{"id":172785,"date":"2024-08-21T22:18:10","date_gmt":"2024-08-21T21:18:10","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=172785"},"modified":"2024-08-21T22:18:10","modified_gmt":"2024-08-21T21:18:10","slug":"mahmoud-darwich-lheritage-impossible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/mahmoud-darwich-lheritage-impossible\/","title":{"rendered":"Mahmoud Darwich, l\u2019h\u00e9ritage impossible"},"content":{"rendered":"<header id=\"haut\">\n<h1 class=\"\"><\/h1>\n<h2 class=\"chapo\" style=\"padding-left: 40px;\">Le \u00ab\u00a0po\u00e8te national palestinien\u00a0\u00bb n\u2019est devenu un \u00e9crivain universel qu\u2019en se lib\u00e9rant de l\u2019assignation \u00e0 d\u00e9fendre la \u00ab\u00a0cause palestinienne\u00a0\u00bb.<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/header>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"article-body\" class=\"\">\n<div id=\"player-audio\" class=\"etx-relative\" data-vh=\"ueio\">\n<div class=\"etx-player\" data-listen-text-font=\"Fira Sans\" data-play-btn-align=\"-8px\" data-play-btn-icon=\"straight-full\" data-play-btn-radius=\"10px\" data-main-color=\"#666\" data-play-btn-color=\"#FFF\" data-listen-text-color=\"#666\" data-time-color=\"#666\" data-credit-text-color=\"#666\" data-track-bg-color=\"#f9f9f92b\" data-link-disabled=\"true\" data-duration=\"595.2\" data-url=\"https:\/\/lecture-audio.lpnt.fr\/f67bfb10-f46e-5ec1-9ee4-d8f4cc0e4c97.mp3\" data-v=\"2.3.1\">\n<div class=\"facade-container \">\n<div class=\"facade-container-track\">\n<div class=\"facade-progress\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"contenu\" class=\"article-styles\">\n<h3><span class=\"dflt-txt__lettrine\">A<\/span>pr\u00e8s la guerre de 1948, apr\u00e8s celle de Suez en 1956, apr\u00e8s la guerre des Six-Jours en 1967, faisant suite \u00e0 celle d&rsquo;usure, toujours en 1967, apr\u00e8s\u00a0<a class=\"Link tracked\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/qu-est-ce-que-la-guerre-du-kippour-09-10-2023-2538591_24.php\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\">la guerre du Kippour en 1973<\/a>, apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre du Liban en 1982, et la seconde guerre du Liban en 2006, apr\u00e8s chaque guerre \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb, un homme s&rsquo;avance vers une tribune haute.<\/h3>\n<div id=\"newsletter\" class=\"bloc-1 title-top\"><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il n\u00e9glige du regard la salle remplie d&rsquo;auditeurs attentifs, on entend la respiration, le moment de tension avant qu&rsquo;il \u00e9l\u00e8ve la voix. L&rsquo;homme est un po\u00e8te \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb. Il prend son temps, car ce moment se situe hors de l&rsquo;Histoire. Il participe du m\u00eame r\u00e9cit arabe, \u00e9ternel, fig\u00e9, exemplaire, mythique\u00a0: cet instant o\u00f9 le po\u00e8te vient convertir la perte et l&rsquo;enrichir d&rsquo;un deuil sublim\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un jeune homme beau, \u00e9l\u00e9gant, et au visage grave et exalt\u00e9 simultan\u00e9ment, comme il en \u00e9merge, dans le marbre ou le th\u00e9\u00e2tre, du c\u0153ur des grandes trag\u00e9dies. Il se plonge dans ses feuilles et r\u00e9cite le \u00ab\u00a0Po\u00e8me\u00a0\u00bb, et la salle s&rsquo;\u00e9lectrise, rejoint les anc\u00eatres et les blessures intimes et collectives, la v\u00e9ritable histoire int\u00e9rieure \u00ab\u00a0du peuple\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>G\u00e9ographie onirique<\/h2>\n<p>Le po\u00e8me, le chant \u00ab\u00a0\u00e9piphanise\u00a0\u00bb le po\u00e8te. Le m\u00eame depuis des si\u00e8cles, depuis la chute de Grenade, en 1492, et le d\u00e9but de l&rsquo;affliction unanime dans le monde arabe. Que ce po\u00e8te s&rsquo;appelle Mahmoud Darwich, Al-Bayati, Nizar Kabbani, il est le m\u00eame. Dans la sc\u00e8ne arabe tot\u00e9mique, le po\u00e8me demeure plus proche de l&rsquo;oraison ou du chant que de la m\u00e9trique de l&rsquo;\u00e9crit.<\/p>\n<p>Il participe du tableau inaugural et sa voix poss\u00e8de presque toujours les accents de la perte, de la nostalgie \u00e9lev\u00e9e en palais sonores. Depuis des d\u00e9cennies, la d\u00e9faite des arm\u00e9es arabes face \u00e0 Isra\u00ebl et la pr\u00e9tendue perte de Grenade, ou de Bagdad, ou de J\u00e9rusalem, qui les r\u00e9sume toutes sont les th\u00e8mes lyriques fondamentaux.<\/p>\n<p>Les arm\u00e9es, vaincues, s&rsquo;alignent dans l&rsquo;\u00e9l\u00e9gie\u00a0; le panarabisme devient une ruine romaine que l&rsquo;on revisite, et le po\u00e8te, le rapporteur de la vie apr\u00e8s la mort. Le po\u00e8te arabe, de d\u00e9cennie en d\u00e9cennie, se lamente sur la perte de l&#8217;empire du monde, de l&#8217;emprise sur le monde.<\/p>\n<p>Et, dans cette g\u00e9ographie onirique, la \u00ab\u00a0cause palestinienne\u00a0\u00bb devient le f\u00e9tiche absolu. On y retrouve la patrie perdue, la d\u00e9faite musulmane, l&#8217;empire r\u00e9volu, le remake de la colonisation occidentale, la vocation proph\u00e9tique close, le creux du corps f\u00e9minin, l&rsquo;injustice du sort ou le destin de la victime.<\/p>\n<h2>Un aveu r\u00e9volt\u00e9 et interdit<\/h2>\n<p>Tous les po\u00e8tes \u00ab\u00a0arabes\u00a0\u00bb se veulent \u00ab\u00a0palestiniens\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui. Sauf les plus grands po\u00e8tes palestiniens. Face \u00e0 cette injonction, une figure de proue palestinienne comme\u00a0<a class=\"Link tracked\" title=\"\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/l-autorite-palestinienne-s-essaie-a-la-diplomatie-culturelle-avec-une-exposition-a-l-institut-du-monde-arabe-16-09-2023-2535649_3.php\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\">Elias Sanbar<\/a>, dans son\u00a0<em>Dictionnaire amoureux de la Palestine<\/em>\u00a0(Plon), rapporte qu&rsquo;un jour Mahmoud Darwich \u00ab\u00a0laissa bouche b\u00e9e un journaliste qui lui demandait pour conclure\u00a0: \u201cQuand serez-vous vraiment libres\u00a0?\u201d, en r\u00e9pondant\u00a0: \u201cQuand nous serons lib\u00e9r\u00e9s de la Palestine\u201d\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et Elias Sanbar de toucher alors du doigt le paradoxe du po\u00e8te arabe : il se veut universel quand il est palestinien, et il se proclame palestinien lorsqu&rsquo;il est seulement arabe.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"contenu\" class=\"article-styles\">\n<p>Lisons les entretiens de Darwich (1941-2008), notamment\u00a0<em>La Palestine comme m\u00e9taphore<\/em>\u00a0(Actes Sud), pour saisir chez lui cette passion secr\u00e8te, souvent muette, parfois col\u00e9rique, et qui fuse comme un aveu r\u00e9volt\u00e9 et interdit\u00a0: la volont\u00e9 d&rsquo;universalit\u00e9, de renaissance dans l&rsquo;humanit\u00e9.\u00a0Lui qui refusa le ghetto du vaincu et le ghetto du vainqueur osera le mea culpa secret\u00a0: \u00ab\u00a0Je n&rsquo;accepte pas d&rsquo;\u00eatre exclusivement per\u00e7u comme palestinien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<section class=\"mbl txtcenter\">\n<div id=\"IN_CONTENT_SCROLL_3\" class=\"txtcenter mbs slotpub\" data-google-query-id=\"CNWviOnshYgDFc5D9ggdcZs75Q\">\n<div id=\"google_ads_iframe_\/132876432\/LePoint_Desktop\/Debats\/Debats_Article\/IN_CONTENT_SCROLL_2__container__\"><\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<p>Dans une s\u00e9rie d&rsquo;entretiens appara\u00eet cette secr\u00e8te conqu\u00eate dont il r\u00eavera et qui pour les autres sera toujours trahison. \u00ab\u00a0Finalement, en ce qui me concerne, je me plains moins de la critique en tant que telle que de l&rsquo;acharnement de certains \u00e0\u00a0me \u201ccaser\u201d syst\u00e9matiquement dans le dossier \u201ccause palestinienne\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>La bousculade des po\u00e8tes dits \u00ab\u00a0arabes\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>D&rsquo;o\u00f9 lui vient cette r\u00e9volte\u00a0? D&rsquo;un constat intime\u00a0: \u00ab\u00a0Je demeurerai priv\u00e9 d&rsquo;une lecture innocente.\u00a0\u00bb Car Darwich, dans sa m\u00e9taphore la plus ample, se pr\u00e9sente, \u00e0 grands cris, comme un Troyen. Une ville de Troie o\u00f9 le cheval de bois galope hors les murs. L\u00e0 o\u00f9 H\u00e9l\u00e8ne est une m\u00e8re, une fille, une amante, et o\u00f9 la guerre est un rite tr\u00e8s ancien de perte et de f\u00e9condation.<\/p>\n<p>Sa revendication, en pointill\u00e9, de ce statut hom\u00e9rique est amusante, constante, \u00e9pique. On y lit ce que l&rsquo;on n&rsquo;ose dire dans le monde \u00ab arabe \u00bb : la Palestine n&rsquo;est pas libre. Ni des Isra\u00e9liens, ni des Arabes, ni des musulmans, ni des imaginaires des autres. Ce territoire est occup\u00e9 par tous, m\u00eame par la bousculade des po\u00e8tes dits \u00ab arabes \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"contenu\" class=\"article-styles\">\n<p>On aboutit \u00e0 cette conclusion monstrueuse et \u00ab\u00a0antinationaliste\u00a0\u00bb\u00a0: l\u00e0 o\u00f9 Darwich se r\u00eavait universel, les po\u00e8tes \u00ab\u00a0arabes\u00a0\u00bb de partout se pressent dans la \u00ab\u00a0Palestine magique\u00a0\u00bb pour y d\u00e9clamer le monde perdu et convertir l&rsquo;impuissance \u00e0 vivre le monde en puissances oratoires.<\/p>\n<p>On saisira alors pourquoi les po\u00e8tes arabes les plus \u00ab\u00a0palestiniens\u00a0\u00bb s&rsquo;appellent Nizar Kabbani ou Al-Bayati et que le moins palestinien d&rsquo;entre eux demeure le \u00ab\u00a0po\u00e8te national\u00a0\u00bb, le Palestinien par excellence, Mahmoud Darwich.<\/p>\n<h2>Se lib\u00e9rer\u00a0du victimaire<\/h2>\n<p>Sur cette question \u00e9tonnante, un ami, brillant \u00e9crivain alg\u00e9rien arabophone, aujourd&rsquo;hui en exil en Europe, me r\u00e9pondit ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Depuis Ghassan Kanafani, aucun roman ne s&rsquo;\u00e9crit en Palestine sans l&rsquo;image de la victime. Depuis Darwich ou Samih al-Q\u00e2sim en po\u00e9sie, le Palestinien \u00e9crit comme s&rsquo;il \u00e9tait J\u00e9sus lui-m\u00eame, comme si ses souffrances \u00e9taient l&rsquo;\u00e9preuve qu&rsquo;il endure \u00e0 la place des autres. La litt\u00e9rature palestinienne n&rsquo;arrive pas \u00e0 sortir de l&rsquo;image de la victime, alors qu&rsquo;en face des \u00e9crivains isra\u00e9liens ont r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9sengager de l&rsquo;image du Juif victimaire, comme chez Amos Oz ou David Grossman. Le plus \u00e9trange, donc, est de voir que ceux qui ont le mieux \u00e9crit sur la Palestine ne sont pas palestiniens, comme Nizar Kabbani, un Syrien, ou bien Elias Khoury, un Libanais qui a \u00e9crit le plus grand roman sur la Palestine,\u00a0<em>La Porte du soleil<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ceux qui \u00e9crivent aujourd&rsquo;hui de la po\u00e9sie, me pr\u00e9cise cet ami, reconduisent le pi\u00e8ge qui entrave leur talent\u00a0: la palestinisation perp\u00e9tuelle du th\u00e8me profond, le \u00ab\u00a0nationalisme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mahmoud Darwich, lui, se lib\u00e9ra du victimaire pour acc\u00e9der \u00e0 la litt\u00e9rature, mondiale, universelle, en payant, peut-\u00eatre, le m\u00eame prix-\u00eatre qu&rsquo;un Hom\u00e8re\u00a0: il n&rsquo;eut pas de fils, pas de descendants. \u00ab\u00a0Mahmoud Darwich a, sa vie durant, \u00e9t\u00e9 habit\u00e9 par le d\u00e9sir de composer l&rsquo;autre face de l&rsquo;Iliade, de r\u00e9crire la grande \u00e9pop\u00e9e compos\u00e9e, il en \u00e9tait convaincu, par ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 battus et dont le po\u00e8te s&rsquo;est perdu\u00a0\u00bb<em>,\u00a0<\/em>rapporte Elias Sanbar.<\/p>\n<h2>Coul\u00e9\u00a0dans le b\u00e9ton monumental de la \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Dans ce m\u00eame\u00a0<em>Dictionnaire amoureux<\/em>, il avance, pour expliquer ce choix du genre, la th\u00e9orie de la po\u00e9sie comme nomadisme, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du bagage, preuve de la d\u00e9possession, clandestinit\u00e9 et \u00e9conomie des moyens. Il faut de la terre pour faire un roman, semble-t-il soutenir par son propos, donc une patrie.<\/p>\n<p>Mais sa th\u00e8se peut s&rsquo;\u00e9tendre et s&rsquo;inverser\u00a0: on pr\u00e9f\u00e8re la po\u00e9sie dans le monde \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb pour cette raison. En effet, elle sied, comme une coquetterie, au sort de l&rsquo;expropri\u00e9 (de l&#8217;empire du monde, de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or abbasside, de la puissance d&rsquo;autrefois\u2026), elle collabore au victimaire, \u00e0 la caravane imaginaire\u2026<\/p>\n<p>On proclama bien s\u00fbr Darwich \u00ab\u00a0national\u00a0\u00bb, et on le coula dans le b\u00e9ton monumental de la \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb, mais il faut toujours le lire comme une entreprise d&rsquo;\u00e9vasion hors du sort unanime, au-del\u00e0 de l&rsquo;ombre du drapeau et de l&rsquo;assignation. \u00ab\u00a0Si un po\u00e8te national est un repr\u00e9sentant, eh bien, je ne repr\u00e9sente personne\u00a0\u00bb, r\u00e9pondra-t-il un jour.<\/p>\n<h2>Lucidit\u00e9, enthousiasme et foudre du g\u00e9nie<\/h2>\n<p>Est-ce important de le rappeler aujourd&rsquo;hui\u00a0? Oui, car Darwich n&rsquo;a pas eu d&rsquo;enfants \u00e0 cause de ce concubinage avec l&rsquo;universel et \u00e0 cause de son refus du repli sur soi, sur les siens. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme qui est en harmonie parfaite avec sa soci\u00e9t\u00e9, sa culture, avec lui-m\u00eame, ne peut \u00eatre cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb, r\u00e9sume le po\u00e8te avec un incroyable courage dans ce monde dit \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on lui refuse encore et toujours\u00a0: sa lucidit\u00e9, que l&rsquo;enthousiasme, l&rsquo;agacement ou la foudre du g\u00e9nie ont parfois accompagn\u00e9e. Le grand malheur de Darwich est peut-\u00eatre \u00e0 saisir dans ce n\u0153ud\u00a0: il r\u00e9digea le fameux po\u00e8me \u00ab\u00a0<em>Inscris\u00a0!\/Je suis arabe\u2026\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0(\u00ab\u00a0Carte d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb), et le monde arabe trouva en lui son po\u00e8te de confirmation, celle d&rsquo;une identit\u00e9 utopiste et onirique.<\/p>\n<p>Plus tard, Darwich \u00e9crivit pour le monde, mais c&rsquo;\u00e9tait presque trop tard. Aujourd&rsquo;hui, tout po\u00e8te arabe veut incarner Darwich alors que Darwich s&rsquo;est voulu justement universel, si peu arabe, et si peu, si fortement, palestinien pour pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9senclaver un peu sa Palestine native.<\/p>\n<p>Pour la lib\u00e9rer des millions de faux lib\u00e9rateurs, des millions d&rsquo;applaudissements dans les salles de l&rsquo;oraison d\u00e9licieuse. C&rsquo;est toute la dramaturgie de la Palestine dans le monde dit \u00ab arabe \u00bb : on veut qu&rsquo;elle soit de la responsabilit\u00e9 du monde entier, tout en la servant comme une cause exclusivement arabe et confessionnelle.<\/p>\n<p>Pour finir, \u00e9coutons Darwich\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Si un \u00e9crivain parvenait \/ \u00c0 une br\u00e8ve description des fleurs d&rsquo;amandier, \/ La brume se r\u00e9tracterait des collines \/ Et un peuple dirait \u00e0 l&rsquo;unisson\u00a0: \/ Les voici, les paroles de notre hymne national\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/postillon\/mahmoud-darwich-l-heritage-impossible-17-08-2024-2568107_3961.php?lpmc\"><strong>LE POINT<\/strong><\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le \u00ab\u00a0po\u00e8te national palestinien\u00a0\u00bb n\u2019est devenu un \u00e9crivain universel qu\u2019en se lib\u00e9rant de l\u2019assignation \u00e0 d\u00e9fendre la \u00ab\u00a0cause palestinienne\u00a0\u00bb. &nbsp; &nbsp; Apr\u00e8s la guerre de 1948, apr\u00e8s celle de Suez en 1956, apr\u00e8s la guerre des Six-Jours en 1967, faisant suite \u00e0 celle d&rsquo;usure, toujours en 1967, apr\u00e8s\u00a0la guerre du Kippour en 1973, apr\u00e8s la<\/p>\n","protected":false},"author":284,"featured_media":172789,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":{"0":"post-172785","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-alaune-fr"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172785","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=172785"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/172785\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/172789"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=172785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=172785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=172785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}