{"id":43374,"date":"2019-12-30T20:56:16","date_gmt":"2019-12-30T19:56:16","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=43374"},"modified":"2019-12-30T20:56:16","modified_gmt":"2019-12-30T19:56:16","slug":"iskandar-safa-un-magnat-tres-discret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/iskandar-safa-un-magnat-tres-discret\/","title":{"rendered":"Iskandar Safa, un magnat tr\u00e8s discret"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<p><em>Le 30 septembre 2013, \u00e0 Cherbourg (Manche). Iskandar Safa se tient derri\u00e8re le pr\u00e9sident mozambicain, Armando Guebuza, et Fran\u00e7ois Hollande.\u00a0<\/em><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"auto\">\n<div>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Fran\u00e7ois Krug<\/strong><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><strong>Entre ses activit\u00e9s de marchand d\u2019armes et son investissement dans le magazine ultraconservateur \u00ab\u00a0Valeurs actuelles\u00a0\u00bb, le parcours de ce milliardaire franco-libanais ne manque pas d\u2019intriguer<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p><strong>Le 24\u00a0juillet<\/strong>, vers midi, un jet priv\u00e9 se pose sur l\u2019a\u00e9roport de Cherbourg (Manche). <strong>Le chef d\u2019\u00e9tat-major de la marine saoudienne<\/strong> descend le premier. Puis la longue silhouette d\u2019Iskandar Safa appara\u00eet. Ce doit \u00eatre un grand jour pour que cet\u00a0homme d\u2019affaires franco-libanais de 64\u00a0ans ait renonc\u00e9 \u00e0 son jean et \u00e0 son polo, et m\u00eame nou\u00e9 une cravate. Un van aux vitres fum\u00e9es doit les conduire aux Constructions m\u00e9caniques de Normandie (CMN), un chantier naval dont Safa est le propri\u00e9taire depuis 1992. Le moment est venu pour lui de c\u00e9l\u00e9brer\u00a0avec les Saoudiens une commande \u00e0 600\u00a0millions d\u2019euros. Le chef d\u2019\u00e9tat-major vient prendre livraison de deux HSI\u00a032, des intercepteurs de 32\u00a0m\u00e8tres capables d\u2019atteindre les 88\u00a0km\/h. <strong>Au total, son pays en a command\u00e9 trente-neuf \u00e0 Safa.<\/strong><\/p>\n<p>En temps normal, pr\u00e9sidents et ministres se\u00a0f\u00e9licitent de tels contrats devant les cam\u00e9ras. Pas cette fois. Aucun n\u2019est venu, et les\u00a0journalistes ne sont pas admis. M\u00eame Sonia Krimi, d\u00e9put\u00e9e (LRM) de Cherbourg et\u00a0vice-pr\u00e9sidente du groupe d\u2019amiti\u00e9 France-Arabie saoudite \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 convi\u00e9e\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0On m\u2019a expliqu\u00e9 apr\u00e8s que les Saoudiens ne voulaient pas, \u00e0 cause de ma position sur la guerre au Yemen.\u00a0\u00bb\u00a0Selon les ONG, les civils y\u00e9m\u00e9nites sont les premi\u00e8res\u00a0victimes de l\u2019intervention saoudienne. Des mat\u00e9riels fran\u00e7ais seraient utilis\u00e9s dans ces op\u00e9rations, dont une corvette lance-missiles fabriqu\u00e9e aux CMN.<\/p>\n<p>Iskandar Safa est habitu\u00e9 aux pol\u00e9miques, lui qui a gagn\u00e9 son passeport fran\u00e7ais en n\u00e9gociant la lib\u00e9ration des otages fran\u00e7ais au Liban, en\u00a01988. La justice l\u2019a soup\u00e7onn\u00e9, sans\u00a0pouvoir le prouver, d\u2019avoir g\u00e9r\u00e9 le versement d\u2019une ran\u00e7on et d\u2019en avoir revers\u00e9 une partie \u00e0 l\u2019ancien ministre de l\u2019int\u00e9rieur Charles Pasqua. Ces derniers mois, une autre offensive est venue des Etats-Unis\u00a0: la justice am\u00e9ricaine a accus\u00e9 <strong>son groupe, Privinvest<\/strong>, d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 200\u00a0millions de dollars (179\u00a0millions d\u2019euros) au Mozambique, partis en pots-de-vin et surfacturations. <strong>Privinvest a gagn\u00e9 le proc\u00e8s.<\/strong> Et puis il y a \u00e9galement <strong>ses activit\u00e9s dans la presse<\/strong>, en tant que propri\u00e9taire de l\u2019hebdomadaire\u00a0<em><strong>Valeurs actuelles<\/strong><\/em>, porte-voix de l\u2019extr\u00eame droite. Sur ce front-l\u00e0 aussi, il lui arrive d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9.<\/p>\n<p>Etonnant personnage\u2026 L\u2019origine exacte de sa fortune<strong>, \u00e9valu\u00e9e \u00e0 1,1\u00a0milliard d\u2019euros par le magazine \u00e9conomique\u00a0<em>Challenges<\/em><\/strong>, demeure un myst\u00e8re. En dehors des CMN, il poss\u00e8de des chantiers en Allemagne, en Gr\u00e8ce ou \u00e0 Abou Dhabi, o\u00f9 il s\u2019est associ\u00e9 avec un cheikh et domicilie une partie de son groupe. D\u2019o\u00f9 sa vie de voyages et d\u2019affaires, partag\u00e9e entre Beyrouth, Londres et Mandelieu-la-Napoule, dans la baie de Cannes. Des proches racontent avoir admir\u00e9 chez lui aussi bien des tr\u00e9sors antiques que du Miro, mais assurent qu\u2019il n\u2019a rien d\u2019un flambeur et admirent ses s\u00e9ances de sport intensives.\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est un esth\u00e8te et un asc\u00e8te\u00a0\u00bb, r\u00e9sume <strong>son ami Charles Villeneuve<\/strong>, ex-pr\u00e9sentateur de l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Le\u00a0Droit de savoir\u00a0\u00bb, sur TF1.<\/p>\n<h2>Scandale au Mozambique<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0On dit que je suis myst\u00e9rieux, mais je ne sais pas d\u2019o\u00f9 \u00e7a vient\u00a0\u00bb, fait mine de s\u2019\u00e9tonner Safa. Le marchand d\u2019armes nous re\u00e7oit dans un pied-\u00e0-terre aust\u00e8re, <strong>un bureau en rez-de-chauss\u00e9e, pr\u00e8s des Champs-Elys\u00e9es<\/strong>. Derri\u00e8re son affabilit\u00e9 pointe vite le souci d\u2019\u00e9viter tout\u00a0faux pas. L\u2019influente conseill\u00e8re en communication <strong>Anne M\u00e9aux<\/strong> est l\u00e0. Au pr\u00e9alable, il a insist\u00e9 pour qu\u2019on rencontre<strong> son avocate,\u00a0Me\u00a0Jacqueline Laffont<\/strong>, charg\u00e9e des questions g\u00eanantes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sandy\u00a0\u00bb, comme le surnommait sa m\u00e8re au Liban, est n\u00e9 dans cette haute bourgeoisie chr\u00e9tienne o\u00f9 l\u2019on parle arabe, fran\u00e7ais et anglais. Il a 20\u00a0ans quand la guerre civile \u00e9clate. Charles Villeneuve raconte l\u2019avoir rencontr\u00e9 <strong>en\u00a01976<\/strong>, en couvrant pour Europe\u00a01 l\u2019attaque d\u2019un camp de r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens par des milices chr\u00e9tiennes.<strong> Le jeune homme combattait dans l\u2019une d\u2019elles, les Gardiens des C\u00e8dres<\/strong>. Safa affirme pour sa part que leur rencontre a eu lieu plus tard et \u00e0 Paris. Discret sur son pass\u00e9, il pr\u00e9f\u00e8re commencer son r\u00e9cit par son d\u00e9part aux Etats-Unis en\u00a01978, pour un d\u00e9but de carri\u00e8re comme ing\u00e9nieur en g\u00e9nie civil, suivi d\u2019\u00e9tudes \u00e0 <strong>l\u2019Insead, la p\u00e9pini\u00e8re d\u2019hommes d\u2019affaires de Fontainebleau<\/strong>. La suite, c\u2019est le business, et pas mal de myst\u00e8res.<\/p>\n<p>Sur l\u2019une des rares photos dont dispose la\u00a0presse, Safa a en main un morceau de t\u00f4le d\u2019un futur navire. A c\u00f4t\u00e9, deux chefs d\u2019Etat se congratulent. Nous sommes le <strong>30\u00a0septembre\u00a02013, \u00e0 Cherbourg. Fran\u00e7ois Hollande et Armando Guebuza<\/strong>, le pr\u00e9sident mozambicain \u00e0 l\u2019\u00e9poque, f\u00eatent un contrat de 200\u00a0millions d\u2019euros, pour six patrouilleurs et vingt-quatre chalutiers. Ce n\u2019est qu\u2019un volet d\u2019une\u00a0\u00e9norme commande pass\u00e9e \u00e0 Privinvest. Le Mozambique veut prot\u00e9ger ses c\u00f4tes, d\u00e9velopper des installations p\u00e9troli\u00e8res, exploiter ses r\u00e9serves de poisson.<\/p>\n<p>Trois ans plus tard, le FMI s\u2019\u00e9tonne de voir l\u2019endettement du pays s\u2019emballer. Le scandale des \u00ab\u00a0dettes cach\u00e9es\u00a0\u00bb \u00e9clate. <strong>Deux milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 emprunt\u00e9s aupr\u00e8s de\u00a0Credit Suisse et d\u2019une banque russe.<\/strong> Le montage pr\u00e9voyait un remboursement rapide gr\u00e2ce au p\u00e9trole et au poisson. Sauf qu\u2019un audit d\u00e9crit des bateaux inutilisables, faute d\u2019armement, ou rest\u00e9s \u00e0 quai, faute de marins form\u00e9s pour les man\u0153uvrer. La justice mozambicaine dresse la liste des propri\u00e9t\u00e9s et voitures de luxe achet\u00e9es par des proches de l\u2019ex-pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Un procureur new-yorkais s\u2019empare de l\u2019affaire, au motif que des investisseurs am\u00e9ricains auraient \u00e9t\u00e9 l\u00e9s\u00e9s. Le 2\u00a0janvier, <strong>Jean Boustani, un homme de confiance de Safa<\/strong>, <strong>est plac\u00e9 en d\u00e9tention provisoire \u00e0 New York<\/strong>. Son proc\u00e8s s\u2019ouvre en octobre. Devant les jur\u00e9s, il raconte pos\u00e9ment comment on d\u00e9croche des contrats. Safa lui ayant conseill\u00e9 d\u2019approcher le pr\u00e9sident, il s\u2019est li\u00e9 \u00e0 son fils, lequel l\u2019a invit\u00e9 \u00e0 l\u2019anniversaire de son p\u00e8re. Il explique que les pots-de-vin suppos\u00e9s n\u2019\u00e9taient que des r\u00e9mun\u00e9rations l\u00e9gales. <strong>Le 2\u00a0d\u00e9cembre, le jury l\u2019a acquitt\u00e9.<\/strong>\u00a0\u00ab\u00a0Mon groupe n\u2019a jamais fait de corruption,\u00a0assure aujourd\u2019hui Safa.\u00a0C\u2019est comme l\u2019histoire de cette ran\u00e7on qui n\u2019a jamais exist\u00e9.\u00a0\u00bb\u00a0Pour sauver sa r\u00e9putation dans cette affaire, il a d\u00e9ploy\u00e9 beaucoup d\u2019\u00e9nergie et d\u00e9bours\u00e9 pas mal d\u2019argent. Selon le registre des lobbyistes accr\u00e9dit\u00e9s au Congr\u00e8s, il s\u2019est attach\u00e9 les services du cabinet BGR pour 300\u00a0000\u00a0dollars. A l\u2019audience, un t\u00e9moin cl\u00e9 de la d\u00e9fense, un amiral am\u00e9ricain retrait\u00e9, a pr\u00e9cis\u00e9 avoir re\u00e7u 60\u00a0000\u00a0dollars pour une \u00e9tude vantant la qualit\u00e9 des bateaux vendus.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, les pol\u00e9miques qui \u00e9clatent de temps \u00e0 autre \u00e0 son sujet \u00e0 Mandelieu-la-Napoule ne l\u2019atteignent gu\u00e8re. Pourquoi Mandelieu\u00a0? Il se trouve que Charles Villeneuve, de son vrai nom Leroy, a un fr\u00e8re, et que celui-ci, Henri Leroy, maire de la commune, cherche en\u00a02002 un acheteur pour un domaine de 1\u00a0300\u00a0hectares.\u00a0\u00ab\u00a0Comme ils ne portent pas le m\u00eame nom, j\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019ils \u00e9taient fr\u00e8res apr\u00e8s avoir sign\u00e9\u00a0\u00bb, affirme Safa. Depuis, l\u2019homme d\u2019affaires se sent chez lui <strong>\u00e0\u00a0Mandelieu. Il exploite d\u00e9j\u00e0 un h\u00f4tel, un restaurant \u00e9toil\u00e9, un golf, un centre d\u2019\u00e9quitation,<\/strong> mais r\u00eave de construire des villas de luxe. La partie du domaine concern\u00e9e est inconstructible car menac\u00e9e par les incendies. En\u00a02014, le\u00a0conseil municipal a vot\u00e9 la construction d\u2019une zone pare-feu en bordure des terrains. L\u2019opposition y a vu un pr\u00e9alable \u00e0 la r\u00e9vision du plan local d\u2019urbanisme (PLU) voulue par Safa, et un \u00e9change de bons proc\u00e9d\u00e9s. A ce jour, le PLU n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9.<\/p>\n<p>Depuis son arriv\u00e9e, Safa a offert des gyropodes aux policiers municipaux, vers\u00e9 600\u00a0000\u00a0euros \u00e0 un club de basket et donn\u00e9 1\u00a0million pour la construction d\u2019une \u00e9glise. Puisqu\u2019il poss\u00e8de <strong>une carri\u00e8re de marbre dans l\u2019H\u00e9rault<\/strong>, \u00e0 400\u00a0km de l\u00e0, Mandelieu a d\u00e9sormais sa Biennale de sculpture sur marbre. Comme Privinvest soutient l\u2019innovation, une de ses filiales a investi dans une start-up cr\u00e9\u00e9e, ainsi que l\u2019ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9\u00a0Mediapart\u00a0et France\u00a02, par le p\u00e8re, la m\u00e8re et un proche du\u00a0maire actuel, S\u00e9bastien Leroy, neveu de Charles et Henri.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Fausses\u00a0\u00bb unes de \u00ab\u00a0Valeurs actuelles\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Villeneuve se targue d\u2019avoir convaincu Safa d\u2019investir dans les m\u00e9dias au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, \u00ab\u00a0Sandy\u00a0\u00bb le charge alors, avec <strong>Etienne Mougeotte, un autre v\u00e9t\u00e9ran d\u2019Europe\u00a01 et de TF1<\/strong>, de lui b\u00e2tir un groupe de presse<strong>. En\u00a02015, ils reprennent<\/strong>\u00a0<em>Valeurs actuelles<\/em>. A en croire les comptes de la holding mont\u00e9e pour l\u2019occasion, Safa d\u00e9bourse 9,2\u00a0millions d\u2019euros. Il nous promet qu\u2019il ne cherchait qu\u2019\u00e0 diversifier ses activit\u00e9s et qu\u2019il aurait aussi bien pu acqu\u00e9rir un journal de gauche\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est ce qu\u2019on nous a propos\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0. On a regard\u00e9 les comptes de r\u00e9sultat, on n\u2019a pas audit\u00e9 la ligne \u00e9ditoriale.\u00a0\u00bb\u00a0<strong>Depuis, il a notamment acquis\u00a0Mieux vivre votre argent<\/strong>\u00a0et perdu son duel avec Xavier Niel (actionnaire du\u00a0Monde\u00a0\u00e0 titre individuel) pour le contr\u00f4le de\u00a0Nice-Matin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Valeurs actuelles, ce n\u2019est pas sa culture d\u2019origine, mais ce qui compte pour lui, c\u2019est ce que pense le lecteur\u00a0\u00bb, estime Geoffroy Lejeune, le directeur de la r\u00e9daction.\u00a0\u00ab\u00a0La politique ne m\u2019int\u00e9resse pas\u00a0\u00bb, confirme Safa. C\u2019est peut-\u00eatre pour cette raison que l\u2019extr\u00eame droite ne l\u2019effraie pas. Des proches de <strong>Marion Mar\u00e9chal<\/strong> confirment une visite \u00e0 Mandelieu en\u00a02015, quand elle \u00e9tait candidate \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9gion PACA (Mme\u00a0Mar\u00e9chal n\u2019a pas donn\u00e9 suite aux sollicitations du\u00a0Monde). Plus r\u00e9cemment, M.\u00a0Safa a rencontr\u00e9 les fondateurs de l\u2019association les Eveilleurs d\u2019esp\u00e9rance, militants n\u00e9oconservateurs, pour \u00e9tudier des projets communs. En avril, ils ont organis\u00e9, pour\u00a0Valeurs actuelles,\u00a0une soir\u00e9e de d\u00e9bats payante, avec <strong>Eric Zemmour et Michel Houellebecq<\/strong>. Safa y a vu une piste pour diversifier les revenus du journal.<\/p>\n<p>S\u2019il assure ne pas intervenir sur le contenu \u2013\u00a0\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas mon m\u00e9tier, je ne peux pas apporter de valeur ajout\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0\u2013, il arrive que son hebdomadaire partage ses centres d\u2019int\u00e9r\u00eat. Ainsi, en ao\u00fbt\u00a02017,\u00a0Valeurs actuelles\u00a0se passionne soudain pour l\u2019Angola, consacrant trois pages et un coin de sa couverture \u00e0 une\u00a0interview de <strong>Joao Louren\u00e7o<\/strong>, alors ministre de la d\u00e9fense et successeur d\u00e9sign\u00e9 de l\u2019autocrate Dos Santos. A l\u2019\u00e9poque, <strong>Boustani, l\u2019homme de Privinvest en Afrique<\/strong>, n\u00e9gocie avec lui un contrat de 495\u00a0millions d\u2019euros.\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0\u00a0<em>Valeurs actuelles<\/em>\u00a0si \u00e7a les int\u00e9ressait de faire quelque chose sur l\u2019Afrique\u00a0\u00bb, \u00e9lude Safa. Les lecteurs ne sauront rien du contrat en n\u00e9gociation.<\/p>\n<p>Une fois au pouvoir, Louren\u00e7o envisage une visite en France.\u00a0<em>Valeurs actuelles<\/em>\u00a0doit c\u00e9l\u00e9brer l\u2019\u00e9v\u00e9nement. En janvier\u00a02018, Etienne Mougeotte et un r\u00e9dacteur en chef rencontrent Boustani \u00e0 Zurich. Il est d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer deux journalistes \u00e0 Luanda. <strong>Boustani les y attend et organise un entretien exclusif avec le nouveau pr\u00e9sident<\/strong>. Fin mai\u00a02018, quand ce dernier d\u00e9barque \u00e0 Paris,\u00a0<strong>Valeurs actuelles\u00a0consacre trois pages \u00e0\u00a0\u00ab\u00a0Joao Louren\u00e7o, l\u2019espoir angolais\u00a0\u00bb<\/strong>. Cette fois, il a m\u00eame droit \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la couverture, ce qui, bien s\u00fbr, r\u00e9jouit le gouvernement angolais. Sauf qu\u2019il y a une petite astuce\u2026 <strong>Selon des sources internes, autour de 200\u00a0exemplaires ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s \u00e0 part, et des affiches de la \u00ab\u00a0fausse\u00a0\u00bb couverture plac\u00e9es sur le trajet de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 Paris. <\/strong>Les quelque 120\u00a0000\u00a0autres exemplaires affichent une couverture sur les banlieues, sans un mot sur l\u2019Angola<strong>. Le proc\u00e9d\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 test\u00e9 en\u00a02017 lors d\u2019une visite de Michel Aoun, pr\u00e9sident du Liban, autre client de Privinvest.<\/strong><\/p>\n<p>Pour l\u2019\u00e9quipe de son journal aussi, Safa reste une \u00e9nigme. Comme ce soir d\u2019octobre\u00a02016, o\u00f9\u00a0<em>Valeurs<\/em>\u00a0f\u00eatait son cinquanti\u00e8me\u00a0anniversaire aux Invalides. Parmi les invit\u00e9s, Marine Le\u00a0Pen, Marion Mar\u00e9chal, Eric Zemmour, Patrick Buisson, ou encore Philippe de Villiers.\u00a0\u00ab\u00a0Deux heures avant, on ne savait toujours pas s\u2019il viendrait, on a d\u00fb insister\u00a0\u00bb, se souvient un\u00a0organisateur. Safa n\u2019aime d\u00e9cid\u00e9ment pas se montrer. Ce jour-l\u00e0, il s\u2019\u00e9tait fait violence. Il\u00a0avait enfil\u00e9 un blazer mais ne s\u2019\u00e9tait pas \u00e9ternis\u00e9, press\u00e9 de retrouver son jean, son polo et ses bateaux de guerre. Geoffroy Lejeune s\u2019en amuse\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Il a un c\u00f4t\u00e9 Largo Winch, c\u2019est un aventurier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2019\/12\/30\/iskandar-safa-un-magnat-tres-discret_6024358_3234.html\"><strong>Le Monde<\/strong><\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 30 septembre 2013, \u00e0 Cherbourg (Manche). Iskandar Safa se tient derri\u00e8re le pr\u00e9sident mozambicain, Armando Guebuza, et Fran\u00e7ois Hollande.\u00a0 &nbsp; Fran\u00e7ois Krug Entre ses activit\u00e9s de marchand d\u2019armes et son investissement dans le magazine ultraconservateur \u00ab\u00a0Valeurs actuelles\u00a0\u00bb, le parcours de ce milliardaire franco-libanais ne manque pas d\u2019intriguer &nbsp; Le 24\u00a0juillet, vers midi, un jet<\/p>\n","protected":false},"author":134,"featured_media":43378,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":{"0":"post-43374","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-alaune-fr"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43374","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/134"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43374"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43374\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/43378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}