{"id":135549,"date":"2013-08-22T23:06:20","date_gmt":"2013-08-22T22:06:20","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/syrie-loperation-anti-assad-a-commence\/"},"modified":"2024-01-23T13:16:10","modified_gmt":"2024-01-23T12:16:10","slug":"syrie-loperation-anti-assad-a-commence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/syrie-loperation-anti-assad-a-commence\/","title":{"rendered":"Syrie : l&rsquo;op\u00e9ration anti-Assad a commenc\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong>Par Isabelle Lasserre<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>INFO LE FIGARO &#8211; Selon nos informations, des opposants au r\u00e9gime, encadr\u00e9s par des commandos jordaniens, isra\u00e9liens et am\u00e9ricains, progressent vers Damas depuis mi-ao\u00fbt. Cette offensive pourrait expliquer le possible recours du pr\u00e9sident syrien \u00e0 des armes chimiques.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est encore trop t\u00f4t pour pouvoir \u00e9carter cat\u00e9goriquement la th\u00e8se d\u00e9fendue par Damas et Moscou, qui rejettent la responsabilit\u00e9 du massacre sur l&rsquo;opposition syrienne, il est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 possible d&rsquo;apporter des r\u00e9ponses \u00e0 une troublante question. Quel int\u00e9r\u00eat aurait eu Bachar el-Assad \u00e0 lancer une attaque non conventionnelle au moment pr\u00e9cis o\u00f9 il venait d&rsquo;autoriser des inspecteurs de l&rsquo;ONU &#8211; apr\u00e8s les avoir bloqu\u00e9s pendant plusieurs mois &#8211; \u00e0 enqu\u00eater sur l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques?<\/p>\n<p>Une logique op\u00e9rationnelle d&rsquo;abord. Selon les informations recueillies par Le Figaro, les premiers contingents syriens form\u00e9s \u00e0 la gu\u00e9rilla par les Am\u00e9ricains en Jordanie seraient entr\u00e9s en action depuis la mi-ao\u00fbt dans le sud de la Syrie, dans la r\u00e9gion de Deraa. Un premier groupe de 300 hommes, sans doute \u00e9paul\u00e9s par des commandos isra\u00e9liens et jordaniens, ainsi que par des hommes de la CIA, aurait franchi la fronti\u00e8re le 17 ao\u00fbt. Un second les aurait rejoints le 19. Selon des sources militaires, les Am\u00e9ricains, qui ne veulent ni mettre de soldats sur le sol syrien, ni armer des rebelles en partie contr\u00f4l\u00e9s par les islamistes radicaux, forment discr\u00e8tement depuis plusieurs mois, dans un camp d&rsquo;entra\u00eenement install\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re jordano-syrienne, des combattants de l&rsquo;ASL, l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre, tri\u00e9s sur le volet.<\/p>\n<p><strong>Sentiment d&rsquo;impunit\u00e9<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la faveur de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, leurs prot\u00e9g\u00e9s auraient commenc\u00e9 \u00e0 bousculer des bataillons syriens dans le sud du pays, en approchant de la capitale. \u00abLeur pouss\u00e9e se ferait d\u00e9sormais sentir jusque dans la Ghouta, o\u00f9 les formations de l&rsquo;ASL \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, mais sans r\u00e9ellement pouvoir faire la diff\u00e9rence aux abords de la forteresse damasc\u00e8ne\u00bb, explique David Rigoulet-Roze, chercheur \u00e0 l&rsquo;Institut fran\u00e7ais d&rsquo;analyse strat\u00e9gique (Ifas).<\/p>\n<p>Selon ce sp\u00e9cialiste de la r\u00e9gion, l&rsquo;id\u00e9e envisag\u00e9e par Washington serait la cr\u00e9ation \u00e9ventuelle d&rsquo;une zone tampon \u00e0 partir du sud de la Syrie, voire d&rsquo;une zone d&rsquo;exclusion a\u00e9rienne, qui permettrait d&rsquo;entra\u00eener les opposants en toute s\u00e9curit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le rapport de forces change. C&rsquo;est la raison pour laquelle les \u00c9tats-Unis ont d\u00e9ploy\u00e9 des batteries Patriot et des F16, fin juin, en Jordanie.<\/p>\n<p>La pression militaire r\u00e9cemment exerc\u00e9e contre al-Ghouta menace la capitale Damas, le c\u0153ur du pouvoir syrien. En juillet dernier, le porte-parole du pr\u00e9sident el-Assad avait publiquement affirm\u00e9 que le r\u00e9gime n&rsquo;utiliserait pas d&rsquo;armes chimiques en Syrie \u00absauf en cas d&rsquo;agression ext\u00e9rieure\u00bb. L&rsquo;intrusion d&rsquo;agents \u00e9trangers dans le sud du pays, par exemple\u2026<\/p>\n<p>L&rsquo;autre raison, si l&rsquo;arm\u00e9e a r\u00e9ellement commis un massacre chimique \u00e0 Damas, est davantage diplomatique. Depuis le mois d&rsquo;ao\u00fbt 2012, date \u00e0 laquelle Barack Obama a pr\u00e9venu que l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes chimiques constituait une \u00abligne rouge\u00bb qui, une fois franchie, pourrait d\u00e9clencher une intervention militaire, treize attaques chimiques de moindre envergure ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es, sans provoquer de r\u00e9action am\u00e9ricaine. Certes, les preuves sont difficiles \u00e0 obtenir, puisque Damas bloque syst\u00e9matiquement le travail des enqu\u00eateurs de l&rsquo;ONU. Le sentiment d&rsquo;impunit\u00e9 ressenti par le r\u00e9gime syrien est renforc\u00e9 par la protection russe apport\u00e9e au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU. Barack Obama qui, lorsqu&rsquo;il est arriv\u00e9 \u00e0 la Maison-Blanche, avait propos\u00e9 au Kremlin un \u00abred\u00e9marrage\u00bb des relations, ne veut pas briser le lien avec Moscou. Le chef d&rsquo;\u00e9tat-major am\u00e9ricain, Martin Dempsey, son principal conseiller militaire, justifie son opposition \u00e0 une intervention, m\u00eame limit\u00e9e, par l&rsquo;atomisation de l&rsquo;opposition syrienne et le poids exerc\u00e9 par les groupes extr\u00e9mistes.<\/p>\n<p>Des civils, affect\u00e9s par des \u00e9manations d&rsquo;agents toxiques lors de l&rsquo;attaque d&rsquo;al-Ghouta, attendent les premiers soins dans un centre m\u00e9dical improvis\u00e9 \u00e0 Saqba, dans la banlieue de Damas, mercredi.<\/p>\n<p><strong>Quelles options?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Si le r\u00e9gime syrien est r\u00e9ellement derri\u00e8re le bombardement chimique de Damas, il aura fait franchir un degr\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u00e0 un conflit qui a d\u00e9j\u00e0 fait plus de 100.000 morts. \u00abIl ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;un test \u00e0 petite \u00e9chelle comme avant. Les armes chimiques font d\u00e9sormais partie de la guerre, o\u00f9 elles jouent un r\u00f4le de dissuasion. C&rsquo;est un message aux Am\u00e9ricains. C&rsquo;est aussi un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 Barack Obama, qui risque de perdre sa l\u00e9gitimit\u00e9 aupr\u00e8s de ses alli\u00e9s dans le monde\u00bb, analyse un sp\u00e9cialiste du dossier.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement aux op\u00e9rations clandestines men\u00e9es depuis le sol jordanien, la communaut\u00e9 internationale, comme chaque fois que la crise franchit un pic, reconsid\u00e8re les diff\u00e9rentes options militaires. Armer les rebelles? \u00abSi on le fait un jour on ne le dira pas\u00bb, commente une source diplomatique. Des frappes a\u00e9riennes chirurgicales? Possible, mais la solution comporte des risques de r\u00e9gionalisation du conflit. Des forces sp\u00e9ciales pour s\u00e9curiser et neutraliser les sites d&rsquo;armes chimiques? Isra\u00ebl a frapp\u00e9 son voisin syrien \u00e0 plusieurs reprises. Mais les services occidentaux ne veulent pas prendre le risque que les stocks d&rsquo;armes chimiques se retrouvent aux mains des groupes djihadistes. Derni\u00e8re option, l&rsquo;inaction. C&rsquo;est celle sur laquelle semble avoir pari\u00e9 Bachar el-Assad \u00e0 Damas.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/2013\/08\/22\/01003-20130822ARTFIG00438-syrie-l-operation-anti-assad-a-commence.php\">Le Figaro<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Isabelle Lasserre INFO LE FIGARO &#8211; Selon nos informations, des opposants au r\u00e9gime, encadr\u00e9s par des commandos jordaniens, isra\u00e9liens et am\u00e9ricains, progressent vers Damas depuis mi-ao\u00fbt. Cette offensive pourrait expliquer le possible recours du pr\u00e9sident syrien \u00e0 des armes chimiques. 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