{"id":133138,"date":"2012-07-03T10:16:47","date_gmt":"2012-07-03T09:16:47","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/syrie-possible-succes-des-rebelles\/"},"modified":"2024-01-23T13:08:10","modified_gmt":"2024-01-23T12:08:10","slug":"syrie-possible-succes-des-rebelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/syrie-possible-succes-des-rebelles\/","title":{"rendered":"Syrie, possible succ\u00e8s des rebelles"},"content":{"rendered":"<p>Jusqu&rsquo;il y a peu, de nombreux observateurs du conflit syrien s&rsquo;accordaient sur le fait que les rebelles de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre (ASL) n&rsquo;avaient aucune chance de vaincre les centaines de milliers de combattants loyalistes et leur profusion d&rsquo;armements lourds fournis par la Russie. Pour les tenants de ce point de vue, la militarisation du soul\u00e8vement ne mena\u00e7ait pas la survie du r\u00e9gime de Bachar Al-Assad mais lui accordait au contraire un sursis en lui offrant de mener la lutte sur son terrain favori. Les d\u00e9veloppements des derni\u00e8res semaines sugg\u00e8rent toutefois qu&rsquo;une victoire des insurg\u00e9s constitue d\u00e9sormais une perspective peut-\u00eatre encore \u00e9loign\u00e9e, mais nullement invraisemblable.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier, les gains territoriaux de l&rsquo;insurrection ont convaincu le r\u00e9gime syrien de faire ce dont il s&rsquo;\u00e9tait abstenu jusqu&rsquo;alors, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9ployer massivement chars lourds, artillerie de gros calibre et h\u00e9licopt\u00e8res. Toutefois, pr\u00e8s de cinq mois apr\u00e8s le lancement de cette contre-offensive, les r\u00e9sultats ne sont gu\u00e8re convaincants. Aucune des zones occup\u00e9es par les insurg\u00e9s avant f\u00e9vrier n&rsquo;a pu \u00eatre reconquise de mani\u00e8re durable et effective puisque, dans tous les cas, des \u00e9l\u00e9ments arm\u00e9s s&rsquo;y sont r\u00e9infiltr\u00e9s.<\/p>\n<p>A Homs, par exemple, alors que les forces r\u00e9guli\u00e8res annoncent l&rsquo;imminence d&rsquo;un assaut \u00ab\u00a0d\u00e9cisif\u00a0\u00bb sur le centre-ville, les rebelles viennent de reprendre le contr\u00f4le de plusieurs check-points dans le quartier de Baba Amr, cible d&rsquo;un terrible si\u00e8ge en f\u00e9vrier. En outre, les six derniers mois ont vu l&rsquo;insurrection gagner de nouveaux territoires comme la province d&rsquo;Alep, la r\u00e9gion de Deir ez-Zor \u00e0 la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Irak, l&rsquo;arri\u00e8re-pays sunnite de Lattaqui\u00e9, de proches banlieues de Damas (Kafr Sousse) et m\u00eame, dans une moindre mesure, une partie du coeur historique de la capitale (Midan). Au total, selon les Nations unies, 40 % des r\u00e9gions habit\u00e9es du pays \u00e9chapperaient au contr\u00f4le du pouvoir central.<\/p>\n<p>La force de l&rsquo;opposition arm\u00e9e ne tient pas dans ses qualit\u00e9s intrins\u00e8ques, exception faite du tr\u00e8s large soutien populaire dont elle fait l&rsquo;objet : ses quelques dizaines de milliers de combattants, dont une forte proportion de volontaires inexp\u00e9riment\u00e9s, se r\u00e9partissent en une multitude de brigades locales, certes de plus en plus coordonn\u00e9es entre elles, mais toujours d\u00e9pourvues de commandement national ; ces brigades ne poss\u00e8dent pour l&rsquo;essentiel que ce qui constitue l&rsquo;\u00e9quipement de base des unit\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e syrienne (kalachnikov, fusil de pr\u00e9cision Dragunov, mitrailleuse PKT et lance-roquettes RPG-7) et n&rsquo;ont g\u00e9n\u00e9ralement acquis d&rsquo;\u00e9quipements plus sophistiqu\u00e9s (en particulier des missiles antichars Metis et Kornet) qu&rsquo;en les capturant aux forces r\u00e9guli\u00e8res ou en les achetant \u00e0 des officiers corrompus.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;ASL, les chances de l&#8217;emporter r\u00e9sident donc plut\u00f4t dans les nombreuses faiblesses structurelles des forces loyalistes. En d\u00e9pit de leur apparente solidit\u00e9, ces derni\u00e8res sont en effet dans une posture des plus inconfortables pour mener une guerre de contre-insurrection.<\/p>\n<p>Le premier probl\u00e8me de ces forces est leur manque d&rsquo;effectifs face \u00e0 la multiplication des fronts ouverts par les insurg\u00e9s. Le chiffre fr\u00e9quemment cit\u00e9 de 300 000 hommes d&rsquo;active est th\u00e9orique, une partie seulement d&rsquo;entre eux sont r\u00e9ellement utilisables contre l&rsquo;opposition. La contestation s&rsquo;ancre en effet prioritairement dans les r\u00e9gions sunnites pauvres, c&rsquo;est-\u00e0-dire l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e de Bachar Al-Assad recrute la majorit\u00e9 de ses hommes.<\/p>\n<p>Face au risque de d\u00e9sertions, le r\u00e9gime s&rsquo;appuie sur ses soldats les plus loyaux (alaouites, membres de certains clans b\u00e9douins et Kurdes) et sous-emploie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les \u00e9l\u00e9ments per\u00e7us comme les moins fiables. Pour les m\u00eames raisons, des suppl\u00e9tifs civils (les fameux chabbiha) ont \u00e9t\u00e9 massivement recrut\u00e9s parmi les segments \u00ab\u00a0s\u00fbrs\u00a0\u00bb de la population, mais leur manque d&rsquo;exp\u00e9rience et d&rsquo;\u00e9quipement ne leur permet pas de compenser l&rsquo;insuffisance num\u00e9rique des troupes r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce manque d&rsquo;effectifs qui, \u00e0 partir du mois de f\u00e9vrier, a pouss\u00e9 le r\u00e9gime \u00e0 user de son avantage incommensurable en termes de puissance de feu. Ce choix, on l&rsquo;a dit plus haut, ne permet pas d&rsquo;enrayer l&rsquo;extension de l&rsquo;insurrection. C&rsquo;est que, incapable de d\u00e9ployer suffisamment de garnisons pour op\u00e9rer un maillage \u00e9troit du territoire, le r\u00e9gime ne cherche pas \u00e0 r\u00e9tablir l&rsquo;ordre et les services publics mais opte pour une approche purement punitive : blocus des localit\u00e9s rebelles, bombardements, raids de blind\u00e9s, ex\u00e9cutions sommaires, rafles, incendies de maisons et de plantations, obstruction des puits ou encore pillages.<\/p>\n<p>Dans de telles circonstances, il est devenu impensable pour les troupes du pr\u00e9sident syrien, largement per\u00e7ues comme une force occupante, de pouvoir un jour reconqu\u00e9rir \u00ab\u00a0les coeurs et les esprits\u00a0\u00bb, objectif primordial de toute strat\u00e9gie de contre-insurrection.<\/p>\n<p>Un second probl\u00e8me se posant au r\u00e9gime est celui des centaines de milliers de d\u00e9plac\u00e9s jet\u00e9s sur les routes par la \u00ab\u00a0solution militaire\u00a0\u00bb. On est ici face \u00e0 un autre aspect crucial de la lutte anti-insurrectionnelle, \u00e0 savoir la n\u00e9cessit\u00e9, pour reprendre la m\u00e9taphore de Mao Zedong, de s\u00e9parer les \u00ab\u00a0poissons\u00a0\u00bb (les rebelles) de l'\u00a0\u00bbeau\u00a0\u00bb dans laquelle ils \u00e9voluent (la population).<\/p>\n<p>Parmi les r\u00e9ponses apport\u00e9es \u00e0 ce probl\u00e8me durant les guerres contre-insurrectionnelles de l&rsquo;\u00e8re moderne, aucune n&rsquo;\u00e9tait envisageable par le r\u00e9gime syrien : une politique d&rsquo;extermination \u00e0 grande \u00e9chelle aurait accru le risque d&rsquo;intervention militaire \u00e9trang\u00e8re, de m\u00eame qu&rsquo;un exode massif des d\u00e9plac\u00e9s vers les pays voisins ; quant \u00e0 regrouper les populations concern\u00e9es dans des camps, comme le firent les Britanniques durant l&rsquo;insurrection malaisienne (1948-1960), cela aurait n\u00e9cessit\u00e9 des ressources financi\u00e8res que l&rsquo;Etat syrien ne poss\u00e8de pas.<\/p>\n<p>Faute d&rsquo;alternative, les autorit\u00e9s ont donc laiss\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s s&rsquo;\u00e9tablir l\u00e0 o\u00f9 ils pouvaient esp\u00e9rer jouir de quelque solidarit\u00e9. Par exemple, bon nombre des sunnites d&rsquo;Homs ont \u00e9lu domicile chez leurs coreligionnaires damasc\u00e8nes, venant de ce fait grossir les rangs de l&rsquo;opposition dans des quartiers d\u00e9j\u00e0 farouchement hostiles au r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Handicap\u00e9es en termes d&rsquo;effectifs et de rapport \u00e0 la population, les forces de r\u00e9pression le sont \u00e9galement d&rsquo;un point de vue mat\u00e9riel. Le manque d&rsquo;effectifs induit d&rsquo;importants d\u00e9placements d&rsquo;hommes \u00e0 travers le pays, des trajets que les milices suppl\u00e9tives effectuent souvent dans de simples bus qui constituent des proies faciles pour l&rsquo;ASL.<\/p>\n<p>M\u00eame les blind\u00e9s ne sont gu\u00e8re adapt\u00e9s. Certes, les tanks lourds comme le T-72 demeurent un atout appr\u00e9ciable pour l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re mais seule une minorit\u00e9 de ces engins ont \u00e9t\u00e9 dot\u00e9s de blindages r\u00e9actifs offrant aux \u00e9quipages un degr\u00e9 de protection comparable \u00e0 celui des chars occidentaux de conception r\u00e9cente.<\/p>\n<p>De plus, sur les th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;op\u00e9rations, l&rsquo;infanterie se d\u00e9place \u00e0 bord de BMP-1, des blind\u00e9s con\u00e7us pour la guerre de mouvement plut\u00f4t que pour la contre-insurrection. Les recrues lui reprochent notamment sa grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux RPG-7 et aux engins explosifs improvis\u00e9s, une vuln\u00e9rabilit\u00e9 dont attestent presque quotidiennement les images de carcasses fumantes de ces engins diffus\u00e9es par l&rsquo;ASL.<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e syrienne est par ailleurs d\u00e9pourvue de v\u00e9hicules de patrouille r\u00e9sistants aux mines, une arme dont les Occidentaux se sont \u00e9quip\u00e9s \u00e0 prix d&rsquo;or dans les conflits afghan et irakien. Un dernier handicap des forces loyalistes est le manque d&rsquo;appui a\u00e9rien. Probablement par crainte de donner des arguments aux partisans de l&rsquo;imposition d&rsquo;une zone d&rsquo;interdiction de survol, le r\u00e9gime s&rsquo;est abstenu jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;utiliser ses avions dans le conflit et n&rsquo;a d\u00e9ploy\u00e9 que des h\u00e9licopt\u00e8res.<\/p>\n<p>Dans de telles circonstances, il n&rsquo;est pas forc\u00e9ment imprudent d&rsquo;avancer que l&rsquo;ASL pourrait faire pencher la balance en sa faveur si elle se dotait de syst\u00e8mes antichars et antia\u00e9riens plus efficaces. Sur ce plan, la logistique des rebelles est encore tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre optimale mais s&rsquo;est n\u00e9anmoins am\u00e9lior\u00e9e par rapport au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, tant en raison des donations d&rsquo;origine priv\u00e9e (diaspora syrienne, collectes de fonds organis\u00e9es dans le Golfe) que du soutien encore timide mais n\u00e9anmoins croissant de pays, tels que l&rsquo;Arabie saoudite et le Qatar. Jusqu&rsquo;au sortir de l&rsquo;hiver, l&rsquo;extr\u00eame d\u00e9nuement des combattants des insurg\u00e9s t\u00e9moignait de la quasi-inexistence de l&rsquo;aide apport\u00e9e par ces Etats.<\/p>\n<p>Cette aide s&rsquo;est ensuite mise en branle \u00e0 mesure que l&rsquo;ASL d\u00e9montrait sa capacit\u00e9 de r\u00e9sistance et, partant, sa cr\u00e9dibilit\u00e9 en tant qu&rsquo;acteur du conflit.<\/p>\n<p>De cette dynamique t\u00e9moigne notamment la cr\u00e9ation, d\u00e9but juin \u00e0 Istanbul, du Front des r\u00e9volutionnaires syriens, une structure politico-militaire proche de l&rsquo;Arabie saoudite \u00e0 laquelle se sont ralli\u00e9es les Brigades des hommes libres de Syrie (Ahrar al-Sham), principale force insurg\u00e9e dans la province d&rsquo;Idlib.<\/p>\n<p>Soulignons, pour conclure, que la mont\u00e9e en puissance de l&rsquo;ASL ne signifie pas n\u00e9cessairement la fin de toute solution politique au conflit. Pour l&#8217;emporter, en effet, les rebelles syriens ne doivent pas forc\u00e9ment marcher sur le Palais du peuple, sinistre casemate pr\u00e9sidentielle surplombant Damas. En d&rsquo;autres termes, la victoire politique de l&rsquo;opposition ne pr\u00e9suppose pas n\u00e9cessairement sa victoire militaire totale.<\/p>\n<p>Cette victoire politique peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9e requiert seulement que les insurg\u00e9s grignotent suffisamment de territoires pour convaincre les parrains russes et iraniens de Bachar Al-Assad que leur prot\u00e9g\u00e9 est condamn\u00e9 et qu&rsquo;ils n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix que d&rsquo;abandonner leurs projets de r\u00e9formes cosm\u00e9tiques au profit d&rsquo;un v\u00e9ritable changement de r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Arabisant, Thomas Pierret est titulaire d&rsquo;un doctorat obtenu \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes politiques de Paris et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 catholique de Louvain. Il a s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Princeton et a v\u00e9cu plusieurs ann\u00e9es en Syrie. Il a publi\u00e9 \u00ab\u00a0Baas et Islam en Syrie : la dynastie Assad face aux oul\u00e9mas\u00a0\u00bb (PUF, 2011). Cet ouvrage pr\u00e9sente les acteurs les plus influents de la sc\u00e8ne religieuse syrienne<\/p>\n<p><em>Thomas Pierret, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en islam contemporain \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Edimbourg (Ecosse).<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>*<\/p>\n<p><strong>Al-Qaida est marginale dans la r\u00e9volte<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En Syrie, la plupart des manifestations de l&rsquo;opposition voient les participants crier des slogans \u00e0 la gloire de l'\u00a0\u00bbArm\u00e9e libre\u00a0\u00bb. Plut\u00f4t qu&rsquo;une organisation structur\u00e9e, cette expression constitue en r\u00e9alit\u00e9 un label appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ensemble des groupes arm\u00e9s combattant le r\u00e9gime de Bachar Al-Assad. Le caract\u00e8re tr\u00e8s fragment\u00e9 de la r\u00e9bellion syrienne est avant tout le r\u00e9sultat de sa gen\u00e8se, celle d&rsquo;un vaste mouvement d&rsquo;autod\u00e9fense populaire dans lequel d\u00e9serteurs et volontaires se mobilisent pour prot\u00e9ger un village, un quartier ou, plus rarement, un clan tribal (brigade des Choua\u00eftat \u00e0 Deir ez-Zor).<\/p>\n<p>Des processus d&rsquo;unification se sont ensuite mis en branle, que ce soit par l&rsquo;absorption de petits groupes au sein de brigades ayant d\u00e9montr\u00e9 leur force dans une r\u00e9gion particuli\u00e8re (la brigade Al-Farouk \u00e0 Homs par exemple), ou par la cr\u00e9ation de conseils militaires locaux visant \u00e0 coordonner l&rsquo;action des diff\u00e9rents groupes pr\u00e9sents dans une m\u00eame r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Des tentatives d&rsquo;unification ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 men\u00e9es depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur de la Syrie mais n&rsquo;ont abouti qu&rsquo;\u00e0 de nouvelles divisions. Bien que soutenu par le Conseil national syrien (CNS), le colonel Riyad Al-Assaad, chef de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre (ASL) bas\u00e9 en Turquie, est tr\u00e8s loin de contr\u00f4ler l&rsquo;ensemble de l&rsquo;opposition arm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Financements distincts<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Outre le fait que certaines brigades de l&rsquo;int\u00e9rieur se r\u00e9clament de l&rsquo;ASL tout en rejetant l&rsquo;autorit\u00e9 du colonel Al-Assaad, ce dernier a \u00e9galement d\u00fb faire face \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;organisations rivales telles que le Haut Conseil militaire r\u00e9volutionnaire du g\u00e9n\u00e9ral Mustapha Al-Cheikh, actuellement r\u00e9concili\u00e9 avec l&rsquo;ASL, le Front des r\u00e9volutionnaires syriens, proche de l&rsquo;Arabie saoudite, ou encore le Comit\u00e9 de protection des civils, cr\u00e9\u00e9 par les Fr\u00e8res musulmans (qui dominent par ailleurs le CNS) pour maximiser leur influence sur les groupes arm\u00e9s.<\/p>\n<p>A ces diff\u00e9rentes affiliations correspondent, pour les groupes concern\u00e9s, des sources de financement distinctes qui entretiennent les clivages locaux. Par exemple, les deux principales brigades insurg\u00e9es de la province d&rsquo;Idlib, \u00e0 savoir les Brigades des hommes libres de Syrie et les Faucons de Syrie, sont affili\u00e9es respectivement au Front des r\u00e9volutionnaires syriens et \u00e0 l&rsquo;ASL.<br \/>\nSur le plan id\u00e9ologique, les communiqu\u00e9s diffus\u00e9s par les brigades rebelles se concentrent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les civils et de mettre \u00e0 bas la dictature. Ces communiqu\u00e9s se caract\u00e9risent par la r\u00e9currence de formules rituelles religieuses mais, dans la plupart des cas, celles-ci ne s&rsquo;accompagnent pas de revendications sp\u00e9cifiquement islamistes.<br \/>\nLes attaques ouvertes contre la communaut\u00e9 alaouite ne sont pas absentes mais demeurent relativement rares. Quant au Front du soutien, organisation qui se pr\u00e9sente comme la branche syrienne d&rsquo;Al-Qaida, elle reste entour\u00e9e d&rsquo;un profond myst\u00e8re laissant planer des doutes quant \u00e0 sa possible manipulation par les services du r\u00e9gime. Elle a revendiqu\u00e9 des attentats spectaculaires mais est tr\u00e8s peu active en mati\u00e8re de gu\u00e9rilla, ce qui sugg\u00e8re qu&rsquo;elle occupe une place marginale au sein de la r\u00e9bellion.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2012\/07\/02\/syrie-possible-succes-des-rebelles_1727970_3232.html\">Le Monde<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jusqu&rsquo;il y a peu, de nombreux observateurs du conflit syrien s&rsquo;accordaient sur le fait que les rebelles de l&rsquo;Arm\u00e9e syrienne libre (ASL) n&rsquo;avaient aucune chance de vaincre les centaines de milliers de combattants loyalistes et leur profusion d&rsquo;armements lourds fournis par la Russie. 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