{"id":141501,"date":"2015-05-16T11:20:07","date_gmt":"2015-05-16T10:20:07","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/quand-justice-rime-avec-forfaiture\/"},"modified":"2024-01-23T13:57:36","modified_gmt":"2024-01-23T12:57:36","slug":"quand-justice-rime-avec-forfaiture-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/quand-justice-rime-avec-forfaiture-2\/","title":{"rendered":"Quand justice rime avec forfaiture"},"content":{"rendered":"<p><strong>Il y avait jadis, \u00e0 Olympie, un bas-relief c\u00e9l\u00e8bre o\u00f9 on voyait la justice (Dik\u00e8) \u00e9trangler de ses mains l&rsquo;Injustice (Adikia) au visage hideux et repoussant. Dans l&rsquo;intervalle d&rsquo;une semaine, nous avons vu et entendu la puissance de Dik\u00e8 \u00e0 La Haye et l&rsquo;infamie d&rsquo;Adikia \u00e0 Beyrouth.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 La Haye, le d\u00e9put\u00e9 Walid Joumblatt a mis \u00e0 nu et en public, dans l&rsquo;enceinte de la justice, tout un syst\u00e8me crapuleux dont, apparemment, la classe politique libanaise ne pouvait pas ne pas en \u00eatre membre. La salle du TSL s&rsquo;\u00e9tait m\u00e9tamorphos\u00e9e en salle de dissection o\u00f9 Walid Joumblatt a d\u00e9compos\u00e9, avec l&rsquo;art consomm\u00e9 d&rsquo;un ma\u00eetre d&rsquo;anatomie, les structures et le fonctionnement du syst\u00e8me s\u00e9curitaire que l&rsquo;occupant syrien avait mis en place au Liban d\u00e8s le d\u00e9but de la guerre civile libanaise.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage de Joumblatt, et de tous ceux qui sont pass\u00e9s \u00e0 la barre du TSL, nous a montr\u00e9 combien majestueuse est la puissance de la justice. Face \u00e0 des millions de spectateurs, cet homme politique a soulag\u00e9 sa conscience avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 comme s&rsquo;il se trouvait dans le cabinet d&rsquo;un m\u00e9decin. L\u00e0, le patient parle et se livre. Il n&rsquo;a ni peur ni honte de dire toutes ses mis\u00e8res. Il a confiance dans la probit\u00e9 du praticien et le silence de s\u00e9pulcre que lui impose l&rsquo;obligation du secret professionnel, notion juridique d&rsquo;ordre public et non priv\u00e9.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;enceinte de la justice, le juge est comme le m\u00e9decin mais le corps qu&rsquo;il est suppos\u00e9 soigner n&rsquo;est pas celui d&rsquo;une personne physique particuli\u00e8re, mais de cette personne morale qu&rsquo;on appelle la chose publique. C&rsquo;est pourquoi la justice se rend en public et au grand jour.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;enceinte de la justice, la v\u00e9rit\u00e9 est lib\u00e9ratrice. Le t\u00e9moin Walid Joumblatt s&rsquo;est lib\u00e9r\u00e9, en toute confiance, du poids des compromissions qu&rsquo;il avait accept\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;instar de toute la classe politique pratiquement. Il a d\u00e9cortiqu\u00e9 un syst\u00e8me s\u00e9curitaire mafieux qui avait d\u00e9pec\u00e9 le Liban avec l&rsquo;aide des Libanais eux-m\u00eames qui, par peur ou par exc\u00e8s de z\u00e8le, ont souvent redoubl\u00e9 d&rsquo;efforts pour le servir.<\/p>\n<p>Comment se fait-il que l&rsquo;occupant ait r\u00e9ussi \u00e0 asservir tant de personnes et non des moindres ? La r\u00e9ponse vient d&rsquo;\u00eatre donn\u00e9e ce mercredi 13 mai 2015 par le Tribunal militaire de Beyrouth dans la sentence, d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 opaline, qu&rsquo;il a rendue dans les crimes terroristes contre la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat et du peuple libanais planifi\u00e9s par l&rsquo;ancien ministre Michel Samaha aux ordres du pr\u00e9sident syrien. L&rsquo;histoire dira quels motifs intimes ont pouss\u00e9 cet homme \u00e0 de telles forfaitures. Est-ce la volont\u00e9 de puissance, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat financier, la haine sectaire, quoi ?<\/p>\n<p>Coop\u00e9rer avec l&rsquo;occupant pour la bonne marche de l&rsquo;administration et du service public n&rsquo;a rien de critiquable ou d&rsquo;infamant. Mais se rendre volontairement complice de crimes crapuleux ourdis contre son propre peuple s&rsquo;appelle haute trahison et peut mener ses auteurs devant un peloton d&rsquo;ex\u00e9cution. Cette scandaleuse affaire confirme le t\u00e9moignage de Joumblatt, \u00e0 savoir que la cause premi\u00e8re de l&rsquo;asservissement de la classe politique libanaise r\u00e9side dans l&rsquo;absence de justice, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans l&rsquo;absence du gendarme. Le criminel peut op\u00e9rer en toute impunit\u00e9.<\/p>\n<p>Une justice d&rsquo;exception en temps de paix, comme un tribunal militaire, est tout au plus un conseil de discipline pour militaires. C&rsquo;est cette confusion qui fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun recours au Liban en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat. On l&rsquo;a vu dans l&rsquo;affaire du meurtre du militaire en mission Samer Hanna. On l&rsquo;a vu dans l&rsquo;affaire de haute trahison de l&rsquo;officier Fayez Karam coupable d&rsquo;intelligence avec Isra\u00ebl. On vient de le voir dans l&rsquo;extraordinaire affaire Michel Samaha, ancien ministre, homme de main des basses \u0153uvres du r\u00e9gime Assad contre l&rsquo;\u00c9tat libanais et son peuple. C&rsquo;est le m\u00eame tribunal d&rsquo;exception qui a rendu, furtivement et \u00e0 huis clos, les trois scandaleuses sentences emp\u00eachant ainsi la justice d&rsquo;op\u00e9rer tout effet dissuasif contre de tels crimes. Ceci s&rsquo;inscrit dans la mise \u00e0 mort du Liban, \u00e0 petit feu, entreprise par le r\u00e9gime syrien depuis des d\u00e9cennies soit directement, soit indirectement \u00e0 travers les milices arm\u00e9es et les r\u00e9seaux qui lui sont inf\u00e9od\u00e9s.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable ind\u00e9pendance du Liban commencera lorsque le peuple libanais fera comme Dik\u00e8 (justice) sur le bas-relief d&rsquo;Olympie et \u00e9tranglera de ses propres mains tout ce qui s&rsquo;apparente \u00e0 Adikia (l&rsquo;injustice). La mise \u00e0 mort de cette derni\u00e8re commence par la suppression de toute justice d&rsquo;exception en temps de paix.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lorientlejour.com\/article\/925060\/quand-justice-rime-avec-forfaiture.html\">L&rsquo;Orient Le Jour<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y avait jadis, \u00e0 Olympie, un bas-relief c\u00e9l\u00e8bre o\u00f9 on voyait la justice (Dik\u00e8) \u00e9trangler de ses mains l&rsquo;Injustice (Adikia) au visage hideux et repoussant. Dans l&rsquo;intervalle d&rsquo;une semaine, nous avons vu et entendu la puissance de Dik\u00e8 \u00e0 La Haye et l&rsquo;infamie d&rsquo;Adikia \u00e0 Beyrouth. \u00c0 La Haye, le d\u00e9put\u00e9 Walid Joumblatt a<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-141501","post","type-post","status-publish","format-standard"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141501","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=141501"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141501\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=141501"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=141501"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=141501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}