{"id":140572,"date":"2015-01-30T16:39:44","date_gmt":"2015-01-30T15:39:44","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/dits-et-non-dits-de-la-reunion-de-lopposition-syrienne-au-caire\/"},"modified":"2024-01-23T13:54:15","modified_gmt":"2024-01-23T12:54:15","slug":"dits-et-non-dits-de-la-reunion-de-lopposition-syrienne-au-caire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/dits-et-non-dits-de-la-reunion-de-lopposition-syrienne-au-caire\/","title":{"rendered":"Dits et non-dits de la r\u00e9union de l\u2019opposition syrienne au Caire"},"content":{"rendered":"<p>\nLa r\u00e9union de l&rsquo;opposition syrienne tenue au Caire entre le 22 et le 24 janvier courant, en pr\u00e9sence d&rsquo;une quarantaine de personnes sur les quelque 75 invit\u00e9s, n&rsquo;aura pas r\u00e9pondu aux espoirs qu&rsquo;elle avait suscit\u00e9s. Elle est intervenue alors que la Coalition nationale des Forces de la R\u00e9volution et de l&rsquo;Opposition syrienne (CN), d&rsquo;une part, et le Comit\u00e9 de Coordination Nationale de Changement d\u00e9mocratique (CCNCD), d&rsquo;autre part, avaient entam\u00e9 depuis deux mois des discussions bilat\u00e9rales. Ils avaient \u00e9galement commenc\u00e9, chacun de son c\u00f4t\u00e9, \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir avec d&rsquo;autres partis et formations politiques aux moyens \u00e0 mettre en oeuvre pour faire cesser l&rsquo;effusion de sang en Syrie et aboutir \u00e0 l&rsquo;Etat d\u00e9mocratique pluraliste r\u00e9pondant aux aspirations de la r\u00e9volution.  Elle devait permettre de d\u00e9gager une vision commune &#8211; une \u00ab\u00a0Feuille de route\u00a0\u00bb &#8211; susceptible d&rsquo;aboutir \u00e0 une solution politique conforme \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;Accord de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb de juin 2012 et aux r\u00e9solutions pertinentes du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU.<\/p>\n<p><strong>Malheureusement, l&rsquo;Egypte, partie invitante, ne s&rsquo;est montr\u00e9e \u00e0 la hauteur ni de ses ambitions, ni de sa diplomatie<\/strong>. Pour ne pas s&rsquo;exposer frontalement dans un exercice qu&rsquo;il savait biais\u00e9, le Minist\u00e8re \u00e9gyptien des Affaires \u00e9trang\u00e8res s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9 en deuxi\u00e8me ligne. Il a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 l&rsquo;organisation de la rencontre \u00e0 un faux nez, le Conseil \u00e9gyptien des Affaires \u00e9trang\u00e8res, une organisation pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0non gouvernementale\u00a0\u00bb, compos\u00e9e d&rsquo;anciens ambassadeurs et travaillant \u00e0 son service. Se conformant aux desiderata du nouveau ma\u00eetre du pays, le g\u00e9n\u00e9ral Abdel-Fattah al-Sissi, qui avait explicitement souhait\u00e9 que Bachar al-Assad \u00ab\u00a0fasse partie de la solution politique\u00a0\u00bb, et se pliant aux injonctions des services de renseignements de leur pays, peu dispos\u00e9s \u00e0 alt\u00e9rer une relation avec leurs homologues syriens en passe d&rsquo;\u00eatre r\u00e9tablie, le Conseil a pris plusieurs d\u00e9cisions tout \u00e0 fait contestables.<\/p>\n<p>&#8211; Il a d&rsquo;abord exclu de la rencontre les formations politiques en tant que telles, n&rsquo;adressant des convocations qu&rsquo;\u00e0 certains de leurs membres et\/ou de leurs dirigeants, choisis en fonction des buts non d\u00e9clar\u00e9s de la r\u00e9union.<\/p>\n<p>&#8211; Il leur a adjoint des personnalit\u00e9s du mondes des arts &#8211; l&rsquo;acteur Jamal Souleiman &#8211; ou des affaires &#8211; le richissime propri\u00e9taire de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re P\u00e9trofac, Ayman al-Asfari -, et une dizaine d&rsquo;opposants \u00e0 titre individuel, parmi lesquels l&rsquo;ancien ambassadeur Riyad Naasan Agha et l&rsquo;ancien porte-parole du minist\u00e8re syrien des Affaires \u00e9trang\u00e8res Jihad Maqdisi.<\/p>\n<p>&#8211; Il a s\u00e9lectionn\u00e9 les participants de mani\u00e8re \u00e0 donner un poids pr\u00e9pond\u00e9rant aux \u00ab\u00a0opposants de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, conviant 11 membres du CCNCD contre 8 de la CN, 3 du Conseil national kurde, 2 du Parti de l&rsquo;Union d\u00e9mocratique (PYD, ex-PKK), 2 du Courant de la Construction de l&rsquo;Etat syrien,  1 de l&rsquo;Union des D\u00e9mocrates, 1 de la Tribune d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>&#8211; Il a ignor\u00e9 des opposants de premier plan &#8211; Riyad Seif, Michel Kilo, Burhan Ghalioun, Habib Aissa, Ahmed Moazz al-Khatib, Kamal al-Labwani&#8230; &#8211; dont la pr\u00e9sence aurait \u00e9t\u00e9 utile, mais dont le charisme et l&rsquo;influence auraient pu orienter les discussions vers des solutions non conformes aux attentes des \u00c9gyptiens et de la partie qu&rsquo;ils comptaient favoriser.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Il a \u00e9cart\u00e9 les Fr\u00e8res Musulmans<\/strong>, redevenus en Egypte l&rsquo;ennemi public num\u00e9ro un, les d\u00e9mocrates du Bloc du Rassemblement national, et les dirigeants de la D\u00e9claration de Damas et du Conseil national syrien, consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0clients\u00a0\u00bb de la Turquie, dont la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du probl\u00e8me syrien \u00e9tait l&rsquo;un des objectifs inavou\u00e9s de la rencontre.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Il a oubli\u00e9 les officiers d\u00e9serteurs de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre<\/strong>, composante militaire de la r\u00e9volution, qui n&rsquo;auraient pas manqu\u00e9 de mettre en difficult\u00e9 certains partisans d&rsquo;un pacifisme de la r\u00e9volution d\u00e9connect\u00e9 de toute r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Il s&rsquo;est finalement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 des activistes et des r\u00e9volutionnaires, engag\u00e9s soit dans les organisations cr\u00e9\u00e9es au d\u00e9but du soul\u00e8vement, soit dans les structures peu \u00e0 peu mises en place pour g\u00e9rer les villes et r\u00e9gions lib\u00e9r\u00e9es (Mouvement r\u00e9volutionnaire, Comit\u00e9s locaux, organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile&#8230;).<\/p>\n<p>De ce fait, repr\u00e9sent\u00e9 au plus haut niveau avec Hasan Abdel-Azim (coordinateur g\u00e9n\u00e9ral), Haytham Manna (coordinateur g\u00e9n\u00e9ral pour l&rsquo;\u00e9migration), Mohammed Saleh Mouslim (coordinateur g\u00e9n\u00e9ral adjoint), Khaled Aissa (coordinateur g\u00e9n\u00e9ral adjoint pour l&rsquo;\u00e9migration), Safwan Akkach&#8230;, le CCNCD , cens\u00e9 incarner \u00ab\u00a0l&rsquo;opposition de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0\u00bb alors qu&rsquo;il n&rsquo;est que l&rsquo;une des composantes de \u00ab\u00a0l&rsquo;opposition tol\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb par le r\u00e9gime en place, a eu beau jeu de mettre la main sur les d\u00e9bats et d&rsquo;orienter la r\u00e9daction du texte final. D&rsquo;autant que celui-ci, pr\u00e9sent\u00e9 comme le travail d&rsquo;experts \u00e9gyptiens, \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 son oeuvre et qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour promouvoir ses points de vue.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la CN, \u00e0 la notable exception de Nagham al-Ghadri, nouvelle vice-pr\u00e9sidente, n&rsquo;avaient trouv\u00e9 gr\u00e2ce aux yeux des organisateurs \u00e9gyptiens que des personnalit\u00e9s rel\u00e9gu\u00e9es au second plan lors des \u00e9lections internes de janvier 2015. Il s&rsquo;agissait pour la plupart de proches de leurs amis Saoudiens : les anciens pr\u00e9sidents Ahmed al-Jarba et Hadi al-Bahra, l&rsquo;ancienne vice-pr\u00e9sidente Noura al-Amir, l&rsquo;ancien conseiller politique du pr\u00e9sident al-Jarba Fayez Sara, l&rsquo;ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Badr Jamous, Zakariya Saqqal et Qasem al-Khatib. Ils si\u00e8gent dans le meilleur des cas au Comit\u00e9 politique, mais ne figurent plus dans les instances dirigeantes de la CN. Arriv\u00e9 au Caire dans un autre cadre, l&rsquo;un de ses actuels vice-pr\u00e9sidents, Hicham Marah, n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 entrer dans le pays pour \u00ab\u00a0d\u00e9faut de visa\u00a0\u00bb, un probl\u00e8me \u00e9videmment insoluble pour le Minist\u00e8re \u00e9gyptien des Affaires \u00e9trang\u00e8res&#8230;<\/p>\n<p>Plusieurs formations politiques &#8211; la Tribune d\u00e9mocratique de Samir A\u00efta, le Parti de la R\u00e9publique de Mohammed Sabra&#8230; -, insatisfaites du mode de d\u00e9signation des participants et de l&rsquo;absence de tout document pr\u00e9paratoire, avaient d\u00e9clin\u00e9 l&rsquo;invitation. D&rsquo;autres, comme le Courant de la Construction de l&rsquo;Etat syrien, n&rsquo;ont pas tard\u00e9 \u00e0 quitter la salle de r\u00e9union, en d\u00e9saccord avec la cr\u00e9ation de \u00ab\u00a0l&rsquo;organe de gouvernement\u00a0\u00bb figurant dans le texte de l&rsquo;Accord de Gen\u00e8ve de juin 2012, auquel il pr\u00e9f\u00e9rait un \u00ab\u00a0gouvernement de coalition. D&rsquo;autres responsables politiques, ignor\u00e9s lors des invitations, comme le Dr Abdel-Baset Sida, ancien pr\u00e9sident du Conseil national Syrien, ou le Dr Abdel-Hakim Bachar, premier pr\u00e9sident du Conseil national kurde et ancien vice-pr\u00e9sident de la CN, ont exprim\u00e9 diverses critiques. Dans une allusion \u00e0 Mohammed Saleh Mouslim, ce dernier s&rsquo;est \u00e9tonn\u00e9 que les Kurdes s\u00e9lectionn\u00e9s par le Caire soient des partisans d&rsquo;une solution politique pr\u00e9servant le r\u00e9gime de Bachar al-Assad.<\/p>\n<p>===<\/p>\n<p><strong>Intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Accord du Caire pour la Syrie\u00a0\u00bb, le texte du communiqu\u00e9 final de la rencontre comporte 10 articles qui se lisent ainsi :<\/strong><\/p>\n<p>1. L&rsquo;objectif du processus de n\u00e9gociation est de passer \u00e0 un r\u00e9gime d\u00e9mocratique et un \u00e9tat civil souverain, la solution en Syrie ne pouvant \u00eatre que politique et nationale.<\/p>\n<p>2. Nous sommes d&rsquo;accord sur un contrat social et un pacte national qui institue un Etat d\u00e9mocratique moderne, qui instaure les libert\u00e9s politiques et les droits civils, qui repose sur le principe de la citoyennet\u00e9, de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des Syriens en droits et en devoirs et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les sexe, et qui garantisse les droits de la totalit\u00e9 des composantes nationales du peuple syrien, dans le cadre de la d\u00e9centralisation administrative.<\/p>\n<p>3. Toute solution politique r\u00e9aliste exige une couverture internationale et r\u00e9gionale et une large adh\u00e9sion populaire. Cela requiert un compromis historique incarnant les aspirations du peuple syrien et de sa r\u00e9volution, construit sur les bases de \u00ab\u00a0l&rsquo;Accord de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb, avec des garanties internationales claires, tous les efforts internationaux de r\u00e8glement \u00e9tant les bienvenus.<\/p>\n<p>4. La dispersion des efforts  de l&rsquo;opposition a constitu\u00e9 un facteur n\u00e9gatif et l&rsquo;une des causes de la perp\u00e9tuation du conflit. C&rsquo;est pourquoi nous consid\u00e9rons qu&rsquo;une position unifi\u00e9e de l&rsquo;opposition est un devoir et une exigence nationale.<\/p>\n<p>5. Le lancement du processus politique impose un certain nombre de mesures. Il exige de ceux qui veulent le bon aboutissement de cette solution politique qu&rsquo;ils \u0153uvrent en commun \u00e0 la lib\u00e9ration des personnes des deux sexes emprisonn\u00e9es ou enlev\u00e9es, qu&rsquo;ils s&rsquo;engagent \u00e0 respecter le droit humain international, qu&rsquo;ils mettent fin aux crimes de guerre, aux bombardements des civils et \u00e0 la privation des conditions naturelle de vie, qu&rsquo;ils laissent parvenir les produits alimentaires, les m\u00e9dicaments et les secours n\u00e9cessaires aux r\u00e9gions assi\u00e9g\u00e9es, qu&rsquo;ils l\u00e8vent les sanctions \u00e9conomiques injustes qui affectent la vie des citoyens, et qu&rsquo;ils assurent les conditions obligatoires  au retour des d\u00e9plac\u00e9s et des exil\u00e9s.<\/p>\n<p>6. Il est indispensable qu&rsquo;un accord de principe soit conclu entre toutes les parties syriennes pour mettre fin aux diff\u00e9rentes formes de pr\u00e9sence militaire non syrienne, quel que soit le pays dont ces forces proviennent et la partie au c\u00f4t\u00e9 de laquelle elles sont engag\u00e9es. La pr\u00e9sence de combattants non syriens a en effet accru l&rsquo;importance de la catastrophe, d\u00e9truit l&rsquo;unit\u00e9 du tissu social de la soci\u00e9t\u00e9 syrienne et emp\u00each\u00e9 les Syriens d&rsquo;engager par eux-m\u00eames une solution \u00e0 leurs probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>7. La mise en oeuvre de la solution n\u00e9goci\u00e9e imposera \u00e0 toutes les parties de respecter le principe du droit exclusif de l&rsquo;Etat \u00e0 d\u00e9tenir des armes. Ceci exige de restructurer les institutions militaires et s\u00e9curitaires, d&rsquo;int\u00e9grer dans l&rsquo;arm\u00e9e les forces militaires de l&rsquo;opposition adh\u00e9rant \u00e0 la solution politique, de mani\u00e8re \u00e0 garantir que ces institutions aient d\u00e9sormais pour mission de prot\u00e9ger l&rsquo;ind\u00e9pendance et la souverainet\u00e9 nationale et de procurer la dignit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 tous les Syriens.<\/p>\n<p>8. Nous demandons aux instances internationale d&rsquo;assumer leurs responsabilit\u00e9s juridiques dans le gel des sources du terrorisme. Nous demandons \u00e0 tous les Etats de respecter les d\u00e9cisions du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 concernant la lutte contre le terrorisme, et en particulier les r\u00e9solutions 2170 et 2178.<\/p>\n<p>9. La solution politique, qui garantisse un changement d\u00e9mocratique radical et criminalise la violence et le confessionnalisme, est la condition objective de toute renaissance et de toute mobilisation des Syriens dans le combat contre les organisations terroristes. En se r\u00e9pandant en Syrie, ces organisations menacent son pr\u00e9sent et son avenir.<\/p>\n<p>10. Un Congr\u00e8s national syrien se tiendra au Caire au printemps 2015. Pour le pr\u00e9parer, il est cr\u00e9\u00e9 un  comit\u00e9 de suivi qui sera en communication avec les parties concern\u00e9es de l&rsquo;opposition syrienne. Outre la pr\u00e9paration et la participation au congr\u00e8s, il diffusera les conclusions de la pr\u00e9sente rencontre et contactera les parties arabes, r\u00e9gionales et internationales afin de contribuer \u00e0 la solution politique attendue, conform\u00e9ment \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;Accord de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>===<\/p>\n<p><strong>Ce texte a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par certains participants qui ont refus\u00e9 de le signer.<\/strong><\/p>\n<p>A l&rsquo;exception d&rsquo;Ahmed al-Jarba et de Fayez Sara, les membres de la Coalition nationale se sont abstenus parce qu&rsquo;il se situait en-de\u00e7\u00e0 de leurs attentes. Certes, il mentionnait une fois le terme \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb, mais il passait sous silence le r\u00f4le du pouvoir en place dans l&rsquo;aggravation de la crise, attribu\u00e9e \u00e0 la d\u00e9sunion de l&rsquo;opposition, et il ignorait la majorit\u00e9 des \u00ab\u00a0revendications\u00a0\u00bb du peuple syrien. Surtout, il entretenait intentionnellement le flou sur la \u00ab\u00a0chute du r\u00e9gime\u00a0\u00bb et le sort de Bachar al-Assad. Et il passait sous silence l&rsquo;exigence de justice qui, seule, via la mise en oeuvre d&rsquo;une \u00ab\u00a0justice transitionnelle\u00a0\u00bb, dissuaderait les victimes de se venger en reconnaissant les torts qu&rsquo;elles avaient subis et en sanctionnant les criminels. Toutefois, \u00e0 en croire Hicham Marwah, la CN \u00e9tudiera en d\u00e9tail les r\u00e9sultats de cette r\u00e9union, dont l&rsquo;acceptation ou le rejet sera li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de sa contribution potentielle \u00e0 la solution politique, et non au fait que les organisateurs aient jug\u00e9 bon de la tenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la manifestation.<\/p>\n<p>Plusieurs participants n&rsquo;ont pas compris comment il pouvait \u00eatre l\u00e9gitime d&rsquo;appeler \u00e0 un r\u00f4le accru de l&rsquo;Egypte, une proposition longuement d\u00e9velopp\u00e9e par Haytham Manna lors de la conf\u00e9rence de presse de cl\u00f4ture, alors que la rencontre \u00e9tait destin\u00e9e, en d\u00e9non\u00e7ant les interf\u00e9rences ext\u00e9rieures dans le conflit en cours, \u00e0 permettre aux Syriens de r\u00e9cup\u00e9rer la d\u00e9cision et de prendre eux-m\u00eames en main l&rsquo;orientation de leur r\u00e9volution. Il est vrai que, pour l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9, il y a patronage et patronage, intervention et intervention. Ainsi, le patronage de la Turquie, dont se f\u00e9licitent de tr\u00e8s nombreux Syriens, est pour lui n\u00e9gatif, tandis que celui de l&rsquo;Egypte, qui m\u00e8ne la vie dure aux r\u00e9fugi\u00e9s syriens, est \u00e9videmment positif.<\/p>\n<p>A l&rsquo;instar de l&rsquo;avocat Mahmoud Mere\u00ef, pr\u00e9sident de l&rsquo;Organisation d&rsquo;Action nationale, d&rsquo;autres participants ont vu dans cet exercice une tentative pilot\u00e9e par le Caire, non pas de contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement de la Coalition nationale, toujours reconnue \u00e0 ce jour comme le seul repr\u00e9sentant l\u00e9gitime du peuple syrien, mais de lui substituer dans ce r\u00f4le le Comit\u00e9 de Coordination. Le moment pouvait \u00eatre opportun pour une telle man\u0153uvre, puisque les Amis de la Syrie, d\u00e9\u00e7us par les querelles intestines et l&rsquo;incapacit\u00e9 de la CN \u00e0 s&rsquo;imposer sur la sc\u00e8ne int\u00e9rieure, et pr\u00e9occup\u00e9s par le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Etat islamique et la s\u00e9duction de ses id\u00e9es radicales sur leur jeunesse, sont pr\u00eats \u00e0 s&rsquo;en remettre \u00e0 n&rsquo;importe qui, hier aux \u00c9gyptiens, aujourd&rsquo;hui aux Russes&#8230; et pourquoi pas demain \u00e0 Bachar al-Assad, du moment qu&rsquo;on les d\u00e9charge d&rsquo;un probl\u00e8me qu&rsquo;ils ne veulent plus assumer.<\/p>\n<p>===<\/p>\n<p>Parmi les membres du Comit\u00e9 charg\u00e9 de pr\u00e9parer le futur Congr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral, mentionn\u00e9 dans le paragraphe 10 de l&rsquo;Accord du Caire, si\u00e9geraient Haytham Manna, Safwan Akkach et Saleh al-Nabwani (CCNCD), Fayez Sara, Qasem al-Khatib (CN), Jamal Souleiman, Khaled al-Mahamid, Walid al-Bounni et Jihad Maqdisi (ind\u00e9pendants), Sinahouk Dibo (Parti de l&rsquo;Union d\u00e9mocratique, PYD, ex-PKK), Firas al-Khaldi (Mouvement r\u00e9volutionnaire)&#8230;<\/p>\n<p>Tout cela ne suffira pas \u00e0 trouver une solution au probl\u00e8me. Il suppose au minimum et au pr\u00e9alable que l&rsquo;opposition parvienne \u00e0 surmonter ses divisions. Or, comment serait-il possible lorsque chacune de ses composantes, et pas uniquement la CN comme certains se plaisent \u00e0 le souligner, sont incapables de s&rsquo;entendre en interne et de r\u00e9gler, de mani\u00e8re d\u00e9mocratique, la question de la participation et de la direction. Faut-il rappeler qu&rsquo;il n&rsquo;y a gu\u00e8re, le m\u00eame Haytham Manna a \u00e9t\u00e9 mis en cause par des membres du CCNCD qui lui reprochaient de diviser plut\u00f4t que d&rsquo;unir, et que d&rsquo;autres membres de ce groupe ont manifest\u00e9, il y a quelques jours, pour d\u00e9noncer l&rsquo;enthousiasme exprim\u00e9e par certains de leurs dirigeants \u00e0 la perspective de se rendre bient\u00f4t \u00e0 Moscou, en r\u00e9ponse \u00e0 la convocation des Russes, afin d&rsquo;y participer \u00e0 une rencontre avec une d\u00e9l\u00e9gation du r\u00e9gime dont l&rsquo;\u00e9chec \u00e9tait \u00e9crit d&rsquo;avance ?<\/p>\n<p>R\u00e9agissant \u00e0 ce qui se passait au Caire, le professeur Burhan Ghalioun, premier pr\u00e9sident du Conseil national syrien et professeur de sociologie politique \u00e0 Paris III, a rappel\u00e9, le 24 janvier, que, \u00ab\u00a0pour qu&rsquo;une r\u00e9union de l&rsquo;opposition soit fructueuse et que le dialogue entre ses membres et ses courants ait quelque valeur, il faut :<\/p>\n<p>1. que toute invitation \u00e0 une rencontre de ce type \u00e9mane de l&rsquo;opposition elle-m\u00eame ;<\/p>\n<p>2. que le choix des participants ne soit pas confi\u00e9 \u00e0 une seule et unique partie, mais soit le fait d&rsquo;un comit\u00e9 de coordination compos\u00e9 de repr\u00e9sentants des blocs, des formations, des partis et de personnalit\u00e9s publiques ;<\/p>\n<p>3. que la rencontre soit pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par la pr\u00e9paration en commun et par la diffusion de documents accept\u00e9s par tous ;<\/p>\n<p>4. que tous les opposants continuent de se r\u00e9f\u00e9rer aux documents pr\u00e9c\u00e9demment agr\u00e9\u00e9s sous l&rsquo;\u00e9gide de la Ligue des Etats arabes, fin 2012, que rien n&rsquo;interdit de revoir et d&rsquo;actualiser en tant que de besoin ;<\/p>\n<p>5. que l&rsquo;opposition soit consciente que son unification ne constitue pas un but en soi, mais qu&rsquo;elle doit harmoniser ses positions de mani\u00e8re \u00e0 permettre la r\u00e9daction d&rsquo;une \u00ab\u00a0feuille de route\u00a0\u00bb, et l&rsquo;adoption de m\u00e9canismes de travail, de coordination et d&rsquo;entraide ;<\/p>\n<p>6. qu&rsquo;il aurait donc mieux valu n&rsquo;inviter au Caire que 25 \u00e0 30 v\u00e9ritables repr\u00e9sentants d&rsquo;authentiques partis, courants ou rassemblements, pour mener un dialogue approfondi sur les documents d\u00e9j\u00e0 agr\u00e9\u00e9s, les revisiter si n\u00e9cessaire, et produire enfin un programme politique commun mutuellement agr\u00e9\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Mais, comme aujourd&rsquo;hui \u00e0 Moscou, les choix op\u00e9r\u00e9s hier au Caire ne devaient rien au hasard. Ils traduisaient les intentions inavou\u00e9es des organisateurs.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/2015\/01\/29\/dits-et-non-dits-de-la-reunion-de-lopposition-syrienne-au-caire\/#more-9456\">Syrie Blog<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9union de l&rsquo;opposition syrienne tenue au Caire entre le 22 et le 24 janvier courant, en pr\u00e9sence d&rsquo;une quarantaine de personnes sur les quelque 75 invit\u00e9s, n&rsquo;aura pas r\u00e9pondu aux espoirs qu&rsquo;elle avait suscit\u00e9s. Elle est intervenue alors que la Coalition nationale des Forces de la R\u00e9volution et de l&rsquo;Opposition syrienne (CN), d&rsquo;une part,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-140572","post","type-post","status-publish","format-standard"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140572","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=140572"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140572\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=140572"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=140572"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=140572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}