est ce que l’on devient parce qu’on est abasourdi qu’il n’y ait plus, pour toute réponse à des désaccords, qu’une balle dans le cou, alors peut-être suis-je de droite, et peut être n’en ai-je même pas honte. Voilà comment on radicalise à tour de bras – c’est très simple, presque sans effort : défendre un mec comme Charlie Kirk, c’est automatiquement adhérer à tout ce qu’il racontait. Vous voilà fasciste. Si le gars avait été démocrate, la question était simplement réglée: intolérable, on s’attaque à la liberté d’expression, entendez-vous le bruit des bottes et les
    grognements de la bête immonde.

    Je suis d’avance curieuse de voir qui écrira sur Charlie Kirk, et de quel côté de l’échiquier politique.

    Personnellement, n’ayant aucune autre chapelle que la mienne, qui est une petite chapelle facilement pliable et repliable que j’installe partout où je trouve du bon sens et l’amour du débat, je suis effondrée. Effondrée par la mort d’un jeune père, évidemment. Il faudrait être un monstre pour ne pas l’être, ou alors placer ses opinions politiques tellement au-dessus de l’humanité qu’on arrive à en rire, puisque plus rien ne nous touche que les concepts, les beaux mots, les grandes déclarations – le vide, en somme, les tripatouillages intellectuels de salon qui n’engagent rien ni personne. Mais je suis effondrée aussi par cette défaite tragique
    d’un certain aspect de la démocratie : un monde où, avant chaque débat, on rentre un peu la tête dans les épaules en espérant qu’aucun tireur ne se planque sur un toit pour cracher un pruneau au premier désaccord, c’est un monde que je n’ai aucune envie de refiler à mes enfants, et plutôt que de faire semblant d’être d’un côté ou d’un autre, si cela a même un sens, j’aime mieux ouvrir mon bec en espérant que d’autres feront pareil. Les conservateurs ont perdu une voix, ils en sont conscients. Mais ceux qui détestaient Charlie Kirk et les valeurs qu’il portait ont perdu plus précieux encore : un contradicteur contre lequel aiguiser leurs arguments et leur esprit critique. S’ils s’en réjouissent, c’est parce qu’ils n’ont rien compris, et la chute nous fera tout drôle à tous.

    LE FIGARO

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