{"id":136182,"date":"2013-12-26T03:11:10","date_gmt":"2013-12-26T02:11:10","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/le-parti-baath-syrien-victime-de-son-instrumentalisation-par-les-militaires-2-4\/"},"modified":"2024-01-23T13:38:41","modified_gmt":"2024-01-23T12:38:41","slug":"le-parti-baath-syrien-victime-de-son-instrumentalisation-par-les-militaires-2-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/le-parti-baath-syrien-victime-de-son-instrumentalisation-par-les-militaires-2-4\/","title":{"rendered":"Le parti Baath syrien, victime de son instrumentalisation par les militaires (2\/4)"},"content":{"rendered":"<p>Cet article se propose d&rsquo;expliquer les raisons du silence et de la discr\u00e9tion dans lesquels le parti Baath, nagu\u00e8re encore \u00ab\u00a0parti dirigeant de l&rsquo;Etat et de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb en Syrie, semble se terrer depuis le d\u00e9but du soul\u00e8vement populaire. Il montrera, en rappelant dans quelles conditions le Baath a acc\u00e9d\u00e9 au pouvoir, en 1963, que ce mutisme est en quelque sorte impos\u00e9 \u00e0 ses dirigeants civils par leurs camarades militaires, dont le poids dans la d\u00e9cision l&#8217;emporte sur le leur. Il montrera comment, parvenu au sommet du parti et de l&rsquo;Etat en raison de son appartenance \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e, Hafez al-Assad s&rsquo;est d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 du Baath et l&rsquo;a r\u00e9duit, quand il n&rsquo;en a plus eu besoin, au r\u00f4le d&rsquo;auxiliaire des services de renseignements. Il montrera enfin que, n&rsquo;ayant jamais \u00e9t\u00e9 baathiste avant de devenir le plus haut responsable du parti, comme il a acc\u00e9d\u00e9 au plus haut grade de l&rsquo;arm\u00e9e pour en devenir le chef cinq ans seulement apr\u00e8s le d\u00e9but de sa formation militaire, Bachar al-Assad \u00e9prouve pour le parti qu&rsquo;il dirige les m\u00eames sentiments que son p\u00e8re. <\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 l&rsquo;image extr\u00eamement lisse que certains ont donn\u00e9e de cette p\u00e9riode, la transition dynastique choisie et mise en \u0153uvre par Hafez al-Assad, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, n&rsquo;est pas pass\u00e9e, \u00e0 la direction du parti Baath, sans susciter des commentaires et, en cercles restreints, des expressions de contestation, voire de r\u00e9probation. On les avait faiblement entendues lorsque le chef de l&rsquo;Etat avait commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer son fils a\u00een\u00e9 Basel, car il s&rsquo;\u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 laisser planer l&rsquo;incertitude sur la r\u00e9alit\u00e9 de ses intentions. Qui plus est, la Syrie sortait d&rsquo;une s\u00e9rie de crises politiques et se d\u00e9battait dans de graves probl\u00e8mes \u00e9conomiques, et les Syriens aspiraient \u00e0 une forme de stabilit\u00e9 que Basel, militaire de formation et proche collaborateur de son p\u00e8re, pouvait peut-\u00eatre garantir. Cette perspective ne satisfaisait pas tous les apparatchiks civils et militaires. Mais Basel \u00ab\u00a0faisait partie du paysage\u00a0\u00bb, et l&rsquo;installation au pouvoir de cet officier, apr\u00e8s la disparition de son p\u00e8re, pouvait pr\u00e9venir de possibles d\u00e9sordres, dont aurait pu profiter l&rsquo;ancien homme fort du pays, son oncle, l&rsquo;ancien vice-pr\u00e9sident Rifaat al-Assad. Vivant en exil entre l&rsquo;Espagne et la France, il n&rsquo;avait jamais cess\u00e9 de consid\u00e9rer qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9, pour son pays, un meilleur dirigeant que son fr\u00e8re a\u00een\u00e9&#8230; et \u00e0 plus forte raison que ses neveux.<\/p>\n<p>En revanche, lorsque Hafez al-Assad a fait revenir en Syrie son fils cadet, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s accidentel de Basel en janvier 1994, des objections et parfois des protestations se sont fait entendre au-del\u00e0 des cercles dirigeants du parti. Elles ont conduit \u00e0 des mises \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, dont la plus notable a \u00e9t\u00e9 celle du g\u00e9n\u00e9ral Ali Haydar, pourtant l&rsquo;un des fid\u00e8les parmi les fid\u00e8les du chef de l&rsquo;Etat, qui avait dirig\u00e9 les Forces sp\u00e9ciales lors de la reprise de Hama, en f\u00e9vrier 1982. Assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence et soumis \u00e0 des contr\u00f4les parfois vexatoires de la part des moukhabarat, il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit au silence. Ayant fait part de son malaise avec plus de doigt\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral Ali Douba, le tr\u00e8s redout\u00e9 chef des Renseignements militaires, a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 faire valoir ses droits \u00e0 la retraite, \u00e0 quitter son poste et \u00e0 aller subir en Grande Bretagne, au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 2000, les soins que requ\u00e9rait opportun\u00e9ment son \u00e9tat de sant\u00e9. Un autre officier de premier plan, le g\u00e9n\u00e9ral Hikmet al-Chehabi, chef d&rsquo;Etat-major, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 mettre de la distance entre lui-m\u00eame et le futur h\u00e9ritier, \u00ab\u00a0inform\u00e9\u00a0\u00bb qu&rsquo;il pourrait \u00eatre bient\u00f4t l&rsquo;objet d&rsquo;une enqu\u00eate pour corruption et d\u00e9tournement de fonds\u2026<\/p>\n<p>S&rsquo;agissant des responsables civils du parti Baath, la prudence leur a dict\u00e9 de taire leur d\u00e9saveu du choix du chef de l&rsquo;Etat, et, surtout, de dissimuler la frustration provoqu\u00e9e chez eux par son manque de reconnaissance pour leur entier d\u00e9vouement \u00e0 sa personne au long de ses longues ann\u00e9es de pouvoir. Comme certains officiers de l&rsquo;arm\u00e9e et des services de s\u00e9curit\u00e9, ils ont raval\u00e9 leurs ambitions et ils ont jug\u00e9 urgent d&rsquo;attendre, dans l&rsquo;espoir que le moment de la succession leur offrirait malgr\u00e9 tout la possibilit\u00e9 de faire valoir leurs droits. On sait comment les choses se sont pass\u00e9es lorsque, le 10 juin 2000, le \u00ab\u00a0pr\u00e9sident \u00e0 vie\u00a0\u00bb est devenu le \u00ab\u00a0chef pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb. Ayant pris les choses en main, le g\u00e9n\u00e9ral Moustapha Tlass n&rsquo;a laiss\u00e9 de chance \u00e0 personne. Il a lui-m\u00eame racont\u00e9 comment il avait contraint le vice-pr\u00e9sident Abdel-Halim Khaddam \u00e0 signer les diff\u00e9rents d\u00e9crets qui ont mis un terme d\u00e9finitif \u00e0 ses esp\u00e9rances. C&rsquo;est lui qui a fait du jeune Bachar al-Assad, en contradiction avec l&rsquo;article 83 de la Constitution &#8211; \u00ab\u00a0les candidats \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle doivent \u00eatre arabes syriens, jouir de leurs droits civils et politiques, et \u00eatre \u00e2g\u00e9s de 40 ans\u00a0\u00bb &#8211; et malgr\u00e9 une inexp\u00e9rience politique manifeste, le seul et unique candidat \u00e0 la succession de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>A la mort de Hafez al-Assad, la formation de son jeune h\u00e9ritier avait comport\u00e9 un volet militaire, un volet s\u00e9curitaire, un volet diplomatique et de relations internationales, une formation aux affaires \u00e9conomiques et m\u00eame une initiation aux questions culturelles. En revanche, durant ses 6 ann\u00e9es de pr\u00e9paration \u00e0 l&rsquo;exercice du pouvoir, Bachar al-Assad n&rsquo;avait jamais manifest\u00e9 le moindre int\u00e9r\u00eat pour le fonctionnement du Baath et n&rsquo;avait particip\u00e9 \u00e0 aucune de ses r\u00e9unions, \u00e0 quelque niveau que ce soit\u2026 Pour lui, comme pour son p\u00e8re, qui avait refus\u00e9 d&rsquo;entendre durant 15 ans ce qu&rsquo;il aurait pu lui transmettre des sentiments et des attentes de la population, le Baath \u00e9tait bien la cinqui\u00e8me roue du carrosse.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait  pr\u00e9vu que, lors du 9\u00e8me Congr\u00e8s, convoqu\u00e9 pour le 17 juin 2000 avant m\u00eame la mort de Hafez, la composition du Commandement r\u00e9gional, l&rsquo;instance supr\u00eame du Baath, serait modifi\u00e9e. Le m\u00e9nage ayant \u00e9t\u00e9 fait parmi les militaires r\u00e9calcitrants, il fallait d\u00e9sormais \u00e9carter ceux qui, parmi les 20 membres en fonction depuis 15 ans et plus dans cet \u00e9tat-major politique, risquaient de constituer, de par leur ancrage dans le parti, des contrepoids \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 et des freins \u00e0 l&rsquo;action de Bachar al-Assad, qui, sans jamais avoir \u00e9t\u00e9 baathiste ni avoir assum\u00e9 la moindre responsabilit\u00e9 au sein du Baath, s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 en devenir d&rsquo;un seul coup le nouveau secr\u00e9taire r\u00e9gional, autrement dit le chef. Parmi les 11 membres du commandement alors \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9s, figurait par exemple Izzeddin Naser, ancien patron de l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale des Travailleurs syriens et directeur, depuis 1980, du bureau des Travailleurs au sein du Commandement r\u00e9gional. Il \u00e9tait capable, au cas o\u00f9 le gouvernement aurait pris une d\u00e9cision contre ses \u00ab\u00a0prot\u00e9g\u00e9s\u00a0\u00bb, de faire descendre dans la rue 2 millions d&rsquo;ouvriers\u2026 Alaouite et originaire de Banias, l&rsquo;homme \u00e9tait trop puissant pour \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 sa place.<\/p>\n<p>Le processus de renouvellement des membres du Commandement r\u00e9gional est achev\u00e9 en juin 2005, lors du 10\u00e8me congr\u00e8s, au terme duquel les 9 derniers membres en fonction avant l&rsquo;ann\u00e9e 2000 sont \u00e0 leur tour remplac\u00e9s. D\u00e9sormais, dans une instance r\u00e9duite de 21 \u00e0 14 membres, personne ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une anciennet\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 celle de Bachar. Cette op\u00e9ration, encore une fois n\u00e9cessaire pour renforcer l&rsquo;autorit\u00e9 du jeune pr\u00e9sident, s&rsquo;accompagne naturellement d&rsquo;une perte d&rsquo;influence et de contr\u00f4le du Commandement r\u00e9gional sur la base du parti, et ce d&rsquo;autant plus que, s\u00e9lectionn\u00e9s in fine par les responsables des services de renseignements, qui tiennent chacun \u00e0 disposer d&rsquo;un ou de plusieurs informateurs \u00e0 la direction du parti, un certain nombre de nouveaux membres de cette instance sont de parfaits inconnus, y compris au sein de leur parti\u2026<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en juin 2000, la d\u00e9signation de Mohammed al-Husse\u00efn, obscur professeur d&rsquo;Economie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Alep, et, en juin 2005, celle de Chahinaz Fakouch, simple membre du bureau du parti \u00e0 De\u00efr al-Zor, suscitent perplexit\u00e9 et moquerie dans les rangs de leurs camarades. Derri\u00e8re ces deux nominations, ils voient la patte du g\u00e9n\u00e9ral Mohammed Sleiman, le conseiller militaire et s\u00e9curitaire que Bachar al-Assad a h\u00e9rit\u00e9 de son fr\u00e8re Basel. C&rsquo;est en en effet \u00e0 cet officier, depuis lors liquid\u00e9 &#8211; officiellement par les Isra\u00e9liens\u2026 &#8211; sur la terrasse de sa villa de la plage de Tartous, au d\u00e9but du mois d&rsquo;ao\u00fbt 2008, qu&rsquo;incombait le soin de r\u00e9diger la liste d\u00e9finitive des nouveaux imp\u00e9trants. Or, il \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 une femme de De\u00efr al-Zor de la famille Jad&rsquo;an, dont une s\u0153ur \u00e9tait l&rsquo;\u00e9pouse de Maher al-Assad et une autre la femme de ce m\u00eame Mohammed al-Huse\u00efn\u2026<\/p>\n<p>S&rsquo;ils sont choisis en raison de leur all\u00e9geance \u00e0 tel ou tel Service, les nouveaux membres du Commandement r\u00e9gional sont aussi retenus parce qu&rsquo;ils offrent l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des \u00ab\u00a0qualit\u00e9s\u00a0\u00bb cens\u00e9es donner l&rsquo;illusion \u00e0 l&rsquo;ensemble de la population syrienne qu&rsquo;elle est \u00ab\u00a0repr\u00e9sent\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 la direction du parti. Celle-ci doit toujours inclure un chr\u00e9tien, un druze, parfois un isma\u00e9lien, un ou plusieurs alaouites&#8230; Elle doit accueillir au moins un repr\u00e9sentant de chaque gouvernorat, ou du moins des principaux gouvernorats. Elle doit r\u00e9unir des membres des diverses cat\u00e9gories socio-professionnelles qui constituent la base du parti. Etc, etc\u2026 Pour \u00eatre s\u00fbrs de ne pas se tromper, car l&rsquo;alchimie est d\u00e9licate, les congressistes sont aimablement pri\u00e9s d&rsquo;abandonner \u00e0 leur secr\u00e9taire r\u00e9gional le soin de proposer \u00e0 leur applaudim\u00e8tre les noms de ceux dont il souhaite s&rsquo;entourer.<\/p>\n<p>Mais ce jeu des chaises musicales &#8211; ou ce \u00ab\u00a0jeu des tarbouches\u00a0\u00bb comme on dit en Syrie &#8211; ne suffit pas \u00e0 restaurer le manque de confiance dans le parti que Bachar al-Assad a \u00e9galement h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re. Il n&rsquo;a pas \u00e0 attendre tr\u00e8s longtemps, apr\u00e8s son intronisation, pour constater, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2000, la tr\u00e8s relative efficacit\u00e9 de ceux dont il est devenu le chef. Quand les forums de discussion se multiplient \u00e0 travers le pays, dans ce qui a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 &#8211; d\u00e9j\u00e0 \u00e0 tort\u2026 &#8211; de \u00ab\u00a0Printemps de Damas\u00a0\u00bb, des baathistes y participent. Mais ils s&rsquo;y montrent si discrets, prudents, r\u00e9serv\u00e9s, que leur nouveau secr\u00e9taire r\u00e9gional estime bient\u00f4t n\u00e9cessaire de \u00ab\u00a0leur secouer les puces\u00a0\u00bb. A sa demande, c&rsquo;est Abdel-Halim Khaddam qui s&rsquo;y colle. Dans une intervention \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Damas, il enjoint aux cadres baathistes, le 18 f\u00e9vrier 2001, de se montrer plus dynamiques, plus combatifs, et de ne pas h\u00e9siter \u00e0 d\u00e9fendre les acquis de plus de 30 ann\u00e9es de gestion de la Syrie par le parti dont ils constituent l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle. Mais cette admonestation n&rsquo;aura gu\u00e8re d&rsquo;effet. Et face \u00e0 la multiplication des revendications qui s&rsquo;apparentent bient\u00f4t \u00e0 de v\u00e9ritables cahiers de dol\u00e9ances, le chef de l&rsquo;Etat c\u00e8de \u00e0 la demande des moukhabarat et les laisse r\u00e9gler l&rsquo;affaire \u00e0 leur mani\u00e8re. Aux derniers jours du mois d&rsquo;ao\u00fbt 2001, les arrestations commencent&#8230;<\/p>\n<p>Le 10\u00e8me Congr\u00e8s, en juin 2005, est l&rsquo;occasion d&rsquo;une nouvelle d\u00e9sillusion. Le chef de l&rsquo;Etat constate que ce ne sont pas seulement les apparatchiks du Commandement r\u00e9gional qui r\u00e9sistent \u00e0 sa volont\u00e9 de faire entrer la Syrie dans une nouvelle \u00e8re \u00e9conomique, celle d&rsquo;une \u00e9conomie moderne, celle de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9. Alors que son entourage familial, enrichi par les trafics et la corruption, aspire \u00e0 investir dans des secteurs de plus en plus nombreux et diversifi\u00e9s, y compris dans les domaines jusqu&rsquo;alors r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Etat, les centaines de milliers de baathistes qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien de leur parti et qui n&rsquo;ont acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des emplois et \u00e0 des postes de responsabilit\u00e9 que gr\u00e2ce \u00e0 la wasta, le piston, ne tiennent pas \u00e0 voir les choses changer. Ils ne veulent pas c\u00e9der la place \u00e0 plus comp\u00e9tents qu&rsquo;eux dans une \u00e9conomie devenue concurrentielle. Malgr\u00e9 tout, moyennant des concessions dans d&rsquo;autres domaines et en particulier en \u00e9change de son renoncement momentan\u00e9 \u00e0 supprimer l&rsquo;article 8 de la Constitution, Bachar al-Assad obtient du Congr\u00e8s la validation du principe d'\u00a0\u00bb\u00e9conomie sociale de march\u00e9\u00a0\u00bb, dans lequel le qualificatif \u00ab\u00a0social\u00a0\u00bb n&rsquo;est introduit que pour apaiser les r\u00e9criminations des repr\u00e9sentants du Parti de la Renaissance arabe socialiste.<\/p>\n<p>Mais, signe que tout ne va pas bien entre lui et le parti, et par crainte d&rsquo;entendre des plaintes et des critiques de la part de certains des 1200 participants que r\u00e9unit habituellement ce genre de manifestation, Bachar al-Assad renonce, en juin 2010, \u00e0 convoquer le 11\u00e8me congr\u00e8s. Et lorsque la r\u00e9volution \u00e9clate, 9 mois plus tard, le 15 mars 2011, celui-ci n&rsquo;a toujours pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9uni\u2026<\/p>\n<p>(A suivre)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/2013\/12\/24\/le-parti-baath-syrien-victime-de-son-instrumentalisation-par-les-militaires-24\/#more-7559\">Syrie Blog<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article se propose d&rsquo;expliquer les raisons du silence et de la discr\u00e9tion dans lesquels le parti Baath, nagu\u00e8re encore \u00ab\u00a0parti dirigeant de l&rsquo;Etat et de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb en Syrie, semble se terrer depuis le d\u00e9but du soul\u00e8vement populaire. 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