{"id":36419,"date":"2018-12-28T19:42:59","date_gmt":"2018-12-28T18:42:59","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=36419"},"modified":"2018-12-28T19:42:59","modified_gmt":"2018-12-28T18:42:59","slug":"populus-le-peuple-cest-la-fraction-qui-ambitionne-detre-le-tout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/populus-le-peuple-cest-la-fraction-qui-ambitionne-detre-le-tout\/","title":{"rendered":"\u00a0Populus \u00ab\u00a0Le peuple, c\u2019est la fraction qui ambitionne d\u2019\u00eatre le tout\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"gs\">\n<div class=\"\">\n<div id=\":61\" class=\"ii gt\">\n<div id=\":62\" class=\"a3s aXjCH \">\n<div dir=\"auto\">\n<div>\n<div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"auto\">\n<div>\n<h3><span style=\"color: #666699;\">Propos Recueillis Par Julie Clarini<\/span><\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<h3><strong>Pour saisir pleinement le sens des termes \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb, le philosophe G\u00e9rard Bras revient sur les distinctions lexicales pratiqu\u00e9es dans l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0populus\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plebs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vulgus\u00a0\u00bb \u00e0 Rome\u00a0; \u00ab\u00a0d\u00e8mos\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ethnos\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0g\u00e9nos\u00a0\u00bb \u00e0 Ath\u00e8nes<\/strong><\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p>G\u00e9rard Bras est philosophe. Il a men\u00e9 dans son nouvel ouvrage,\u00a0<em>Les Voies du peuple. El\u00e9ments d\u2019une histoire conceptuelle<\/em>\u00a0(\u00e9d.\u00a0Amsterdam, 368 p., 20\u00a0euros),\u00a0une enqu\u00eate sur les usages du\u00a0terme \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb et de l\u2019appel au peuple en politique, du XVIIIe\u00a0si\u00e8cle \u00e0 nos jours. Saisir le sens du mot implique de faire jouer les distinctions qui nous viennent de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La notion de peuple est embarrassante, celle de populisme aussi. Pour amorcer la r\u00e9flexion, on peut revenir \u00e0 la fa\u00e7on dont Rome a pens\u00e9 le peuple. Quelles sont les grandes cat\u00e9gories structurantes\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le latin distingue trois termes\u00a0: le\u00a0populus,qui a une signification essentiellement politique, puisqu\u2019il d\u00e9signe les hommes libres non patriciens qui faisaient partie de la l\u00e9gion. La\u00a0plebs\u00a0d\u00e9signe, \u00e0 rebours, tous ceux qui n\u2019appartiennent pas au\u00a0populustout en n\u2019\u00e9tant pas esclaves, soit les plus pauvres, les\u00a0proletarii.\u00a0On a donc une distinction bien marqu\u00e9e entre une signification militaro-politique et une signification sociale. Et, enfin, il y a un troisi\u00e8me terme,\u00a0vulgus,\u00a0qui qualifie p\u00e9jorativement le peuple par son ignorance, son inculture. On glisse \u00e9videmment facilement du statut social de pauvre au statut culturel de vulgaire. Le fran\u00e7ais a perdu ces distinctions. Mais les connotations restent l\u00e0\u00a0: quand on parle de populisme, par exemple, on sugg\u00e8re que le peuple est ignorant et x\u00e9nophobe\u00a0(vulgus)et que le d\u00e9mocrate d\u00e9cide, lui, par la volont\u00e9 du peuple\u00a0(populus).<\/p>\n<p>Cic\u00e9ron donne une d\u00e9finition du\u00a0populusdans\u00a0De republica\u00a0: il dit que le peuple, c\u2019est l\u2019ensemble de ceux qui reconnaissent les principes du droit. Or, ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est que la modernit\u00e9 va renverser ce principe\u00a0: le peuple, c\u2019est celui qui fait le droit. Chez les Anciens, le droit est \u00e9tabli par la raison\u00a0; chez les Modernes, c\u2019est le produit d\u2019une volont\u00e9 collective. N\u00e9anmoins, la notion de \u00ab\u00a0droits de l\u2019homme\u00a0\u00bb de 1789 soutient qu\u2019il y a des droits imprescriptibles, dont la r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019oppression, qui doivent \u00eatre garantis par la r\u00e9publique.<\/p>\n<p>Et n\u2019oublions pas qu\u2019en face du peuple il y a les patriciens. Un \u00e9pisode est crucial dans ce face-\u00e0-face\u00a0: c\u2019est le retrait de la pl\u00e8be sur l\u2019Aventin en \u2013\u00a0494. Tite-Live raconte que la pl\u00e8be refuse d\u2019aller faire la guerre. Les patriciens sont oblig\u00e9s de n\u00e9gocier. Le r\u00e9sultat de cette action collective, c\u2019est le d\u00e9but du tribunat\u00a0: on nomme des tribuns, ces magistrats qui, au S\u00e9nat, vont porter la voix du peuple. Ce sont des repr\u00e9sentations qui ne nous appartiennent plus mais qui laissent des traces\u00a0: pensons par exemple \u00e0 la mani\u00e8re avec laquelle le peuple, aujourd\u2019hui, demande \u00e0 \u00eatre entendu, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ne pas \u00eatre m\u00e9pris\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les Grecs employaient le mot \u00ab\u00a0d\u00e8mos\u00a0\u00bb dont est tir\u00e9e notre \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb. Quel sens recouvre-t-il\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le\u00a0d\u00e8mos\u00a0est un terme plus ambigu que\u00a0populus\u00a0: il englobe, en gros,\u00a0populus\u00a0et\u00a0plebs.\u00a0Sa d\u00e9finition est d\u2019abord territoriale\u00a0: un d\u00e8me est une division administrative d\u2019Ath\u00e8nes. Donc le\u00a0d\u00e8mos,\u00a0c\u2019est l\u2019ensemble des citoyens en tant qu\u2019ils habitent la cit\u00e9. Mais c\u2019est aussi l\u2019ensemble des plus pauvres, non aristocrates. Ce peuple-l\u00e0 s\u2019est impos\u00e9 contre la configuration th\u00e9ologico-familiale. Au temps d\u2019Agamemnon, le pouvoir \u00e9tait toujours destin\u00e9 \u00e0 la descendance et l\u2019ascendance \u00e9tait toujours divine, les grandes familles \u00e9tant d\u2019origine h\u00e9ro\u00efque. Le\u00a0d\u00e8mos\u00a0s\u2019est donc impos\u00e9 initialement contre les familles nobles. La \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 d\u2019abord le pouvoir de ceux qui n\u2019avaient aucun titre \u00e0 gouverner. Le\u00a0d\u00e8mosd\u00e9signe donc soit l\u2019ensemble des habitants, soit ceux qui sont les moins pourvus\u00a0: tout le monde et pas tout le monde. Le\u00a0d\u00e8mosdans son ambigu\u00eft\u00e9 pr\u00e9sente une tension qui est int\u00e9ressante et \u00e9clairante pour la politique moderne, comme le montre le philosophe Jacques Ranci\u00e8re.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019ethnos,\u00a0c\u2019est le peuple dans sa dimension culturelle, transhistorique. Mais ce n\u2019est pas une cat\u00e9gorie de la politique grecque. Le\u00a0g\u00e9nos\u00a0le serait davantage, car pour \u00eatre citoyen il faut \u00eatre fils de citoyen. L\u2019ethnos\u00a0joue comme cat\u00e9gorie contre les Barbares, dans cette opposition entre ceux qui ob\u00e9issent aux rois, les Perses, et ceux qui ob\u00e9issent aux lois, les Hell\u00e8nes. Les Grecs sont fiers de vivre dans des cit\u00e9s-Etats o\u00f9 la loi gouverne. Cette pr\u00e9sence de la loi est pens\u00e9e comme un caract\u00e8re typiquement grec \u2013 et pas du tout universel\u2026<\/p>\n<p>Notre langue fran\u00e7aise perd toutes ces distinctions dont le grec et le latin usaient\u00a0: nous traduisons tous ces mots par \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb. En juin\u00a01789, Mirabeau se fait le promoteur du mot \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb en raison de sa pluralit\u00e9 de sens, parce qu\u2019il permet de jouer de l\u2019un et de l\u2019autre dans les discours politiques. L\u2019enqu\u00eate que j\u2019ai men\u00e9e pour mon livre m\u2019a appris que tous les discours philosophiques ou politiques (ou des politiques) usent de la notion en jouant sur les ambigu\u00eft\u00e9s. \u00ab\u00a0Peuple\u00a0\u00bb, c\u2019est un concept pratique qui renvoie \u00e0 une exp\u00e9rience collective et qui ouvre un horizon d\u2019attente, et dont le sens est l\u2019enjeu de conflits.<\/p>\n<p><strong>Pourtant, on passe encore par Ath\u00e8nes et par Rome pour penser notre monde. Pourquoi a-t-on encore besoin de ces cat\u00e9gories\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Parce qu\u2019on a, \u00e0 Ath\u00e8nes, d\u2019une fa\u00e7on, et \u00e0 Rome, d\u2019une autre, l\u2019invention de ce qui va devenir dans la modernit\u00e9 l\u2019autonomie politique. Avant et apr\u00e8s cette parenth\u00e8se, l\u2019autorit\u00e9 politique est fond\u00e9e sur un principe divin. Saint Paul dira\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Tout pouvoir vient de Dieu.\u00a0\u00bb\u00a0Or, de deux choses l\u2019une\u00a0: soit l\u2019autorit\u00e9 rel\u00e8ve d\u2019une figure de type pastoral \u2013 le pasteur met en \u0153uvre la loi et d\u00e9tient son autorit\u00e9 de Dieu\u00a0\u2013, soit on a un mod\u00e8le d\u2019autonomie \u2013\u00a0l\u2019autorit\u00e9 proc\u00e8de de ceux qui ob\u00e9issent. C\u2019est ce que la modernit\u00e9 va red\u00e9couvrir.<\/p>\n<p><strong>Le mouvement des \u00ab\u00a0gilets jaunes\u00a0\u00bb dit\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est nous le peuple.\u00a0\u00bb Qu\u2019en penser\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019affirmation d\u2019un peuple se fait toujours dans un conflit. Il n\u2019y a pas un peuple qui dort et qui se r\u00e9veille de temps en temps. C\u2019est pourquoi je dis dans mon livre que je ne sais pas si le peuple existe. Ce qui existe, c\u2019est une multitude. Que cette multitude s\u2019unifie n\u2019est pas une \u00e9vidence\u00a0: le peuple est le mot qui dit cette tension entre la multiplicit\u00e9 et l\u2019unit\u00e9. Dans les dix ans qui ont suivi la R\u00e9volution, les deux termes du lexique politique les plus utilis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb. Or, la \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019unit\u00e9 suppos\u00e9e r\u00e9alis\u00e9e\u00a0; le \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb, c\u2019est la fraction qui ambitionne d\u2019\u00eatre le tout.<\/p>\n<p>Le peuple se constituant toujours dans un conflit, ses configurations changent sans cesse. Il peut \u00eatre \u00e0 tendance \u00e9mancipatrice ou \u00e0 tendance nationaliste, voire fascisante. Ce qui se passe avec les \u00ab\u00a0gilets jaunes\u00a0\u00bb, c\u2019est effectivement la constitution d\u2019un peuple contre ce qui est v\u00e9cu comme injustice. On y entend une revendication d\u2019\u00e9galit\u00e9 dans la tradition des luttes pl\u00e9b\u00e9iennes et d\u00e9mocratiques. Dans ces moments, il y a toujours deux voies possibles, l\u2019une \u00e0 tendance aristocratique et l\u2019autre pl\u00e9b\u00e9ienne. Une expression comme \u00ab\u00a0r\u00e9publique d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb est, jusqu\u2019en\u00a01848, un oxymore. Le r\u00e9gime populaire n\u2019est pas un r\u00e9gime r\u00e9publicain puisque ce dernier est de type aristocratique. Aux XVIIe\u00a0et XVIIIe\u00a0si\u00e8cles, le courant r\u00e9publicain se d\u00e9finit en effet par sa croyance au m\u00e9rite, \u00e0 la comp\u00e9tence\u00a0: le bon gouvernement fait la politique pour le peuple, mais certainement pas par le peuple. Si l\u2019adjectif \u00ab\u00a0d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb est introduit, c\u2019est parce que le sens du mot change. Quand Rousseau dit que la d\u00e9mocratie est un r\u00e9gime pour les dieux et pas pour les hommes, il l\u2019entend comme les Grecs l\u2019entendaient. La d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne \u00e9tait, grosso modo, une d\u00e9mocratie directe. Mais il existe une autre veine qui s\u2019affirme et qui entend la d\u00e9mocratie comme impliquant la repr\u00e9sentativit\u00e9 \u2013 ce qui est typiquement aristocratique puisque c\u2019est un principe du choix du meilleur, du plus comp\u00e9tent. D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e du droit de manifester qui contrebalance ce principe\u00a0: la rue peut venir contester la repr\u00e9sentation. Pourquoi disait-on que l\u2019URSS n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9mocratique, alors qu\u2019il existait un pouvoir repr\u00e9sentatif\u00a0? Parce qu\u2019il n\u2019y avait pas le droit de manifester\u2026 Je suis donc frapp\u00e9 d\u2019entendre dire qu\u2019il y a crise de la d\u00e9mocratie pour parler de la crise des \u00ab\u00a0gilets jaunes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il faut comprendre que \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb a pris un sens nouveau chez les Modernes, quand nous parlons de \u00ab\u00a0r\u00e9publique d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb. Pour nous, celle-ci repose sur quatre principes, qui enveloppent chacun une difficult\u00e9\u00a0: la repr\u00e9sentation, la participation, le droit de manifester et le droit. Or, on confond, en ce moment, d\u00e9mocratie et repr\u00e9sentation, en oubliant qu\u2019elle peut \u00eatre avec mandat souverain ou imp\u00e9ratif, avec r\u00e9vocation possible des \u00e9lus ou non. Si on en reste \u00e0 la repr\u00e9sentation, la d\u00e9mocratie devient aristocratie \u00e9lective. De m\u00eame, la manifestation peut \u00eatre symbolique ou tourner \u00e0 l\u2019\u00e9meute. L\u2019art politique doit conjuguer ces quatre principes de fa\u00e7on singuli\u00e8re en fonction des situations. Le mouvement actuel exprime une crise de la repr\u00e9sentation, d\u2019autant plus qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9e par la technocratie, une exigence de participation et une mutation dans l\u2019expression de ce que Machiavel appelait le \u00ab\u00a0tumulte\u00a0\u00bb populaire.<\/p>\n<p><strong>Vivrait-on au contraire un moment de vitalit\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, sans doute, dans le refus de l\u2019id\u00e9e qui veut que la d\u00e9mocratie, c\u2019est voter tous les cinq ans et se taire. Il y a un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0sans-culottes\u00a0\u00bb dans ce que nous vivons. Le sentiment d\u2019injustice et d\u2019humiliation est palpable, et on a \u00e0 r\u00e9apprendre de cette p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. Le principe \u00ab\u00a0sans-culottes\u00a0\u00bb, c\u2019est le retour de la participation. S\u2019il y a une crise de la d\u00e9mocratie, c\u2019est parce que la repr\u00e9sentation a capt\u00e9 enti\u00e8rement la participation. Le peuple est d\u00e9fini par le m\u00e9pris des grands, disait Rousseau. On assiste donc \u00e0 la tension entre deux dimensions du peuple\u00a0: le peuple de la repr\u00e9sentation et le peuple du tumulte qui donne \u00e0 la d\u00e9mocratie sa dimension insurgeante, selon l\u2019expression du philosophe Miguel Abensour. Mais le tumulte n\u2019est pas forc\u00e9ment \u00e9mancipateur\u00a0: nous sommes sur une ligne de cr\u00eate o\u00f9 l\u2019on ne sait de quel c\u00f4t\u00e9 un tel mouvement peut basculer, le pire n\u2019\u00e9tant jamais s\u00fbr, mais pas impossible non plus.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"yj6qo\"><\/div>\n<div class=\"adL\"><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2018\/12\/27\/gerard-bras-le-peuple-c-est-la-fraction-qui-ambitionne-d-etre-le-tout_5402804_3232.html\">LE MONDE<\/a><\/div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Propos Recueillis Par Julie Clarini Pour saisir pleinement le sens des termes \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb, le philosophe G\u00e9rard Bras revient sur les distinctions lexicales pratiqu\u00e9es dans l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0populus\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plebs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vulgus\u00a0\u00bb \u00e0 Rome\u00a0; \u00ab\u00a0d\u00e8mos\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ethnos\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0g\u00e9nos\u00a0\u00bb \u00e0 Ath\u00e8nes G\u00e9rard Bras est philosophe. 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