{"id":38632,"date":"2019-04-14T21:28:07","date_gmt":"2019-04-14T20:28:07","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=38632"},"modified":"2019-04-14T21:28:07","modified_gmt":"2019-04-14T20:28:07","slug":"soudan-mecanique-dun-desastre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/soudan-mecanique-dun-desastre\/","title":{"rendered":"Soudan\u00a0M\u00e9canique d\u2019un d\u00e9sastre"},"content":{"rendered":"<p><em>Khartoum, le 11 avril. Cette banni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 hiss\u00e9e lors d\u2019une manifestation pr\u00e9c\u00e9dant la destitution du pr\u00e9sident Omar Al-Bachir. Alaa Salah, l\u2019\u00e9tudiante devenue ic\u00f4ne de la r\u00e9volution soudanaise, y harangue la foule : \u00ab Mon grand-p\u00e8re est Taharka [le pharaon], ma bien-aim\u00e9e une kandaka [reine de la Nubie antique]. \u00bb AFP<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div dir=\"auto\">\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>Apr\u00e8s trente ans de pouvoir, Omar Al-Bachir, destitu\u00e9 le 11\u00a0avril, laisse un pays exsangue,\u00a0toujours sous la coupe des services de s\u00e9curit\u00e9,\u00a0qui ont accapar\u00e9 les richesses et nourri les guerres. De leur c\u00f4t\u00e9, les manifestants, \u00e0 l\u2019origine de son d\u00e9part, ne veulent pas se laisser priver de leur \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p>les travaux sont arr\u00eat\u00e9s sur Nile Street, l\u2019art\u00e8re lugubre longeant le fleuve c\u00f4t\u00e9 Nil Bleu, au centre de Khartoum, o\u00f9 tr\u00f4nent deux palais pr\u00e9sidentiels, l\u2019un construit par les colons britanniques, l\u2019autre par les Chinois un si\u00e8cle plus tard, comme un raccourci de l\u2019histoire. Les grues sont immobiles, les carcasses de b\u00e9ton qui avaient pouss\u00e9 partout dans Khartoum en des temps meilleurs se couvrent d\u2019une poussi\u00e8re ocre comme le d\u00e9sert, qui avance plus au nord. Tous ces chantiers ressemblent \u00e0 des cimeti\u00e8res, sauf un. Impossible de le rater. Encore r\u00e9cemment, des ouvriers s\u2019y activaient sur des \u00e9chafaudages dress\u00e9s le long de b\u00e2timents aussi vastes que des a\u00e9rogares, enjoliv\u00e9s de moulures et de colonnades : la Rome imp\u00e9riale, revue par Disney, au bord du Nil. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un parc d\u2019attractions, mais, comme le mentionne une pancarte, du \u00ab club de sport des services de renseignement \u00bb.<\/p>\n<p>Qu\u2019un pays en crise prenne soin de ses espions et songe que leur \u00e9panouissement physique reste un atout, m\u00eame au prix de sacrifices financiers, n\u2019a rien de surprenant, bien qu\u2019il soit peu courant que des services secrets affichent aussi gaiement leur pr\u00e9sence. Mais l\u2019extravagance de l\u2019ouvrage, dans un pays dont les caisses sont vides et o\u00f9 les prix s\u2019envolent (l\u2019inflation atteint officiellement 70\u00a0%, mais pourrait d\u00e9passer le point d\u2019hyperinflation de 100\u00a0%), en dit long sur la toute-puissance de l\u2019institution qui encadre cette salle de sport cyclop\u00e9enne\u00a0: le NISS (National Intelligence and Security Service). Un Etat dans l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9 pour prot\u00e9ger le r\u00e9gime \u2013 plus de l\u2019arm\u00e9e que des menaces ext\u00e9rieures \u2013 et capable d\u2019int\u00e9grer les miliciens de toutes les guerres civiles du Soudan pour constituer une force d\u2019oppression et de surveillance des citoyens. C\u2019est un acteur riche et puissant, qui effraie les institutions. <strong>Environ 70\u00a0% du budget de ce pays en banqueroute \u2013 que ne renflouent plus les pays du Golfe, qui se sont pay\u00e9s en influence, en terres agricoles immenses ou en bras arm\u00e9s pour la guerre au Y\u00e9men \u2013 est ainsi absorb\u00e9 par le secteur de la s\u00e9curit\u00e9, au sein duquel le NISS re\u00e7oit le plus gros, et l\u2019arm\u00e9e la portion congrue<\/strong>.<\/p>\n<p>Les travaux du club de sport du NISS ont fini par cesser \u00e0 leur tour. Ils ne sont que suspendus. C\u2019est que, tout pr\u00e8s, l\u2019histoire imm\u00e9diate du Soudan s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. A partir du 6\u00a0avril, des centaines de milliers de personnes se sont mises \u00e0 converger vers un complexe situ\u00e9 \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de l\u00e0, abritant \u00e0 la fois le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e, les b\u00e2timents de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019air et de la marine, ainsi que le minist\u00e8re de la d\u00e9fense. Depuis l\u2019appel, le 19\u00a0d\u00e9cembre\u00a02018, lanc\u00e9 par la D\u00e9claration pour la libert\u00e9 et le changement, une coalition regroupant plusieurs structures et groupes arm\u00e9s, les Soudanais n\u2019avaient cess\u00e9 de descendre dans les rues, r\u00e9clamant le d\u00e9part du pr\u00e9sident en place, Omar Al-Bachir.<\/p>\n<p>La contestation se brisait face \u00e0 la r\u00e9pression implacable men\u00e9e par les agents du NISS et d\u2019autres corps de la n\u00e9buleuse des services de s\u00e9curit\u00e9, tout en refusant de s\u2019\u00e9teindre. Les classes moyennes, saign\u00e9es par une crise \u00e9conomique longue de huit ans, ont \u00e9t\u00e9 rejointes par des habitants des quartiers populaires, \u00e0 Khartoum et dans de nombreuses villes de province. Presque tout le pays a vu d\u00e9filer des manifestants, mais il s\u2019agissait toujours de mouvements dans des espaces restreints et d\u2019une dur\u00e9e limit\u00e9e, le temps qu\u2019interviennent les redoutables nervis des services de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<h2>Fraternisation avec l\u2019arm\u00e9e<\/h2>\n<p>Puis, dans une sorte de r\u00e9p\u00e9tition des manifestations monstres qui avaient eu lieu dans l\u2019intervalle en Alg\u00e9rie, les dirigeants de la contestation \u2013 tous des civils \u2013 ont eu l\u2019id\u00e9e d\u2019appeler les contestataires \u00e0 se masser dans le centre de Khartoum, plus pr\u00e9cis\u00e9ment devant le quartier g\u00e9n\u00e9ral des Forces arm\u00e9es soudanaises. L\u2019objectif \u00e9tait d\u2019appeler ces derni\u00e8res \u00e0 la fraternisation pour tenter de renverser le r\u00e9gime et sa garde pr\u00e9torienne, constitu\u00e9e des forces sp\u00e9ciales du NISS, mais aussi de diff\u00e9rentes milices, dont la Force de soutien rapide (RSF), rassemblant d\u2019anciens janjawids, miliciens progouvernementaux qui avaient men\u00e9 les violences au Darfour en\u00a02003 et 2004.<\/p>\n<p>Il y avait eu soixante morts dans les cent premiers jours de manifestation. Il vient d\u2019y en avoir pr\u00e8s de vingt autres dans la semaine pr\u00e9c\u00e9dant le d\u00e9nouement du 11\u00a0avril. Ce matin-l\u00e0, le pr\u00e9sident \u00e9tait renvers\u00e9 par un conseil de transition militaire dirig\u00e9 par un proche, le g\u00e9n\u00e9ral Awad Mohamed Ahmed Ibn Auf. Ce dernier avait \u00e9t\u00e9 ministre de la d\u00e9fense, avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 vice-pr\u00e9sident lorsque, le 22\u00a0f\u00e9vrier, Omar Al-Bachir avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence ainsi qu\u2019un train de mesures muscl\u00e9es visant \u00e0 mettre fin \u00e0 la contestation d\u00e9marr\u00e9e le 19\u00a0d\u00e9cembre\u00a02018.<\/p>\n<p>Cent quatorze jours plus tard, dans les rues de Khartoum, environ un demi-million de personnes qui r\u00e9clamaient le d\u00e9part d\u2019Omar Al-Bachir ont eu l\u2019impression de l\u2019avoir obtenu. Avant de s\u2019interroger\u00a0: n\u2019auraient-elles pas \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9es\u00a0? Le pr\u00e9sident a en effet \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9,\u00a0\u00ab\u00a0plac\u00e9 en lieu s\u00fbr\u00a0\u00bb,\u00a0selon le chef de la junte, et d\u00e9chu de ses fonctions. Mais qui dirige le Soudan\u00a0? Qui aura acc\u00e8s aux leviers de l\u2019Etat\u00a0? Car, derri\u00e8re ce nouvel ordre, clair en apparence, dont la figure visible est Ibn Auf, se profile un homme dont le nom, lui, n\u2019appara\u00eet nulle part dans l\u2019organigramme\u00a0: le g\u00e9n\u00e9ral Salah Abdallah Gosh, le chef du NISS. Pour des observateurs de la politique nationale, c\u2019est lui qui m\u00e8ne le jeu, pr\u00e9f\u00e9rant s\u2019effacer pour mieux diriger. Savourant aussi, sans doute, de tirer les ficelles depuis son poste par d\u00e9finition discret.<\/p>\n<p>Un Etat exsangue, d\u00e9vor\u00e9 par ses moukhabarat (\u00ab\u00a0services de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb), voil\u00e0 donc l\u2019h\u00e9ritage que laisse Omar Al-Bachir, l\u2019homme qui aurait d\u00fb f\u00eater, le 30\u00a0juin, ses trente ans de pouvoir. Lui qui raffole des dates symboliques va \u00eatre frustr\u00e9 d\u2019un beau chiffre rond. Son palais pr\u00e9sidentiel le plus r\u00e9cent, construit par une compagnie chinoise sur Nile Street, avait \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 le 26\u00a0janvier\u00a02015, cent trente\u00a0ans exactement apr\u00e8s la lib\u00e9ration de Khartoum par les forces du Mahdi (1844-1885), chef religieux \u00e0 la t\u00eate d\u2019une r\u00e9volte anticoloniale.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral britannique Charles Gordon, qui dirigeait les troupes du condominium \u00e9gypto-anglais (une autre fa\u00e7on d\u2019habiller la domination britannique), avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9 sur les marches du palais de l\u2019\u00e9poque. Ce b\u00e2timent avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, puis reconstruit lors de la reconqu\u00eate par les troupes de la reine Victoria, de fa\u00e7on \u00e0 signifier avec \u00e9clat sa puissance. Il \u00e9tait alors aussi charg\u00e9 de sens que l\u2019est, \u00e0 pr\u00e9sent, le club de sport du NISS. Un peu plus au sud, vers Africa Road, une grosse carcasse inachev\u00e9e prend la poussi\u00e8re\u00a0: c\u2019est l\u2019immeuble inachev\u00e9 du Congr\u00e8s national (NCP), le parti au pouvoir. Avec la chute du pr\u00e9sident soudanais, il n\u2019est pas pr\u00e8s de voir ses finitions. Si Khartoum se lit comme une trag\u00e9die architecturale des pouvoirs et des convoitises qui s\u2019y succ\u00e8dent, voil\u00e0 un premier indice sur le bilan des trois d\u00e9cennies d\u2019Omar Al-Bachir. Ce bilan est un d\u00e9sastre. Il explique aussi pourquoi le Soudan est aujourd\u2019hui en danger.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie du pays est en train de sombrer. Les banques n\u2019ont plus de liquidit\u00e9s. Les distributeurs automatiques, auxquels se sont habitu\u00e9s les habitants de la capitale lors de la grosse d\u00e9cennie de prosp\u00e9rit\u00e9 (1999-2011) du boom p\u00e9trolier, sont vides. Aux guichets, on se bouscule pour esp\u00e9rer retirer des sommes microscopiques. Les compagnies \u00e9trang\u00e8res (notamment pharmaceutiques) se d\u00e9sengagent du Soudan.\u00a0\u00ab\u00a0Le r\u00e9gime n\u2019a tout simplement pas de r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019effondrement \u00e9conomique\u00a0\u00bb,\u00a0rel\u00e8ve une source diplomatique, avant d\u2019\u00e9tendre l\u2019analyse \u00e0 la fa\u00e7on dont l\u2019appauvrissement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 a aussi pouss\u00e9 \u00e0 une r\u00e9volte contre certains fondamentaux du pouvoir\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Ce mouvement de contestation est le produit d\u2019un ras-le-bol, mais aussi d\u2019une prise de conscience forte. Une couche enti\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 veut en finir, non seulement avec Omar Al-Bachir, mais avec ce r\u00e9gime, d\u2019une fa\u00e7on plus large. Tout remonte \u00e0 la surface\u00a0: les violences, les vexations et le d\u00e9sastre d\u2019une \u00e9conomie au sein de laquelle seul un petit groupe proche du pouvoir s\u2019est enrichi au fil des ann\u00e9es.\u00a0\u00bb\u00a0A Khartoum, Mudawi Ibrahim Adam, intellectuel influent et d\u00e9fenseur des droits de l\u2019homme, estime que l\u2019effondrement en cours est aussi un pi\u00e8ge dans lequel le pouvoir s\u2019est enferm\u00e9\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Les proches du r\u00e9gime ont siphonn\u00e9 tout l\u2019argent des banques\u00a0; la monnaie perd toute sa valeur. Donc tout va finir par s\u2019arr\u00eater, il n\u2019y aura plus de salaires, plus d\u2019argent dans l\u2019\u00e9conomie. C\u2019est en grande partie leur \u0153uvre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Les coups d\u2019\u00e9tat des vendredis\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Pour comprendre l\u2019origine de cet effondrement, il faut remonter dans le temps. Le g\u00e9n\u00e9ral Omar Al-Bachir est arriv\u00e9 au pouvoir le 30\u00a0juin\u00a01989, \u00e0 l\u2019aube, lorsque des blind\u00e9s se sont d\u00e9ploy\u00e9s dans Khartoum, balayant le premier ministre, Sadeq Al-Mahdi. Ce devait \u00eatre un vendredi, car\u00a0\u00ab\u00a0la tradition, alors, au Soudan, \u00e9tait de faire les coups d\u2019Etat les vendredis\u00a0[jour de pri\u00e8re ch\u00f4m\u00e9],\u00a0afin d\u2019\u00e9viter de tuer des gens par m\u00e9garde\u00a0\u00bb, raconte Ali Siory, un professeur d\u2019ing\u00e9nierie m\u00e9canique de l\u2019universit\u00e9 de Khartoum. Au c\u0153ur de la contestation actuelle, M.\u00a0Siory avait particip\u00e9 au mouvement populaire de 1985 qui avait conduit au renversement du g\u00e9n\u00e9ral Nimeiri, alors \u00e0 la t\u00eate du pays.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, il avait fallu que la population, descendue dans les rues sur fond de crise \u00e9conomique, soit rejointe par l\u2019arm\u00e9e pour faire chuter le pouvoir. Jeudi 11\u00a0avril, \u00e0 Khartoum, nombreux sont ceux qui ont eu l\u2019illusion, un instant, de revivre pareil moment. Il s\u2019agit pourtant d\u2019autre chose, proche d\u2019un simulacre, destin\u00e9 \u00e0 assurer la continuit\u00e9 du pouvoir entre les mains d\u2019une minuscule oligarchie, civile et militaire. Pontes du NCP, g\u00e9n\u00e9raux ayant acc\u00e8s aux pr\u00e9bendes\u00a0: tous ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la p\u00e9riode qui vient de s\u2019achever. Ils entendent bien conserver leurs acquis et leurs privil\u00e8ges.<\/p>\n<p>Mais le Soudan n\u2019est pas pr\u00eat \u00e0 se laisser ainsi priver de sa \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb.\u00a0D\u2019autant que, au cours des d\u00e9cennies \u00e9coul\u00e9es, le pays a connu une autre forme de r\u00e9volution, et d\u2019autres formes de faux-semblants sur ses v\u00e9ritables ma\u00eetres. En\u00a01989, c\u2019\u00e9taient les islamistes qui prenaient le pouvoir, avec Omar Al-Bachir en \u00ab\u00a0faux nez\u00a0\u00bb\u00a0\u2013\u00a0comme aujourd\u2019hui le g\u00e9n\u00e9ral Ibn Rauf est, selon une bonne source, le\u00a0\u00ab\u00a0faux nez\u00a0\u00bb\u00a0du chef du NISS, Salah Gosh, et de son empire cach\u00e9 des services de renseignement. Salah Gosh, du reste, a grimp\u00e9 dans la hi\u00e9rarchie dans les ann\u00e9es 1990. Il servait alors d\u2019agent de liaison avec Oussama Ben Laden, pendant les cinq ann\u00e9es du s\u00e9jour soudanais de ce dernier, achev\u00e9 en\u00a01996 par une invitation \u00e0 aller s\u2019installer ailleurs (il ira en Afghanistan).<\/p>\n<p>A la fin des ann\u00e9es 1990, le pouvoir soudanais mettait fin \u00e0 sa p\u00e9riode d\u2019incandescence islamiste. Khartoum a cess\u00e9 d\u2019h\u00e9berger les conf\u00e9rences arabes populaires islamiques sous l\u2019\u00e9gide du \u00ab\u00a0cheikh\u00a0\u00bb Hassan Tourabi, l\u2019homme qui se tenait derri\u00e8re ce militaire rustaud qu\u2019\u00e9tait le g\u00e9n\u00e9ral Al-Bachir, consid\u00e9rant qu\u2019il lui tiendrait lieu de cerveau et de moelle \u00e9pini\u00e8re. En\u00a01999, le divorce est consomm\u00e9. Omar Al-Bachir s\u2019est \u00e9mancip\u00e9 de la tutelle du \u00ab\u00a0cheikh\u00a0\u00bb, qui devient un opposant aux ailes courtes. L\u2019ann\u00e9e 1999 est aussi celle de la mise en service du terminal p\u00e9trolier de Port-Soudan, sur la mer Rouge. Les premiers puits sont mis en fonction, le pays devient producteur et exportateur de brut.<\/p>\n<p>S\u2019est alors ouverte une p\u00e9riode fastueuse. Des compagnies malaisiennes et chinoises viennent exploiter les champs p\u00e9troliers. Ceux-ci sont essentiellement situ\u00e9s dans la partie sud du pays \u2013 l\u00e0 o\u00f9 la guerre civile a repris depuis 1983, mais Khartoum va mettre fin au conflit avec la r\u00e9bellion sudiste de John Garang. En\u00a02005, un accord est sign\u00e9, qui encadre la paix et offre l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une s\u00e9cession du Sud, apr\u00e8s une p\u00e9riode de transition de six ans. Le n\u00e9gociateur en chef du pouvoir soudanais, Ali Osman Mohamed Taha, est un dur du mouvement islamiste. Pendant la guerre, il a \u00e9t\u00e9 le grand organisateur des milices qui ont ravag\u00e9 le Sud. Estimation\u00a0: 300\u00a0000 morts en vingt ans, par la violence, la faim, les maladies. Les m\u00e9thodes qui ont conduit \u00e0 ce r\u00e9sultat n\u2019indignent pas beaucoup l\u2019opinion publique du Nord.<\/p>\n<p>Quand le r\u00e9gime reprend la m\u00eame m\u00e9thodologie (tuer, br\u00fbler, violer, piller, mutiler, affamer, si possible bombarder et ensuite recommencer) au Darfour, personne, \u00e0 Khartoum, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s \u2013 comme Mudawi Ibrahim Adam \u2013 ne s\u2019en offusque non plus. Le temps n\u2019est pas encore venu pour cela. Au milieu des ann\u00e9es 2000, l\u2019avenir semble enfin sourire au Soudan. Paix, p\u00e9trole, privatisations sauvages\u00a0: la vie est belle sur les bords des deux Nils. Le Soudan est \u00e0 un tournant. Le pouvoir, \u00e0 Khartoum, esp\u00e8re obtenir, par des concessions importantes aux sudistes, une normalisation de son statut international, qui doit conduire \u00e0 la lev\u00e9e des sanctions am\u00e9ricaines (fond\u00e9es sur des accusations de \u00ab\u00a0soutien au terrorisme\u00a0\u00bb). Et donc \u00e0 de nombreux avantages\u00a0: faire appel \u00e0 plus de soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res, lever des fonds sur les march\u00e9s am\u00e9ricains.<\/p>\n<h2>La rente p\u00e9troli\u00e8re a fait illusion<\/h2>\n<p>Cela n\u2019arrivera pas. Certes, l\u2019argent coule \u00e0 flots. Khartoum s\u2019\u00e9tend. On construit partout. La classe moyenne retrouve une forme de prosp\u00e9rit\u00e9. La bourgeoisie non islamiste des ann\u00e9es d\u2019avant 1989, qui avait \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9e, reprend pied dans l\u2019\u00e9conomie. Le pouvoir est plus riche, moins id\u00e9ologue et s\u2019appuie sur un contr\u00f4le de l\u2019\u00e9conomie par des oblig\u00e9s. C\u2019est cette mainmise, ce club d\u2019alli\u00e9s du NCP ou de sa faction proche du pr\u00e9sident, qui excite \u00e0 pr\u00e9sent le ressentiment de la classe moyenne, spectatrice du g\u00e2chis et des pillages r\u00e9alis\u00e9s dans des pans entiers de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Dans l\u2019intervalle, plusieurs chocs majeurs ont eu lieu. Apr\u00e8s dix ans de fr\u00e9n\u00e9sie d\u00e9pensi\u00e8re, la s\u00e9cession du Sud intervient. La partition a finalement lieu en\u00a02011. Elle emporte avec elle les trois quarts de la production de p\u00e9trole, en raison de la situation g\u00e9ographique des puits. Des compensations devaient permettre d\u2019amortir cette perte. Elles ne seront pas vers\u00e9es. Le Sud sera tr\u00e8s vite d\u00e9vast\u00e9 par sa propre guerre, comme un h\u00e9ritage empoisonn\u00e9 des strat\u00e8ges de Khartoum.<\/p>\n<p>Or, le p\u00e9trole repr\u00e9sentait de 80\u00a0% \u00e0 90\u00a0% des recettes \u00e0 l\u2019export du Soudan, et plus de 30\u00a0% des recettes de l\u2019Etat. Du jour au lendemain, le robinet s\u2019est ferm\u00e9. Conjointement, la monnaie se d\u00e9value, \u00e0 mesure que l\u2019ouverture ultralib\u00e9rale du pays entra\u00eene un d\u00e9ficit commercial important, et une chute de la livre soudanaise, qui perd 66\u00a0% de sa valeur en l\u2019espace d\u2019une ann\u00e9e, selon une \u00e9tude de Khalid Hassan Elbeely, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 la business school de l\u2019universit\u00e9 des sciences et technologie du Soudan.<\/p>\n<p>Le choc n\u2019est pas seulement \u00e9conomique. Avec la fin de la guerre, il n\u2019est plus possible de pr\u00e9tendre que le probl\u00e8me du Soudan est le Sud, avec des populations qui, vues de Khartoum, semblent infiniment diff\u00e9rentes, lointaines et, pour tout dire, dangereuses. Les gens \u00e0 la peau noire y sont encore qualifi\u00e9s d\u2019abeed\u00a0(\u00ab\u00a0esclave\u00a0\u00bb). Les violences qui avaient suivi, en\u00a02005, la mort du chef de la r\u00e9bellion sudiste, John Garang, dans un accident d\u2019h\u00e9licopt\u00e8re, ont persuad\u00e9 un peu plus l\u2019opinion nordiste que, d\u00e9cid\u00e9ment, les sudistes font peser un risque sur Khartoum. Les voil\u00e0 partis, mais, avec eux, ils ont emport\u00e9 le p\u00e9trole.<\/p>\n<p>Tout de m\u00eame, le pouvoir a une id\u00e9e.\u00a0\u00ab\u00a0Pour repenser l\u2019\u00e9conomie, ils vont miser sur le secteur minier et sur l\u2019agriculture\u00a0\u00bb, rappelle Rapha\u00eblle Chevrillon-Guibert, sp\u00e9cialiste du Soudan \u00e0 l\u2019Institut de recherche sur le d\u00e9veloppement. Et pour essayer de remplacer le p\u00e9trole, une politique de d\u00e9veloppement industriel est men\u00e9e. C\u2019est bien pens\u00e9, mais c\u2019est une suite d\u2019\u00e9checs. Sous un discours de type islamiste, le pouvoir pratique en fait une politique ultralib\u00e9rale. Les entreprises d\u2019Etat ont \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9es dans des conditions obscures, c\u00e9d\u00e9es \u00e0 des proches du pouvoir incomp\u00e9tents ou corrompus.<\/p>\n<p>La rente p\u00e9troli\u00e8re a fait illusion. Quand elle se tarit, c\u2019est une catastrophe. Le secteur minier donne lieu \u00e0 un autre type de d\u00e9rive\u00a0: d\u2019abord, une partie des sites d\u2019exploitation de l\u2019or tombent sous le contr\u00f4le des services de renseignement ou des milices qui en sont proches. <strong>C\u2019est ainsi qu\u2019au Darfour Nord, l\u00e0 o\u00f9 ses troupes s\u00e9vissent contre la population, un jeune chef de la tribu des Rizeigat, Mohammed Hamdan Daglo, \u00ab\u00a0Hemetti\u00a0\u00bb, contr\u00f4le une partie de l\u2019extraction et des recettes qui en d\u00e9coulent.<\/strong> Bient\u00f4t, il est \u00e0 m\u00eame de d\u00e9velopper sa force, les RSF, et se voit bombard\u00e9 colonel. Aujourd\u2019hui, il est associ\u00e9 au nouveau pouvoir ayant \u00e9merg\u00e9 lors de la chute d\u2019Omar Al-Bachir, quintessence de l\u2019entrepreneur en violence et ressources.<\/p>\n<p>C\u2019est que l\u2019or constitue un tr\u00e9sor consid\u00e9rable. Le Soudan en a export\u00e9, selon le minist\u00e8re des mines, 93 tonnes en\u00a02018, mais une partie importante serait sortie du pays en contrebande \u2013 environ 50 tonnes suppl\u00e9mentaires. Le pays se classe d\u00e9j\u00e0 en troisi\u00e8me place, derri\u00e8re l\u2019Afrique du Sud et le Ghana, parmi les premiers pays producteurs d\u2019or en Afrique, mais cette ru\u00e9e vers le minerai pr\u00e9cieux, outre qu\u2019elle profite avant tout aux proches des services de renseignement, va aussi avoir un impact d\u00e9vastateur sur les populations. Mme\u00a0Chevrillon-Guibert a \u00e9tudi\u00e9 dans le d\u00e9tail comment les sites de transformation des blocs de minerai alimentent un \u00e9norme trafic (80\u00a0% de la production est assur\u00e9e de mani\u00e8re artisanale), tout en ayant un impact environnemental catastrophique\u00a0: des sites d\u2019extraction de l\u2019or s\u2019installent dans des zones agricoles, l\u00e0 o\u00f9 se trouve l\u2019eau, pr\u00e8s du Nil. Selon la chercheuse, ces zones\u00a0\u00ab\u00a0seront bient\u00f4t des zones de contestation du pouvoir\u00a0\u00bb, avant m\u00eame que la crise \u00e9conomique ne frappe.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019Omar Al-Bachir avait r\u00e9ussi \u00e0 attirer \u00e0 lui un \u00e9lectorat important dans les ann\u00e9es 2000, les pr\u00e9bendes accord\u00e9es \u00e0 des proches, qui ruinent entrepreneurs locaux et collectivit\u00e9s r\u00e9gionales (notamment par la confiscation des taxes), ont d\u00e9truit ce capital politique. Voil\u00e0 pourquoi des manifestations \u00e9clatent en\u00a02012, en\u00a02013, puis encore en\u00a02015. Avant la derni\u00e8re s\u00e9quence, entam\u00e9e le 19\u00a0d\u00e9cembre\u00a02018, et dont les feux se sont \u00e9tendus \u00e0 tout le pays. Ce n\u2019est donc pas le d\u00e9part d\u2019Omar Al-Bachir et son remplacement, par ceux qui incarnent la confiscation des ressources du pays aux d\u00e9pens de la majorit\u00e9, qui risquent de faire revenir le calme au Soudan.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9rer notre histoire\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Pourtant, dans l\u2019intervalle, la population des zones \u00ab\u00a0riveraines\u00a0\u00bb (du Nil) a aussi d\u00e9couvert le sort qu\u2019avaient subi les lointaines p\u00e9riph\u00e9ries lors des \u00e9ternels conflits soudanais. Apr\u00e8s le Sud, le Nord, avec les guerres au Darfour, au Kordofan, dans l\u2019Etat du Nil Bleu. Ahmad Sanhuri, un \u00e9tudiant en m\u00e9decine de Khartoum, r\u00e9sume des id\u00e9es qui fusent non seulement parmi les manifestants, mais aussi dans les familles, lors de conversations entre amis\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Le b\u00e9n\u00e9fice de ces mois de r\u00e9volte, c\u2019est qu\u2019on a fini par comprendre ce qui s\u2019est pass\u00e9 au Darfour\u00a0[\u00e9crasement par des milices progouvernementales d\u2019une r\u00e9bellion entre 2003 et 2004, puis guerre de basse intensit\u00e9, <strong>sans doute 300\u00a0000 morts<\/strong>, essentiellement parmi la population]. On nous a dit que c\u2019\u00e9tait une bonne chose, que ces gens nous mena\u00e7aient. On y a cru, mais c\u2019\u00e9tait un mensonge. Ils \u00e9taient comme nous\u00a0: les victimes de la dictature. D\u00e9sormais, les gens de Khartoum ont compris ce qu\u2019ils ont v\u00e9cu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On nous avait vol\u00e9 notre histoire, on est en train de la r\u00e9cup\u00e9rer\u00a0\u00bb,\u00a0assure Mudawi Ibrahim Adam, qui fut l\u2019infatigable lanceur d\u2019alerte sur le Darfour, au point que son organisation, \u00e0 Khartoum, a \u00e9t\u00e9 interdite le jour o\u00f9 Omar Al-Bachir s\u2019est retrouv\u00e9 poursuivi par la Cour p\u00e9nale internationale.<\/p>\n<p>Pour solder ces comptes, et r\u00e9concilier le Soudan avec lui-m\u00eame, il ne faudra pas compter sur la junte du conseil militaire. Il y a plusieurs semaines, Yasir Sheikh Eldin, ing\u00e9nieur, promoteur immobilier et animateur d\u2019un groupe de r\u00e9flexion sur l\u2019avanie du Soudan, les Future Makers (\u00ab\u00a0faiseurs d\u2019avenir\u00a0\u00bb), mettait en garde\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai fait la r\u00e9volution de 1985. Mon p\u00e8re a fait celle de 1964. A chaque fois, on s\u2019est dit qu\u2019on voyait triompher la justice et la d\u00e9mocratie. Aujourd\u2019hui, il serait tentant de penser que nous revivons la troisi\u00e8me \u00e9dition de la m\u00eame chose. Mais il nous faut penser diff\u00e9remment. Si Bachir tombe, le danger sera dans l\u2019apr\u00e8s-Bachir.\u00a0Si on ne d\u00e9pose pas les armes de tous les groupes et milices dans notre pays, avec une v\u00e9ritable solution qui offre de l\u2019espoir \u00e0 tous, cela se terminera mal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Omar Al-Digeir, le pr\u00e9sident du Parti du congr\u00e8s soudanais, qui b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une forte influence sur les classes moyennes citadines et sur le cours des manifestations des derniers mois, avait \u00e0 c\u0153ur, dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une transition, de voir mis en place un plan de sauvetage de l\u2019\u00e9conomie\u00a0\u00ab\u00a0pour sauver le Soudan du d\u00e9sastre\u00a0\u00bb. Il y a peu de chances que la junte ou le NISS entendent cette voix. Somme toute, ils ne fr\u00e9quentent pas les m\u00eames clubs. Celui des services de renseignement qui sera, selon toute vraisemblance, bient\u00f4t achev\u00e9, est sans doute le plus ferm\u00e9 de tous.<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2019\/04\/12\/soudan-la-mecanique-d-un-desastre_5449381_3212.html\">LE MONDE<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<h2 class=\"bitlink-item--title\"><a href=\"http:\/\/bit.ly\/2P7XzdP\">Apr\u00e8s Bachir, la rue veut la chute de la junte<\/a><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Khartoum, le 11 avril. Cette banni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 hiss\u00e9e lors d\u2019une manifestation pr\u00e9c\u00e9dant la destitution du pr\u00e9sident Omar Al-Bachir. Alaa Salah, l\u2019\u00e9tudiante devenue ic\u00f4ne de la r\u00e9volution soudanaise, y harangue la foule : \u00ab Mon grand-p\u00e8re est Taharka [le pharaon], ma bien-aim\u00e9e une kandaka [reine de la Nubie antique]. \u00bb AFP &nbsp; &nbsp; Apr\u00e8s trente<\/p>\n","protected":false},"author":567,"featured_media":38640,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":{"0":"post-38632","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-alaune-fr"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/567"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38632"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38632\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/38640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}