{"id":134860,"date":"2013-04-09T00:49:55","date_gmt":"2013-04-08T23:49:55","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/les-freres-syriens-sous-le-feu-des-critiques-1-la-designation-de-ghassan-hitto\/"},"modified":"2024-01-23T13:15:51","modified_gmt":"2024-01-23T12:15:51","slug":"les-freres-syriens-sous-le-feu-des-critiques-1-la-designation-de-ghassan-hitto","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/les-freres-syriens-sous-le-feu-des-critiques-1-la-designation-de-ghassan-hitto\/","title":{"rendered":"Les Fr\u00e8res syriens sous le feu des critiques. 1 \/ La d\u00e9signation de Ghassan Hitto"},"content":{"rendered":"<p>\nLe 18 mars 2013, au terme de longues tractations, la Coalition Nationale des Forces de la R\u00e9volution et de l&rsquo;Opposition Syrienne, r\u00e9unie en Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Istanbul, a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection de Ghassan Hitto comme Premier ministre du \u00ab\u00a0gouvernement provisoire\u00a0\u00bb. Rappelons que ce gouvernement, destin\u00e9 \u00e0 prendre en charge en particulier la gestion des r\u00e9gions de la Syrie sur lesquelles l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;Etat n&rsquo;est plus en mesure de s&rsquo;exercer, sera dissous \u00e0 la chute du r\u00e9gime. Il sera alors remplac\u00e9 par un \u00ab\u00a0gouvernement int\u00e9rimaire\u00a0\u00bb, sous l&rsquo;autorit\u00e9 duquel seront \u00e9labor\u00e9es et adopt\u00e9es les institutions de la Syrie nouvelle. Au terme de ce processus, sanctionn\u00e9 par des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives, il c\u00e8dera lui-m\u00eame la place \u00e0 un gouvernement\u2026 tout court. <\/p>\n<p>L&rsquo;annonce de la victoire de Ghassan Hitto a d\u00e9clench\u00e9 une campagne d&rsquo;une virulence sans pr\u00e9c\u00e9dent contre la Coalition Nationale, mais, surtout, contre l&rsquo;association des Fr\u00e8res Musulmans en Syrie, accus\u00e9e d&rsquo;avoir une nouvelle fois impos\u00e9 ses volont\u00e9s apr\u00e8s avoir pris l&rsquo;opposition et la R\u00e9volution en otages. Ces accusations ont pris une telle ampleur que, renon\u00e7ant au principe qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient fix\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du mouvement de protestation &#8211; ne r\u00e9pondre ni aux accusations, ni aux critiques, de mani\u00e8re \u00e0 ne pas exacerber les divergences internes et \u00e0 ne pas laisser s&rsquo;\u00e9garer l&rsquo;opposition dans des conflits marginaux ne servant que le r\u00e9gime -, les Fr\u00e8res se sont finalement r\u00e9solus, au cours des derniers jours, \u00e0 mettre les choses au point.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9lection en elle-m\u00eame ne constituait pas une surprise. Lors de sa cr\u00e9ation \u00e0 Doha, le 11 novembre 2012, la Coalition Nationale avait en effet d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;elle \u00ab\u00a0proc\u00e9dera, apr\u00e8s sa reconnaissance internationale, \u00e0 la composition d\u2019un gouvernement provisoire\u00a0\u00bb (art. 8 de sa d\u00e9claration de principes). Quatre mois auront finalement \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour permettre \u00e0 ses membres de se mettre d&rsquo;accord sur les questions en suspens. Elles concernaient les comp\u00e9tences requises par les candidats \u00e0 cette fonction, la reconnaissance dont ils devaient b\u00e9n\u00e9ficier de la rue syrienne et de la communaut\u00e9 internationale, la taille et le lieu d&rsquo;installation du futur gouvernement, la forme de ses relations avec la Coalition&#8230; Les divergences portaient aussi sur la nature de cette autorit\u00e9, \u00ab\u00a0gouvernement provisoire\u00a0\u00bb, comme agr\u00e9\u00e9 dans les principes de la Coalition, ou simple \u00ab\u00a0instance ex\u00e9cutive\u00a0\u00bb, comme le sugg\u00e9raient les Am\u00e9ricains, d\u00e9sireux de laisser la porte ouverte \u00e0 un \u00ab\u00a0gouvernement d&rsquo;union nationale\u00a0\u00bb susceptible d&rsquo;inclure des repr\u00e9sentants du r\u00e9gime. Le d\u00e9bat a \u00e9t\u00e9 rendu plus ardu par la contradiction entre la volont\u00e9 d&rsquo;une majorit\u00e9 de voir ce gouvernement provisoire s&rsquo;installer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la Syrie, dans l&rsquo;une des r\u00e9gions dites \u00ab\u00a0lib\u00e9r\u00e9es\u00a0\u00bb, et l&rsquo;incapacit\u00e9 des pays \u00ab\u00a0Amis du Peuple syrien\u00a0\u00bb de lui garantir les deux conditions de sa survie et de son succ\u00e8s : d&rsquo;une part, les fonds dont il aurait besoin pour r\u00e9pondre aux \u00e9normes besoins de la population dans ces zones et au-del\u00e0 ; d&rsquo;autre part, la protection contre les raids a\u00e9riens que le r\u00e9gime ne manquerait pas d&rsquo;entreprendre contre cette autorit\u00e9 concurrente, pour lui ill\u00e9gitime.<\/p>\n<p>Un temps \u00e9voqu\u00e9, le nom de Riyad Hijab a fait l&rsquo;objet de discussions, qui ont incit\u00e9 l&rsquo;ancien Premier ministre \u00e0 renoncer de lui-m\u00eame avant les \u00e9lections. Sa candidature aurait pr\u00e9sent\u00e9 plusieurs avantages : ayant occup\u00e9 plusieurs postes importants &#8211; gouverneur, ministre et chef du gouvernement &#8211; au sein des institutions syriennes, il disposait de comp\u00e9tences administratives que la majorit\u00e9 de ses concurrents n&rsquo;avaient pas ; \u00e9tant issu du Baath, il aurait offert des garanties, du seul fait de sa pr\u00e9sence, aux membres de ce parti non impliqu\u00e9s dans la r\u00e9pression, qui s&rsquo;interrogent sur leur avenir, leur place et leur participation \u00e0 la vie publique dans la nouvelle Syrie ; n&rsquo;ayant rejoint que tardivement les rangs de la R\u00e9volution, sa d\u00e9signation aurait fait comprendre aux h\u00e9sitants qu&rsquo;il \u00e9tait encore temps pour eux d&rsquo;abandonner le r\u00e9gime et de rejoindre le peuple. Mais sa d\u00e9signation s&rsquo;est heurt\u00e9e au refus de ceux qui, sans mettre en doute la sinc\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;homme et de sa d\u00e9fection, ont mis en avant le discr\u00e9dit dont il souffrait dans la population. R\u00e9elle ou suppos\u00e9e, cette pr\u00e9vention les arrangeait. En tout cas, ils n&rsquo;ont pas estim\u00e9 n\u00e9cessaire de s&rsquo;adresser \u00e0 leurs compatriotes pour tenter de la modifier : elle leur permettait de dissimuler leur propre hostilit\u00e9 envers l&rsquo;ancien \u00ab\u00a0parti dirigeant de l&rsquo;Etat et de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Les Fr\u00e8res Musulmans comptaient parmi eux. Mais ils \u00e9taient loin d&rsquo;\u00eatre seuls.<\/p>\n<p>Parmi la dizaine de candidats restant en liste apr\u00e8s le retrait de Riyad Hijab, trois noms se d\u00e9tachaient : celui d&rsquo;un ancien ministre de l&rsquo;Agriculture, Asaad Moustapha, celui de l&rsquo;expert \u00e9conomique Ousama Qadi et celui d&rsquo;un homme d&rsquo;affaires install\u00e9 aux Etats-Unis, Ghassan Hitto.<\/p>\n<p>Le premier, plus politique, posait probl\u00e8me aux Fr\u00e8res. Avant d&rsquo;\u00eatre ministre dans le 2\u00e8me gouvernement de Mahmoud Al Zoubi et, apr\u00e8s le \u00ab\u00a0suicide\u00a0\u00bb d&rsquo;Abou Mouflih, dans le 1er gouvernement de Mohammed Moustapha Miro, il avait exerc\u00e9 la fonction de gouverneur de Hama. Certes, il n&rsquo;\u00e9tait pas en fonction lors des dramatiques \u00e9v\u00e8nements de 1982, puisque c&rsquo;est seulement en 1985 qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 au poste laiss\u00e9 vacant par la nomination de Mohammed Harba comme ministre de l&rsquo;Administration locale dans le 3\u00e8me gouvernement d&rsquo;Abdel-Raouf Al Kasm. Mais son souvenir restait attach\u00e9, dans l&rsquo;esprit de nombreux Syriens, d&rsquo;une part \u00e0 la ville martyre au lendemain de la p\u00e9riode la plus sombre de son histoire, d&rsquo;autre part \u00e0 une fonction synonyme pour eux de malversations et d&rsquo;enrichissement. Ils ne croyaient pas aux calomnies diffus\u00e9es sur la toile par l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9lectronique syrienne d\u00e8s l&rsquo;annonce du ralliement de l&rsquo;ancien ministre \u00e0 la R\u00e9volution. Mais ils n&rsquo;en restaient pas moins convaincus que, dans le syst\u00e8me des Al Assad p\u00e8re et fils, o\u00f9 la corruption est l&rsquo;un des moyens les plus efficaces de neutralisation et de vassalisation du personnel politique, il n&rsquo;\u00e9tait pas possible qu&rsquo;il soit rest\u00e9 durant neuf ans en fonction, de juin 1992 \u00e0 d\u00e9cembre 2001, sans avoir mis la main dans le pot de confiture.<\/p>\n<p>Le second, l&rsquo;expert en \u00e9conomie Ousama Qadi, b\u00e9n\u00e9ficiait d&rsquo;une opinion favorable au sein du Conseil National Syrien (CNS), principale composante de la Coalition Nationale. Dix jours avant le scrutin, son nom \u00e9tait mentionn\u00e9 par Samir Nachar, repr\u00e9sentant de la D\u00e9claration de Damas au CNS, parmi les 3 candidats qui avaient les faveurs de ses camarades. Les deux autres, Burhan Ghalioun et Salem Al Maslat, ne pouvant se maintenir puisque le futur chef du gouvernement devait \u00eatre choisi hors des rangs de la Coalition, le pr\u00e9sident du Groupe d&rsquo;Action Economique syrien voyait un boulevard s&rsquo;ouvrir devant lui. A la veille de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, Ahmed Ramadan, membre du Groupe d&rsquo;Action Nationale au sein du CNS, le consid\u00e9rait encore comme l&rsquo;un des deux favoris avec Asaad Moustapha. Mais une surprise ne pouvait \u00eatre exclue pour plusieurs raisons : d&rsquo;une part, la proc\u00e9dure, un vote \u00e0 bulletin secret dont le second tour opposerait les deux candidats arriv\u00e9s en t\u00eate du premier ; d&rsquo;autre part, \u00ab\u00a0la pr\u00e9f\u00e9rence accord\u00e9e non pas \u00e0 une personnalit\u00e9 connue ou m\u00e9diatique, mais \u00e0 un homme apte \u00e0 diriger un gouvernement charg\u00e9 de r\u00e9pondre aux \u00e9normes besoins du peuple syrien, disposant d&rsquo;un capital d&rsquo;exp\u00e9rience et pleinement engag\u00e9 dans les objectifs de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb ; enfin, les interventions et les pressions effectu\u00e9es sur la Coalition et sur ses membres par plusieurs puissances \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>De fait, c&rsquo;est le troisi\u00e8me homme, Ghassan Hitto, qui est sorti du chapeau. Ayant contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation et au fonctionnement du bureau des secours et des aides humanitaires de la Coalition Nationale, il avait d\u00e9montr\u00e9 en quelques mois que la r\u00e9putation d&rsquo;organisateur et de gestionnaire qu&rsquo;il avait acquise aux Etats-Unis dans ses activit\u00e9s professionnelles et \u00e0 la direction des organisations cr\u00e9\u00e9es par lui depuis le d\u00e9but de la contestation n&rsquo;\u00e9tait pas usurp\u00e9e. La d\u00e9tention de la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine et sa connaissance de l&rsquo;administration outre-Atlantique n&rsquo;en faisaient pas pour autant un \u00ab\u00a0laquais des Etats-Unis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ghassan Hitto pr\u00e9sentait plusieurs autres avantages. D\u00e9mocrate et lib\u00e9ral, consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab\u00a0centriste\u00a0\u00bb au sein de l&rsquo;opposition, il est issu d&rsquo;un milieu conservateur. Il n&rsquo;a jamais appartenu \u00e0 l&rsquo;Association des Fr\u00e8res Musulmans, mais, comme une majorit\u00e9 de ses compatriotes de la communaut\u00e9 sunnite, il est attach\u00e9 aux valeurs religieuses. Il n&rsquo;avait pas attendu le d\u00e9but de la R\u00e9volution dans son pays d&rsquo;origine pour prendre des initiatives en faveur de ses coreligionnaires, contribuant par exemple \u00e0 la cr\u00e9ation de la Muslim Legal Fund of America, une ONG fond\u00e9e au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 pour assurer la d\u00e9fense des droits civiques des musulmans am\u00e9ricains ou r\u00e9sidant aux Etats-Unis. La communaut\u00e9 kurde, \u00e0 laquelle trois si\u00e8ges avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9s &#8211; sans \u00eatre encore occup\u00e9s &#8211; au sein de la Coalition Nationale, pourrait voir dans son \u00e9lection un signal positif. Enfin, la pr\u00e9sence de l&rsquo;un de ses fils, Obayda, au c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9volutionnaires de De\u00efr al Zor d\u00e8s les premi\u00e8res heures du soul\u00e8vement populaire, d\u00e9montrait que son engagement \u00e9tait aussi familial et que la vie de ses enfants ne passait pas pour lui avant celle de ses concitoyens.<\/p>\n<p>A l&rsquo;approche du vote, ayant constat\u00e9 que Ghassan Hitto b\u00e9n\u00e9ficiait du consensus le plus large, et qu&rsquo;il disposait en particulier du soutien des activistes de l&rsquo;int\u00e9rieur qui avaient d\u00e9j\u00e0 per\u00e7u les r\u00e9sultats de son action, les Fr\u00e8res Musulmans ont chang\u00e9 leur fusil d&rsquo;\u00e9paule et annonc\u00e9 qu&rsquo;ils en faisaient leur candidat. Ils entendaient ainsi assurer au futur Premier ministre la majorit\u00e9 confortable qui renforcerait sa l\u00e9gitimit\u00e9. Prenant acte du fait que le choix s&rsquo;orientait vers son concurrent, Ousama Qadi a pris une double d\u00e9cision : il s&rsquo;est retir\u00e9 de la comp\u00e9tition et il a lui-m\u00eame appel\u00e9 ses partisans \u00e0 transf\u00e9rer leurs votes sur Ghassan Hitto. S&rsquo;exprimant peu de temps apr\u00e8s le scrutin, il lui a souhait\u00e9 plein succ\u00e8s, saluant ses qualit\u00e9s et \u00ab\u00a0l&rsquo;assurant de sa pleine et enti\u00e8re coop\u00e9ration, au service de la R\u00e9volution et jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est erron\u00e9 d&rsquo;attribuer son \u00e9lection aux seuls Fr\u00e8res Musulmans. Certes, seule v\u00e9ritable force politique organis\u00e9e au sein du Conseil National puis au sein de la Coalition Nationale, ils y disposent d&rsquo;un poids et d&rsquo;une influence incontestable. Mais, ils ne sont pas en mesure d&rsquo;y faire \u00e0 eux seuls la pluie et le beau temps : ils n&rsquo;y d\u00e9tiennent pas la majorit\u00e9 et encore moins le monopole de la d\u00e9cision, surtout lorsque celle-ci est prise \u00e0 bulletin secret. Ils d\u00e9noncent les chiffres avanc\u00e9s sur leur repr\u00e9sentation au sein de ces instances, exag\u00e9r\u00e9s \u00e0 dessein par l&rsquo;assimilation \u00e0 leur association de ceux qui appartiennent \u00e0 la m\u00eame famille de pens\u00e9e &#8211; comme Ghassan Hitto&#8230; &#8211; alors qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais fait partie de leurs rangs ou qu&rsquo;ils ont pris avec eux leurs distances.<\/p>\n<p>Il est aussi exag\u00e9r\u00e9 d&rsquo;affirmer, comme l&rsquo;a fait l&rsquo;opposant Michel Kilo, que \u00ab\u00a0c&rsquo;est le Qatar qui a impos\u00e9 Hitto\u00a0\u00bb. Comme les Fr\u00e8res Musulmans et comme une majorit\u00e9 des votants au sein de la Coalition nationale, les autorit\u00e9s qataries se sont ralli\u00e9es \u00e0 sa candidature parce que, comme elles l&rsquo;ont d\u00e9montr\u00e9 depuis longtemps, soucieuses de ne pas investir \u00e0 fonds perdus, elles sont davantage int\u00e9ress\u00e9es par l&rsquo;efficacit\u00e9 des hommes que par leur appartenance id\u00e9ologique. Ceux dont le refrain favori est de d\u00e9noncer aujourd&rsquo;hui le soutien que Doha \u00ab\u00a0apporte\u00a0\u00bb aux islamistes en g\u00e9n\u00e9ral et aux Fr\u00e8res Musulmans en particulier, oubliant que ce sont les Syriens qui d\u00e9termineront seuls demain, lors d&rsquo;\u00e9lections pluralistes, libres et honn\u00eates, quel r\u00f4le ils veulent leur voir jouer ou ne pas jouer dans la Syrie future, ne doivent pas avoir la m\u00e9moire courte. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0islamiste\u00a0\u00bb mais efficace que le Qatar a confi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ancien d\u00e9put\u00e9 palestinien &#8211; chr\u00e9tien\u2026 &#8211; \u00e0 la Knesset, Azmi Bichara, la direction de l&rsquo;Arab Center for Research and Policy Studies cr\u00e9\u00e9 en 2011. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0islamiste\u00a0\u00bb mais efficace et comp\u00e9tent qu&rsquo;il a nomm\u00e9 le chercheur al\u00e9pin Mohammed Jamal Barout, un ancien baathiste jadis proche des autorit\u00e9s de son pays, \u00e0 un poste de biblioth\u00e9caire et de chercheur dans ce m\u00eame centre.<\/p>\n<p>Ceux qui ont estim\u00e9 opportun de souligner le ralliement du Qatar \u00e0 la d\u00e9signation de Ghassan Hitto, auraient d\u00fb aussi signaler, pour ne pas donner l&rsquo;impression de dissimuler un autre volet de la r\u00e9alit\u00e9, que, de son c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;Arabie saoudite avait men\u00e9 campagne jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re minute en faveur de l&rsquo;ancien ministre Asaad Moustapha. Cette comp\u00e9tition de coulisses am\u00e8ne \u00e0 se demander si c&rsquo;est pour d\u00e9noncer les \u00ab\u00a0pressions\u00a0\u00bb du Qatar que quelques membres en vue de la Coalition se sont retir\u00e9s avant le vote, ou pour ne pas \u00eatre impliqu\u00e9s dans une d\u00e9cision qui f\u00e2chait les autorit\u00e9s saoudiennes dont elles partagent les convictions. On observera que le pr\u00e9sident de la Coalition, qui estimait, comme les Am\u00e9ricains, que l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un Premier ministre et la mise en place d&rsquo;un gouvernement provisoire \u00e9taient \u00ab\u00a0inopportunes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0pr\u00e9matur\u00e9es\u00a0\u00bb, n&rsquo;en a pas moins particip\u00e9 au vote. On se r\u00e9jouira de constater \u00e0 cette occasion que, pour lui au moins, le respect des proc\u00e9dures d\u00e9mocratiques passe avant la satisfaction de ceux dont, sans \u00eatre l&rsquo;ami, il partage certains des points de vue. <\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Salim Idriss, chef du Haut Commandement militaire conjoint de l&rsquo;Arm\u00e9e Syrienne Libre (ASL), qui avait affirm\u00e9 \u00e0 la veille du scrutin le \u00ab\u00a0soutien de ses forces au gouvernement provisoire\u00a0\u00bb, s&rsquo;est ult\u00e9rieurement montr\u00e9 plus r\u00e9serv\u00e9 sur la d\u00e9signation de Ghassan Hitto, arguant du fait qu&rsquo;une \u00e9lection, m\u00eame avec une confortable majorit\u00e9 de 35 voix contre 7, ne procurait pas au Premier ministre la l\u00e9gitimit\u00e9 que lui aurait conf\u00e9r\u00e9e la d\u00e9signation par consensus qui avait sa pr\u00e9f\u00e9rence. Qu&rsquo;il se soit exprim\u00e9 ainsi par conviction personnelle ou par souci de m\u00e9nager les susceptibilit\u00e9s de ceux qui approvisionnent ses forces en mat\u00e9riels militaires, son h\u00e9sitation ne devrait pas avoir de cons\u00e9quences sur les relations \u00e0 venir entre les combattants qu&rsquo;il contr\u00f4le et le gouvernement provisoire. Qualifi\u00e9e de personnelle et h\u00e2tive, sa d\u00e9cision a toutes les chances d&rsquo;\u00eatre bient\u00f4t amend\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;ASL.<\/p>\n<p>Dans une intervention au terme de l&rsquo;\u00e9lection de Ghassan Hitto, le pr\u00e9sident de la Coalition a tenu des propos tr\u00e8s clairs. Indiquant que \u00ab\u00a0la mise en place d&rsquo;une administration s&rsquo;\u00e9tant impos\u00e9e, des discussions se sont d\u00e9roul\u00e9es durant des semaines et des mois \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la Coalition, comme cela se passe partout dans le monde, pour donner forme \u00e0 ce projet et lui trouver une solution\u2026 Apr\u00e8s des \u00e9changes et des divergences de vues, habituelles dans les parlements les plus d\u00e9mocratiques, le choix de la majorit\u00e9 de nos fr\u00e8res s&rsquo;est finalement port\u00e9 sur notre ami Ghassan Hitto comme chef du gouvernement provisoire. D&rsquo;ici quelque temps, lors d&rsquo;une autre r\u00e9union, il soumettra au vote son programme d&rsquo;action et les ministres qu&rsquo;il aura choisis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> (A suivre)<\/p>\n<p>http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 18 mars 2013, au terme de longues tractations, la Coalition Nationale des Forces de la R\u00e9volution et de l&rsquo;Opposition Syrienne, r\u00e9unie en Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Istanbul, a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection de Ghassan Hitto comme Premier ministre du \u00ab\u00a0gouvernement provisoire\u00a0\u00bb. Rappelons que ce gouvernement, destin\u00e9 \u00e0 prendre en charge en particulier la gestion des r\u00e9gions<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-134860","post","type-post","status-publish","format-standard"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134860"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134860\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}