{"id":46505,"date":"2020-04-30T19:40:47","date_gmt":"2020-04-30T18:40:47","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=46505"},"modified":"2020-04-30T19:50:31","modified_gmt":"2020-04-30T18:50:31","slug":"lhistoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/lhistoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine\/","title":{"rendered":"L\u2019histoire secr\u00e8te du laboratoire P4 de Wuhan vendu par la France \u00e0 la Chine"},"content":{"rendered":"<div class=\"content-main content-main-full content-article-start\">\n<div class=\"article-start\">\n<p><em><span style=\"font-size: 16px;\">Le laboratoire P4 est implant\u00e9 \u00e0 Zhengdian, \u00c0 UNE TRENTAINE DE KILOM\u00c8TRES AU SUD DE WUHAN.<\/span><\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"content-main \">\n<div class=\"article-start\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"article-chapo\">\n<h3><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>ENQU\u00caTE &#8211; Objet de tous les soup\u00e7ons et les fantasmes, le laboratoire P4 de Wuhan, que nous avons pu visiter en f\u00e9vrier 2019, est le fruit d&rsquo;une coop\u00e9ration longue et chaotique entre la France et la Chine. Nos r\u00e9v\u00e9lations.<\/strong><\/span><\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-image\">\n<div class=\"wrap-to-row\"><\/div>\n<\/div>\n<article class=\"container-inside-right\">\n<div class=\"corps user-paying-content\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mercredi 20 f\u00e9vrier 2019<strong>*<\/strong>. La pluie fine qui tombe du ciel brumeux du Hubei masquerait presque au loin\u00a0l&rsquo;\u00e9norme b\u00e2timent aux faux airs de Fort Knox qui se dresse dans l&rsquo;aust\u00e8re\u00a0zone industrielle de Zhengdian, situ\u00e9e \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres au sud de Wuhan. En contrebas d&rsquo;une colline bois\u00e9e, des grillages et barbel\u00e9s enserrent ce bloc de b\u00e9ton gris fonc\u00e9. Des cam\u00e9ras haute d\u00e9finition scrutent aussi les alentours. Nous nous dirigeons vers un immeuble blanc sur lequel est inscrit \u00ab\u00a0Wuhan Institute of Virology\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;escalier que nous gravissons c\u00e9l\u00e8bre les vieux amis fran\u00e7ais de la\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/tag_lieu\/chine_897\/\">Chine<\/a>. Les photos d\u00e9filent: Jacques Chirac, l&rsquo;industriel lyonnais Alain M\u00e9rieux, mais aussi les anciens ministres socialistes Jean-Marie Le Guen et Bernard Cazeneuve. \u00ab\u00a0Nous y sommes\u00a0\u00bb\u00a0pr\u00e9vient, apr\u00e8s avoir emprunt\u00e9 une passerelle, le ma\u00eetre des lieux, <strong>Yuan Zhiming, directeur de l&rsquo;Institut de virologie de Wuhan<\/strong>. Le lieu, flambant neuf, qui se d\u00e9voile \u00e0 nos yeux est un bunker de plus de 3.000 m\u00e8tres carr\u00e9s r\u00e9partis sur quatre niveaux et pos\u00e9 sur <strong>une dalle antisismique<\/strong>. On y trouve plusieurs pi\u00e8ces de travail maintenues constamment en d\u00e9pression. Une animalerie est contr\u00f4l\u00e9e par un syst\u00e8me vid\u00e9o. Les chercheurs,\u00a0dont il est pr\u00e9cis\u00e9 qu&rsquo;ils ont <strong>interdiction de se trouver seuls dans le b\u00e2timent, doivent y travailler munis de scaphandres con\u00e7us sur mesure, dot\u00e9s de filtres les plus \u00e9tanches au monde et d&rsquo;une communication radio permanente. En cas d&rsquo;infection, les\u00a0chances de survies sont quasi nulles.<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9difice myst\u00e9rieux est un laboratoire Pathog\u00e8nes de classe 4 (P4) qui peut h\u00e9berger les virus les plus mortels de la plan\u00e8te tels Ebola. La pand\u00e9mie de Covid-19, n\u00e9e \u00e0 Wuhan, l&rsquo;a propuls\u00e9 ces derniers mois \u00e0 la une des journaux du monde entier. Surfant sur la vague complotiste, certains m\u00e9dias n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 accr\u00e9diter l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle le\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/tag_maladie\/coronavirus_34863\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">SARS-CoV-2<\/a>\u00a0aurait \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 en son sein alors que l&rsquo;origine naturelle du virus fait consensus chez les scientifiques. D&rsquo;autres, plus s\u00e9rieux \u00e0 l&rsquo;instar du\u00a0<em>Washington Post<\/em>, ont mis en lumi\u00e8re les zones d&rsquo;ombre du P4.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/gdpr-consent\/?next_url=https%3a%2f%2fwww.washingtonpost.com%2fopinions%2f2020%2f04%2f14%2fstate-department-cables-warned-safety-issues-wuhan-lab-studying-bat-coronaviruses%2f\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le quotidien am\u00e9ricain a ainsi r\u00e9v\u00e9l\u00e9<\/a>\u00a0que l&rsquo;ambassade des Etats-Unis \u00e0 P\u00e9kin avait alert\u00e9 le D\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat en 2018 sur les mesures de s\u00e9curit\u00e9 insuffisante au sein du laboratoire. Des soup\u00e7ons, et non les preuves d&rsquo;une quelconque culpabilit\u00e9, qui interviennent alors que P\u00e9kin maintient une chape de plomb sur l&rsquo;origine du virus. Et que la possibilit\u00e9 que celui-ci soit issu d&rsquo;un accident en laboratoire est jug\u00e9e cr\u00e9dible par les experts.<\/p>\n<div id=\"native \" class=\"\"><\/div>\n<p>Probablement non d\u00e9nu\u00e9es d&rsquo;arri\u00e8re-pens\u00e9es g\u00e9opolitiques, ces charges parties des \u00c9tats-Unis sont en effet venues raviver les craintes qui escortent le P4 depuis sa naissance. <strong>Elles placent \u00e9galement la France dans une situation tr\u00e8s inconfortable.<\/strong> <strong>Car\u00a0ce centre de haute s\u00e9curit\u00e9 biologique, le seul de ce calibre dont dispose la Chine<\/strong>, a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d&rsquo;une intense et douloureuse coop\u00e9ration entre Paris et P\u00e9kin. Mis \u00e0 mal par des soup\u00e7ons autour de l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes biologiques par la Chine, des divergences de vue franco-chinoises ou des bisbilles au sein de l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais, <strong>ce projet initi\u00e9 en 2003<\/strong>, a \u00e9t\u00e9 tout sauf un long fleuve tranquille.<\/p>\n<p><strong> R\u00e9v\u00e9lations sur l&rsquo;un des \u00e9pisodes les plus secrets et les plus embl\u00e9matiques des relations entre les deux pays.<\/strong><\/p>\n<h2><strong>Aux origines du P4<\/strong><\/h2>\n<p>Tout commence en 2003.<\/p>\n<p>La Chine, comme une grande partie de l&rsquo;Asie, est alors frapp\u00e9e par\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2003\/05\/03\/le-sras-histoire-d-un-tueur-en-serie_318884_3244.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">une pand\u00e9mie de pneumonie atypique (SRAS)<\/a>, qui est selon l&rsquo;OMS\u00a0la premi\u00e8re \u00ab\u00a0nouvelle\u00a0\u00bb maladie infectieuse du XXIe si\u00e8cle \u00e0 \u00eatre transmise de l&rsquo;animal \u00e0 l&rsquo;homme. Au printemps, l&rsquo;Acad\u00e9mie chinoise des Sciences fait savoir au minist\u00e8re fran\u00e7ais de la Recherche que dirige l&rsquo;ancienne astronaute Claudie Haigner\u00e9, qu&rsquo;elle souhaite se doter du dernier cri technologique en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 biologique: un P4. La France, qui a inaugur\u00e9 le sien en 1999 \u00e0 Lyon, fait partie des pays les plus en pointe sur le sujet.<\/p>\n<p>Toutefois, la demande de P\u00e9kin re\u00e7oit un accueil tr\u00e8s mitig\u00e9. Paris ne peut que soutenir la Chine dans sa volont\u00e9 de lutter plus efficacement contre les pand\u00e9mies mais plusieurs questions se posent. Si la France aide le gouvernement chinois \u00e0 construire un laboratoire P4, <strong>comment peut-elle \u00eatre s\u00fbre que la technologie duale<\/strong> (dont l&rsquo;usage peut \u00eatre aussi bien civil que militaire) qu&rsquo;elle va transf\u00e9rer <strong>ne sera pas d\u00e9tourn\u00e9e par P\u00e9kin pour mettre au point des armes bact\u00e9riologiques?<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous \u00e9tions face \u00e0 un dilemme terrible, se souvient un haut fonctionnaire fran\u00e7ais. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il \u00e9tait normal d&rsquo;aider un pays r\u00e9guli\u00e8rement touch\u00e9 par les \u00e9pid\u00e9mies. De l&rsquo;autre, l&rsquo;opacit\u00e9 chinoise dans le domaine nous inqui\u00e9tait beaucoup.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ces craintes, soulev\u00e9es par les services de renseignement fran\u00e7ais et am\u00e9ricains, sont \u00e9tay\u00e9es par les soup\u00e7ons tr\u00e8s forts autour de l&rsquo;existence d&rsquo;un programme biologique offensif chinois.<strong> Ce dernier se traduirait notamment par le contr\u00f4le par l&rsquo;Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration (APL) de tous les laboratoires P3 chinois<\/strong> (ils traitent des agents pathog\u00e8nes moins dangereux que les P4) et par l&rsquo;absence de transparence de la Chine sur son dispositif interne de lutte contre la prolif\u00e9ration biologique. A cela s&rsquo;ajoute certaines obligations que doit respecter la France qui a ratifi\u00e9\u00a0<a href=\"https:\/\/ihl-databases.icrc.org\/applic\/ihl\/dih.nsf\/INTRO\/450\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">la convention d&rsquo;interdiction des armes biologiques de 1972<\/a>.<\/p>\n<p>Paris ne veut alors en aucun cas \u00eatre accus\u00e9 d&rsquo;avoir particip\u00e9\u00a0au d\u00e9veloppement de telles capacit\u00e9s.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0L\u2019administration a frein\u00e9 des quatre fers\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p><strong>Malgr\u00e9 ces interrogations<\/strong>, la France va tr\u00e8s vite donner des gages \u00e0 son partenaire. Apr\u00e8s une enqu\u00eate minutieuse du\u00a0Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la D\u00e9fense, Jacques Chirac et son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, donnent leur feu vert au projet. Paris aidera bien la Chine \u00e0 construire son P4, mais suivant certaines conditions qui visent \u00e0 garantir que P\u00e9kin n&rsquo;utilisera pas ces futurs \u00e9quipements \u00e0 des fins offensives. Ainsi, le projet devra notamment s&rsquo;inscrire dans le cadre d&rsquo;une coop\u00e9ration plus large destin\u00e9e \u00e0 lutter contre les maladies \u00e9mergentes. <strong>Le Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la D\u00e9fense y voit l\u00e0 une mani\u00e8re de garder le contr\u00f4le dans ce dossier explosif<\/strong>. \u00ab\u00a0Il ne fallait pas que la cr\u00e9ature \u00e9chappe \u00e0 son cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb, sourit un diplomate fran\u00e7ais. L&rsquo;alliance est ensuite scell\u00e9e lors de la visite de Jacques Chirac en Chine en octobre 2004\u00a0<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000422695&amp;categorieLien=id\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">o\u00f9 un accord intergouvernemental voit le jour<\/a>. La c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;ex\u00e9cutif ficelle le texte provoque alors une certaine crispation dans le camp fran\u00e7ais.\u00a0\u00ab\u00a0Il y a eu un accord politique, de chef d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 chef d&rsquo;\u00c9tat, mais derri\u00e8re l&rsquo;administration a frein\u00e9 des quatre fers\u00a0\u00bb, confirme Jean-Pierre Raffarin. \u00ab\u00a0Un certain nombre de doutes n&rsquo;\u00e9taient pas dissip\u00e9s\u00a0\u00bb, ajoute le haut fonctionnaire cit\u00e9 plus haut.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/www.challenges.fr\/assets\/inline-img\/2020\/01\/23\/w453-486502-000-hkg2004100937913.jpg\" alt=\"\" data-id=\"486502\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><sub><em>Jacques Chirac aux c\u00f4t\u00e9s du pr\u00e9sident chinois Hu Jintao, le 9\u00a0octobre 2004. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;occasion de cette visite d&rsquo;Etat que sera sign\u00e9 un accord intergouvernemental entre Paris et P\u00e9kin sur les maladies \u00e9mergentes. (c)\u00a0FREDERIC BROWN \/ AFP<\/em><\/sub><\/p>\n<p><strong>En effet, en juin 2004, soit quatre mois avant la signature de l&rsquo;accord intergouvernemental, la\u00a0Direction g\u00e9n\u00e9rale de la s\u00e9curit\u00e9 ext\u00e9rieure (DGSE) indique aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises que la Chine projetterait de construire \u00e0 l&rsquo;avenir cinq autres P4 (trois civils et deux militaires).<\/strong><\/p>\n<p>Tandis que le tocsin est sonn\u00e9 par les espions fran\u00e7ais, plusieurs entreprises hexagonales sont sollicit\u00e9es par la Chine pour construire d&rsquo;autres P4 que celui de Wuhan. Ces informations contredisent en tout point les dires du gouvernement chinois, selon lequel le P4 qu&rsquo;il souhaite implanter dans la capitale du Hubei, est le seul projet en cours. \u00ab\u00a0La confiance a \u00e9t\u00e9 vacillante durant cette coop\u00e9ration, il a fallu nous y faire\u00a0\u00bb, euph\u00e9mise le m\u00eame diplomate.<strong>\u00a0Autre\u00a0\u00e9l\u00e9ment r\u00e9v\u00e9lateur de la volont\u00e9 politique fran\u00e7aise \u00e0 satisfaire les demandes de P\u00e9kin: alors que les services de renseignement signalent un risque de d\u00e9tournement<\/strong>, <strong>Matignon autorise en 2004 l&rsquo;exportation de quatre laboratoires mobiles P3 en Chine<\/strong>. Une concession qui passe mal \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de Brienne (si\u00e8ge du minist\u00e8re des Arm\u00e9es,\u00a0Ndlr) et appara\u00eet comme un cadeau fait \u00e0 P\u00e9kin.<\/p>\n<p>La suite est celle d&rsquo;un dialogue compliqu\u00e9 entre les deux camps. \u00ab\u00a0Il a fallu d\u00e9finir un cadre juridique \u00e0 l&rsquo;accord, s\u00e9lectionner les entreprises, cela prend du temps\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise un expert qui a fait partie du projet. La collaboration entre\u00a0le cabinet d&rsquo;architecte lyonnais RTV, choisi pour assurer la ma\u00eetrise d&rsquo;ouvrage du P4, et la soci\u00e9t\u00e9 locale\u00a0IPPR Engineering International, en charge de sa construction, n&rsquo;est pas ais\u00e9e. De son c\u00f4t\u00e9, le\u00a0groupe d&rsquo;ing\u00e9nierie <strong>Technip<\/strong> qui devait certifier le b\u00e2timent se retire brutalement, ne souhaitant pas prendre le moindre risque juridique.\u00a0Les travaux d\u00e9butent finalement en 2011 sur le site de Zhengdian. Mais l\u00e0 encore des incidents \u00e9maillent la coop\u00e9ration entre les deux pays. En 2014, le chantier est ainsi brutalement arr\u00eat\u00e9 durant quatre mois alors que la partie chinoise choisit un fournisseur qui d\u00e9pla\u00eet \u00e0 la France. Paris obtiendra le d\u00e9part de celui-ci et les travaux reprendront. Au printemps 2016, alors que le b\u00e2timent est achev\u00e9 depuis un an, l&rsquo;utilisation d&rsquo;eau de javel dans les douches de d\u00e9contamination, par des personnels de l&rsquo;Institut de virologie, obligera \u00e0 r\u00e9parer les mat\u00e9riaux en inox atteints par la corrosion. Il faudra ensuite attendre f\u00e9vrier 2017 pour que\u00a0<a href=\"https:\/\/cn.ambafrance.org\/Voyage-officiel-du-Premier-Ministre-en-Chine-visite-du\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">le laboratoire soit inaugur\u00e9 en pr\u00e9sence de Bernard Cazeneuve<\/a>. Alors Premier ministre, celui-ci d\u00e9clare que la France va affecter cinq millions d&rsquo;euros sur cinq ans \u00e0 des projets de coop\u00e9ration franco-chinois sur le P4. Des chercheurs fran\u00e7ais doivent \u00e9galement venir en r\u00e9sidence sur le site de Zhengdian, est-il annonc\u00e9.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/www.challenges.fr\/assets\/inline-img\/2020\/01\/23\/w453-486381-000-ly8tt.jpg\" alt=\"\" data-id=\"486381\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><sub><em>Bernard Cazeneuve aux c\u00f4t\u00e9s de Yuan Zhiming (directeur du P4, au centre) inaugure<\/em><\/sub><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><sub><em> le laboratoire le 23 f\u00e9vrier 2017 (c)\u00a0JOHANNES EISELE \/ AFP<\/em><\/sub><\/p>\n<h2><strong>Coop\u00e9ration au point mort<\/strong><\/h2>\n<p>Il n&rsquo;en sera rien. Aujourd&rsquo;hui, seul le microbiologiste Ren\u00e9 Courcol, expert technique envoy\u00e9 par le Quai d&rsquo;Orsay, est pr\u00e9sent dans les murs \u2013sa mission doit toutefois s&rsquo;achever en 2020. Quant \u00e0 l&rsquo;enveloppe de cinq millions d&rsquo;euros confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut national de la sant\u00e9 et de la recherche m\u00e9dicale (INSERM), elle n&rsquo;a selon nos informations jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9e. \u00ab\u00a0La coop\u00e9ration en mati\u00e8re de maladies infectieuses est aujourd&rsquo;hui au point mort\u00a0\u00bb, observe un diplomate fran\u00e7ais. Cela a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par Alain M\u00e9rieux lui-m\u00eame. Promoteur du projet et copr\u00e9sident jusqu&rsquo;en 2015 de la commission mixte qui le supervisait,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.franceinter.fr\/monde\/enquete-sur-le-p4-de-wuhan-ce-laboratoire-qui-suscite-tant-de-fantasmes-construit-avec-l-aide-de-la-france\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&rsquo;industriel lyonnais a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Radio France<\/a>\u00a0que \u00ab\u00a0depuis 2016 il n&rsquo;y a pas eu de r\u00e9union du Comit\u00e9 franco-chinois sur les maladies infectieuses\u00a0\u00bb.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lejdd.fr\/International\/Asie\/coronavirus-la-chine-face-a-lhypothese-dune-fuite-du-virus-dun-laboratoire-3962913\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Selon\u00a0<em>Le\u00a0<\/em><em>Journal du Dimanche<\/em><\/a>, un rapport remis d\u00e9but 2018 par l&rsquo;ambassadeur de France en Chine \u00e0 l&rsquo;Inserm et au minist\u00e8re de la Recherche a carr\u00e9ment pos\u00e9 la question\u00a0\u00ab\u00a0de l&rsquo;opportunit\u00e9 de poursuivre une coop\u00e9ration inexistante\u00a0\u00bb.\u00a0Contact\u00e9s, le Quai d&rsquo;Orsay et l&rsquo;Inserm n&rsquo;ont pas souhait\u00e9 donner suite \u00e0 nos sollicitations. Seul le minist\u00e8re de la Recherche nous a r\u00e9pondu qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas en mesure de nous \u00ab\u00a0fournir les informations [demand\u00e9es]\u00a0car elles sont classifi\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour quelles raisons\u00a0la coop\u00e9ration a-t-elle \u00e9chou\u00e9? Pourquoi ce point, jug\u00e9 crucial par Paris lors de la signature de l&rsquo;accord en 2004, n&rsquo;a-t-il connu aucune avanc\u00e9e notable? \u00ab\u00a0Cela tient \u00e0 la fois \u00e0 la Chine qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s\u00a0allante sur le sujet mais surtout \u00e0 la France qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s ferme\u00a0sur certains aspects\u00a0\u00bb, poursuit le m\u00eame diplomate. <strong>Paris a en effet refus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de livrer \u00e0 la Chine des \u00e9chantillons de virus, les fameuses souches infectieuses<\/strong>. A la man\u0153uvre, la Direction g\u00e9n\u00e9rale des relations internationales et de la strat\u00e9gie du minist\u00e8re des Arm\u00e9es et la Direction des affaires strat\u00e9giques du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. \u00ab\u00a0Cela ne faisait pas partie de l&rsquo;accord de 2004 et la Chine a facilement pu s&rsquo;en procurer, notamment s&rsquo;agissant d&rsquo;Ebola dont des \u00e9chantillons ont \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9s de Sierra Leone en 2014\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise un fonctionnaire.<\/p>\n<p class=\"article-highlight\">LIRE AUSSI <a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/entreprise\/sante-et-pharmacie\/coronavirus-la-chine-veut-prendre-sa-revanche-sur-la-pharmacie-mondiale_707506\">CORONAVIRUS: \u00ab\u00a0LA CHINE VEUT PRENDRE SA REVANCHE SUR LA PHARMACIE MONDIALE\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0Un certain nombre de faucons ne veulent pas de cet accord\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>En 2016,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000021996426&amp;dateTexte=20190815\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">la Commission interminist\u00e9rielle des biens \u00e0 double usage\u00a0<\/a>(Cibdu), dont la mission est d&rsquo;examiner les demandes d&rsquo;exportations de ces produits sensibles, avait \u00e9galement <strong>retoqu\u00e9 l&rsquo;envoi de plusieurs dizaines de scaphandres de type P4 vers la Chine<\/strong>. \u00ab\u00a0La commande \u00e9tait bien sup\u00e9rieure aux besoins r\u00e9els du P4 de Wuhan\u00a0\u00bb, confie un bon connaisseur du dossier. En clair: les experts en contre-prolif\u00e9ration de la Cibdu redoutaient que P\u00e9kin n&rsquo;affecte les scaphandres \u00e0 un autre laboratoire, peut-\u00eatre militaire. \u00ab\u00a0<strong>Depuis longtemps, la Chine est soup\u00e7onn\u00e9e de poss\u00e9der un lieu de ce type dans le nord du pays mais nous manquons de preuve<\/strong>\u00ab\u00a0, souligne le\u00a0diplomate pr\u00e9cit\u00e9. Cela ne serait toutefois pas une premi\u00e8re, les \u00c9tats-Unis disposant par exemple de plusieurs laboratoires P4 militaires. En France, la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;armement (DGA) dispose elle aussi\u00a0<a href=\"https:\/\/www.defense.gouv.fr\/actualites\/articles\/jean-yves-le-drian-inaugure-le-laboratoire-p4-de-la-dga\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">de son propre P4 depuis 2013\u00a0\u00e0 Vert-le-Petit, dans l&rsquo;Essonne<\/a>.<\/p>\n<p>Ces craintes ont suscit\u00e9 de vifs d\u00e9bats au sein de l&rsquo;administration. \u00ab\u00a0Les scientifiques voulaient avancer dans la coop\u00e9ration, mais en face les minist\u00e8res, notamment la D\u00e9fense, n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s chauds\u00a0\u00bb, observe un fonctionnaire pr\u00e9cit\u00e9. Cet enterrement de premi\u00e8re classe ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9 dans le camp tricolore. \u00ab\u00a0Que ce soit au Quai d&rsquo;Orsay ou \u00e0 Brienne, il y a un certain nombre de faucons qui ne veulent pas de cet accord, et s&rsquo;attachent \u00e0 le d\u00e9truire, juge le m\u00eame fonctionnaire. Cela est d&rsquo;ailleurs paradoxal car initialement la coop\u00e9ration entre les deux pays devait permettre \u00e0 la France d&rsquo;avoir un \u0153il sur ce que faisaient les Chinois au sein du P4. Sauf qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, nous n&rsquo;en savons rien. Les Am\u00e9ricains, pourtant farouchement oppos\u00e9s \u00e0 ce que la France livre le P4 \u00e0 la Chine, sont probablement mieux inform\u00e9s que nous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le\u00a0<em>Galveston National Laboratory<\/em>\u00a0de l&rsquo;Universit\u00e9 du Texas\u00a0<a href=\"https:\/\/www.utmb.edu\/gnl\/news\/2020\/04\/16\/the-galveston-national-lab-and-wuhan-institute-of-virology\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">m\u00e8ne notamment des collaborations avec l&rsquo;Institut de virologie de Wuhan<\/a>. A des fins scientifiques ou de renseignement? \u00ab\u00a0Les \u00c9tats-Unis savent tr\u00e8s bien faire les deux\u00a0\u00bb, sourit ce m\u00eame fonctionnaire. Expert technique sur le P4 aupr\u00e8s de l&rsquo;ambassade de France \u00e0 P\u00e9kin de 2012 \u00e0 2017, Gabriel Gras pointe pour sa part certains \u00ab\u00a0fantasmes\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Bien s\u00fbr que l&rsquo;on doit \u00eatre prudent et vigilant mais il faut aussi d\u00e9construire certains mythes, juge-t-il. Par exemple, les quatre laboratoires P3 mobiles, que j&rsquo;ai pu contr\u00f4ler, sont tous en Chine, \u00e0 Canton, Shanghai et P\u00e9kin. Ils n&rsquo;ont absolument pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9s de leur usage initial. Quant au P4, oui les travaux ont pris du temps, cela a \u00e9t\u00e9 difficile, mais il fait partie des plus beaux et plus s\u00e9curis\u00e9s au monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2><strong>Une\u00a0major g\u00e9n\u00e9rale aux commandes<\/strong><\/h2>\n<p>Sophistiqu\u00e9 mais encore utilis\u00e9 avec parcimonie. Apr\u00e8s une phase de dix-huit-mois de test \u00ab\u00a0\u00e0 blanc\u00a0\u00bb, le laboratoire devait entrer\u00a0en mode op\u00e9rationnel d\u00e9but 2019. Or, accr\u00e9dit\u00e9 pour mener des recherches sur trois virus (Ebola<strong>,\u00a0<\/strong>fi\u00e8vre h\u00e9morragique de Congo-Crim\u00e9e et Nipah), celui-ci n&rsquo;a\u00a0jamais eu le rythme de croisi\u00e8re attendu malgr\u00e9 les formations suivies par des chercheurs de l&rsquo;Institut de virologie de Wuhan au sein du P4 Jean M\u00e9rieux de Lyon.\u00a0\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas eu suffisamment de personnes form\u00e9es,\u00a0juge un diplomate pr\u00e9cit\u00e9. Aujourd&rsquo;hui le laboratoire est clairement sous-utilis\u00e9. Il est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s probable que sa collection d&rsquo;\u00e9chantillons de virus soit tr\u00e8s mince.\u00a0\u00bb\u00a0D&rsquo;autres comme Gabriel Gras pointent la gestion du P4 par son directeur, Yuan Zhiming, \u00e9galement Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti communiste au sein de l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences de Wuhan. \u00ab\u00a0Il est certes second\u00e9 par Shi Zhengli (surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0<em>Batwoman<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0pour ses travaux sur les chauves-souris, Ndlr) qui est une chercheuse de haut niveau, mais Zhiming a laiss\u00e9 partir la plupart des scientifiques les plus brillants de l&rsquo;Institut de virologie de Wuhan. La mani\u00e8re dont il g\u00e8re ce\u00a0dernier est loin d&rsquo;\u00eatre parfaite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis le 31 janvier, ce microbiologiste form\u00e9 en Chine et en Europe n&rsquo;est toutefois plus le seul ma\u00eetre \u00e0 bord \u00e0 Zhengdian. La major g\u00e9n\u00e9rale\u00a0Chen Wei, de l&rsquo;unit\u00e9 des risques bact\u00e9riologiques de l&rsquo;APL, a en effet investi le P4 d&rsquo;o\u00f9 elle coordonne la lutte contre le\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/tag_maladie\/coronavirus_34863\/\">coronavirus<\/a>\u00a0dans le Hubei.\u00a0Contact\u00e9 le 23 avril, Yuan Zhiming n&rsquo;a pas souhait\u00e9 r\u00e9pondre \u00e0 nos questions \u2013pas plus que\u00a0l&rsquo;ambassade de Chine en France et l&rsquo;Institut de virologie de Wuhan.\u00a0En f\u00e9vrier 2019, il n&rsquo;avait toutefois pas ni\u00e9 les difficult\u00e9s qui ont \u00e9maill\u00e9 l&rsquo;aventure du P4. \u00ab\u00a0La France et la Chine ont eu par moment des opinions diff\u00e9rentes, des tensions diplomatiques, mais au final nous avons r\u00e9ussi. La Chine a maintenant un laboratoire de haut niveau qui permettra \u00e0 l&rsquo;Asie et au monde de mieux lutter contre les pand\u00e9mies.\u00a0\u00bb\u00a0Dix-sept ans apr\u00e8s la crise du SRAS et le lancement du projet, le P4 est bel et bien en premi\u00e8re ligne, les autorit\u00e9s chinoises ayant annonc\u00e9 vouloir y mettre au point un vaccin contre le Covid-19. La France, elle, regarde cela de loin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>*<\/strong>Cette visite<strong>\u00a0<\/strong>a eu lieu \u00e0 l\u2019occasion du livre\u00a0<\/em>France-Chine, les liaisons dangereuses<em>\u00a0(Stock) \u00e9crit par l\u2019auteur de ces lignes et publi\u00e9 en octobre 2019. Les citations de Yuan Zhiming et Jean-Pierre Raffarin en sont extraites. \u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"theme-1\"><strong>Le coronavirus, fruit d&rsquo;un accident dans un laboratoire\u00a0P2 ou P3 de Wuhan?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se que le SARS-CoV-2 soit le fruit d\u2019un accident au sein du P4 de Wuhan est jug\u00e9e peu probable par tous les experts que nous avons sollicit\u00e9s. Si des probl\u00e8mes de construction se sont bien pos\u00e9s (lire ci-dessus), Gabriel Gras, expert technique en charge du dossier \u00e0 l\u2019ambassade de France \u00e0 P\u00e9kin (2012-2017), rappelle que le b\u00e2timent a fait l\u2019objet d\u2019une accr\u00e9ditation en trois temps par le\u00a0<em>China national accreditation service for conformity assessment<\/em>\u00a0(CNAS). \u00ab\u00a0Il s\u2019agit d\u2019une administration tr\u00e8s s\u00e9rieuse qui a valid\u00e9 le design, le b\u00e2timent et les proc\u00e9dures de fonctionnement\u00a0\u00ab\u00a0, explique-t-il. Mais quid d\u2019une erreur humaine? \u00ab\u00a0C\u2019est effectivement toujours possible, r\u00e9pond un scientifique fran\u00e7ais qui a visit\u00e9 le P4. Mais il faut aussi rappeler que les coronavirus les plus virulents comme le SRAS ou le MERS [syndrome respiratoire du Moyen-Orient, Ndlr]\u00a0sont de niveau P3. Les autres coronavirus sont de niveau P2. Il n\u2019y a donc aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 les manipuler dans un P4 o\u00f9 les pr\u00e9cautions \u00e0 prendre sont extr\u00eamement contraignantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute le fait que <strong>le P4 n\u2019est pas accr\u00e9dit\u00e9 aujourd\u2019hui pour travailler sur les coronavirus<\/strong>. Pour ces experts, si accident il y a eu, <strong>la piste des laboratoires P3 ou P2 de Wuhan serait plus cr\u00e9dible.<\/strong> Le Centre de pr\u00e9vention et de contr\u00f4le des maladies de Wuhan, situ\u00e9 \u00e0 300 m\u00e8tres du march\u00e9 de Huanan, premier foyer de contamination, suscite par exemple davantage de craintes. Dot\u00e9 d\u2019un P3 et d&rsquo;un P2, cette antenne du CDC (Centre chinois de contr\u00f4le et de pr\u00e9vention des maladies) dans le Hubei, \u00e9tudie principalement les coronavirus de chauves-souris. L\u2019un de ses chercheurs, Tian Junha, a notamment fait parler de lui\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ovnUyTRMERI&amp;feature=emb_logo\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">en d\u00e9cembre 2019 lors d\u2019un reportage t\u00e9l\u00e9vis\u00e9<\/a>\u00a0o\u00f9 on le voyait partir capturer des chauves-souris muni d\u2019une protection rudimentaire.\u00a0Le si\u00e8ge de l\u2019Institut de virologie de Wuhan, situ\u00e9 pr\u00e8s du lac de l\u2019Est, abrite lui-aussi un P3. Quant au campus de Zhengdian, o\u00f9 est implant\u00e9 le P4 construit avec l\u2019aide de la France, il accueille \u00e9galement un laboratoire de type P3 (le\u00a0CNAS ne l\u2019avait pas accr\u00e9dit\u00e9 au niveau P3 en 2017), lequel est reli\u00e9 au P4 via une passerelle.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/entreprise\/sante-et-pharmacie\/revelations-l-histoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine_707425#xtor=EPR-2-%5BChaActu18h%5D-20200430\"><strong>CHALLENGES<\/strong><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le laboratoire P4 est implant\u00e9 \u00e0 Zhengdian, \u00c0 UNE TRENTAINE DE KILOM\u00c8TRES AU SUD DE WUHAN. &nbsp; ENQU\u00caTE &#8211; Objet de tous les soup\u00e7ons et les fantasmes, le laboratoire P4 de Wuhan, que nous avons pu visiter en f\u00e9vrier 2019, est le fruit d&rsquo;une coop\u00e9ration longue et chaotique entre la France et la Chine. 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