{"id":139775,"date":"2014-07-30T16:17:50","date_gmt":"2014-07-30T15:17:50","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/esclavage-domestique-au-liban-certaines-filles-dorment-dans-le-couloir\/"},"modified":"2024-01-23T13:42:59","modified_gmt":"2024-01-23T12:42:59","slug":"esclavage-domestique-au-liban-certaines-filles-dorment-dans-le-couloir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/esclavage-domestique-au-liban-certaines-filles-dorment-dans-le-couloir\/","title":{"rendered":"Esclavage domestique au Liban : \u00abCertaines filles dorment dans le couloir\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Une domestique immigr\u00e9e dans un refuge tenu par l&rsquo;association Caritas \u00e0 Dora, \u00e0 l&rsquo;est de Beyrouth, au Liban. (Photo Cynthia Karam. Reuters)<\/p>\n<p><strong>R\u00c9CIT Aim\u00e9e Razanajay, employ\u00e9e de maison \u00e0 Beyrouth, d\u00e9nonce les conditions de travail des Malgaches recrut\u00e9es par des familles libanaises.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, des dizaines de milliers de Malgaches sont parties travailler en tant que domestiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, selon les chiffres de l&rsquo;Organisation internationale du travail. Aim\u00e9e Razanajay, employ\u00e9e de maison \u00e0 Beyrouth, d\u00e9nonce un trafic entre des agences malgaches et le Liban, o\u00f9 certaines de ses coll\u00e8gues sont r\u00e9duites en esclavage.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une grande majorit\u00e9 de Malgaches ayant quitt\u00e9 leur pays \u00e0 cause de la pauvret\u00e9 ou des conditions de vie difficiles, Aim\u00e9e Razanajay, qui dirigeait une entreprise matrimoniale, voulait juste voir du pays. En 1998, elle d\u00e9cide de chercher du travail \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Une agence de recrutement a tout de suite pris en charge les d\u00e9marches pour lui obtenir un passeport. \u00abJe n&rsquo;ai pas demand\u00e9 quel travail il me proposait et personne ne m&rsquo;a rien dit. Il n&rsquo;y a eu aucun d\u00e9bat, aucune explication\u00bb, d\u00e9plore Aim\u00e9e. C&rsquo;est lors de la signature du contrat, deux mois plus tard, qu&rsquo;elle apprend qu&rsquo;elle part le surlendemain pour le Liban, comme domestique. <\/p>\n<p>A son arriv\u00e9e \u00e0 Beyrouth, la jeune femme est \u00abchoqu\u00e9e\u00bb. Seule la jeune Philippine qui lui a ouvert la porte lui adresse la parole et fait attention \u00e0 elle. Ses employeurs ne la maltraitent pas physiquement, ils l&rsquo;ignorent simplement. Au fil de ses rencontres \u2013 la plupart du temps au supermarch\u00e9 lorsqu&rsquo;elle fait les courses \u2013 elle recueille les t\u00e9moignages de nombreuses domestiques victimes d&rsquo;abus en tout genre et d\u00e9cide de tout noter dans un carnet. \u00abJe me demandais tous les jours comment je pouvais les aider\u00bb, confie-t-elle. <\/p>\n<p><strong>\u00abCERTAINES FAMILLES CONFISQUENT PASSEPORT ET CARNET D&rsquo;ADRESSES\u00bb<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans son pr\u00e9cieux carnet, les t\u00e9moignages qu&rsquo;elle recense se ressemblent. Les employ\u00e9es de maison n&rsquo;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas de jour de cong\u00e9 ni le droit de sortir sans la pr\u00e9sence de leur employeur et leurs repas se limitent aux restes. \u00abCertaines familles confisquent leur passeport et leur carnet d&rsquo;adresses. Elles ne peuvent appeler personne pour se plaindre ou rendre compte de leur situation, m\u00eame pas leurs proches ou l&rsquo;ambassade\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. La nuit, \u00abcertaines filles dorment dans le couloir\u00bb. Tout cela pour un salaire d&rsquo;en moyenne 125 euros par mois, sachant que la famille qui recrute d\u00e9bourse en moyenne 2 500 euros par mois, l&rsquo;argent finissant dans les caisses des interm\u00e9diaires malgaches et libanais. <\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, Aim\u00e9e, qui se dit \u00abrespect\u00e9e\u00bb par ses employeurs, devient la porte-parole de ses coll\u00e8gues exploit\u00e9es. Son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone circule entre les domestiques au centre commercial ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. \u00abJ&rsquo;essaie de les aider \u00e0 faire usage leurs droits\u00bb, explique-t-elle tout en d\u00e9plorant le manque d&rsquo;action concr\u00e8te. Et d&rsquo;ajouter : \u00abMon r\u00f4le est de leur apprendre \u00e0 \u00eatre courageuses et \u00e0 communiquer avec les bons mots\u00bb. Aim\u00e9e en oriente certaines vers Caritas, une association qui accueille et h\u00e9berge les domestiques ayant fui un foyer hostile.<\/p>\n<p><strong>\u00abLES AGENCES DE RECRUTEMENT NE SONT PAS CLAIRES\u00bb<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Le nombre de Malgaches travaillant au Liban dans des conditions proches de l&rsquo;esclavage n&rsquo;est pas connu, mais le ph\u00e9nom\u00e8ne est courant malgr\u00e9 l\u2019interdiction du gouvernement malgache d\u2019envoyer des travailleurs migrants dans certains pays \u00ab\u00e0 risque\u00bb, dont fait partie le Liban depuis 2011. <\/p>\n<p>Aim\u00e9e Razanajay accuse les agences de recrutement malgaches, qui entretiennent ce business juteux. \u00abLes agences ne sont pas claires, elles n&rsquo;expliquent rien, raconte-t-elle. La plupart des filles ne sont pas \u00e9duqu\u00e9es, elle ne lisent pas le contrat et consid\u00e8rent juste le fait de partir loin comme une aubaine.\u00bb Elle pointe les probl\u00e8mes de communication entre employ\u00e9es et patrons. \u00abLa plupart des jeunes Malgaches qui se font recruter ainsi ne parlent ni arabe ni anglais et parfois m\u00eame pas le fran\u00e7ais. Cela rend encore plus compliqu\u00e9e la relation avec l&#8217;employeur.\u00bb A une jeune fille r\u00e9duite en esclavage, son patron a tr\u00e8s s\u00e9rieusement demand\u00e9 r\u00e9cemment : \u00abPourquoi voudrais-tu ton salaire?\u00bb <\/p>\n<p>Audrey DESTOUCHES<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/monde\/2014\/07\/30\/esclavage-domestique-au-liban-certaines-filles-dorment-dans-le-couloir_1072309?utm_source=dlvr.it&#038;utm_medium=twitter\">Lib\u00e9ration<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une domestique immigr\u00e9e dans un refuge tenu par l&rsquo;association Caritas \u00e0 Dora, \u00e0 l&rsquo;est de Beyrouth, au Liban. (Photo Cynthia Karam. Reuters) R\u00c9CIT Aim\u00e9e Razanajay, employ\u00e9e de maison \u00e0 Beyrouth, d\u00e9nonce les conditions de travail des Malgaches recrut\u00e9es par des familles libanaises. 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