{"id":181773,"date":"2025-01-30T13:08:23","date_gmt":"2025-01-30T12:08:23","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=181773"},"modified":"2025-01-30T13:08:29","modified_gmt":"2025-01-30T12:08:29","slug":"dans-les-limbes-didlib-lamere-fin-de-parcours-de-deux-ex-djihadistes-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/dans-les-limbes-didlib-lamere-fin-de-parcours-de-deux-ex-djihadistes-francais\/","title":{"rendered":"Dans les limbes d\u2019Idlib, l\u2019am\u00e8re fin de parcours de deux ex-djihadistes fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"<h3><span style=\"color: #666699;\">\u00a0Damien et \u00ab Nizar \u00bb, anciens combattants au sein de groupes arm\u00e9s en Syrie, travaillent d\u00e9sormais dans un caf\u00e9 au c\u0153ur du bastion rebelle d\u2019o\u00f9 est partie l\u2019offensive d\u2019Ahmed al-Chareh pour reprendre Damas.<\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><span style=\"color: #666699;\">Le premier des deux \u00e0 partir fut \u00ab Nizar \u00bb. \u00ab Nizar \u00bb, c\u2019est son surnom. \u00ab J\u2019ai des amis ici, \u00e7a fait des ann\u00e9es qu\u2019ils me connaissent, ils ne savent pas mon vrai nom, \u00bb se justifie le jeune homme, attabl\u00e9 \u00e0 un caf\u00e9 d\u2019Idlib avec son ami Damien. Tous deux v\u00e9t\u00e9rans de groupes djihadistes en Syrie, ils figurent parmi la centaine de Fran\u00e7ais rest\u00e9s vivre dans l\u2019ancienne forteresse rebelle, d\u2019o\u00f9 fut men\u00e9e en d\u00e9cembre dernier l\u2019offensive qui mit fin au r\u00e9gime de Bachar el-Assad.<\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En 2013, donc, \u00ab Nizar \u00bb est un adolescent parisien vivant avec son p\u00e8re, chauffeur, et sa m\u00e8re, \u00ab femme de m\u00e9nage \u00bb. Ils forment une famille heureuse : \u00ab Mes parents ont toujours \u00e9t\u00e9 bienveillants envers moi \u00bb, souligne le jeune homme. \u00c0 18 ans, il occupe un emploi au service de m\u00e9diation de la mairie de Paris. Et puis, un jour, il part. \u00ab Pendant un an, j\u2019avais regard\u00e9 beaucoup de vid\u00e9os sur YouTube et aux infos, comme la fois o\u00f9 ils ont balanc\u00e9 du gaz sarin, beaucoup de b\u00e9b\u00e9s sont morts\u2026 Deux chemins se sont offerts \u00e0 moi : rester en France et continuer ma belle vie, ou partir en d\u00e9coudre avec le Boucher de Damas et ses alli\u00e9s qui tuent des femmes et des enfants. \u00bb<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, l\u2019employ\u00e9 de mairie int\u00e8gre, en Syrie, \u00ab un groupe arm\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re turque qui m\u2019a h\u00e9berg\u00e9. Je suis finalement rest\u00e9 avec eux. C\u2019\u00e9taient des Syriens originaires d\u2019Alep, ni \u00c9tat islamique, ni Front al-Nosra (li\u00e9 \u00e0 al-Qaida, NDLR). \u00bb Lorsqu\u2019il l\u2019annonce \u00e0 ses parents, ceux-ci sont \u00ab tristes et affol\u00e9s \u00bb. Leur fils dans un groupe arm\u00e9 syrien, dont le but \u00e9tait certainement, comme les autres factions rebelles, de remplacer le r\u00e9gime d\u2019el-Assad par un califat islamiste ? \u00ab \u00c0 la maison, c\u2019\u00e9tait un islam normal\u2026 On ne mangeait pas de porc, on ne buvait pas d\u2019alcool\u2026 \u00c7a s\u2019arr\u00eatait l\u00e0 \u00bb, dit le jeune homme, dont les parents sont originaires du Maghreb. Pour autant, assure-t-il, \u00ab ces histoires de califat, c\u2019\u00e9tait un slogan\u2026 J\u2019en ai jamais entendu parler par les autres combattants de mon groupe. Moi, je suis venu d\u00e9fendre les Syriens. \u00bb<\/p>\n<p>Damien Omet, lui aussi, est un jeune homme ordinaire. Fils, dit-il, d\u2019une employ\u00e9e de mairie et d\u2019un infirmier devenu agent d\u2019accueil dans un h\u00f4pital, il grandit \u00e0 Mantes-la-Jolie (\u00e0 une heure de Paris), dans une famille de tradition catholique. \u00ab Mais bon, ils \u00e9taient ath\u00e9es \u00bb, tient-il \u00e0 pr\u00e9ciser. Lui, est en qu\u00eate de spiritualit\u00e9. \u00ab Depuis que je suis petit, je suis comme \u00e7a, je crois en Dieu \u00bb, l\u00e2che- t-il. Tout jeune, il devient \u00ab chr\u00e9tien pratiquant \u00bb. Puis, en 2012, c\u2019est vers l\u2019islam qu\u2019il se tourne : \u00ab J\u2019ai fait mes propres recherches. \u00c7a me para\u00eet \u00eatre plus proche de la v\u00e9rit\u00e9. \u00bb Pr\u00f4ne-t-il d\u00e9j\u00e0 le salafisme extr\u00e9miste des djihadistes syriens ? \u00ab Si vous pensez \u00e0 l\u2019\u00c9tat islamique, tout \u00e7a, \u00e7a ne m\u2019int\u00e9resse pas. Mais y\u2019a un juste milieu \u00bb, \u00e9lude-t-il. Selon d\u2019autres sources pourtant, l\u2019adolescent se radicalise et \u00ab part tr\u00e8s loin dans son fanatisme \u00bb.<\/p>\n<p>En 2014, Damien suit un cursus de BTS de management \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Nanterre. Il s\u2019ennuie. Sur les bancs de la fac, il rencontre Oumou Sy, Fran\u00e7aise de parents s\u00e9n\u00e9galais. Les \u00e9tudiants sortent ensemble, un peu. Plus tard, aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises, Oumou Sy dira qu\u2019ils ne s\u2019\u00e9taient vus que \u00ab deux ou trois fois \u00bb en France. Pourtant, ils fomentent un projet commun : partir pour la Syrie. \u00ab Parce qu\u2019on voyait des vid\u00e9os sur YouTube de\u2026 Comment dire ? Des h\u00e9licopt\u00e8res de Bachar el-Assad qui bombardaient la population. Comment dire\u2026 On voulait d\u00e9fendre le peuple syrien, tout simplement \u00bb, explique le jeune homme au visage fin, dont la conversation, ponctu\u00e9e d\u2019h\u00e9sitations, tient du dialogue \u00e0 la Beckett. Pourquoi avoir choisi de prendre les armes, qui plus est au sein d\u2019un groupe extr\u00e9miste, plut\u00f4t que de faire de l\u2019humanitaire ? Oumou Sy expliquera, lors de son proc\u00e8s des ann\u00e9es plus tard, avoir fui un environnement familial toxique : \u00ab On \u00e9tait deux pauvres gamins mal dans leur peau. \u00bb<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s leur rencontre, Damien et Oumou mettent les voiles. Pour tout bagage, la jeune femme jette quelques affaires dans un sac en plastique et quitte le domicile de ses parents. Damien profite d\u2019une dispute familiale. \u00ab J\u2019avais arr\u00eat\u00e9 mes \u00e9tudes depuis trois mois et mon p\u00e8re, ce qui est normal, ne voulait pas que je reste chez eux \u00e0 rien faire. J\u2019ai dit que je quittais la maison\u2026 Ce n\u2019\u00e9tait pas facile, mais\u2026 Comment dire\u2026 Je suis parti, tout simplement. \u00bb Pour le Maroc, pr\u00e9tend-il devant ses proches. S\u2019il avait \u00e9voqu\u00e9 la Turquie, \u00ab je pense qu\u2019ils auraient fait le lien. \u00bb Direction Istanbul, puis le sud du pays o\u00f9, lors d\u2019une premi\u00e8re tentative de passage en Syrie, Damien &#8211; qui n\u2019\u00e9voquera jamais sa compagne lors de notre premier entretien &#8211; se fait refouler par \u00ab l\u2019arm\u00e9e turque \u00bb : \u00ab Je leur ai dit, je veux aller en Syrie pour aider, et ils m\u2019ont dit c\u2019est dangereux, repars. Ils ne m\u2019ont pas arr\u00eat\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019arm\u00e9e turque, ils s\u2019en fichaient qu\u2019on aille en Syrie \u00bb intervient \u00ab Nizar \u00bb. Dont acte : le m\u00eame mois, pour la somme d\u2019environ vingt euros par personne, un passeur syrien aide Damien, Oumou et une poign\u00e9e d\u2019autres \u00e9trangers \u00e0 traverser clandestinement la fronti\u00e8re. D\u2019autres Occidentaux rencontr\u00e9s \u00e0 Idlib, qui ont ainsi rejoint la Syrie \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, \u00e9voquent des sommes similaires. Les r\u00e9fugi\u00e9s syriens fuyant la dictature et la guerre devaient, eux, d\u00e9bourser des milliers de dollars.<\/p>\n<p>Au sein du petit groupe d\u2019aspirants djihadistes, il y a un autre Fran\u00e7ais. Il compte rejoindre la \u00ab katiba \u00bb d\u2019Omar Omsen. De son vrai nom Omar Diaby, il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9linquant ni\u00e7ois parti pour la Syrie l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente ; il y devient le principal recruteur\u00a0 d\u2019adolescents fran\u00e7ais. Damien et Oumou suivent leur compagnon de voyage et rejoignent les rangs de cet imam autoproclam\u00e9 qui, en 2015, louera dans des vid\u00e9os de propagande l\u2019attentat contre Charlie Hebdo.<\/p>\n<p>L\u2019homme, qui a construit un v\u00e9ritable culte autour de sa personne, tient davantage du gourou que du chef rebelle. Oumou Sy qualifiera, lors de son proc\u00e8s en France une d\u00e9cennie plus tard, son aversion pour les \u00ab hommes abjects \u00bb de cette secte. \u00ab On a\u2026 Comment dire ? Oui, on a combattu le r\u00e9gime \u00bb, brode Damien, qui ne s\u2019attarde gu\u00e8re sur cette premi\u00e8re phase de son \u00e9pop\u00e9e syrienne. Lors de notre conversation au caf\u00e9, d\u2019ailleurs, il n\u2019\u00e9voquera jamais Omsen, mais \u00ab un premier groupe\u2026 Comment dire\u2026 Un groupe ind\u00e9pendant \u00bb. Lors de futurs \u00e9changes, il \u00e9ludera : \u00ab Je n\u2019y suis rest\u00e9 que trois mois. \u00c7a ne me convenait pas. Je suis parti \u00e0 Alep. \u00bb<\/p>\n<p>Rapidement, Damien &#8211; devenu \u00ab Abou Anouar \u00bb &#8211; se lasse de l\u2019hyper-hi\u00e9rarchie impos\u00e9e par le gourou djihadiste. En qu\u00eate de reconnaissance et de d\u00e9veloppement spirituel, analyse-t-on \u00e0 Paris, il ne s\u2019est pas rendu en Syrie pour \u00eatre le disciple de celui qu\u2019Oumou Sy d\u00e9crira comme \u00ab le fou du village \u00bb. Il part combattre au sein du Jaich Mohammed, un groupe al\u00e9pin proche du Front al-Nosra, alors alli\u00e9 \u00e0 al-Qaida. \u00ab Al-Nosra, c\u2019\u00e9tait le groupe qui accueillait le plus les \u00e9trangers \u00bb, explique Damien. D\u2019autres anciens membres occidentaux du Front al-Nosra rencontr\u00e9s par Le Figaro confirment cette particularit\u00e9. \u00ab Mais on se coordonnait, on combattait tous ensemble, pr\u00e9cise Damien. Par exemple, un jour, j\u2019\u00e9tais en\u2026 Comment dire ? En surveillance. Il y avait une infiltration de l\u2019arm\u00e9e russe pour aller tuer des membres de l\u2019Arm\u00e9e syrienne libre. Je les ai vus, j\u2019ai inform\u00e9 les gars l\u2019ASL, ils leur ont tir\u00e9 dessus, et les Russes sont partis. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 leur arriv\u00e9e en Syrie, ni \u00ab Nizar \u00bb ni Damien n\u2019avaient touch\u00e9 d\u2019arme \u00e0 feu ; pas plus qu\u2019ils ne parlaient l\u2019arabe. \u00ab On avait 18, 19 ans, on ne connaissait rien. Mais on a \u00e9t\u00e9 mis dans un camp d\u2019entra\u00eenement, on nous a appris \u00e0 monter, d\u00e9monter, s\u00e9curiser une arme\u2026 \u00bb, raconte \u00ab Nizar \u00bb. La premi\u00e8re bataille ? \u00ab Traumatisante. Mais on s\u2019y est fait au fil du temps \u00bb, dit Damien. \u00ab Vous imaginez, on vient de Paris, on se retrouve avec des obus qui p\u00e8tent \u00e0 quelques m\u00e8tres de vous\u2026 Personnellement, \u00e7a m\u2019a secou\u00e9 \u00bb, rench\u00e9rit \u00ab Nizar \u00bb.<\/p>\n<p>En 2016, poursuit Damien, \u00ab on attaquait une position du r\u00e9gime syrien, et un obus a explos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Une partie de mon ventre a \u00e9t\u00e9 ouvert, j\u2019ai eu une jambe cass\u00e9e et une autre jambe qui a \u00e9t\u00e9 sectionn\u00e9e. \u00bb Il dit \u00eatre rest\u00e9 six mois dans une clinique situ\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re turque. Mari\u00e9s religieusement, Oumou et lui auront deux enfants : Adam, en 2016, puis, en 2018, Zaynab. Nizar, lui aussi, est bless\u00e9 \u00e0 la jambe. \u00ab Mais on n\u2019a jamais vraiment baiss\u00e9 les armes, tient-il \u00e0 signaler. Malgr\u00e9 nos blessures, m\u00eame si on n\u2019\u00e9tait pas aussi op\u00e9rationnels qu\u2019au d\u00e9but, on a continu\u00e9 de combattre comme on pouvait, jusqu\u2019en 2020. \u00bb Les deux jeunes gens, qui jusque-l\u00e0 combattaient au sein de factions diff\u00e9rentes, se rencontrent \u00e0 Idlib et se lient d\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n<p>En 2017, le HTC d\u2019Abou Mohammed al-Joulani (\u00e9manation de l\u2019ancien Front al-Nosra, auquel est rattach\u00e9 le groupe de Damien) se distancie d\u2019al-Qaida. Peu apr\u00e8s, avec d\u2019autres Fran\u00e7ais, Damien quitte sa brigade pour en rejoindre une autre, tout juste cr\u00e9\u00e9e, dont il veut taire le nom. Et pour cause, sans doute : cette nouvelle faction s\u2019\u00e9tablit rapidement comme la nouvelle branche d\u2019al-Qaida en Syrie. \u00ab Disons qu\u2019il y avait aussi comme point de divergence l\u2019entr\u00e9e de l\u2019arm\u00e9e turque (la Turquie entretient des relations avec le HTC depuis sa cr\u00e9ation, NDLR), justifie Damien lorsque nous l\u2019interrogeons sur la temporalit\u00e9 de son changement d\u2019all\u00e9geance. Je pensais que \u00e7a nous emp\u00eacherait de combattre Bachar el-Assad, tandis que le HTC, \u00e0 raison, voyait \u00e7a comme une n\u00e9cessit\u00e9 pour se prot\u00e9ger du r\u00e9gime syrien et des Russes. \u00bb Le jeune Fran\u00e7ais essuie une nouvelle d\u00e9sillusion : \u00ab Je me suis rendu compte plus tard que ce groupe (la branche d\u2019al-Qaida en Syrie, NDLR) n\u2019avait pas d\u2019avenir. Il faut \u00eatre honn\u00eate, sans l\u2019arm\u00e9e turque, Idlib aurait \u00e9t\u00e9 prise par le r\u00e9gime syrien. \u00bb<\/p>\n<p>En 2020, Oumou Sy &#8211; qui affirmera devant le tribunal n\u2019avoir jamais effectu\u00e9 en Syrie que des travaux domestiques &#8211; prend la fuite, laissant derri\u00e8re elle ses enfants. Elle est arr\u00eat\u00e9e et d\u00e9tenue en Turquie lors d\u2019un \u00ab rep\u00e9rage \u00bb pour franchir la fronti\u00e8re. Au terme de quelques mois, en 2021, elle est rapatri\u00e9e en France en vertu du \u00ab protocole Cazeneuve \u00bb. Il y a tout juste un an, la jeune femme a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 sept ans de prison pour \u00ab association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste \u00bb.<\/p>\n<p>Au m\u00eame moment, la Russie et la Turquie proclament une tr\u00eave, qui tiendra plus ou moins jusqu\u2019en 2024. Damien, \u00ab Nizar \u00bb et une grande partie des autres combattants syriens et \u00e9trangers \u00e0 Idlib baissent enfin les armes. \u00ab Il a bien fallu trouver quelque chose \u00e0 faire pour subvenir \u00e0 nos besoins, raconte \u00ab Nizar \u00bb. Et puis, on se marie, on a des enfants\u2026 Y\u2019a pas de m\u00e9tro ici, mais la vie, c\u2019est m\u00e9tro-boulot-dodo. \u00bb<\/p>\n<p>En 2020, il \u00e9pouse une femme d\u2019origine \u00ab maghr\u00e9bine qui a grandi ici, on va dire \u00bb. Elle serait venue en Syrie \u00ab avec sa famille un peu avant le d\u00e9but de la guerre \u00bb. Le couple a trois enfants. Damien, qui avait continu\u00e9 de s\u2019occuper de ses deux premiers enfants, \u00e9pouse en secondes noces une Syrienne. Elle donne naissance \u00e0 deux filles, Maria et Limar : \u00ab Limar, \u00e7a vient du fran\u00e7ais. C\u2019est un d\u00e9riv\u00e9 du mot lumi\u00e8re \u00bb. Damien, le gamin de Mantes-la-Jolie devenu \u00ab Abou Anouar \u00bb, le djihadiste arm\u00e9, est aujourd\u2019hui \u00ab Abou Maria \u00bb, p\u00e8re de famille et p\u00e2tissier.<\/p>\n<p>Car ni Damien ni \u00ab Nizar \u00bb n\u2019ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019assaut qui mena d\u2019Idlib \u00e0 Damas les rebelles d\u2019Ahmed al-Chareh. \u00ab Maintenant, le HTC a ses propres unit\u00e9s. Il n\u2019avait pas besoin de nous \u00bb, l\u00e2che Damien. De toute fa\u00e7on, dit-il, les s\u00e9quelles de ses blessures l\u2019auraient emp\u00each\u00e9 de combattre : \u00ab Personne ne s\u2019imaginait que le r\u00e9gime s\u2019effondrerait aussi vite. \u00bb\u00ab C\u2019est pas\u00a0 bien grave, philosophe-t-il. On a particip\u00e9 \u00e0 toutes les batailles, les plus difficiles au plus fort de la guerre. La prise de Damas, ce n\u2019est que le r\u00e9sultat de ces longs efforts. \u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Damien et \u00ab Nizar \u00bb ont 30 ans. Les deux Fran\u00e7ais fabriquent des \u00e9clairs au chocolat, tiramisus et autres p\u00e2tisseries dans un petit restaurant d\u2019Idlib. \u00ab On travaille comme tous les Syriens, dit \u00ab Nizar \u00bb. On a des amis (anciens combattants \u00e9trangers, NDLR) qui travaillent dans des march\u00e9s aux puces, par exemple, comme ils le faisaient dans leur pays. \u00bb En plus des grandes entreprises, centres commerciaux et monopoles qui ont essaim\u00e9 gr\u00e2ce aux fonds turcs sous la houlette du \u00ab Gouvernement de salut national \u00bb, qui gouverna l\u2019enclave de 2017 \u00e0 2024, la petite ville d\u2019Idlib rec\u00e8le une myriade de petits commerces : caf\u00e9s, restaurants, \u00e9choppes, boutiques, bureaux de change\u2026 \u00c0 leur t\u00eate, ou parmi leurs employ\u00e9s, des natifs de la r\u00e9gion, mais aussi des d\u00e9plac\u00e9s ayant fui les combats ailleurs dans le pays, d\u2019anciens combattants de diverses factions djihadistes\u2026 Et, parmi ces derniers, \u00ab plusieurs milliers \u00bb d\u2019\u00e9trangers avec leurs familles, selon Hossam Jazmati, sp\u00e9cialiste des groupes arm\u00e9s en Syrie.<\/p>\n<p>A-t-il \u00e9t\u00e9 ais\u00e9 de s\u2019int\u00e9grer au tissu social d\u2019une petite ville de la campagne syrienne, r\u00e9gie par un gouvernement islamiste ? \u00ab Les Syriens qui savent qu\u2019on a quitt\u00e9 la France pour venir les aider, ils nous disent merci, assure \u00ab Nizar \u00bb. On a sacrifi\u00e9 nos familles, on a sacrifi\u00e9 tout ce qu\u2019on aime\u2026 On a tout sacrifi\u00e9. Et ils ont un sentiment de gratitude. \u00bb Cherchent-ils la compagnie d\u2019autres Fran\u00e7ais, pour adoucir le mal du pays ? \u00ab Franchement, non. Les Fran\u00e7ais, ils ne tra\u00eenent pas tous ensemble, affirme Nizar. Et moi, je pr\u00e9f\u00e8re tra\u00eener avec des Syriens qu\u2019avec des \u00e9trangers. \u00bb Et puis, \u00ab l\u2019environnement dans lequel on est nous rend plus pratiquants. J\u2019en ai envie, s\u2019empresse-t-il de pr\u00e9ciser, mais c\u2019est l\u2019environnement qui m\u2019aide \u00e0 tenir. Je serais en France, je serais en bo\u00eete de nuit peut-\u00eatre\u2026 \u00bb Les deux amis esp\u00e8rent obtenir la nationalit\u00e9 syrienne : \u00ab Ma femme est syrienne, nos enfants sont syriens\u2026 Normalement, nous aussi on sera syriens, dit Damien, avec un coup d\u2019\u0153il pour son ami. Enfin, j\u2019esp\u00e8re. \u00bb<\/p>\n<p>Aiment-ils leur vie ici, \u00e0 Idlib ? \u00ab Euh\u2026 \u00bb Avec des rires g\u00ean\u00e9s, les premiers en une heure d\u2019entretien, les deux amis h\u00e9sitent \u00e0 pr\u00e9ciser leur pens\u00e9e. \u00ab Ben\u2026 Pas trop, avoue Damien. Comment vous expliquer \u00e7a\u2026 La vie, ici, elle est difficile. \u00c7a n\u2019a rien \u00e0 voir avec la France. Et\u2026 Comment dire\u2026 Peut-\u00eatre que vous avez d\u00e9j\u00e0 entendu parler de certains militaires, m\u00eame les Fran\u00e7ais, les Am\u00e9ricains, ils ont du mal \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 une vie civile. Et surtout, \u00e9conomiquement, c\u2019est difficile. \u00bb Leur emploi dans la petite cantine est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 hauteur d\u2019environ 125 dollars mensuels. \u00ab C\u2019est pas suffisant pour vivre, \u00bb regrettent-ils. \u00ab Les Syriens, ils re\u00e7oivent de l\u2019aide de proches qui sont en Belgique, en Europe\u2026 Nous, nos familles, elles n\u2019ont pas le droit de nous envoyer de l\u2019argent \u00bb, explique \u00ab Nizar \u00bb. Pour cela, elles pourraient \u00eatre inculp\u00e9es pour financement du terrorisme.<\/p>\n<p>Leurs familles, disent-ils, leur manquent. \u00ab Ma m\u00e8re, elle dit que c\u2019\u00e9tait une bonne chose de combattre ce r\u00e9gime (de Bachar el-Assad, NDLR), mais elle est triste que je sois ici \u00bb, l\u00e2che Damien. \u00ab Moi, mes parents, ils ont toujours \u00e9t\u00e9 tristes et m\u00e9contents que je sois ici, confie \u00ab Nizar \u00bb. Mais apr\u00e8s la lib\u00e9ration de la Syrie, ils ont d\u00fb voir sur al-Jazeera les images des prisons souterraines de Bachar el-Assad, o\u00f9 il pratiquait la torture\u2026 C\u2019est possible qu\u2019ils aient chang\u00e9 d\u2019avis. \u00bb Il parle peu \u00e0 ses proches, et jamais du sujet \u00e9pineux de son d\u00e9part en Syrie. \u00ab Mais bon, moi, mon r\u00eave, c\u2019\u00e9tait de faire le tour du monde. Pas de rester en France \u00bb, sourit-il. Quitte \u00e0 se retrouver, des ann\u00e9es durant, enferm\u00e9 dans le p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019une cit\u00e9 rebelle, puis d\u2019un pays en ruine.<\/p>\n<p>Rentrer ? \u00ab Impossible \u00bb, mart\u00e8lent-ils, conscients que \u00ab depuis les attentats, on peut prendre 10 \u00e0 15 ans. Avant, c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t 6 ou 7. \u00bb D\u2019anciens fr\u00e8res d\u2019armes, rentr\u00e9s au pays, ont \u00e9cop\u00e9 de lourdes peines de prison. \u00ab Le terme de terroriste, il est politique, proteste \u00ab Nizar \u00bb. Les Kurdes du PKK, ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme terroristes en Turquie, un pays de l\u2019Otan. Pourtant, ce sont les alli\u00e9s des Am\u00e9ricains contre Daech. Nous, on \u00e9tait dans des groupes locaux, ils ne voulaient pas attaquer l\u2019Occident. Al-Nosra puis le HTC \u00e9taient appel\u00e9s terroristes, mais on n\u2019avait pas le choix parce que c\u2019est les seuls qui acceptaient les \u00e9trangers. \u00bb Damien rench\u00e9rit : \u00ab Maintenant, le chef de ce m\u00eame groupe dirige la Syrie, et il y a des ambassadeurs qui viennent discuter avec lui. \u00bb Sauf que les deux amis n\u2019ont jamais int\u00e9gr\u00e9 le HTC \u00e0 proprement parler\u2026 Et que Damien a int\u00e9gr\u00e9 des groupes li\u00e9s \u00e0 al-Qaida, consid\u00e9r\u00e9es pour cette raison comme des organisations terroristes.<\/p>\n<p>Comme d\u2019autres anciens membres \u00e9trangers de milices islamistes rencontr\u00e9s par Le Figaro en Syrie, les deux jeunes hommes affirment pourtant que leur engagement ne diff\u00e8re pas de celui de ces Occidentaux partis combattre en Ukraine. \u00ab Quand des Fran\u00e7ais sont partis combattre les Russes l\u00e0-bas, c\u2019est devenu l\u00e9gal. Nous aussi, on a combattu les Russes, et l\u2019arm\u00e9e de Bachar el-Assad, mais on nous traite de terroristes \u00bb, dit Damien. \u00ab Tout le monde parlait des Ukrainiens quand la Russie les bombardait. Mais les Syriens, \u00e7a faisait des ann\u00e9es que les Russes les bombardaient. Qui s\u2019en souciait ? \u00bb, rench\u00e9rit \u00ab Nizar \u00bb. \u00ab Je comprends que les Fran\u00e7ais ne veuillent pas de nous, je sais qu\u2019on leur fait peur. Je ne leur en veux pas, temp\u00e8re Damien. Mais on n\u2019est pas des terroristes. Tuer des gens dans des caf\u00e9s, le Bataclan, tout \u00e7a, \u00e7a ne m\u2019int\u00e9resse pas. Moi, je suis venu d\u00e9fendre le peuple syrien. \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019ils pouvaient rentrer sans risquer de lourde peine, les deux amis affirment qu\u2019ils ne pourraient plus vivre en France : \u00ab Notre CV, il est vide. Les employeurs diraient : qu\u2019est-ce que vous avez fait depuis dix ans ? Ah, vous \u00e9tiez en Syrie ? Personne ne va nous embaucher, conclut Damien. Mais rendre visite \u00e0 nos proches, \u00e7a oui. \u00bb \u00ab Nizar \u00bb, lui, r\u00eave de \u00ab visiter de beaux endroits en France. Les Pyr\u00e9n\u00e9es, les Alpes\u2026 \u00bb Mais les trentenaires, d\u00e9sormais p\u00e8res de famille et parlant couramment l\u2019arabe, se consid\u00e8rent \u00ab comme syriens \u00bb et con\u00e7oivent leur avenir ici. \u00ab J\u2019aimerais d\u00e9m\u00e9nager ailleurs, sur la c\u00f4te, dit Damien. Pour les paysages, la mer, les montagnes\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Tout comme le Front al-Nosra recueillait dans ses rangs des combattants venus de divers pays, il n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 aux deux Fran\u00e7ais que le HTC a introduit dans l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat d\u2019anciens combattants \u00e9trangers. \u00ab Dans le nouveau gouvernement, il y a des Ouzbeks, des Ou\u00efgours, des Turcs\u2026 \u00bb, \u00e9num\u00e8re Damien<span style=\"font-size: 14px; color: var(--c-contrast-800);\">Voudraient-ils, s\u2019ils y \u00e9taient invit\u00e9s, rejoindre les forces r\u00e9guli\u00e8res ? \u00ab Si le gouvernement nous demandait de l\u2019aide contre des d\u00e9stabilisateurs, alors nous l\u2019aiderions \u00bb, affirme Damien.<\/span><\/p>\n<p>Une dizaine de Fran\u00e7ais auraient particip\u00e9 \u00e0 l\u2019offensive du HTC qui mena les rebelles islamistes \u00e0 Damas. Comme Damien et \u00ab Nizar \u00bb, la plupart des \u00e9trangers partis en Syrie \u00e9voquent le combat contre la dictature pour justifier de leur engagement dans les groupes djihadistes. Mais, dans les ann\u00e9es 2010, c\u2019est aussi le \u00ab djihad global \u00bb vant\u00e9 par al-Qaida et Daech qui encouragea certains \u00e0 rejoindre ce pays. Parmi ces hommes arm\u00e9s, dont certains Fran\u00e7ais ont encore pu \u00eatre aper\u00e7us ces derni\u00e8res semaines \u00e0 Damas, combien consid\u00e8rent r\u00e9ellement leur mission accomplie ?<\/p>\n<p>La plupart des Fran\u00e7ais d\u00e9mobilis\u00e9s comme Damien ou \u00ab Nizar \u00bb &#8211; ils seraient une centaine, longtemps cantonn\u00e9s dans la zone d\u2019Idlib &#8211; ne pr\u00e9occupent pas outre mesure les autorit\u00e9s fran\u00e7aises et, s\u2019ils sont sous surveillance, ils ne font pas l\u2019objet de suivi particulier. Mais Paris craint que certains puissent avoir d\u2019autres ambitions que de faire de la p\u00e2tisserie. Tout derni\u00e8rement, a appris Le Figaro, les autorit\u00e9s ont obtenu une preuve de vie en Syrie du Franco-Alg\u00e9rien Slimane Khalfaoui, l\u2019un des pivots des r\u00e9seaux djihadistes en Europe dans les ann\u00e9es 2000, qui compte dans son entourage des figures des attentats de janvier et novembre 2015.<\/p>\n<p>Omar Omsen, quant \u00e0 lui, est toujours \u00e0 la t\u00eate d\u2019une petite brigade compos\u00e9e d\u2019islamistes francophones, qui vivent en vase clos dans la province d\u2019Idlib avec leurs familles. \u00ab Pour l\u2019instant, nous consid\u00e9rons qu\u2019ils ne sont pas dangereux \u00bb, confie une source syrienne \u00e0 Damas. D\u2019autant que le Ni\u00e7ois a pass\u00e9 un an et demi dans les ge\u00f4les du HTC \u00e0 Idlib, et ne fut certainement lib\u00e9r\u00e9 en 2022 qu\u2019\u00e0 condition de se tenir en retrait. \u00ab Notre politique vis-\u00e0-vis d\u2019eux reste la m\u00eame qu\u2019avant, lorsque nous r\u00e9gissions Idlib : tant qu\u2019ils se cantonnent \u00e0 leur secte sans cr\u00e9er de probl\u00e8me en dehors de leur camp, nous les tol\u00e9rons. Mais nous les avons \u00e0 l\u2019\u0153il. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Avant que nous nous quittions, Damien nous retient un instant. \u00ab Je peux vous poser une question ? l\u00e2chet-il d\u2019un souffle. L\u2019ambassade de France, elle va rouvrir ? \u00bb .<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/a-idlib-en-syrie-l-improbable-parcours-de-deux-ex-djihadistes-francais-le-recit-de-l-envoyee-speciale-du-figaro-20250128\"><strong>LE FIGARO<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Damien et \u00ab Nizar \u00bb, anciens combattants au sein de groupes arm\u00e9s en Syrie, travaillent d\u00e9sormais dans un caf\u00e9 au c\u0153ur du bastion rebelle d\u2019o\u00f9 est partie l\u2019offensive d\u2019Ahmed al-Chareh pour reprendre Damas. &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le premier des deux \u00e0 partir fut \u00ab Nizar \u00bb. \u00ab Nizar \u00bb, c\u2019est son surnom. \u00ab J\u2019ai des<\/p>\n","protected":false},"author":827,"featured_media":181777,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":{"0":"post-181773","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-alaune-fr"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/181773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/827"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=181773"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/181773\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/181777"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=181773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=181773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=181773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}