Close Menu
    Facebook Instagram LinkedIn
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Facebook Instagram LinkedIn
    Middle East Transparent
    • Accueil
    • Categories
      1. A la une
      2. Actualités
      3. Opinions
      4. Magazine
      Featured
      à la une Walid Sinno

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      Recent
      10 janvier 2026

      Pourquoi la pomme de la tyrannie tombe-t-elle toujours ?

      2 janvier 2026

      La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants

      30 décembre 2025

      La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?

    • Contactez nous
    • Archives
    • Inscription
    • العربية (Arabe)
    • English (Anglais)
    • Français
    Middle East Transparent
    You are at:Home»La double conviction

    La double conviction

    0
    By Sarah Akel on 10 janvier 2013 Non classé

    J’ai eu l’occasion d’assister le 31 janvier 2012 dans le village de Yanouh aux funérailles de feu Wagih Naja el-Beaïni, âgé de 57 ans, berger de père en fils.
    
La forme particulière de ces obsèques et la responsabilité morale de la famille m’ont permis de décrire en quelques lignes l’image qui s’est gravée dans ma tête ce jour-là.

    
Wagih a été victime d’une hémorragie cérébrale massive due à une poussée de tension, compliquée d’un coma profond en date du 28 décembre 2012. Hospitalisé à l’hôpital Notre-Dame des Secours, à Jbeil, les médecins évoquent une mort cérébrale, documentée par deux électro-encéphalogrammes réalisées à 24 heures d’intervalle, montrant un tracé plat.

    
En médecine légale, mort cérébrale veut dire mort tout court. En d’autres termes, le malade est mort pratiquement, mais il est maintenu en vie d’une manière artificielle grâce à l’assistance médicale. Dans des cas pareils, l’autorisation de la famille est nécessaire pour pouvoir prélever ses organes et assurer un don à d’autres malades.

    
Dans toutes les sociétés du monde, et surtout dans la nôtre, le don d’organes est surtout assuré à partir de malades qui appartiennent à des milieux favorisés et intellectuellement avancés. À la surprise du comité médical responsable des dons d’organes de l’hôpital de Jbeil, la famille accepte sans aucune réticence que les organes de Wagih puissent servir à sauver d’autres vies. Donc cette famille « défavorisée » accepte dans le silence deux « constats » à la fois.
     
    Elle aurait compris que mort cérébrale veut dire mort tout court, et à partir de cette constatation, elle permet de prélever des organes de son fils pour aider d’autres patients. C’est ainsi que Wagih, le berger de Yanouh, village situé à 1 300 m d’altitude dans la région de Kartaba, prend la route du caveau de famille, explanté de ses yeux et de ses deux reins, dans un climat d’altruisme et de silence absolus.

    
Le jour des obsèques, je me dirige vers Yanouh, village paisible, dépeuplé en hiver, et, à ma grande surprise, des dizaines, voire des centaines de voitures se garaient au bord des routes étroites qui mènent à l’église. Des coups de feu et des rafales d’armes automatiques étaient entendus, et des pleureurs, « rababeh » en main, accompagnaient avec des voix trémulantes la dépouille de Wagih. 
Devant l’église, des centaines de villageois coiffés, pour la plupart, de keffiehs rouges ou noires étaient à l’écoute des pleureurs et répondaient à leurs chants par des coups de feu tirés en l’air. À l’intérieur du salon de Saydet Yanouh, la famille du défunt, ses frères, ses fils recevaient les personnes qui venaient de tous les villages voisins présenter leurs condoléances. Moi qui connais les visages, les habitués de ce genre de circonstances dans la montagne, j’étais surpris par le nombre de personnes que je ne connaissais pas mais dont je pouvais imaginer le profil. Des centaines de têtes, avec de grandes oreilles, une dentition malsaine, des mains de travailleurs, venaient de partout. Les bergers de Wadi Khaled sunnites, les bergers de Baalbeck chiites, les bergers de notre montagne maronite et même des marchands de bestiaux de Syrie étaient là pour présenter les condoléances à un confrère maronite de la montagne libanaise.

    
La morale de cette histoire me rend encore plus attaché à deux convictions : la première est la nécessité de préserver les valeurs morales de notre société, et la seconde est que la convivialité islamo-chrétienne, loin d’être une vue de l’esprit, est une réalité implacable.

    Farès SOUHAID est le Coordinateur général du 14 Mars

    Share. Facebook Twitter LinkedIn Email WhatsApp Copy Link
    Previous ArticleBachar Al Assad ignore le mécontentement populaire et tente de rassurer fidèles et alliés
    Next Article La Jouissance Collective de la Haine

    Comments are closed.

    Flux Articles récents en anglais
    • Endgame Iran: Islamic Republic nears its end when anti-regime forces converge 11 janvier 2026 Ronald Sandee
    • Confidence in Trump: A test written in Venezuela, read in Cyprus and Ukraine 10 janvier 2026 Yusuf Kanli
    • Liquidity at the Core of Lebanon’s Financial Deposit Repayment Act 9 janvier 2026 Samara Azzi
    • Talk and Plot: Teheran Double Game with the Sharaa Regime 6 janvier 2026 Shaffaf Exclusive
    • When “law enforcement” looks like piracy: The Maduro seizure, Türkiye’s caution, and the “precedent” problem 5 janvier 2026 Yusuf Kanli
    Flux Articles récents en arabe
    • انتهت اللعبة: الجمهورية الإسلامية تقترب من نهايتها مع تقارب القوى المناهضة للنظام 11 janvier 2026 رونالد ساندي
    • أموال رئيسة فنزويلا وأموال “مادورو” مجمّدة في سويسرا منذ 2018  10 janvier 2026 سويس أنفو
    • ليبيا واستراتيجية “القفل الفولاذي”: نموذج الاستقرار القسري 2026 10 janvier 2026 أبو القاسم المشاي
    • ثرثرة على ضفّة “الحركة” بمناسبة الذكرى الحادية والستين لانطلاقة حركة فتح! 10 janvier 2026 هشام دبسي
    • طالبت الغرب بالتدخّل، عبادي: قطع الإنترنيت في إيران مقدّمة لارتكاب “مجرزة”! 10 janvier 2026 شفاف- خاص
    19 septembre 2013

    Réflexion sur la Syrie (à Mgr Dagens)

    12 octobre 2022

    Putain, c’est compliqué d’être libanais

    24 octobre 2022

    Pourquoi je ne vais pas à Beyrouth

    10 janvier 2025

    D’un aounisme l’autre: lettre ouverte à Michel Aoun, ancien président de la République

    21 mars 2009

    L’AYATOPAPE

    Commentaires récents
    • SK_Azzi dans Au cœur de Paris, l’opaque machine à cash de l’élite libanaise
    • Saoud el Mawla dans La liberté comme dette — et comme devoir trahi par les gouvernants
    • Samara Azzi dans La « Gap Law »: pourquoi la précipitation, et pourquoi les Français ?
    • Rabbi Dr Elie Abadie M.D. dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    • Fathi el Yafi dans Le Grand Hôtel Abysse sert toujours des repas en 2025
    Soutenez-nous
    © 2026 Middle East Transparent

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.