Close Menu
    Facebook Instagram LinkedIn
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Facebook Instagram LinkedIn
    Middle East Transparent
    • Accueil
    • Categories
      1. A la une
      2. Actualités
      3. Opinions
      4. Magazine
      Featured
      à la une Shaffaf Exclusive

      Réunion tendue du cabinet : différend entre le Premier ministre et le chef d’état-major des armées, qui a menacé de démissionner !

      Recent
      3 mars 2026

      Réunion tendue du cabinet : différend entre le Premier ministre et le chef d’état-major des armées, qui a menacé de démissionner !

      27 février 2026

      En Arabie saoudite, le retour au réalisme de « MBS », contraint d’en rabattre sur ses projets pharaoniques

      18 février 2026

      À Benghazi, quinze ans après, les espoirs déçus de la révolution libyenne

    • Contactez nous
    • Archives
    • Inscription
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Middle East Transparent
    You are at:Home»Categories»à la une»Jabbour et Fares : les deux amis que la mort n’a pas voulu séparer

    Jabbour et Fares : les deux amis que la mort n’a pas voulu séparer

    0
    By Antoine Courban on 26 juillet 2021 à la une

     

    HOMMAGE

     

    Jadis, il y a longtemps, dans les années 1960, celles du Liban de la douceur de vivre et de l’insouciance, le romancier Jabbour Douaihy et moi-même fréquentions la même école : le Collège des Frères de Tripoli. C’est entre les murs de ce collège, à la lisière des anciens remparts de la vieille ville mamelouke et croisée, que nous avons reçu cette culture française dont la langue me sert aujourd’hui à rédiger ce petit thrène en hommage à sa mémoire ainsi qu’à celle de son inséparable ami l’érudit Fares Sassine. En ce triste lendemain de leur décès, me revient à l’esprit la chanson de Gilbert Bécaud qui berça mon adolescence et ma jeunesse à Tripoli, surtout après la découverte du roman d’Alain Fournier Le Grand Meaulnes : 

    Qu’elle est lourde à porter l’absence de l’ami,

    L’ami qui, tous les soirs, venait à cette table

    Et qui ne viendra plus, la mort est misérable,

    Qui poignarde le cœur et qui te déconstruit.

    Fares et Jabbour. Le professeur de Philosophie et le professeur de Lettres Françaises à l’Université Libanaise. Fares sans Jabbour était impossible à concevoir dans les milieux culturels et intellectuels du Liban. Jabbour sans Fares aurait été une situation saugrenue. Les rencontres hebdomadaires à l’ABC d’Achrafieh, d’abord chez Lina’s ensuite à l’Urbanista, suivies d’un déjeuner en ville, ont fini par constituer un rite pour un cercle étroit des gens de lettres et d’esprit. Tous les deux maîtrisaient à la perfection leurs deux langues maternelles, l’Arabe et le Français. Fares, le professeur de philosophie, était un puits de savoir encyclopédique, une référence incontournable du patrimoine littéraire et intellectuel de l’Occident et de l’Orient. On se souvient encore de son interview avec Michel Foucault. Son sens subtil de la répartie et de l’humour était légendaire. Sa plume, un délice exquis pour ceux qui savent ce que le grand style littéraire veut dire. Jabbour, le professeur de Lettres Françaises, vivait en compagnie de tout ce que la littérature française et arabe ont su produire de plus beau et de plus fin en qualité. Jabbour et Fares étaient deux figures paradigmatiques de ce que le Liban de l’éducation, de la culture et de l’esprit universel, a pu représenter depuis la grande renaissance (Nahda) arabe du XIX° siècle qui a vu le jour et a éclairé le monde arabe grâce aux villes de Beyrouth et du Caire.

    L’ami Jabbour quitta ce monde dans l’après-midi du 23 juillet, entouré des siens. Son inséparable ami Fares le suivit quelques heures après. Comme quoi le lien de l’amitié est plus fort que la séparation de la mort. C’est comme si, sur son lit d’hôpital, l’âme de Fares avait mystérieusement appris le départ de Jabbour et fredonnait silencieusement les vers de la même chanson de Bécaud : 

    Mais j’ai trop de chagrin et sa voix qui m’appelle

    Se plante comme un clou dans le creux de ma main.

    Alors, l’ange psychopompe Saint-Michel, qui tenait déjà Jabbour d’une main, s’approcha pour tendre l’autre main à Fares afin qu’ils puissent entreprendre ensemble le grand voyage comme ils ont partagé ensemble les meilleurs moments de leur vie. 

    Quant à moi, je continue à murmurer les paroles de Bécaud, « je reste là, au bord de mon passé … silencieux et vaincu ». J’écoute le vide de l’absence s’installer en moi au milieu de mon pays natal déchiqueté, meurtri, assassiné. J’implore toutes les divinités psychopompes, Anubis, Hermès, St Michel, de venir alléger l’agonie de ce qui fut un paradis de la douceur de vivre comme elles ont allégé celle de Jabbour et Fares.

    Vaincu, meurtri, conscient, comme les héros de Jabbour, d’avoir épuisé l’inutile effort de briser le mal, je me dis, comme chez Hamlet, que l’ultime parole de mon thrène pour mes amis serait une parole muette, celle qui ne serait jamais prononcée, qui demeurera en moi et se résoudra dans le silence impénétrable d’une page blanche.

    acourban@gmail.com

    *Beyrouth

    Share. Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link
    Previous ArticleLettre ouverte aux expats : Vous êtes venus ? Nous sommes tous las…
    Next Article Israël met le Hezbollah en garde et prépare une riposte « ouverte et secrète »
    S’abonner
    Notification pour
    guest
    guest
    0 Commentaires
    Le plus récent
    Le plus ancien Le plus populaire
    Commentaires en ligne
    Afficher tous les commentaires
    Flux Articles récents en anglais
    • Scoop: French plan to end Lebanon war includes recognition of Israel 15 mars 2026 Axios
    • Iran Alone 13 mars 2026 General Yoav Gallant
    • A Farewell to a Mind That Spoke with History: In memory of Prof. Dr. İlber Ortaylı 13 mars 2026 Yusuf Kanli
    • Lebanon’s failure to disarm Hezbollah keeps doing greater damage 13 mars 2026 Hussain Abdul-Hussain
    • Mojtaba Khamenei: From silent heir to Supreme Leader 12 mars 2026 Yusuf Kanli
    Flux Articles récents en arabe
    • كيف أصبحت إيران شيعية سنة 1501؟ 15 mars 2026 يان ريشار
    • كيف تحول التيار الرسمي للقوميين العرب إلى معادين للعروبة؟ 14 mars 2026 حسين الوادعي
    • تقييم متشائم: بأُمرة “الحرس” مباشرةً، 30 الف مقاتل في حزب الله ومعركة طويلة 13 mars 2026 خاص بالشفاف
    • 500 ألف دولار شهريا لنبيه برّي لدعم نفوذ إيران في بيروت 12 mars 2026 إيران إنترناشينال
    • بالفيديو والصور: بلدية صيدا “قَبَعت” القرض الحسن من شارع رياض الصلح! 12 mars 2026 خاص بالشفاف
    19 septembre 2013

    Réflexion sur la Syrie (à Mgr Dagens)

    12 octobre 2022

    Putain, c’est compliqué d’être libanais

    24 octobre 2022

    Pourquoi je ne vais pas à Beyrouth

    10 janvier 2025

    D’un aounisme l’autre: lettre ouverte à Michel Aoun, ancien président de la République

    21 mars 2009

    L’AYATOPAPE

    Commentaires récents
    • SK_Azzi dans Au cœur de Paris, l’opaque machine à cash de l’élite libanaise
    • Saoud el Mawla dans La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants
    • Samara Azzi dans La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?
    • Rabbi Dr Elie Abadie M.D. dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    • Fathi el Yafi dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    Soutenez-nous
    © 2026 Middle East Transparent

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.

    wpDiscuz