{"id":48807,"date":"2020-08-06T11:55:35","date_gmt":"2020-08-06T10:55:35","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=48807"},"modified":"2020-08-06T11:55:35","modified_gmt":"2020-08-06T10:55:35","slug":"combien-de-temps-et-dargent-faudra-t-il-pour-reconstruire-beyrouth","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/combien-de-temps-et-dargent-faudra-t-il-pour-reconstruire-beyrouth\/","title":{"rendered":"Combien de temps et d&rsquo;argent faudra-t-il pour reconstruire Beyrouth?"},"content":{"rendered":"<header class=\"css-1abuj4a e8mzd9n1\">\n<h2 class=\"css-135rrsm edox7vr0\"><strong>ENTRETIEN\u00a0&#8211; Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que la capitale libanaise doit se relever de destructions. Mais cette fois-ci, les d\u00e9g\u00e2ts et le contexte politico-\u00e9conomique ne sont pas les m\u00eames, estime l&rsquo;enseignant et chercheur Eric Verdeil.<\/strong><\/h2>\n<\/header>\n<div class=\"css-pqa0o8 e590w5o1\"><\/div>\n<figure class=\"css-ojz01a e109d7m50\"><\/figure>\n<div class=\"css-10460lt ey7xkwt0\" data-component=\"fig-content-body\">\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><em>Eric Verdeil est professeur des universit\u00e9s \u00e0 Sciences-Po Paris, enseignant en g\u00e9ographie et \u00e9tudes urbaines, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de l&rsquo;institution, sp\u00e9cialiste du Liban et d&rsquo;urbanisme \u00e0 Beyrouth.<\/em><\/p>\n<div class=\"css-tyylj3 e1c5uoft0\">\n<hr \/>\n<\/div>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>LE FIGARO.- Le gouverneur de Beyrouth a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il estimait que les dommages dans la ville pouvaient \u00ab<\/strong><em><strong>s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 entre trois et cinq milliards de dollars<\/strong><\/em><strong>\u00bb. Que penser de cette premi\u00e8re estimation\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>ERIC VERDEIL.-\u00a0<\/strong>Il est difficile de se prononcer sur\u00a0<a class=\"css-15ezjzi esdb6og5\" href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/explosions-a-beyrouth-entre-nbsp-3-et-5-milliards-de-dollars-de-dommages-estime-le-gouverneur-de-la-capitale-20200805\" data-fig-id=\"bGVmaWdhcm8uZnJfXzAyZTcxYzJkLWQ3MDUtMTFlYS04ZmYwLWEwMzY5ZjkxZjMwNF9fTmV3c0ZsYXNo\" data-fig-type=\"NewsFlash\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">ce chiffre<\/a>\u00a0pour l&rsquo;instant\u00a0: si\u00a0<a class=\"css-15ezjzi esdb6og5\" href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/le-port-de-beyrouth-devaste-le-liban-perd-une-source-d-alimentation-essentielle-20200805\" data-fig-id=\"bGVmaWdhcm8uZnJfXzQ0NjFjZGIxLWQ2ZGUtMTFlYS04ZmYwLWEwMzY5ZjkxZjMwNF9fQXJ0aWNsZQ==\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">les d\u00e9g\u00e2ts du port<\/a>\u00a0se comptent en centaines de millions de dollars \u00e0 eux seuls, on ne peut estimer les dommages caus\u00e9s aux habitations. De m\u00eame, le gouverneur a parl\u00e9 de 300.000 personnes sans domicile \u00e0 la suite des explosions, mais sans pr\u00e9ciser ce qu&rsquo;il entendait par l\u00e0. Sont-ce les personnes dont le domicile a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement d\u00e9truit, ou toutes celles dont l&rsquo;habitation a subi des d\u00e9g\u00e2ts\u00a0? Beyrouth compte 340.000 habitants environ, et son agglom\u00e9ration plus de deux millions d&rsquo;habitants. 300.000 personnes sans domicile me para\u00eet donc un bilan tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, malgr\u00e9 les d\u00e9g\u00e2ts consid\u00e9rables caus\u00e9s par ces explosions.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Comment la ville avait-elle \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par les derniers conflits\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Beyrouth, et notamment sa partie centrale, avait \u00e9t\u00e9 intens\u00e9ment frapp\u00e9e par des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s. Dans un premier temps, la guerre civile libanaise, entre 1975 et 1990, a fortement endommag\u00e9 le centre-ville de la capitale. Depuis 1994, un plan de reconstruction a permis \u00e0 la ville de conna\u00eetre un processus de r\u00e9novation impressionnant, passant notamment par la construction de nombreuses tours. D\u00e9sormais, les traces de la guerre subsistent par endroits, mais on est loin de la situation de l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">En 2006, la guerre entre Isra\u00ebl et le Hezbollah a caus\u00e9 des destructions s\u00e9v\u00e8res mais localis\u00e9es, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un quartier entier a \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9 par les combats. L\u00e0 encore, la reconstruction a eu lieu entre-temps.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Quelle \u00e9tait la situation de Beyrouth avant les deux explosions\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">L&rsquo;agglom\u00e9ration souffre de multiples probl\u00e8mes comme l&rsquo;infrastructure routi\u00e8re, l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, dont le fonctionnement est \u00e9pouvantable avec de nombreuses coupures, ou encore la gestion des d\u00e9chets, erratique depuis 2015. Ces travers soulignent une tr\u00e8s mauvaise gestion des services publics et des probl\u00e8mes de passation et d&rsquo;attribution des contrats publics. Cela t\u00e9moigne aussi d&rsquo;une corruption hom\u00e9rique, largement conspu\u00e9e par la rue.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">\u00c0 l\u2019inverse, le port de Beyrouth, touch\u00e9 de plein fouet par les explosions, avait fait l&rsquo;objet de travaux d&rsquo;extension et d&rsquo;am\u00e9lioration dans les ann\u00e9es 1990. Il \u00e9tait devenu efficace, dot\u00e9 d&rsquo;une infrastructure relativement moderne pour sa partie conteneurs. L\u00e0 encore, toutefois, les explosions soulignent de graves probl\u00e8mes de gestion des stocks\u00a0:\u00a0<a class=\"css-15ezjzi esdb6og5\" href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/qu-est-ce-que-le-nitrate-d-ammonium-responsable-presume-de-l-explosion-de-beyrouth-20200805\" data-fig-id=\"bGVmaWdhcm8uZnJfXzYwNTU0Njk3LWQ2ZWYtMTFlYS04ZmYwLWEwMzY5ZjkxZjMwNF9fQXJ0aWNsZQ==\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">le nitrate d&rsquo;ammonium<\/a>\u00a0apparemment \u00e0 l&rsquo;origine de la catastrophe n&rsquo;aurait pas d\u00fb \u00eatre entrepos\u00e9 l\u00e0, \u00e0 seulement 300 m\u00e8tres des habitations les plus proches. Certains d\u00e9noncent une forme de procrastination, d&rsquo;autres des marchandages, de la revente\u2026 Une chose est s\u00fbre\u00a0: quelqu&rsquo;un a fait preuve d&rsquo;une n\u00e9gligence coupable dans le stockage d&rsquo;une mati\u00e8re si dangereuse ici.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Peut-on tirer des le\u00e7ons des pr\u00e9c\u00e9dentes reconstructions de Beyrouth\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">On ne parle pas du m\u00eame type de d\u00e9g\u00e2ts. Par le pass\u00e9, des immeubles avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits, touch\u00e9s par des tirs, des bombes. Ici, certains b\u00e2timents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits, mais ils sont minoritaires. Les dommages risquent surtout de varier en fonction de l&rsquo;anciennet\u00e9 des constructions, les r\u00e9centes r\u00e9sistant bien mieux, sur le plan structurel, que les autres. Ce point m&rsquo;inqui\u00e8te\u00a0: \u00e0 proximit\u00e9 du port se trouvent des quartiers anciens, tr\u00e8s gravement touch\u00e9s, rendant leur reconstruction difficile. Ces quartiers \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9guli\u00e8rement menac\u00e9s par des promoteurs immobiliers qui risquent de profiter de cette occasion pour les densifier et les transformer. Je crains que ces explosions ne repr\u00e9sentent le coup de gr\u00e2ce pour ces quartiers centraux. Je serais \u00e9tonn\u00e9 qu&rsquo;il y ait un processus de reconstruction \u00e0 l&rsquo;identique de cette zone.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Comment les reconstructions avaient-elles \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es par le pass\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">En 1994, l&rsquo;\u00c9tat libanais avait cr\u00e9\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 libanaise pour le d\u00e9veloppement et la reconstruction du centre-ville de Beyrouth (Solidere), charg\u00e9e de mettre en musique la r\u00e9novation des quartiers centraux. Le gouvernement lui avait confi\u00e9 des droits normalement d\u00e9volus \u00e0 la puissance publique, comme le droit de mener des travaux sur l&rsquo;espace public ou la possibilit\u00e9 d&rsquo;exproprier. La compagnie est devenue, en quelque sorte, propri\u00e9taire du centre-ville, b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une concession de 25 ans prolong\u00e9e par la suite, en \u00e9change de financements pour le reconstruire. En r\u00e9alit\u00e9, ces pr\u00e9rogatives publiques confi\u00e9es au priv\u00e9 ont surtout g\u00e9n\u00e9r\u00e9 d&rsquo;importants b\u00e9n\u00e9fices pour les actionnaires de l&rsquo;entreprise, dont font partie de gros noms du capitalisme et monde politique libanais. La famille Hariri, longtemps aux affaires, en fait notamment partie.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Cependant, les habitants du centre-ville n&rsquo;ont pas r\u00e9ellement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ces transformations. La reconstruction fut rat\u00e9e, en cela que le c\u0153ur de la capitale n&rsquo;est pas redevenu un lieu b\u00e9n\u00e9ficiant \u00e0 l&rsquo;ensemble de la population. Les modifications ont surtout mis en \u0153uvre une forme d&rsquo;exclusivisme, coupant ce quartier r\u00e9serv\u00e9 aux \u00e9lites du reste de la capitale. Les changements n&rsquo;\u00e9taient pas faits pour les habitants\u00a0: des sortes de \u00abgated communities\u00bb (quartiers prot\u00e9g\u00e9s) ont \u00e9merg\u00e9, mais, en parall\u00e8le, les autres parties commerciales ont p\u00e9riclit\u00e9. Ce premier volet confi\u00e9 au priv\u00e9 n&rsquo;a donc pas \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement b\u00e9n\u00e9fique pour l&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, mais plut\u00f4t lucrative pour les actionnaires.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">En 2006, d\u00e8s le cessez-le-feu avec Isra\u00ebl, le Hezbollah a g\u00e9r\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 la reconstruction de la banlieue sud de Beyrouth. Cette derni\u00e8re est all\u00e9e tr\u00e8s vite\u00a0: l&rsquo;organisation souhaitait ainsi montrer \u00e0 la population qu&rsquo;elle prenait soin d&rsquo;elle, pour redorer son blason alors qu&rsquo;elle fut \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;attaque isra\u00e9lienne. Les b\u00e2timents ont donc \u00e9t\u00e9 reb\u00e2tis rapidement, \u00e0 l&rsquo;identique, et leurs habitants sont revenus, dans leur majeure partie. L&rsquo;aspect financier reste opaque\u00a0: le Hezbollah a re\u00e7u des financements externes et a transmis des fonds aux propri\u00e9taires des appartements d\u00e9truits pour qu&rsquo;ils reconstruisent. Quelques ann\u00e9es plus tard, les travaux \u00e9taient finis.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Qui pourrait prendre en charge le financement des travaux, cette fois-ci\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Les m\u00e9canismes mis en \u0153uvre pr\u00e9c\u00e9demment sont difficiles \u00e0 reproduire ici. On ne peut exproprier les habitants de leurs immeubles, le niveau de d\u00e9g\u00e2ts ne le justifiera pas. En outre, le Hezbollah n&rsquo;a pas \u00e0 reconstruire pour renforcer son prestige, comme en 2006. Et surtout il n&rsquo;y a plus d&rsquo;argent au Liban. Le syst\u00e8me financier est compl\u00e8tement bloqu\u00e9. Une grande incertitude demeure donc\u00a0: le Liban est sous blocus, de l&rsquo;int\u00e9rieur, par les actionnaires des banques, comme de l&rsquo;ext\u00e9rieur, les \u00c9tats-Unis faisant pression sur le syst\u00e8me bancaire par peur d&rsquo;alimenter les comptes du Hezbollah ou des militaires syriens. Ce double blocage pourrait ralentir la reconstruction.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Normalement, outre les aides d&rsquo;urgence venant par exemple de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, le financement devrait plut\u00f4t incomber \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat ou aux assurances, pour les immeubles couverts. On pourrait aussi penser \u00e0 des m\u00e9canismes de financement par le syst\u00e8me bancaire, subventionn\u00e9s par des institutions externes comme la Banque mondiale. Les propri\u00e9taires qui le pourront essaieront de financer a minima les travaux autant que faire se peut, mais cela risque de mener \u00e0 un processus graduel, diff\u00e9rentiel. Un certain nombre de personnes, notamment dans les anciens b\u00e2timents durement touch\u00e9s, pourraient choisir de vendre et quitter les lieux, permettant \u00e0 des promoteurs de r\u00e9aliser des op\u00e9rations lucratives. Sans planification, cela aurait des cons\u00e9quences sociales assez graves.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Combien de temps la reconstruction prendra-t-elle\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Plusieurs ann\u00e9es, c&rsquo;est certain. Tout d\u00e9pend ensuite des intentions et objectifs des reconstructeurs. Le Hezbollah voulait aller le plus vite possible, et son objectif n&rsquo;\u00e9tait pas le profit\u00a0: cela a donn\u00e9 des travaux rapides mais des constructions peu esth\u00e9tiques, plut\u00f4t bas de gamme. Les habitants en sont plut\u00f4t satisfaits. Solidere avait un objectif diff\u00e9rent, le profit, avec la construction d&rsquo;une zone exclusive pour l&rsquo;\u00e9lite. La soci\u00e9t\u00e9 a fait de la r\u00e9tention fonci\u00e8re et n&rsquo;a lib\u00e9r\u00e9 les terrains que peu \u00e0 peu, pour faire monter les ench\u00e8res et les vendre plus cher. R\u00e9sultat\u00a0: vingt-cinq ans apr\u00e8s, la compagnie n&rsquo;avait pas construit la moiti\u00e9 de ce qu&rsquo;elle aurait d\u00fb faire, et beaucoup d&rsquo;immeubles ou de terrains restent vides.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Cette fois-ci, les habitants dont les logements ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s vont vouloir y revenir si possible et d\u00e8s que possible. C&rsquo;est une logique diff\u00e9rente.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\"><strong>Comment tout ceci va-t-il s&rsquo;articuler dans une situation politique et financi\u00e8re d\u00e9j\u00e0 extr\u00eamement difficile\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Mal. Le blocage du syst\u00e8me bancaire reste massif, les gens restreignent leurs d\u00e9penses de consommation et ne peuvent facilement faire de d\u00e9penses pour r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts. L&rsquo;une des questions est de savoir si ces explosions vont renforcer la col\u00e8re des Libanais, d\u00e9j\u00e0 visible depuis dix mois dans la rue. Jusqu&rsquo;ici, les protestations n&rsquo;\u00e9taient pas assez fortes pour faire vaciller le pouvoir et r\u00e9former le syst\u00e8me en profondeur. Pour le moment, les Libanais expriment plut\u00f4t une certaine sid\u00e9ration. Ensuite, il est probable qu&rsquo;ils manifestent un grand ressentiment, mais il n&rsquo;est pas certain que celui-ci se solde par le saut dans l&rsquo;inconnu que repr\u00e9sente une remise en cause du syst\u00e8me politique et confessionnel.<\/p>\n<p class=\"css-s6jpj4 ekabp3u0\">Il faudra donc voir si les contestations se radicalisent et si des pressions ext\u00e9rieures se multiplient.<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/conjoncture\/combien-de-temps-et-d-argent-faudra-t-il-pour-reconstruire-beyrouth-20200805\">LE FIGARO<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ENTRETIEN\u00a0&#8211; Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que la capitale libanaise doit se relever de destructions. Mais cette fois-ci, les d\u00e9g\u00e2ts et le contexte politico-\u00e9conomique ne sont pas les m\u00eames, estime l&rsquo;enseignant et chercheur Eric Verdeil. 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