{"id":180617,"date":"2025-01-09T18:17:02","date_gmt":"2025-01-09T17:17:02","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=180617"},"modified":"2025-01-09T18:21:24","modified_gmt":"2025-01-09T17:21:24","slug":"apres-deux-ans-de-blocage-le-liban-espere-elire-son-president","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/apres-deux-ans-de-blocage-le-liban-espere-elire-son-president\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s deux ans de blocage, le Liban esp\u00e8re \u00e9lire son pr\u00e9sident"},"content":{"rendered":"<h3><span style=\"color: #666699;\">Le chr\u00e9tien Joseph Aoun, chef de l\u2019arm\u00e9e, fait figure de favori. Mais les partis politiques font tra\u00eener le processus dans un contexte de bouleversement r\u00e9gional.<\/span><\/h3>\n<h2><\/h2>\n<h2><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les d\u00e9put\u00e9s libanais sont convoqu\u00e9s ce jeudi 9 janvier pour une \u00e9ni\u00e8me s\u00e9ance parlementaire destin\u00e9e \u00e0 \u00e9lire un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Le poste est vacant depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022. Mais \u00e0 quelques heures de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance, les Libanais \u00e9taient sceptiques sur la possibilit\u00e9 que soit mis fin \u00e0 la vacance qui dure depuis plus de deux ans \u00e0 la t\u00eate de l\u2019ex\u00e9cutif, malgr\u00e9 la forte pression , diplomatique en ce sens qui s\u2019est manifest\u00e9e ces derniers jours en provenance de Washington et Paris notamment.<\/p>\n<h2><\/h2>\n<p>\u00ab Il appartient d\u00e9sormais \u00e0 tous les responsables politiques libanais de prendre leurs responsabilit\u00e9s. En \u00e9lisant un pr\u00e9sident, ce sera la premi\u00e8re \u00e9tape vers le redressement \u00e9conomique, social et politique du pays \u00bb, a plaid\u00e9 \u00e0 Beyrouth le ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Surtout, l\u2019\u00e9lection d\u2019un pr\u00e9sident est n\u00e9cessaire \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de la cessation des hostilit\u00e9s, a ajout\u00e9 Jean-No\u00ebl Barrot en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019accord conclu avec Isra\u00ebl sous l\u2019\u00e9gide des \u00c9tats-Unis et de la France. Le 27 janvier marquera la fin de la p\u00e9riode de 60 jours au cours de laquelle l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne est cens\u00e9e se retirer des positions qu\u2019elle occupe dans le sud du Liban afin que les habitants des localit\u00e9s frontali\u00e8res puissent rentrer chez eux. Le Hezbollah, de son c\u00f4t\u00e9, doit c\u00e9der toutes ses positions au sud du fleuve Litani \u00e0 l\u2019arm\u00e9e libanaise.<\/p>\n<p>\u00c0 cet enjeu s\u2019ajoutent les d\u00e9fis gigantesques li\u00e9s \u00e0 une crise \u00e9conomique et financi\u00e8re irr\u00e9solue depuis plus de cinq ans, auxquels se surimpose la n\u00e9cessit\u00e9 de panser les plaies d\u2019une guerre extr\u00eamement meurtri\u00e8re, avec des besoins de reconstruction chiffr\u00e9s en milliards de dollars. Mais bien que le commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e, Joseph Aoun, soit favori (il est soutenu par les \u00c9tats-Unis depuis des mois), son \u00e9lection ne semble pas davantage garantie que celle de ses adversaires, tant les diff\u00e9rents leaders communautaires libanais ont l\u2019habitude de s\u2019arranger avec la Constitution et les \u00e9ch\u00e9ances d\u00e9mocratiques. M\u00eame le gouvernement est en situation d\u2019exp\u00e9dition des affaires courantes depuis les l\u00e9gislatives de 2022, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivies par la nomination d\u2019un premier ministre de plein exercice.<\/p>\n<p>\u00ab La situation est navrante, car le Liban a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin d\u2019un ex\u00e9cutif fort pour pouvoir entamer enfin le processus de restauration de ses institutions, et du respect du cessez-le-feu avec Isra\u00ebl, qui reste tr\u00e8s fragile \u00bb, commente Karim Bitar, professeur de relations internationales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Saint-Joseph de Beyrouth.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un chr\u00e9tien maronite, et l\u2019\u00e9lection se fait au suffrage indirect \u00e0 la majorit\u00e9 des 128 parlementaires. Il faut 86 voix pour l\u2019emporter au premier tour et 65 aux tours suivants. Aucune force politique ne d\u00e9tient, \u00e0 elle seule, les cl\u00e9s du scrutin. Mais le pr\u00e9sident du Parlement, Nabih Berri, a jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent choisi de suspendre les sessions apr\u00e8s le premier vote, sans organiser des tours cons\u00e9cutifs pour aller au bout du scrutin. On ignore ses intentions pour la s\u00e9ance de ce jeudi.<\/p>\n<p>Le 14 juin 2023, Jihad Azour, ancien ministre des Finances et directeur r\u00e9gional du FMI, avait obtenu 59 voix tandis que son concurrent, l\u2019ancien ministre Soleiman Frangi\u00e9, candidat du Hezbollah, en avait recueilli 51. Les deux hommes sont encore en lice. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le r\u00e9sultat avait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un\u00a0succ\u00e8s des opposants au Hezbollah, le parti dont la domination politique au pays du C\u00e8dre est all\u00e9e croissante depuis le retrait de l\u2019arm\u00e9e syrienne du Liban en 2005.<\/p>\n<p>Un an et demi apr\u00e8s cette derni\u00e8re tentative \u00e9lectorale, le parti chiite alli\u00e9 de l\u2019Iran est tr\u00e8s affaibli par une campagne militaire isra\u00e9lienne qui a d\u00e9truit une grande partie de son arsenal. Sa direction politique et militaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9e, \u00e0 commencer par son chef Hassan Nasrallah, assassin\u00e9 le 27 septembre, tandis qu\u2019est \u00e9branl\u00e9e la confiance de sa base communautaire, jusque-l\u00e0 fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e que la capacit\u00e9 de dissuasion du Hezbollah face \u00e0 Isra\u00ebl lui servait de protection. La chute du r\u00e9gime syrien, le 8 d\u00e9cembre, a port\u00e9 un nouveau coup au parti en coupant ses lignes d\u2019approvisionnement terrestres. Bachar el-Assad devait en grande partie son maintien au pouvoir depuis 2011 au soutien de la milice chiite. \u00ab Il y a certainement eu un changement de paradigme pour le Hezbollah, mais cela ne veut pas dire pour autant que son camp ne conserve pas une capacit\u00e9 de blocage relative, en \u00e9troite collaboration avec son alli\u00e9 Nabih Berri \u00bb, souligne le sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient Karim Bitar.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une intervention publique sur les lieux o\u00f9 avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 cent jours plus t\u00f4t Hassan Nasrallah, dans la banlieue sud de Beyrouth, le responsable des relations politiques du Hezbollah, Wafic Safa (qui a luim\u00eame surv\u00e9cu \u00e0 une frappe isra\u00e9lienne le 10 octobre), a voulu se montrer conciliant, \u00e0 l\u2019image du nouveau\u00a0 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti, Na\u00efm Kassem, selon qui le Hezbollah veut contribuer \u00e0 d\u00e9bloquer la crise institutionnelle. Le Hezbollah \u00ab n\u2019a pas de veto \u00bb contre Joseph Aoun, a dit Wafic Safa, sans toutefois appuyer le candidat officieux des \u00c9tats-Unis. Celui-ci \u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent rejet\u00e9 \u00e0 ce titre par l\u2019alli\u00e9 de l\u2019Iran.<\/p>\n<p>Le commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e a besoin de recueillir au moins 86 voix pour \u00eatre en mesure de revendiquer un large consensus politique, et de surmonter ainsi le probl\u00e8me constitutionnel li\u00e9 \u00e0 l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 d\u2019un fonctionnaire de premi\u00e8re cat\u00e9gorie. Or, les dirigeants libanais ont tous leurs raisons de ne pas faciliter son accession \u00e0 la pr\u00e9sidence. \u00ab Il fait peur \u00e0 tout le monde \u00bb, \u00e9crit le cor\u00e9dacteur en chef de L\u2019Orient-Le Jour, Anthony Samrani. \u00ab \u00c0 Nabih Berri, parce qu\u2019il n\u2019est pas le genre \u00e0 faire des petits arrangements. Au Hezbollah parce qu\u2019il incarne un projet de d\u00e9sarmement du parti. \u00c0 Gebran Bassil car il peut occuper tout l\u2019espace du courant aouniste originel. Et \u00e0 Samir Geagea car il peut devenir un leader chr\u00e9tien de premier plan. \u00bb<\/p>\n<p>Bassil et Geagea sont les deux principaux leaders chr\u00e9tiens dont les voix comptent pour la l\u00e9gitimit\u00e9 confessionnelle de la fonction pr\u00e9sidentielle. Mais le premier, chef du Courant patriotique libre, fond\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral homonyme et pr\u00e9sident sortant, Michel Aoun, et le second, chef des Forces libanaises, une ancienne milice de l\u2019\u00e9poque de la guerre du Liban (1975-1990) devenu principal parti chr\u00e9tien, ont chacun int\u00e9r\u00eat \u00e0 emp\u00eacher l\u2019\u00e9mergence d\u2019un leadership communautaire concurrent.<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes certainement entr\u00e9s dans une nouvelle \u00e8re am\u00e9ricaine. Les adversaires des \u00c9tatsUnis dans la r\u00e9gion se sont retir\u00e9s du jeu. Leur alli\u00e9 (isra\u00e9lien) a vaincu le Hezbollah et Assad est tomb\u00e9. Je ne vois personne leur tenir t\u00eate au Liban \u00bb, soutient un d\u00e9put\u00e9 chr\u00e9tien sous couvert d\u2019anonymat. Le chef druze Walid Joumblatt, r\u00e9put\u00e9 au Liban pour sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019ajuster aux \u00e9volutions g\u00e9opolitiques, est le premier \u00e0 avoir adoub\u00e9 publiquement la candidature de Joseph Aoun. Mais la traduction de la nouvelle donne r\u00e9gionale n\u2019est pas forc\u00e9ment imm\u00e9diate sur la sc\u00e8ne politique libanaise, et \u00ab comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e ce sont des tractations de derni\u00e8re minute qui seront d\u00e9terminantes \u00bb, souligne Karim Bitar.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/liban-apres-deux-ans-de-blocage-le-pays-espere-elire-son-president-20250108\"><strong>Le Figaro<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chr\u00e9tien Joseph Aoun, chef de l\u2019arm\u00e9e, fait figure de favori. Mais les partis politiques font tra\u00eener le processus dans un contexte de bouleversement r\u00e9gional. &nbsp; Les d\u00e9put\u00e9s libanais sont convoqu\u00e9s ce jeudi 9 janvier pour une \u00e9ni\u00e8me s\u00e9ance parlementaire destin\u00e9e \u00e0 \u00e9lire un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. 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