{"id":141152,"date":"2015-03-21T14:01:25","date_gmt":"2015-03-21T13:01:25","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/rustom-ghazaleh-sanctionne-pour-son-opposition-au-role-des-iraniens-en-syrie\/"},"modified":"2024-01-23T13:57:23","modified_gmt":"2024-01-23T12:57:23","slug":"rustom-ghazaleh-sanctionne-pour-son-opposition-au-role-des-iraniens-en-syrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/rustom-ghazaleh-sanctionne-pour-son-opposition-au-role-des-iraniens-en-syrie\/","title":{"rendered":"Rustom Ghazaleh sanctionn\u00e9 pour son opposition au r\u00f4le des Iraniens en Syrie ?"},"content":{"rendered":"<p><strong><br \/>\nAvec une d\u00e9lectation qui en dit long sur l&rsquo;aversion suscit\u00e9e par le personnage, un grand nombre de m\u00e9dias et de sites Internet arabes se sont fait l&rsquo;\u00e9cho, au cours des derni\u00e8res semaines, des m\u00e9saventures du g\u00e9n\u00e9ral Rustom Ghazaleh et des incertitudes concernant son sort. Son affaire est particuli\u00e8rement embrouill\u00e9e, ce qui est dans l&rsquo;ordre des choses s&rsquo;agissant de l&rsquo;un des \u00ab\u00a0moukhabarat en chef\u00a0\u00bb les plus importants de l&rsquo;\u00e8re Bachar al-Assad. <\/strong> Mais elle en dit beaucoup sur ce genre de personnages, sur les sentiments qu&rsquo;ils \u00e9prouvent les uns pour les autres, et sur les limites de la tol\u00e9rance du pouvoir en place vis-\u00e0-vis des affaires de toutes natures auxquelles ils trouvent le temps de se livrer, en d\u00e9pit &#8211; ou plut\u00f4t en tirant profit &#8211; de leurs hautes responsabilit\u00e9s. <strong>Surtout, elle laisse entrevoir comment certains per\u00e7oivent d\u00e9sormais en Syrie les Iraniens, le Hizbollah et les autres miliciens chiites<\/strong>, dans le camp m\u00eame de ceux auxquels ils sont cens\u00e9s venir en aide.<\/p>\n<p><strong>El\u00e9ments de biographie<\/strong><\/p>\n<p>On ne s&rsquo;attardera pas ici sur le parcours professionnel de l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9. <strong>Nomm\u00e9 directeur de la S\u00e9curit\u00e9 politique en Syrie apr\u00e8s l&rsquo;attentat contre le si\u00e8ge du Bureau de la S\u00e9curit\u00e9 nationale \u00e0 Damas, le 18 juillet 2012<\/strong>, Rustom Ghazaleh, dit \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb, est surtout connu &#8211; et d\u00e9test\u00e9 &#8211; pour le r\u00f4le qu&rsquo;il a jou\u00e9 au Liban au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Ayant succ\u00e9d\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral Ghazi Kanaan, rappel\u00e9 \u00e0 Damas en 2002, il a profit\u00e9 des pr\u00e9rogatives de sa fonction de \u00ab\u00a0<strong>chef des services de renseignements syriens<\/strong>\u00a0\u00bb pour se livrer \u00e0 de multiples activit\u00e9s criminelles et mafieuses. Le pillage et la faillite de la <strong>Banque al-Madina<\/strong>, o\u00f9 il disposait de lignes de cr\u00e9dit ouvertes sur des comptes qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais approvisionn\u00e9s et qu&rsquo;il a spoli\u00e9e au bas mot de <strong>200 millions de dollars en 3 ans<\/strong>, ne constitue qu&rsquo;une infime partie de son bilan en la mati\u00e8re. Il est suspect\u00e9 d&rsquo;avoir collabor\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9paration et la r\u00e9alisation de l&rsquo;attentat qui a co\u00fbt\u00e9 la vie, le 14 f\u00e9vrier 2005, \u00e0 l&rsquo;ancien Premier ministre libanais <strong>Rafiq al-Hariri<\/strong> et \u00e0 une quinzaine de membres de son escorte. Issu, dit-on, d&rsquo;une famille de <em>nawar<\/em> (gitans) ayant \u00e9migr\u00e9 du Liban en direction du Hauran et install\u00e9e pr\u00e8s de Daraa au d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle, il disposait d&rsquo;une r\u00e9sidence dans la Beqaa, d&rsquo;o\u00f9 il pouvait ais\u00e9ment contr\u00f4ler la bonne marche de ses affaires, et avoir l&rsquo;\u0153il sur les multiples trafics en direction de la Syrie, dont cette r\u00e9gion soumise au Hizbollah est depuis longtemps la plaque tournante.<\/p>\n<p>Rentr\u00e9 dans son pays au printemps 2005, suite au retrait impos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e syrienne par la R\u00e9solution 1559 du Conseil de S\u00e9curit\u00e9, il s&rsquo;est vu confier par Bachar al-Assad la gestion s\u00e9curitaire de la zone frontali\u00e8re de la Syrie avec le Liban. Il avait \u00e9videmment conserv\u00e9 dans ce pays des informateurs et des r\u00e9seaux, et il \u00e9tait en mesure d&rsquo;y intervenir \u00e0 nouveau \u00e0 tout moment. Il a \u00e9t\u00e9 inclus, comme les autres agents du r\u00e9gime en poste au Liban au moment du meurtre, dans la liste des responsables syriens interrog\u00e9s par la Commission d&rsquo;enqu\u00eate internationale charg\u00e9s d&rsquo;\u00e9tablir les faits et les responsabilit\u00e9s dans l&rsquo;attentat contre Rafiq al-Hariri. De ce fait, il a redout\u00e9 pendant quelque temps d&rsquo;\u00eatre sacrifi\u00e9 par ses patrons sur l&rsquo;autel de la raison d&rsquo;Etat et de conna\u00eetre le sort de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Ghazi Kanaan, suicid\u00e9 dans son bureau du Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur au mois d&rsquo;octobre 2005. Mais il n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 \u00eatre rassur\u00e9 par les errements de c<strong>ette Commission, mal prot\u00e9g\u00e9e contre les man\u0153uvres et les tentatives de corruption, au sein de laquelle des fonctionnaires de diverses nationalit\u00e9s achet\u00e9s par le r\u00e9gime syrien s&#8217;employaient \u00e0 informer Damas des avanc\u00e9es et des r\u00e9v\u00e9lations<\/strong>.<\/p>\n<h2>===<\/h2>\n<p><strong>Il appara\u00eet \u00e9tabli que, autour du 15 f\u00e9vrier 2015, Rustom Ghazaleh a \u00e9t\u00e9 admis dans un \u00e9tat grave \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Chami de Damas, une clinique priv\u00e9e situ\u00e9e non loin du palais pr\u00e9sidentiel<\/strong> sur les hauteurs de Damas, qui est l&rsquo;\u00e9tablissement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des riches Damasc\u00e8nes, de la nomenclature civile et militaire et des membres de la famille al-Assad. En revanche, le motif de son admission en urgence dans le service de soins intensifs de cet h\u00f4pital reste peu clair. Les partisans du r\u00e9gime, parmi lesquels ses propres affid\u00e9s, ont en effet colport\u00e9 sur l\u2019encha\u00eenement des faits qui l&rsquo;ont conduit l\u00e0 et sur la gravit\u00e9 r\u00e9elle de son \u00e9tat, des versions largement contradictoires.<\/p>\n<p><strong>Selon les uns, \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Mais ceux qui le croient mort divergent sur les circonstances de sa disparition qui restent toutes au conditionnel. \u00ab\u00a0Il aurait \u00e9t\u00e9 victime\u00a0\u00bb d&rsquo;une d\u00e9faillance cardiaque qu&rsquo;aucun signe avant-coureur ne laissait pr\u00e9sager&#8230; \u00ab\u00a0Il aurait \u00e9t\u00e9 mortellement bless\u00e9\u00a0\u00bb en dirigeant les combats contre des groupes de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre dans la r\u00e9gion de Daraa\u2026 <strong>\u00ab\u00a0Il aurait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9\u00a0\u00bb  par des Iraniens de la Brigade al-Quds, sur ordre du g\u00e9n\u00e9ral Qasem Sleimani, mais avec l&rsquo;accord des plus hauts responsables syriens, apr\u00e8s la d\u00e9couverte d&rsquo;un complot qu&rsquo;il aurait ourdi contre Bachar al-Assad avec la complicit\u00e9 d&rsquo;officiers alaouites<\/strong>\u2026 \u00ab\u00a0<strong>Il aurait \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9\u00a0\u00bb sur ordre de ce m\u00eame Bachar<\/strong> ou d&rsquo;un membre de son proche entourage, non pas pour avoir exhort\u00e9 les combattants de son village \u00e0 d\u00e9fendre les lieux par tous les moyens et quoi qu&rsquo;il en co\u00fbte, mais pour avoir utilis\u00e9 pour ce faire une formule malencontreuse : \u00ab\u00a0<strong>Qardaha pourrait tomber que Qarfa ne tombera jamais<\/strong>\u00ab\u00a0. Elle aurait \u00e9t\u00e9 entendue en haut lieu, o\u00f9 certains se sont fait un malin plaisir de la rapporter, comme une expression de m\u00e9pris pour la famille au pouvoir dont Qardaha est le berceau, et donc comme un blasph\u00e8me. \u00ab\u00a0Il aurait d\u00e9j\u00e0 un successeur\u00a0\u00bb, enfin, en la personne du <strong>g\u00e9n\u00e9ral Zouhe\u00efr Hamed<\/strong>, qui exer\u00e7ait pr\u00e9c\u00e9demment ses talents aux Renseignements g\u00e9n\u00e9raux \/ S\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;Etat.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit des incertitudes, des contradictions et de l&rsquo;absence de v\u00e9ritables \u00e9l\u00e9ments de preuve, la liquidation du directeur de la S\u00e9curit\u00e9 politique n&rsquo;a pas eu de peine \u00e0 trouver des propagandistes. <strong>La mort \u00e0 De\u00efr al-Zor, en octobre 2013, du g\u00e9n\u00e9ral Jameh Jameh<\/strong>, \u00e9tait en effet apparue \u00e0 certains comme la reprise du cycle <strong>des \u00ab\u00a0disparitions programm\u00e9es\u00a0\u00bb des anciens responsables s\u00e9curitaires syriens au Liban<\/strong>. D\u00e9but 2015, le r\u00e9gime \u00e9tait en effet plac\u00e9 sur la sellette, \u00e0 la fois par le recueil de t\u00e9moignages r\u00e9cents et convergents sur son implication directe dans l&rsquo;affaire al-Hariri, et par sa possible mise en accusation devant une Cour p\u00e9nale internationale pour les crimes commis sur ses ordres depuis le d\u00e9but du soul\u00e8vement populaire, dont <strong>les photographies de C\u00e9sar<\/strong> avaient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la barbarie, l&rsquo;ampleur et le caract\u00e8re organis\u00e9. La f\u00e2cheuse habitude du pouvoir en place de faire dispara\u00eetre d\u00e9finitivement les t\u00e9moins g\u00eanants de ses m\u00e9faits venait d&rsquo;ailleurs d&rsquo;\u00eatre confirm\u00e9e par les autorit\u00e9s libanaises. Sur la base de renseignements alarmants, elles s&rsquo;\u00e9taient oppos\u00e9es, le 16 f\u00e9vrier 2015, au <strong>transfert de l&rsquo;ancien ministre libanais de l&rsquo;Information Michel Samaha<\/strong>, de sa prison vers un centre de soin. Elles redoutaient qu&rsquo;un malencontreux accident ou une attaque \u00ab\u00a0terroriste\u00a0\u00bb en bonne et due forme ne vienne les priver de ce t\u00e9moin de premier plan sur les us et coutumes des services de renseignements du pays voisin.<\/p>\n<p>Rappelons \u00e0 toutes fins utiles que, recrut\u00e9 par la Pr\u00e9sidence syrienne pour donner un peu plus de subtilit\u00e9 \u00e0 sa propagande et pour la faire profiter de son r\u00e9seau de relations avec les milieux politiques et s\u00e9curitaires de divers pays europ\u00e9ens, dont la France, Michel Samaha avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, le 9 ao\u00fbt 2012, pour avoir transport\u00e9 dans sa voiture, de Damas \u00e0 Beyrouth, une somme de 170 000 dollars et 24 charges explosives. Certaines, aimant\u00e9es, \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 servir pour des attentats \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e semblables \u00e0 ceux pr\u00e9c\u00e9demment commis contre des personnalit\u00e9s libanaises de premier plan, toutes hostiles \u00e0 la pr\u00e9sence de la Syrie dans leur pays. Ces explosifs lui avaient \u00e9t\u00e9 remis par le g\u00e9n\u00e9ral Ali Mamlouk, ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;Etat  \/ Renseignements g\u00e9n\u00e9raux et chef en exercice du Bureau de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Parmi les cibles qui lui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9es par son commanditaire figurait en particulier le patriarche maronite Bichara Ra\u00ef, dont la proximit\u00e9 avec la Syrie aurait pr\u00e9venu toute mise en cause des Syriens et dont l&rsquo;appartenance confessionnelle aurait naturellement orient\u00e9 les regards vers les milieux islamistes radicaux\u2026<\/p>\n<p><strong>Pour d&rsquo;autres, Rustom Ghazaleh ne serait que bless\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Selon Assem Qanso<\/strong>, chef du Parti Baath libanais, qui lui a rendu visite \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, il aurait \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9 \u00e0 la jambe et \u00e0 l&rsquo;\u0153il par des \u00e9clats d&rsquo;obus sur un champ de bataille au sud de la Syrie. On a peine \u00e0 le croire, le directeur de la S\u00e9curit\u00e9 politique ayant certainement des choses plus importantes \u00e0 faire, dans cette p\u00e9riode troubl\u00e9e, que d&rsquo;aller participer directement aux combats et de faire lui-m\u00eame le coup de feu, y compris dans une localit\u00e9 d&rsquo;importance strat\u00e9gique comme Daraa.<\/p>\n<p>Pour d&rsquo;autres sources tout aussi \u00ab\u00a0inform\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb aurait re\u00e7u des coups d&rsquo;une extr\u00eame violence, qui ont rendu son hospitalisation in\u00e9vitable. Si les r\u00e9cits divergent sur le ou les commanditaires de son agression, ils s&rsquo;accordent \u00e0 consid\u00e9rer que les donneurs d&rsquo;ordre sont, dans tous les cas, des homologues du g\u00e9n\u00e9ral Rustom Ghazaleh, dont il appara\u00eet \u00e0 cette occasion qu&rsquo;il ne comptait pas que des amis dans les rangs de ses coll\u00e8gues.<\/p>\n<p><strong>    Une le\u00e7on donn\u00e9e par Jamil Hasan ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il s&rsquo;agirait, selon les uns, du g\u00e9n\u00e9ral Jamil Hasan, le chef sanguinaire des tr\u00e8s redout\u00e9s moukhabarat de l&rsquo;arm\u00e9e de l&rsquo;air<\/strong>. L&rsquo;affaire trouverait son origine dans l&rsquo;ordre que celui-ci aurait donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aviation de bombarder les environs de la \u00ab\u00a0villa\u00a0\u00bb de son alter ego, sous pr\u00e9texte d&#8217;emp\u00eacher les combattants de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre et leurs alli\u00e9s de progresser \u00e0 couvert vers le village de Qarfa. Mais, interpr\u00e9tant cette d\u00e9cision comme une menace implicite \u00e0 son endroit, Rustom Ghazaleh aurait donn\u00e9 ordre aux \u00ab\u00a0<strong>Brigades Ghazaleh\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il avait cr\u00e9\u00e9es et qu&rsquo;il finan\u00e7ait de sa poche<\/strong>, de d\u00e9truire la maison et tout son contenu. <strong>C&rsquo;est dans ces conditions qu&rsquo;il aurait prononc\u00e9 la phrase plus haut rapport\u00e9e dissociant le sort de Qarfa de celui de Qardaha<\/strong>\u2026 Cette saillie \u00e9tant parvenue aux oreilles des plus hauts dirigeants, elle aurait fortement irrit\u00e9 les responsables alaouites des services de s\u00e9curit\u00e9 qui auraient pris la d\u00e9cision d&rsquo;infliger une le\u00e7on \u00e0 leur \u00ab\u00a0camarade\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Somm\u00e9 de s&rsquo;expliquer, \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb aurait involontairement aggrav\u00e9 son cas. Mis en cause devant le Tribunal sp\u00e9cial pour le Liban par un t\u00e9moin, qui avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 avait pour habitude d&rsquo;imposer \u00e0 Rafiq al-Hariri le paiement de fortes sommes d&rsquo;argent, l&rsquo;ancien proconsul syrien au Liban avait tent\u00e9 de se disculper. Il avait d\u00e9clar\u00e9 que ce n&rsquo;\u00e9tait pas lui qui avait mis en place le syst\u00e8me d&rsquo;extorsion de fonds au d\u00e9triment des leaders politiques et des hommes d&rsquo;affaires libanais. Ce syst\u00e8me remontait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de son pr\u00e9d\u00e9cesseur Ghazi Kanaan, et d&rsquo;autres hauts responsables syriens du dossier libanais y avaient eu recours, \u00e0 commencer par l&rsquo;ancien chef d&rsquo;\u00e9tat-major le g\u00e9n\u00e9ral Hikmet Chihabi et l&rsquo;ancien vice-pr\u00e9sident Abdel-Halim Khaddam. Il avait ainsi sugg\u00e9r\u00e9 sans le vouloir que la corruption et le vol existaient d\u00e9j\u00e0 du temps de Hafez al-Assad, qui en \u00e9tait parfaitement inform\u00e9 et n&rsquo;y trouvait rien \u00e0 redire. Sur le fond, il n&rsquo;avait pas tort, le fondateur de la dynastie al-Assad ayant encourag\u00e9 les plus hauts officiers de son arm\u00e9e et de ses services \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 leur fortune plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 lui disputer la gestion du pouvoir. <strong>Mais toute v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas bonne \u00e0 dire, et, arr\u00eat\u00e9 suite \u00e0 ses diff\u00e9rents propos<\/strong>, Rustom Ghazaleh avait \u00e9t\u00e9 si violemment frapp\u00e9 et tortur\u00e9 qu&rsquo;il avait d\u00fb \u00eatre hospitalis\u00e9 pour une <strong>h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>    Une sanction inflig\u00e9e par Rafiq Chehadeh ?<\/strong><\/p>\n<p>Le principal responsable du triste \u00e9tat d'\u00a0\u00bbAbou Abdo\u00a0\u00bb reste toutefois, dans la plupart des r\u00e9cits, un autre de ses coll\u00e8gues, le g\u00e9n\u00e9ral Rafiq Chehadeh, directeur des Services de renseignements militaires. Mais ceux qui s&rsquo;accordent pour le d\u00e9signer divergent sur les raisons qui auraient motiv\u00e9 son acc\u00e8s de col\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de son homologue.<\/p>\n<p><strong>    Rustom Ghazaleh, chef de gang mafieux ?<\/strong><\/p>\n<p>Un premier r\u00e9cit fait \u00e9tat de l&rsquo;arrestation, par des hommes de Rafiq Chehadeh, d&rsquo;un groupe de trafiquants qui livraient du mazout au prix fort \u00e0 des unit\u00e9s rebelles dans le sud de la Syrie. Il \u00e9tait apparu, durant leur interrogatoire, qu&rsquo;ils \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 Rustom Ghazaleh. Ayant appris la chose, et estimant sans doute que l&rsquo;affaire ne surpassait pas en importance les \u00e9changes de bons proc\u00e9d\u00e9s entre le r\u00e9gime et l&rsquo;Etat islamique pour la vente de p\u00e9trole, puis, plus r\u00e9cemment, pour la fourniture d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 aux secteurs tenus par le pouvoir \u00e0 Alep et dans ses environs, il \u00e9tait mont\u00e9 au cr\u00e9neau pour exiger la lib\u00e9ration de ses affid\u00e9s. Mais, au cours d&rsquo;un entretien t\u00e9l\u00e9phonique entre les deux hommes, le ton avait mont\u00e9 et ils en \u00e9taient venus \u00e0 \u00e9changer des insultes. Finalement, le chef de la S\u00e9curit\u00e9 politique s&rsquo;\u00e9tait rendu au si\u00e8ge des Renseignements militaires pour parler d&rsquo;homme \u00e0 homme avec son homologue. A son arriv\u00e9e sur les lieux, des agents de Rafiq Chehadeh s&rsquo;\u00e9taient aper\u00e7us que le visiteur \u00e9tait \u00e9quip\u00e9\u2026 d&rsquo;une ceinture d&rsquo;explosifs ! Ils l&rsquo;avaient arr\u00eat\u00e9 et ils avaient proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la neutralisation de son \u00e9quipement. Puis, conform\u00e9ment aux ordres de leur chef, ils l&rsquo;avaient rou\u00e9 de coups. De l\u00e0, il avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Chami.<\/p>\n<p><strong>    Rustom Ghazaleh, des ambitions inavou\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n<p>Un second r\u00e9cit fait remonter l&rsquo;antagonisme entre les deux hommes \u00e0 deux \u00e9pisodes plus anciens. <strong>Au d\u00e9but du mois de juillet 2014, Rafiq Chehadeh avait appris par un informateur au Liban que Rustom Ghazaleh avait contact\u00e9 un site internet du pays voisin pour lui proposer, sans avoir sollicit\u00e9 l&rsquo;aval de la t\u00eate du r\u00e9gime, de publier ses m\u00e9moires<\/strong>. Elles devaient couvrir, sous la forme d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;articles ou de chapitres, la p\u00e9riode allant de 1977 \u00e0 2005, soit de sa sortie de l&rsquo;Acad\u00e9mie militaire de Homs \u00e0 son retour en Syrie, au terme d&rsquo;une mission de 32 ans au Liban o\u00f9 il \u00e9tait arriv\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1982. <strong>La perspective d&rsquo;une telle publication avait de quoi surprendre<\/strong>, et plus encore inqui\u00e9ter les plus hauts responsables syriens, qui n&rsquo;avaient aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir exposer, m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9s au mieux des ambitions d&rsquo;Abou Abdo, un certain nombre d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements sur lesquels le silence constituait \u00e9videmment leur meilleure garantie. En tout cas, cette affaire avait confirm\u00e9 aux yeux de Rafiq Chehadeh que Rustom Ghazaleh \u00e9tait soucieux de jouer un jeu personnel et d&rsquo;am\u00e9liorer son image au d\u00e9triment de celle du pouvoir. Il l&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 entrevoir lorsqu&rsquo;il avait tent\u00e9 de faire inclure, dans l&rsquo;amnistie pr\u00e9sidentielle d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9\u00e9lection de Bachar al-Assad en mai 2014, la totalit\u00e9 des prisonniers originaires de \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb gouvernorat de Daraa.<\/p>\n<p><strong>    Rustom Ghazaleh, hostile \u00e0 la supr\u00e9matie iranienne en Syrie ?<\/strong><\/p>\n<p>Rustom Ghazaleh aurait fini de provoquer la fureur de son alter \u00e9go en refusant, comme celui-ci le lui avait demand\u00e9, de laisser les Iraniens et le Hizbollah prendre position dans sa \u00ab\u00a0villa\u00a0\u00bb de Qarfa, situ\u00e9e sur une hauteur. Ils voulaient en faire leur QG et y installer de l&rsquo;artillerie et des blind\u00e9s, afin de s&rsquo;opposer dans de meilleures conditions \u00e0 la progression des forces rebelles sur l&rsquo;axe Daraa-Damas. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour leur interdire les lieux qu&rsquo;il avait fait proc\u00e9der au dynamitage et \u00e0 l&rsquo;incendie de sa propri\u00e9t\u00e9. Et, dans un geste de d\u00e9fi destin\u00e9 \u00e0 montrer qu&rsquo;il ne laisserait entrer chez lui \u00ab\u00a0aucune force \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb, il avait fait poster par ses fid\u00e8les sur YouTube une vid\u00e9o de l&rsquo;op\u00e9ration. Certes, il avait justifi\u00e9 son acte en expliquant qu&rsquo;il voulait emp\u00eacher les groupes arm\u00e9s de s&#8217;emparer de son mobilier et de la garde-robe de sa femme, de d\u00e9rober les \u0153uvres d&rsquo;art et les tr\u00e9sors arch\u00e9ologiques accumul\u00e9s au fil des temps, et de l&rsquo;humilier en exposant leur butin. Mais il n&rsquo;avait pas convaincu Rafiq Chehadeh, qui, inform\u00e9 de sa visite, lui avait r\u00e9serv\u00e9 un accueil conforme aux us et coutumes des clans mafieux. Post\u00e9s \u00e0 la porte de son bureau, huit malabars ne lui en avaient autoris\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s qu&rsquo;apr\u00e8s lui avoir fait subir une bastonnade en r\u00e8gle <strong>pour \u00ab\u00a0refus de coop\u00e9rer avec le Hizbollah\u00a0\u00bb. Il avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Chami avec une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale.<\/strong><\/p>\n<p>S&rsquo;agissant de Rustom Ghazaleh, cette accusation aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une extr\u00eame gravit\u00e9 &#8211; \u00ab\u00a0refus de coop\u00e9rer avec le Hizbollah\u00a0\u00bb &#8211; n&rsquo;est peut-\u00eatre pas sans fondement. Il y a plusieurs mois, des responsables du \u00ab\u00a0Parti de Dieu\u00a0\u00bb avaient d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;opportunit\u00e9 de le constater par eux-m\u00eames. Au cours d&rsquo;une r\u00e9union \u00e0 laquelle participaient les \u00e9tats-majors des forces syriennes et du Hizbollah, un repr\u00e9sentant de ce dernier avait protest\u00e9 contre le comportement de l&rsquo;arm\u00e9e syrienne. Selon lui, \u00ab\u00a0une fois que nos hommes se sont battus et se sont fait tuer, vous arrivez avec vos m\u00e9dias pour prendre la pose, tout en interdisant \u00e0 nos t\u00e9l\u00e9visions d&rsquo;approcher\u00a0\u00bb. Constatant que personne n&rsquo;osait r\u00e9pondre \u00e0 cette mise en cause, d&rsquo;autant plus infamante qu&rsquo;elle correspondait \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 bien \u00e9tablie, \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb avait demand\u00e9 la parole. Retrouvant le ton que lui autorisaient jadis ses fonctions au Liban, il avait rappel\u00e9 que, \u00ab\u00a0<strong>sans la Syrie, le Hizbollah n&rsquo;existerait tout simplement pas\u00a0\u00bb, que \u00ab\u00a0ce qui se d\u00e9roulait actuellement en Syrie conditionnait aussi la survie du Hizbollah, qui se battait donc \u00e9galement pour lui<\/strong>\u00ab\u00a0, et il avait accus\u00e9 \u00e0 son tour la principale milice chiite engag\u00e9e au c\u00f4t\u00e9 des forces r\u00e9guli\u00e8res syriennes de ne \u00ab\u00a0pas se battre\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0<strong>d&rsquo;acheter ses victoires en soudoyant les groupes rebelles pour qu&rsquo;ils se retirent sans \u00e9change de coups de feu<\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<h2>===<\/h2>\n<p><strong>Trois enseignements<\/strong><\/p>\n<p>De la m\u00e9saventure du g\u00e9n\u00e9ral Rustom Ghazaleh, qui exp\u00e9rimente aujourd&rsquo;hui  par un juste retour des choses ce qu&rsquo;il a fait subir \u00e0 ses administr\u00e9s, hier au Liban et aujourd&rsquo;hui en Syrie, on retiendra \u00e0 ce stade trois enseignements :<\/p>\n<p><strong>    Pour emp\u00eacher quiconque de savoir exactement de quoi il retourne dans cette affaire, qui met en pr\u00e9sence quelques-unes des principales personnalit\u00e9s s\u00e9curitaires du pays et concerne son mode de fonctionnement interne, le r\u00e9gime syrien a encore une fois favoris\u00e9 la diffusion par ses partisans et ses agents, syriens ou libanais, de r\u00e9cits divergents et parfois totalement contradictoires.<\/strong><\/p>\n<p><strong><br \/>\n    Il est peu probable que, comme certains l&rsquo;ont affirm\u00e9, le r\u00e9gime ait cherch\u00e9 \u00e0 se d\u00e9barrasser de Rustom Ghazaleh<\/strong>. Si tel avait \u00e9t\u00e9 le cas, il s&rsquo;y serait pris autrement. Il aurait fait montre d&rsquo;une plus grande discr\u00e9tion. Surtout, il n&rsquo;aurait certainement pas rat\u00e9 son coup. Et \u00ab\u00a0Abou Abdo\u00a0\u00bb serait all\u00e9 rejoindre dans l&rsquo;au-del\u00e0, quatre autres g\u00e9n\u00e9raux comme lui entendus par la Commission d&rsquo;enqu\u00eate : le g\u00e9n\u00e9ral Asef Chawkat, le g\u00e9n\u00e9ral Ghazi Kanaan, le g\u00e9n\u00e9ral Jameh Jameh, et <strong>le g\u00e9n\u00e9ral Abdel-Karim Abbas<\/strong>, tu\u00e9 \u00e0 la fin du mois de septembre 2008 dans un attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e devant le si\u00e8ge de la <strong>Branche Palestine<\/strong>, dont il \u00e9tait devenu le sous-directeur \u00e0 son retour \u00e0 Damas.<\/p>\n<p>    Il est tout \u00e0 fait possible en revanche que l<strong>es responsables syriens aient souhait\u00e9 donner une le\u00e7on<\/strong> \u00e0 ceux qui, au sein des services de renseignements et des forces arm\u00e9es, commencent \u00e0 s&rsquo;offusquer, voire \u00e0 protester, contre <strong>le poids pris par l&rsquo;Iran et son principal instrument dans la r\u00e9gion, le Hizbollah<\/strong>, dans la prise de d\u00e9cision et dans la conduite des op\u00e9rations militaires en Syrie.<\/p>\n<p>Aussi longtemps que les Pasdaran, les Hizbollahis et les autres mercenaires recrut\u00e9s par T\u00e9h\u00e9ran dans l&rsquo;ensemble du monde chiite \u00ab\u00a0pour d\u00e9fendre les lieux saints de Syrie menac\u00e9s par les sunnites\u00a0\u00bb, se sont content\u00e9s d&rsquo;apporter leur soutien aux forces r\u00e9guli\u00e8res et de les faire b\u00e9n\u00e9ficier de leur exp\u00e9rience militaire, ils ont \u00e9t\u00e9 les bienvenus. Mais, depuis que Bachar al-Assad,<strong> faute de confiance dans son entourage, les a autoris\u00e9s \u00e0 se comporter \u00ab\u00a0chez lui\u00a0\u00bb comme une v\u00e9ritable force d&rsquo;occupation et \u00e0 imposer leur autorit\u00e9 \u00e0 sa propre arm\u00e9e<\/strong>, des voix ont commenc\u00e9 \u00e0 se faire entendre pour d\u00e9noncer leurs agissements et, parfois, la recherche d&rsquo;objectifs ne servant pas les int\u00e9r\u00eats de la Syrie. Des expressions d&rsquo;insatisfaction se sont \u00e9lev\u00e9es dans les rangs des officiers syriens qui, depuis le d\u00e9but du soul\u00e8vement populaire, n&rsquo;avaient \u00e9prouv\u00e9 aucune r\u00e9ticence \u00e0 ouvrir le feu sur leurs propres compatriotes de tous \u00e2ges, assimil\u00e9s tour \u00e0 tour \u00e0 des infiltr\u00e9s, des comploteurs, des agents stipendi\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tranger, des islamistes, des djihadistes et des terroristes\u2026<\/p>\n<p><strong>A quelques occasions, des affrontements ont mis aux prises des unit\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re ou des forces paramilitaires et des combattants du Hizbollah<\/strong>. Ils ne concernaient pas uniquement le contr\u00f4le de certains secteurs et l&rsquo;appropriation du butin r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 dans les maisons d\u00e9sert\u00e9es par leurs habitants. Ils laissaient entrevoir des divergences profondes sur la mani\u00e8re de \u00ab\u00a0faire la guerre\u00a0\u00bb aux forces de l&rsquo;opposition, et, plus encore, ils montraient que les militaires syriens n&rsquo;approuvaient pas la libert\u00e9 laiss\u00e9e aux forces venues au secours de leur pays d&rsquo;agir chez eux comme en territoire conquis.<\/p>\n<p>De ce point de vue, <strong>certains \u00e9pisodes ont laiss\u00e9 des traces, comme l&rsquo;ex\u00e9cution de 12 officiers de l&rsquo;arm\u00e9e syrienne originaires de Tartous, condamn\u00e9s \u00e0 mort \u00e0 la mi-f\u00e9vrier pour \u00ab\u00a0connivence avec l&rsquo;ennemi\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0haute trahison\u00a0\u00bb, apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e dans le gouvernorat de Daraa du g\u00e9n\u00e9ral Qasem Sleimani. En r\u00e9alit\u00e9, ils avaient uniquement protest\u00e9 contre l&rsquo;abandon de la direction des combats \u00e0 des officiers iraniens du corps des Gardiens de la R\u00e9volution.<\/strong> Quelques jours plus t\u00f4t, l&rsquo;interception de communications entre responsables militaires dans la r\u00e9gion de Lattaqui\u00e9 a permis de constater le haut degr\u00e9 d&rsquo;amertume d&rsquo;autres officiers, qui n&rsquo;\u00e9taient \u00ab\u00a0pas dispos\u00e9s \u00e0 accepter que la situation actuelle perdure\u00a0\u00bb, car ils n&rsquo;\u00e9taient \u00ab\u00a0pas de simples recrues de l&rsquo;arm\u00e9e iranienne ou des \u00e9l\u00e9ments de Hasan Nasrallah\u00a0\u00bb !<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9contentement est particuli\u00e8rement perceptible parmi les officiers alaouites<\/strong>, qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9s \u00e0 \u00eatre trait\u00e9s de la sorte et qui d\u00e9sapprouvent un abandon de souverainet\u00e9 et de d\u00e9cision qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient jamais connu du temps de Hafez al-Assad. Ils s&rsquo;\u00e9taient exprim\u00e9s durant l&rsquo;intervention du Hizbollah \u00e0 Qse\u00efr, et ils avaient critiqu\u00e9 la conduite des batailles du Qalamoun et de la Ghouta de Damas. Mais leur r\u00e9probation a atteint son apog\u00e9e avec la d\u00e9cision du <strong>\u00ab\u00a0proconsul\u00a0\u00bb iranien en Syrie, auquel Bachar al-Assad a d\u00e9sormais abandonn\u00e9 ses pr\u00e9rogatives de commandant en chef des arm\u00e9es<\/strong> et des forces arm\u00e9es syriennes, de maintenir en poste certains officiers d\u00e9sapprouv\u00e9s par leur hi\u00e9rarchie ou d&rsquo;\u00e9carter des officiers et des soldats syriens, auxquels il ne faisait pas confiance, des combats pour la reprise d&rsquo;Alep et d&rsquo;autres localit\u00e9s de ce gouvernorat.<\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est peut-\u00eatre pour imposer le silence \u00e0 ces voix discordantes, en plus de sanctionner ses errements et lui faire oublier ses ambitions personnelles, que le g\u00e9n\u00e9ral Rustom Ghazaleh vient de subir une de ces corrections que l&rsquo;on dit m\u00e9morables.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/2015\/03\/17\/rustom-ghazaleh-sanctionne-pour-son-opposition-au-role-des-iraniens-en-syrie\/\">SyrieBlog<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec une d\u00e9lectation qui en dit long sur l&rsquo;aversion suscit\u00e9e par le personnage, un grand nombre de m\u00e9dias et de sites Internet arabes se sont fait l&rsquo;\u00e9cho, au cours des derni\u00e8res semaines, des m\u00e9saventures du g\u00e9n\u00e9ral Rustom Ghazaleh et des incertitudes concernant son sort. 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