{"id":136107,"date":"2013-12-11T13:05:48","date_gmt":"2013-12-11T12:05:48","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/deir-ez-zor-a-lest-de-la-syrie-des-islamistes-des-tribus-et-du-petrole\/"},"modified":"2024-01-23T13:38:37","modified_gmt":"2024-01-23T12:38:37","slug":"deir-ez-zor-a-lest-de-la-syrie-des-islamistes-des-tribus-et-du-petrole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/deir-ez-zor-a-lest-de-la-syrie-des-islamistes-des-tribus-et-du-petrole\/","title":{"rendered":"De\u00efr ez-Zor, \u00e0 l\u2019est de la Syrie. Des islamistes, des tribus et du p\u00e9trole\u2026"},"content":{"rendered":"<p>\n<strong><br \/>\nSitu\u00e9e \u00e0 moins de 150 km de la fronti\u00e8re irakienne<\/strong>, la ville de De\u00efr ez-Zor, sixi\u00e8me ville du pays, a suscit\u00e9 peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la part des m\u00e9dias depuis le d\u00e9but du conflit en Syrie. Les \u00e9v\u00e9nements qui s&rsquo;y d\u00e9roulent sont focalis\u00e9s sur des enjeux trop locaux pour int\u00e9resser un large public. Les combats qui y opposent les rebelles et le r\u00e9gime depuis la militarisation de la r\u00e9volution, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2011, ont fait de quelques quartiers de la ville de v\u00e9ritables champs de ruines, sur lequel de nombreuses rivalit\u00e9s se d\u00e9veloppent, compliquant la lecture des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p><strong>Un gouvernorat excentr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie peu d\u00e9velopp\u00e9e<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>La population de De\u00efr ez-Zor n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 prendre une part active au mouvement r\u00e9volutionnaire initi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre bout du pays. Cette ville de l&rsquo;est syrien n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 la plus n\u00e9glig\u00e9e dans les politiques de d\u00e9veloppement de Hafez al-Assad. Malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de mouvements d&rsquo;opposition au p\u00e8re de l&rsquo;actuel pr\u00e9sident syrien &#8211; Baath d\u00e9mocratique, Fr\u00e8res musulmans, parti communiste, parti socialiste&#8230; &#8211; De\u00efr ez-Zor \u00e9tait rest\u00e9 en marge des troubles qui avaient secou\u00e9 le pays durant les ann\u00e9es 1980. L&rsquo;importance de l&rsquo;agriculture et du secteur p\u00e9trolier &#8211; le gouvernorat abrite les secondes r\u00e9serves de p\u00e9trole du pays apr\u00e8s celles de Hassake &#8211; lui avait permis de conna\u00eetre un relatif d\u00e9veloppement, la pr\u00e9servant des troubles politiques qui affectaient alors Alep et Hama.<\/p>\n<p>L&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de Bachar al-Assad et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la lib\u00e9ralisation au nom de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9conomie sociale de march\u00e9\u00a0\u00bb a toutefois contribu\u00e9 \u00e0 marginaliser De\u00efr ez-Zor. L&rsquo;industrialisation y est rest\u00e9e limit\u00e9e et les s\u00e9cheresses de 2008 ont cr\u00e9\u00e9 des conditions de vie difficiles pour une grande partie des habitants du gouvernorat, \u00e9troitement d\u00e9pendants de l\u2019agriculture. La r\u00e9partition g\u00e9ographique des activit\u00e9s li\u00e9es aux ressources p\u00e9troli\u00e8res a \u00e9galement port\u00e9 pr\u00e9judice \u00e0 la province. Si le p\u00e9trole est extrait \u00e0 De\u00efr ez-Zor, la majeure partie des installations de raffinage sont en effet implant\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ouest du pays, \u00e0 Homs et  \u00e0 Banias. Les taux de pauvret\u00e9, de ch\u00f4mage et d&rsquo;analphab\u00e9tisme sont donc parmi les plus \u00e9lev\u00e9s du pays. La pr\u00e9sence de sites touristiques importants &#8211; la mill\u00e9naire Mari, Doura Europos, al-Mayadin, Zalabiya, Halabiya&#8230; &#8211; n&rsquo;a pas suffi pour permettre \u00e0 ces statistiques de s&rsquo;\u00e9lever. C&rsquo;est donc sans surprise que De\u00efr ez-Zor est  entr\u00e9e sans tarder dans la r\u00e9volution.<\/p>\n<p><strong>Une pr\u00e9sence militaire du r\u00e9gime r\u00e9duite et peu entreprenante<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s des mois de manifestations pacifiques auxquelles les seules r\u00e9ponses apport\u00e9es par le r\u00e9gime ont \u00e9t\u00e9 la r\u00e9pression et un simulacre de r\u00e9forme, la militarisation de la r\u00e9volution s&rsquo;est impos\u00e9e d&rsquo;elle-m\u00eame durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2011. Rapidement la r\u00e9gion s&#8217;embrase. Des combats ont lieu dans la capitale provinciale, imm\u00e9diatement assi\u00e9g\u00e9e par l&rsquo;arm\u00e9e, et dans d&rsquo;autres villes de moyenne importance, telles qu&rsquo;al-Mayadin, al-Mouhassan et al-Boukamal. A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2012, les rebelles peuvent revendiquer le contr\u00f4le de la majeure partie du gouvernorat et de certains postes frontaliers avec l&rsquo;Irak. Le r\u00e9gime se maintient toutefois dans les localit\u00e9s les plus importantes et dans ses bases militaires.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 2013, la majorit\u00e9 de la province \u00e9chappe au contr\u00f4le du r\u00e9gime dont les troupes sont d\u00e9sormais concentr\u00e9es autour de Damas, Homs et Alep. Les rebelles vont jusqu&rsquo;\u00e0 s&#8217;emparer du centre militaire d&rsquo;al-Kibar, bombard\u00e9 en 2007 par Isra\u00ebl qui y suspectait l&rsquo;existence d&rsquo;un programme de recherche nucl\u00e9aire. De nouvelles offensives lanc\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;automne 2013 permettent aux rebelles de s&#8217;emparer de nouveaux quartiers et d&rsquo;intensifier la pression sur les derniers secteurs loyalistes. Le chef des renseignements militaires de De\u00efr ez-Zor, le g\u00e9n\u00e9ral Jam&rsquo;a Jam&rsquo;a &#8211; qui avait offici\u00e9 durant de nombreuses ann\u00e9es au Liban et ne serait pas \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien premier-ministre libanais Rafic Hariri &#8211; perd la vie lors de cette derni\u00e8re offensive, le 17 octobre 2013. Son successeur, &lsquo;Isam Zahr al-Din aurait \u00e9t\u00e9 gravement bless\u00e9 \u00e0 la fin du mois de novembre. La pr\u00e9sence du r\u00e9gime se limite aujourd&rsquo;hui \u00e0 quelques quartiers au sud de De\u00efr ez-Zor et \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport militaire.<\/p>\n<p><strong>Un Conseil militaire supr\u00eame d\u00e9consid\u00e9r\u00e9 par son impuissance<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les forces rebelles impliqu\u00e9es dans les combats sont extr\u00eamement nombreuses. Longtemps ind\u00e9pendantes les unes des autres, elles ont cherch\u00e9 au fil des mois \u00e0 se structurer de mani\u00e8re coh\u00e9rente et op\u00e9rationnelle. Le principal effort entrepris dans cette direction est \u00e0 mettre \u00e0 l&rsquo;actif du Conseil militaire supr\u00eame, cr\u00e9\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2012 et dirig\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Salim Idriss. Repr\u00e9sent\u00e9 sur le front est par Mohammad Abboud, un ancien colonel de l&rsquo;arm\u00e9e syrienne, il coordonne les op\u00e9rations militaires dans les provinces de Raqqa, Hassake et De\u00efr ez-Zor. Plusieurs unit\u00e9s rebelles, d&rsquo;importances diverses, reconnaissent ce Conseil, dont le r\u00f4le consiste toutefois plus \u00e0 coordonner les op\u00e9rations qu&rsquo;\u00e0 les diriger : la 3e division d&rsquo;infanterie, la 4e division d&rsquo;infanterie, la 5e division de commandos, la 7e division, la 11e division, le liwa Jund al-Rahman, le liwa Chouhada&rsquo; De\u00efr ez-Zor, les liwas Ahfad al-Rasoul, le liwa al-Khadra&rsquo;, le liwa al-Abbas, le liwa al-Qadisiya, le Liwa al-Muhajirin ila Allah&#8230;<\/p>\n<p>Mais tout cela reste th\u00e9orique. L&rsquo;autorit\u00e9 un moment exerc\u00e9e sur ces groupes par le Conseil militaire de De\u00efr ez-Zor ne s&rsquo;est pas maintenue. Le Conseil militaire supr\u00eame avait pour ambition de rassembler sous un unique commandement les diff\u00e9rentes unit\u00e9s rebelles. En contrepartie, il devait subvenir aux besoins des combattants en armes et en argent. Les promesses non tenues et les h\u00e9sitations des chancelleries occidentales, qui avaient pourtant pouss\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de cette structure, ont fini par lasser une majorit\u00e9 de groupes, condamn\u00e9s \u00e0 ne compter que sur leurs propres ressources pour acqu\u00e9rir armes et munitions. L&rsquo;influence du Conseil militaire s&rsquo;est donc \u00e9rod\u00e9e, au point d&rsquo;appara\u00eetre aujourd&rsquo;hui largement virtuelle. De nouvelles alliances ont alors commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9merger.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9bellion islamiste fragment\u00e9e, en perp\u00e9tuelle recomposition<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En juin 2013, une coalition de tendance islamiste, Harakat Abna&rsquo; al-Islam (Mouvement des fils de l&rsquo;Islam) s&rsquo;est constitu\u00e9e, regroupant des forces m\u00e9contentes de l&rsquo;inaction du Conseil militaire, \u00e0 savoir Jeich al-Tawhid, Kata&rsquo;eb al-Ansar et Kata&rsquo;eb al-Sa&rsquo;iqa. Au d\u00e9but du mois d&rsquo;octobre 2013, Jeich Ahl as-Sunna wa-l-Jama&rsquo;a fait son apparition. Il r\u00e9unit des unit\u00e9s auparavant rattach\u00e9es au Front de l&rsquo;Authenticit\u00e9 et du D\u00e9veloppement, proche du Conseil militaire : le Liwa al-Athar, le Liwa Usud as-Sunna et le Liwa Ahl al-Raya. Plus r\u00e9cemment, le 19 novembre 2013, le Jabhat al-Jihad wal-Bina&rsquo; al-Islamiyya (Front islamique du Jihad et de la Construction) est cr\u00e9\u00e9, sous l&rsquo;autorit\u00e9 de la Cour islamique de De\u00efr ez-Zor. Il draine des unit\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9taient s\u00e9par\u00e9es du Conseil militaire quelques mois auparavant : Liwa Jaf&rsquo;ar al-Tayyar, Liwa la Ilaha illa Allah, Liwa al-Hawaz, Liwa Ibn Qiam, Liwa al-Risalla, Liwa al-Tawhid al-Islami, Liwa Othman bin Afan, Liwa Ahfad Mohammad, Liwa Sarayat al-Rasoul, Liwa Sadiq al-Amin, Tajamm&rsquo;u al-Rachidin&#8230;<\/p>\n<p>Aucune de ces nouvelles coalitions, il faut le souligner, n&rsquo;a pris publiquement position contre le Conseil militaire. La coop\u00e9ration et la coordination pr\u00e9dominent dans leurs relations. Il est plus que probable, toutefois, qu&rsquo;une lib\u00e9ration prochaine de la ville ne profiterait pas aux rebelles dits \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb, qui sont aujourd&rsquo;hui moins nombreux et moins organis\u00e9s que ces diff\u00e9rents rassemblements islamistes, dont les financiers, priv\u00e9s, n&rsquo;ont jamais eu les m\u00eames r\u00e9ticences que les chancelleries occidentales.<\/p>\n<p><strong>Une pr\u00e9sence djihadiste en progression r\u00e9guli\u00e8re<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Cette probabilit\u00e9 est renforc\u00e9e par la pr\u00e9sence dans le gouvernorat de plusieurs groupes djihadistes. Le plus important d&rsquo;entre eux est sans conteste Jabhat al-Nusra, dont la plupart des combattants proviendraient du village de Chahil, \u00e0 l&rsquo;est de De\u00efr ez-Zor. Illustrant la place centrale du groupe dans la province, Abu Mariya al-Qahtani, principal jurisconsulte du Jabhat al-Nusra, y a pass\u00e9 un certain temps. Il y a m\u00eame pris part aux combats, au moins le temps d&rsquo;une photo&#8230;<\/p>\n<p>Proche de Jabhat al-Nusra, on y trouve aussi le Liwa al-Fatihoun min Ard ach-Cham, dont le leader, Mohammad al-Chati &#8211; Abu Hamza &#8211; a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Malgr\u00e9 son orientation radicale, ce groupe reste l&rsquo;un des plus respect\u00e9s de la province. Aux fun\u00e9railles de son leader, organis\u00e9es \u00e0 Istanbul, on a relev\u00e9 la pr\u00e9sence de Riad Hijab, l&rsquo;ancien Premier-ministre ralli\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution le 6 ao\u00fbt 2012, qui, il est vrai, est originaire de De\u00efr ez-Zor.<\/p>\n<p>Sont \u00e9galement implant\u00e9s dans la province, mais de mani\u00e8re moins importante, le Harakat Ahrar al-Sham al-Islamiyya et l&rsquo;Etat islamique d&rsquo;Irak et du Pays de Cham, dont l&rsquo;\u00e9mir pour la province est Amer Rafdan.<\/p>\n<p><strong>Une islamisation exploit\u00e9e par la propagande du r\u00e9gime<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Quelques groupes locaux attach\u00e9s au remplacement du r\u00e9gime en place par un syst\u00e8me civil et d\u00e9mocratique op\u00e8rent toujours sous l&rsquo;\u00e9gide du Conseil militaire. Mais les nouvelles alliances r\u00e9cemment apparues et l&rsquo;accroissement de la pr\u00e9sence djihadiste donnent d\u00e9sormais \u00e0 la r\u00e9bellion arm\u00e9e de\u00efrie un caract\u00e8re islamiste prononc\u00e9, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui n&rsquo;est pas sp\u00e9cifique \u00e0 la r\u00e9gion. La constitution r\u00e9cente du Front islamique &#8211; al-Jabhat al-Islamiyya &#8211; qui rassemble les principaux groupes rebelles de l&rsquo;ensemble du pays &#8211; Liwa al-Tawhid, Jeich al-Islam, Suqur al-Cham, Ahrar al-Cham&#8230; pour ne citer qu&rsquo;eux &#8211; montre qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. L&rsquo;attrait qu&rsquo;exercent ces groupes et qui leur assure un d\u00e9veloppement rapide est li\u00e9, du moins en partie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec du Conseil militaire. L&rsquo;adoption par les rebelles d&rsquo;un discours plus religieux leur permet en effet d&rsquo;obtenir les fonds et les armes que le Conseil n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 leur procurer en quantit\u00e9 suffisante.<\/p>\n<p>A De\u00efr ez-Zor comme ailleurs, l&rsquo;islamisation de la r\u00e9bellion a constitu\u00e9 pour le r\u00e9gime, qui n&rsquo;y \u00e9tait pas totalement \u00e9tranger, une opportunit\u00e9 \u00e0 exploiter. Il s&rsquo;est donc employ\u00e9 \u00e0 mettre en exergue tout \u00e9v\u00e9nement susceptible de confirmer le sectarisme qui, selon lui, anime les rebelles. Quitte pour ce faire \u00e0 distordre la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 pr\u00e9senter certaines affaires ambigu\u00ebs conform\u00e9ment aux besoins de sa propagande. L&rsquo;attaque du village de Hatla, dont une partie de la population avait adopt\u00e9 le chiisme sous Hafez al-Assad, est de ce point de vue exemplaire.<\/p>\n<p><strong>Retour sur l&rsquo;affaire de Hatla<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Le 12 juin 2013, l&rsquo;Observatoire syrien des Droits de l&rsquo;Homme (OSDH) &#8211; une source qui fait d\u00e9bat aussi bien parmi les partisans du r\u00e9gime que dans les rangs de l&rsquo;opposition &#8211; publiait un communiqu\u00e9 en anglais que les agences de presse s&#8217;empressaient de reproduire. Il y \u00e9tait affirm\u00e9 qu&rsquo;une soixante de chiites, combattants et civils, avaient \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0tu\u00e9s suite \u00e0 l&rsquo;attaque du village\u00a0\u00bb par des rebelles. Le texte du communiqu\u00e9 laissait entendre qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;assassinats effectu\u00e9s de sang froid. Or, dans son communiqu\u00e9 en arabe diffus\u00e9 quasi-simultan\u00e9ment, l&rsquo;OSDH pr\u00e9sentait l&rsquo;attaque de Hatla comme une \u00ab\u00a0action de repr\u00e9sailles\u00a0\u00bb contre des miliciens chiites ayant pr\u00e9alablement attaqu\u00e9 des positions rebelles, et ayant fait deux morts dans leurs rangs. Ce second communiqu\u00e9 pr\u00e9cisait d&rsquo;ailleurs que la majorit\u00e9 des habitants de Hatla tu\u00e9s lors de l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0portaient les armes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais le mal \u00e9tait fait et la r\u00e9bellion \u00e9tait imm\u00e9diatement accus\u00e9e d&rsquo;avoir proc\u00e9d\u00e9, dans ce village, \u00e0 une op\u00e9ration de \u00ab\u00a0nettoyage confessionnel\u00a0\u00bb. Les protestations des rebelles n&rsquo;y faisaient rien. D&rsquo;autant que les vid\u00e9os prises durant les combats montraient l&rsquo;incendie de maisons appartenant \u00e0 des chiites et permettaient de constater que certains assaillants formulaient des insultes et des appels au meurtre \u00e0 l&rsquo;encontre de chiites&#8230; kowe\u00eftiens. Le 13 juin, l&rsquo;OSDH se d\u00e9cidait \u00e0 publier la traduction exacte de son communiqu\u00e9 en arabe, pr\u00e9cisant que \u00ab\u00a0les rebelles avaient attaqu\u00e9 le village de Hatla apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 eux-m\u00eames agress\u00e9s\u00a0\u00bb, que la majorit\u00e9 des victimes tomb\u00e9es durant l&rsquo;attaque \u00e9taient des combattants, et qu&rsquo;il lui avait \u00e9t\u00e9 impossible de d\u00e9nombrer le nombre exact des morts&#8230;<\/p>\n<p><strong>Actes de guerre et agissements sectaires<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans le gouvernorat de De\u00efr ez-Zor comme ailleurs, il importe de distinguer les actes commis par des rebelles locaux, qui combattent l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re et les forces suppl\u00e9tives sans se pr\u00e9occuper de la religion de ceux qu&rsquo;ils affrontent, des actes commis par les groupes djihadistes, dont la lutte d\u00e9passe le renversement du r\u00e9gime et la lib\u00e9ration de la Syrie. Ainsi, quelques jours apr\u00e8s les combats \u00e0 Hatla, l&rsquo;Etat islamique d&rsquo;Irak et du Pays de Cham avait d\u00e9truit la modeste husseiniya du village. Les motivations sectaires du groupe \u00e9taient ici ind\u00e9niables, cette destruction intervenant apr\u00e8s coup, et l&rsquo;Etat islamique n&rsquo;ayant jamais cach\u00e9 que, depuis le d\u00e9part des troupes occidentales d&rsquo;Irak, l&rsquo;Iran et les chiites sont devenus ses principaux ennemis. Le sectarisme de l&rsquo;Etat islamique englobe d&rsquo;ailleurs tout ce qui ne co\u00efncide pas avec sa compr\u00e9hension \u00e9troite de l&rsquo;islam sunnite, \u00e0 commencer par les lieux de rassemblement des soufis.<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration sur le terrain entre groupes d&rsquo;ob\u00e9diences les plus diverses emp\u00eache souvent de distinguer, quand des exactions ont lieu, ce qui revient aux groupes rebelles et ce qui est le fait de djihadistes. Cette ambigu\u00eft\u00e9 favorise les g\u00e9n\u00e9ralisations et l&rsquo;assimilation de l&rsquo;ensemble de la r\u00e9bellion \u00e0 un mouvement sectaire. Ce type de discours, auquel la propagande du r\u00e9gime n&rsquo;est pas \u00e9trang\u00e8re, aboutit \u00e0 ostraciser des groupes qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec ce type d&rsquo;agissement. Ainsi, gravement endommag\u00e9e par les bombardements des forces r\u00e9guli\u00e8res, l&rsquo;Eglise arm\u00e9nienne des Martyrs de De\u00efr ez-Zor a-t-elle \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9e par les membres du Liwa al-Muhajirin ila Allah. Le nom de ce groupe, qui \u00e9voque la disposition de ses membres \u00e0 donner leur vie pour la cause qu&rsquo;ils d\u00e9fendent, a une connotation islamique certaine. Mais il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 mettre en \u00e9vidence sur sa page Facebook une citation d&rsquo;Ernesto Che Gevara&#8230; On ajoutera que, en raison de son orientation \u00ab\u00a0la\u00efque\u00a0\u00bb, ce groupe a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de collusion avec le r\u00e9gime. Une telle coop\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 formellement d\u00e9mentie par son leader, dont \u00ab\u00a0l&rsquo;enl\u00e8vement\u00a0\u00bb par des inconnus, en septembre 2013, a \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9 par l&rsquo;ensemble des m\u00e9dias. Il a fait sa r\u00e9apparition, aussi soudainement qu&rsquo;il avait disparu, au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre&#8230;<\/p>\n<p><strong>Des groupes djihadistes d&rsquo;origine rurale<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Bien que la coop\u00e9ration avec les djihadistes soit importante, faute d&rsquo;autres alli\u00e9s disponibles, leur pr\u00e9sence pose probl\u00e8me aussi bien aux autres rebelles qu&rsquo;aux populations locales. La diff\u00e9rence entre les uns et les autres n&rsquo;est pas uniquement id\u00e9ologique ou politique. Elle renvoie \u00e0 des tensions sociales pr\u00e9existant \u00e0 la r\u00e9volution, et elle se manifeste par un certain m\u00e9pris des habitants des villes du gouvernorat \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ces \u00ab\u00a0envahisseurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des djihadistes pr\u00e9sents \u00e0 De\u00efr ez-Zor sont en effet des Syriens originaires du gouvernorat, y compris ceux qui combattent dans les rangs de l&rsquo;Etat islamique. C&rsquo;est en effet dans les villages, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des centres urbains, que la plupart d&rsquo;entre eux sont recrut\u00e9s. Comme la population d&rsquo;Alep, qui avait froidement accueilli l&rsquo;entr\u00e9e dans la ville de rebelles venus des campagnes, les habitants de De\u00efr ez-Zor et des autres agglom\u00e9rations restent r\u00e9serv\u00e9s sur les intentions et les agissements des djihadistes, qu&rsquo;ils per\u00e7oivent comme une sorte de lumpen-proletariat rural en qu\u00eate de revanche sur la ville. Au mois de mars 2013, des manifestations ont ainsi eu lieu pour r\u00e9clamer le d\u00e9part du Jabhat al-Nusra de Mayyadin. Ces manifestations sont toutefois rest\u00e9es limit\u00e9es, et plusieurs contre-manifestations de soutien au groupe djihadiste ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>La volont\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique de l&rsquo;Etat islamique, source de tensions<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Comme ailleurs, l&rsquo;apparition tardive de l&rsquo;Etat islamique, au mois d&rsquo;avril 2013, a fait monter la tension. Comme dans la majorit\u00e9 des r\u00e9gions o\u00f9 cette organisation est pr\u00e9sente, elle a en effet cherch\u00e9 \u00e0 s&rsquo;imposer comme la seule et unique autorit\u00e9. Alors qu&rsquo;elle est loin d&rsquo;\u00eatre majoritaire \u00e0 De\u00efr ez-Zor, elle a ainsi refus\u00e9 de reconna\u00eetre la Cour islamique mise en place par Jabhat al-Nusra et d&rsquo;autres groupes rebelles au mois de mars pr\u00e9c\u00e9dent, qui administrait pourtant la majeure partie des affaires courantes de la province et qui, en cumulant des fonctions de justice et de police, maintenait un semblant de stabilit\u00e9 dans le gouvernorat.<\/p>\n<p>Se comportant comme l&rsquo;Etat qu&rsquo;il pr\u00e9tend incarner, avec ses propres institutions, l&rsquo;Etat islamique a tent\u00e9 d&rsquo;imposer sa justice aux groupes qui cherchaient \u00e0 le concurrencer. Comme il l&rsquo;avait fait \u00e0 Raqqa, au mois d&rsquo;ao\u00fbt 2013, il s&rsquo;est ainsi lanc\u00e9 dans des combats, au mois de septembre 2013, contre les Ahfad al-Rasoul, dont la branche de\u00efrie est affili\u00e9e au Conseil militaire. Il est sans doute responsable de la tentative d&rsquo;assassinat dont leur chef, Saddam Jamal &#8211; \u00e9galement l&rsquo;adjoint de Mohammad Abboud \u00e0 la t\u00eate du front Est du Conseil militaire &#8211; a failli \u00eatre victime. Pour l&rsquo;Etat islamique, la hache de guerre est aujourd&rsquo;hui enterr\u00e9e. En t\u00e9moigne une vid\u00e9o r\u00e9cente o\u00f9 un membre suppos\u00e9 des Ahfad al-Rasoul admet que son groupe a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0constitu\u00e9 pour combattre l&rsquo;Etat islamique\u00a0\u00bb, alors que ce dernier n&rsquo;\u00e9tait pas encore alors pr\u00e9sent en Syrie&#8230; Saddam Jamal a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Le 29 novembre 2013, il est apparu dans une vid\u00e9o pour annoncer sa \u00ab\u00a0repentance\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9ler\u00a0\u00bb que l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre faisait \u00ab\u00a0partie d&rsquo;une vaste conspiration occidentale et arabe, visant \u00e0 d\u00e9truire&#8230; l&rsquo;Etat islamique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Des rivalit\u00e9s plus mat\u00e9rielles qu&rsquo;id\u00e9ologiques ou religieuses<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Comme \u00e0 Raqqa, les conflits entre djihadistes et rebelles dissimulent g\u00e9n\u00e9ralement des motivations qui n&rsquo;ont rien d&rsquo;id\u00e9ologique. Il s&rsquo;agit de luttes d&rsquo;influence entre groupes travaillant d&rsquo;abord et avant tout dans leur propre int\u00e9r\u00eat. Rien ne le montre mieux que les affrontements suscit\u00e9s par le contr\u00f4le des ressources p\u00e9troli\u00e8res. Mettre la main sur un ou plusieurs sites d&rsquo;extraction de p\u00e9trole ou de gaz revient \u00e0 s&rsquo;assurer une source d&rsquo;auto-financement importante. La capture de ces champs est donc devenue un objectif prioritaire. Les champs p\u00e9troliers d&rsquo;al-Tanak, d&rsquo;al-Ward, d&rsquo;al-Ta\u00efm, d&rsquo;al-Jufra et plus r\u00e9cemment celui d&rsquo;al-Omar ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0lib\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb de toute pr\u00e9sence du r\u00e9gime, certains d&rsquo;entre eux d\u00e8s la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 2012.<\/p>\n<p>En imposant leur autorit\u00e9 sur ces champs, les rebelles ont g\u00e9n\u00e9ralement laiss\u00e9 ceux qui y travaillaient poursuivre leur activit\u00e9. La supervision des op\u00e9rations est revenue aux tribus de la r\u00e9gion auxquelles appartenaient ces employ\u00e9s, lesquels estimaient \u00e9galement avoir des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 recevoir de l&rsquo;exploitation des ressources de leurs terres. Un syst\u00e8me de redistribution s&rsquo;est mis en place. Les tribus ont vers\u00e9 aux groupes arm\u00e9s une partie des revenus tir\u00e9s de l&rsquo;exploitation des champs, dont le p\u00e9trole ou le gaz \u00e9taient vendus \u00e0 l&rsquo;Etat&#8230; ne serait-ce que pour se pr\u00e9munir contre de possibles repr\u00e9sailles a\u00e9riennes. Avec le temps, la production p\u00e9troli\u00e8re a progressivement diminu\u00e9. Les champs d&rsquo;al-Ward, d&rsquo;al-Ta\u00efm et d&rsquo;al-Jufra ne fonctionneraient plus. Par ailleurs, des attaques ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es contre les ol\u00e9oducs par des groupes ou des tribus tenus \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la redistribution, et les m\u00e9thodes artisanales de raffinage utilis\u00e9es pour transformer le p\u00e9trole brut en essence ont eu des cons\u00e9quences humaines et \u00e9cologiques importantes. En septembre 2013, pour mettre un terme aux vols et aux conflits autour de ces champs, la Cour islamique a pris des mesures. Des activistes ont de leur c\u00f4t\u00e9 lanc\u00e9 une campagne de sensibilisation destin\u00e9e \u00e0 limiter les pillages.<\/p>\n<p><strong>Le conflit autour du champ p\u00e9trolier de Conoco<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les affrontements se sont malgr\u00e9 tout poursuivis, notamment autour du champ gazier de Conoco, dont le bon fonctionnement est vital pour la population, puisqu&rsquo;il alimente en gaz et en \u00e9lectricit\u00e9, non seulement De\u00efr ez-Zor et son gouvernorat, mais \u00e9galement d&rsquo;autres r\u00e9gions du pays. Les rivalit\u00e9s pour le contr\u00f4le de ce champ important ont perturb\u00e9 son fonctionnement et occasionn\u00e9 des coupures de courant r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. Elles ont conduit \u00e0 la perte de stocks de denr\u00e9es alimentaires et \u00e0 la destruction de produits m\u00e9dicaux, notamment de vaccins destin\u00e9s \u00e0 endiguer l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de poliomy\u00e9lite affectant les enfants de la r\u00e9gion. Du coup, \u00e0 la mi-novembre, la Cour islamique est encore intervenue. A sa demande, Jabhat al-Nusra et d&rsquo;autres unit\u00e9s rebelles ont investi le champ gazier et ses alentours, afin de pr\u00e9venir tout nouveau dysfonctionnement. Mais les probl\u00e8mes n&rsquo;ont pas cess\u00e9 pour autant : l&rsquo;Etat islamique n&rsquo;ayant pas renonc\u00e9 \u00e0 s&#8217;emparer de cette source de revenus importants, des tensions ont eu lieu avec les groupes affili\u00e9s \u00e0 la Cour islamique, qui auraient pu d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en affrontements ouverts.<\/p>\n<p>Cette affaire a attis\u00e9 le m\u00e9contentement contre les pr\u00e9tentions et les agissements de l&rsquo;Etat islamique dans la r\u00e9gion, y compris parmi certaines unit\u00e9s islamistes et djihadistes. Des critiques lui ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es de toutes parts, accusant Amer Rafdan, l&rsquo;\u00e9mir du groupe \u00e0 De\u00efr ez-Zor, de chercher \u00e0 monopoliser les ressources locales. La Cour islamique est all\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ordonner \u00e0 l&rsquo;Etat islamique de prendre des mesure contre son chef, appelant m\u00eame Abu Bakr al-Baghdadi, leader de l&rsquo;Etat islamique, \u00e0 venir en personne arbitrer la question.<\/p>\n<p><strong>La valse des gouverneurs, illustration de l&rsquo;impuissance de l&rsquo;Etat<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but du conflit, cinq hauts fonctionnaires se sont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;administration locale. Nomm\u00e9 gouverneur en 2009, Hussein Arnous a \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9 le 24 juillet 2011. Il a laiss\u00e9 la place \u00e0 Samir Othman al-Cheikh, ancien directeur de la prison d&rsquo;Adra et ancien chef de la S\u00e9curit\u00e9 politique dans le gouvernorat de Damas-campagne. Sa d\u00e9signation confirmait la priorit\u00e9 donn\u00e9e par le r\u00e9gime au traitement s\u00e9curitaire et non pas politique de la contestation. Comme s&rsquo;il avait quelque chose \u00e0 voir avec l&rsquo;incapacit\u00e9 de l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 endiguer la r\u00e9bellion, il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 un an plus tard, le 11 juillet 2012, par Ghassan al-Qune\u00eftri. Le passage de ce dernier \u00e0 De\u00efr ez-Zor a \u00e9t\u00e9 encore plus rapide, puisque son successeur, Fawaz Ali al-Saleh, a pris ses fonctions le 13 janvier 2013. Il a lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 limog\u00e9 le 28 septembre suivant, probablement en raison de son approche trop \u00ab\u00a0diplomatique\u00a0\u00bb&#8230; Il \u00e9tait en effet en contact avec des activistes et il aurait cherch\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier avec eux une tr\u00eave. Pour sanctionner ce genre d&rsquo;initiative qui n&rsquo;entre pas dans ses plans, le r\u00e9gime l&rsquo;a accus\u00e9 de corruption et de d\u00e9tournement de fonds&#8230; Le dernier gouverneur en date est Mohammad Qaddur.<\/p>\n<p><strong>La soci\u00e9t\u00e9 civile lamin\u00e9e par la guerre<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Entr\u00e9e relativement t\u00f4t dans le conflit, De\u00efr ez-Zor a aujourd&rsquo;hui des apparences de Baba &lsquo;Amr, le quartier de Homs ravag\u00e9 par les combats et d\u00e9sert\u00e9 par sa population. Les images qui proviennent de la ville montrent une cit\u00e9 d\u00e9truite et inhabit\u00e9e. Elle abritait au d\u00e9but du conflit entre 600 et 800 mille habitants. Ils ne seraient plus que quelques dizaines de milliers. La majorit\u00e9 a trouv\u00e9 refuge dans des villes de la province o\u00f9 les combats sont moins importants. D&rsquo;autres ont fui en Turquie. La situation humanitaire et sanitaire y est catastrophique. Il y a un an, M\u00e9decin Sans-Fronti\u00e8res dressait un sombre tableau de la situation dans le gouvernorat. Plusieurs cas de poliomy\u00e9lite, une maladie infectieuse et contagieuse qui peut avoir de lourdes cons\u00e9quences sur le syst\u00e8me nerveux, y ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s alors que ce fl\u00e9au avait \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9 de Syrie en 1994. La communaut\u00e9 internationale a r\u00e9agi en proc\u00e9dant \u00e0 des campagnes de vaccination&#8230; dans les pays limitrophes, qui permettront sans doute de pr\u00e9venir une \u00e9pid\u00e9mie r\u00e9gionale mais ne r\u00e9gleront en rien le probl\u00e8me des habitants.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la poursuite d&rsquo;activit\u00e9s civiles et politiques est pass\u00e9e au second plan pour les r\u00e9volutionnaires et les activistes accroch\u00e9s au terrain. Avant de militer pour la libert\u00e9 et la d\u00e9mocratie, ils doivent se battre pour rester en vie. Un certain nombre d&rsquo;actions ont malgr\u00e9 tout \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par des activistes locaux.<\/p>\n<p><strong>Rassurer la communaut\u00e9 arm\u00e9nienne<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Ils ont notamment cherch\u00e9 \u00e0 rassurer les minorit\u00e9s chr\u00e9tiennes de la r\u00e9gion, et en premier lieu la communaut\u00e9 arm\u00e9nienne. Celle-ci s&rsquo;est install\u00e9e \u00e0 De\u00efr ez-Zor, suite au g\u00e9nocide dont elle avait \u00e9t\u00e9 victime en Turquie, durant la premi\u00e8re guerre mondiale. Plus de 100 000 r\u00e9fugi\u00e9s ont alors \u00e9migr\u00e9 en Syrie dans l&rsquo;espoir de fuir les pers\u00e9cutions qu&rsquo;ils subissaient plus au Nord. Leur calvaire ne s&rsquo;est malheureusement pas arr\u00eat\u00e9 en franchissant la fronti\u00e8re, puisque les camps de r\u00e9fugi\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 les accueillir se sont transform\u00e9s en camps de concentration&#8230; La ville porte la m\u00e9moire de ce pass\u00e9, et c&rsquo;est pour comm\u00e9morer leur souvenir que l&rsquo;\u00e9glise arm\u00e9nienne de De\u00efr ez-Zor a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9e aux Martyrs. Sur cette \u00e9glise, des activistes de Chams (Soleil), acronyme du Mouvement Chabab min Sourya (Jeunes de Syrie), ont men\u00e9 une campagne d&rsquo;affichage, \u00e9tablissant un parall\u00e8le entre le calvaire ancien de cette communaut\u00e9 et le sort actuel des Syriens. Mais cette campagne, il faut le reconna\u00eetre, n&rsquo;a eu que des effets limit\u00e9s. Entre un r\u00e9gime qui fait de la peur des minorit\u00e9s une strat\u00e9gie de survie et une r\u00e9bellion islamiste dont certains comportements ne sont pas faits pour rassurer, la quasi-totalit\u00e9 des Arm\u00e9niens de De\u00efr ez-Zor ont choisi une troisi\u00e8me voie : ils ont quitt\u00e9 la ville et le pays&#8230;<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9server le patrimoine national<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans un autre domaine, des activistes et des arch\u00e9ologues locaux travaillent, en coordination avec des coll\u00e8gues syriens et \u00e9trangers, \u00e0 pr\u00e9venir ou \u00e0 limiter la destruction et le pillage des sites arch\u00e9ologiques et culturels syriens. L&rsquo;Association pour la Protection de l&rsquo;Arch\u00e9ologie syrienne ou le Patrimoine arch\u00e9ologique syrien en Danger ont ainsi document\u00e9 les dommages subis par des dizaines d&rsquo;\u00e9difices et de sites culturels dans la province : le Pont suspendu de De\u00efr ez-Zor, la ville hell\u00e9nistique de Doura-Europos, les vestiges de Mari&#8230;<\/p>\n<p><strong>Communiquer et informer<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est surtout au niveau m\u00e9diatique que, \u00e0 De\u00efr ez-Zor comme ailleurs, les activistes d\u00e9ploient le plus largement leur cr\u00e9ativit\u00e9. En janvier 2013, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le premier num\u00e9ro d&rsquo;al-Jisr (le Pont), en r\u00e9f\u00e9rence au symbole de la ville. R\u00e9alis\u00e9 par des journalistes-citoyens locaux, avec \u00e0 leur t\u00eate Abd al-Nasser al-Ayed qui g\u00e8re de nombreux autres projets, ce journal fait aujourd&rsquo;hui partie des nombreuses publications ind\u00e9pendantes apparues durant la r\u00e9volution, contribuant au d\u00e9veloppement d&rsquo;une presse libre. D&rsquo;autres projets sont \u00e9galement sur le point d&rsquo;aboutir, au niveau radiophonique. Avec l&rsquo;aide de l&rsquo;Association de Soutien aux M\u00e9dias libres (ASML), un projet intitul\u00e9 Hawa SMART devrait prochainement permettre la diffusion \u00e0 De\u00efr ez-Zor de deux radios libres : Radio al-Kul et Radio al-&lsquo;Asima. Ces activit\u00e9s ne sont pas sans risque et de nombreux activistes ont pay\u00e9 de leur vie leur engagement. En septembre 2013, Murhaf al-Modahi, un photographe, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans un bombardement de l&rsquo;arm\u00e9e alors qu&rsquo;il couvrait les combats.<\/p>\n<p><strong>Des tribus acquises \u00e0 la r\u00e9volution<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernorat de De\u00efr ez-Zor abrite de nombreuses tribus dont le r\u00f4le ne peut \u00eatre ignor\u00e9 dans la r\u00e9volution. La d\u00e9fection, en juillet 2012, de Nawaf Fares, membre du Parti Baath et ambassadeur de Syrie en Irak, qui avait longtemps travaill\u00e9 dans les appareils s\u00e9curitaires du r\u00e9gime, s&rsquo;explique en partie par son appartenance \u00e0 la tribu des Agueidat, l&rsquo;une des plus importantes de Syrie. Elle s&rsquo;explique peut-\u00eatre par l&rsquo;assassinat, quelques semaines plus t\u00f4t, du cheykh Abdel-Aziz Rachid al-Hafl et du cheykh Mahmoud Hasan al-Ghannach, dit Hadi al-Jazza&rsquo;, membres importants de sa tribu.   Nombre de ses membres se sont rang\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9volution et certains d&rsquo;entre eux, comme le colonel Abdul-Jabbar al-Agueidi, ancien chef du Conseil militaire d&rsquo;Alep, y ont jou\u00e9 un r\u00f4le remarqu\u00e9.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame de la tribu des Beggara, qui a servi de vivier de recrutement pour les groupes arm\u00e9s. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs autour de son chef, le cheykh Nawwaf al-Bachir, que s&rsquo;est constitu\u00e9 un groupe arm\u00e9 dont l&rsquo;influence sur le terrain reste malgr\u00e9 tout \u00e0 d\u00e9finir : le Front de la Jazira et de l&rsquo;Euphrate pour la Lib\u00e9ration de la Syrie. Ancien membre de l&rsquo;Assembl\u00e9e du Peuple, entre 1988 et 1992, Nawwaf al-Bachir est un opposant de longue date au r\u00e9gime. Actif durant le Printemps de Damas, il sera l&rsquo;un des signataires les plus notables de la D\u00e9claration de Damas pour le Changement d\u00e9mocratique, en octobre 2005. Arr\u00eat\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, il effectuera un ultime s\u00e9jour en prison en 2011, apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 son ralliement \u00e0 la r\u00e9volution. Lib\u00e9r\u00e9, il trouve refuge en Turquie o\u00f9 il constitue, avec d&rsquo;autres leaders tribaux, son propre groupe arm\u00e9, le 23 d\u00e9cembre 2012. Son arrestation par le r\u00e9gime, en 2011, aura eu pour unique effet &#8211; contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;escomptait le r\u00e9gime &#8211; de mobiliser sa tribu en faveur de la r\u00e9volution.<\/p>\n<p><strong>La crainte djihadiste d&rsquo;une sahwa syrienne<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Mais le poids des tribus est \u00e9galement source d&rsquo;inqui\u00e9tude pour les djihadistes. Les relations qu&rsquo;ils entretiennent avec elles sont en effet conflictuelles, les tribus \u00e9tant r\u00e9fractaires \u00e0 tout ce qui menace leur \u00e9quilibre social. Pour les djihadistes, leur importance dans le gouvernorat de De\u00efr ez-Zor est d&rsquo;autant plus probl\u00e9matique qu&rsquo;ils craignent une r\u00e9p\u00e9tition de la sahwa irakienne. Initi\u00e9e en 2005 dans la province irakienne d&rsquo;al-Anbar, frontali\u00e8re de De\u00efr ez-Zor, la sahwa a pris la forme d&rsquo;un rassemblement de tribus sunnites, mis sur pied pour lutter contre l&rsquo;insurrection islamiste, hostile \u00e0 la pr\u00e9sence des troupes occidentales en Irak. L&rsquo;inqui\u00e9tude des djihadistes est accrue par le fait que certaines des tribus ayant pris part \u00e0 ce mouvement sont \u00e9galement bien implant\u00e9es en Syrie. C&rsquo;est le cas, par exemple, de la tribu des Joubour, qui a r\u00e9cemment relanc\u00e9 ce front tribal dans la province irakienne de Ninive, frontali\u00e8re cette fois-ci du gouvernorat syrien de Hassake. A la t\u00eate des Joubour de Syrie se trouve Salem Abdel-Aziz al-Muslet, qui pr\u00e9side le Conseil des Tribus syriennes et qui occupe l&rsquo;un des postes de vice-pr\u00e9sident de la Coalition nationale syrienne.<\/p>\n<p>Les djihadistes ont conscience de la menace que les tribus repr\u00e9sentent pour eux. Bien qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle la mise en place d&rsquo;un front tribal contre les djihadistes n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e en Syrie, o\u00f9 la priorit\u00e9 commune des r\u00e9volutionnaires, des tribus et des groupes combattants reste la chute du r\u00e9gime, une anecdote r\u00e9cente, dont le village d&rsquo;al-Musrab a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre, a donn\u00e9 un avant-go\u00fbt des tensions qui pourraient appara\u00eetre. Le 29 mars 2013, une dispute li\u00e9e \u00e0 une question p\u00e9troli\u00e8re \u00e9clate entre des habitants de ce village et des militants de Jabhat al-Nusra. Trois membres du groupe djihadiste y trouvent la mort. La Cour islamique de De\u00efr ez-Zor exige que le village lui remette les meurtriers. Mais ces derniers font partie d&rsquo;un clan, les &lsquo;Asaf, qui refuse de les livrer en raison des traditions tribales qui leur interdisent de se d\u00e9solidariser de l&rsquo;un des leurs. Rendus in\u00e9vitables, les combats engag\u00e9s pour les r\u00e9cup\u00e9rer par la force feront une trentaine de morts&#8230;<\/p>\n<p>Le mode de fonctionnement des tribus est difficilement conciliable avec les pratiques des groupes djihadistes, qui tiennent pour rien le poids des traditions sociales lorsqu&rsquo;elles ne sont pas religieusement fond\u00e9es. Depuis la mi-octobre 2013, l&rsquo;Etat islamique s&rsquo;efforce de faire croire que tout va pour le mieux entre lui et les tribus de Syrie. Il a d&rsquo;abord pr\u00e9tendu avoir re\u00e7u l&rsquo;all\u00e9geance d&rsquo;une dizaine d&rsquo;entre elles \u00e0 Alep, mais il s&rsquo;est abstenu d&rsquo;en publier les noms&#8230; Au d\u00e9but du mois de novembre 2013, il a annonc\u00e9 avoir obtenu, \u00e0 Raqqa, l&rsquo;all\u00e9geance de pr\u00e8s d&rsquo;une quinzaine de tribus locales. Mais, encore une fois, il convient de relativiser ce ralliement annonc\u00e9 \u00e0 grand bruit, dans la mesure o\u00f9 il ne concerne  pas les tribus en tant que telles, mais uniquement certains clans dont l&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale reste tr\u00e8s relative.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>La ville et le gouvernorat de De\u00efr ez-Zor sont aujourd&rsquo;hui domin\u00e9s par des groupes islamistes, dont les pratiques et les objectifs sont loin d&rsquo;\u00eatre coh\u00e9rents. Des tensions les traversent, qui dressent parfois les groupes djihadistes les uns contre les autres. Pour autant, comme \u00e0 Raqqa, un conflit opposant le plus radical d&rsquo;entre eux, l&rsquo;Etat islamique, dont les pratiques et les ambitions d\u00e9rangent, et les autres groupes rebelles de la province, para\u00eet exclu \u00e0 court-terme. Les rebelles syriens ont pour priorit\u00e9 depuis qu&rsquo;ils ont pris les armes de renverser le r\u00e9gime de Bachar al-Assad. Pour cela, ils sont pr\u00eats \u00e0 accueillir, quelle qu&rsquo;en soit la forme, toutes les aides qui leur parviennent. Toutefois, au cas o\u00f9 la province viendrait \u00e0 \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e prochainement, un sc\u00e9nario qui n&rsquo;est pas \u00e0 exclure au vu de la situation militaire, une explosion des tensions pourrait intervenir. La course aux ressources y est en effet un enjeu strat\u00e9gique suffisant pour provoquer des conflits d\u00e9pourvus de consid\u00e9rations id\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>Signe de l&rsquo;effacement des enjeux politiques, De\u00efr ez-Zor n&rsquo;a pas manifest\u00e9 plus d&rsquo;enthousiasme que le reste de la Syrie pour la nomination d&rsquo;Ahmed Tomeh au poste de Premier ministre du gouvernement provisoire de la Coalition nationale. L&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 est pourtant originaire de la ville, o\u00f9 il s&rsquo;est forg\u00e9 une r\u00e9putation en militant au sein des Comit\u00e9s de la Soci\u00e9t\u00e9 civile, en assumant de hautes responsabilit\u00e9s au sein de la D\u00e9claration de Damas et en soutenant d\u00e8s le d\u00e9but le mouvement de contestation populaire. Mais les r\u00e9volutionnaires de la province sont aujourd&rsquo;hui plus pr\u00e9occup\u00e9s par leur survie et celle de leur famille que par des d\u00e9veloppements politiques, dont ils ont le sentiment que, depuis le d\u00e9but du soul\u00e8vement, ils sont syst\u00e9matiquement all\u00e9s \u00e0 l&rsquo;encontre de leurs attentes.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/2013\/12\/08\/deir-ez-zor-a-lest-de-la-syrie-des-islamistes-des-tribus-et-du-petrole\/#more-7408\">\u064dSyrie Blog<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situ\u00e9e \u00e0 moins de 150 km de la fronti\u00e8re irakienne, la ville de De\u00efr ez-Zor, sixi\u00e8me ville du pays, a suscit\u00e9 peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la part des m\u00e9dias depuis le d\u00e9but du conflit en Syrie. Les \u00e9v\u00e9nements qui s&rsquo;y d\u00e9roulent sont focalis\u00e9s sur des enjeux trop locaux pour int\u00e9resser un large public. 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