{"id":132012,"date":"2012-01-09T12:10:45","date_gmt":"2012-01-09T11:10:45","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/en-tunisie-ne-parlera-t-on-bientot-plus-francais\/"},"modified":"2024-01-23T13:03:38","modified_gmt":"2024-01-23T12:03:38","slug":"en-tunisie-ne-parlera-t-on-bientot-plus-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/en-tunisie-ne-parlera-t-on-bientot-plus-francais\/","title":{"rendered":"En Tunisie ne parlera-t-on bient\u00f4t plus fran\u00e7ais ?"},"content":{"rendered":"<p>En Tunisie ne parlera-t-on bient\u00f4t plus fran\u00e7ais ? Bient\u00f4t peut-\u00eatre \u2026 si les choses \u00e9voluent sur la lanc\u00e9e actuelle. Le visiteur arrivant \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Tunis-Carthage sur un vol TUNISAIR ne s\u2019en apercevra pas tout de suite. Une fois l\u2019appareil sur le tarmac, le commandant de bord (tunisien) donne ses instructions au personnel de cabine toujours en fran\u00e7ais, et les annonces par haut-parleur dans l\u2019a\u00e9roport m\u00eame sont pour la plupart faites en fran\u00e7ais, ni en arabe, ni en anglais. Celui qui veut faire carri\u00e8re, \u00e0 Tunis, dans le monde de l\u2019aviation civile, doit \u00eatre francophone avant tout. <\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0 aux guichets du contr\u00f4le des passeports l\u2019ambiance change. Aujourd\u2019hui les agents de la PAF* tunisienne sont en majorit\u00e9 jeunes, des t\u00eates  \u201cde l\u2019int\u00e9rieur\u201d, un peu b\u00e9douines, un peu paysannes, le regard s\u00e9v\u00e8re, pleinement conscients du pouvoir discr\u00e9tionnaire momentan\u00e9 qu\u2019ils exercent sur chaque passager qui se pr\u00e9sente devant eux. Quelques agents femmes aussi, avec elles c\u2019est pire. Elles me rappellent vaguement les conductrices de bus dans l\u2019ancien Berlin-Est. Au \u201cbonjour\u201c de l\u2019arrivant ou du partant ils \/ elles ne r\u00e9pondent presque pas, presque plus. Finis les temps (ann\u00e9es 80 \/ 90) o\u00f9 \u00e0 mon arriv\u00e9e &#8211; je vivais \u00e0 ce moment \u00e0 Tunis &#8211; l\u2019officier de police me lan\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 de loin un \u201cbonjour Professeur, comment va la France ? \u201d &#8211; Plus tard ils savaient aussi que je venais d\u2019Isra\u00ebl, et obligation de r\u00e9serve oblige, mais l\u2019interpellation resta tout de m\u00eame chaleureuse : \u201cBonjour Professeur, comment va\u2026 la Palestine ? \u201d C\u2019est termin\u00e9. Ces messieurs \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u2019un certain \u00e2ge, ils sont maintenant \u00e0 la retraite, ou pire. Mais tous avaient quelque chose en commun : une jovialit\u00e9 venant du c\u0153ur, d\u2019un grand professionnalisme aussi, doubl\u00e9e d\u2019une ma\u00eetrise remarquable du fran\u00e7ais, langue dans laquelle ils avaient appris leur m\u00e9tier de policier et de douanier. Tempi passati. Over. Vorbei.  Le flic tunisien, r\u00e9ceptionniste des passagers a\u00e9roport\u00e9s, est devenu un triste Sire, son homologue f\u00e9minine une \u00e2pre madone qui tous semblent prendre tout le monde d\u2019abord pour des malfaiteurs en herbe\u2026 qu\u2019ils prouvent leur innocence, et apr\u00e8s on verra bien s\u2019ils peuvent mettre les pieds sur le sol tunisien hors zone de police !  Leur fran\u00e7ais est devenu basic. On parle arabe ou s\u2019adresse, au visiteur d\u2019Occident, dans un charabia franco\u00efde, le tutoiement \u00e9tant la r\u00e8gle : \u201cAttends que je termine avec l\u2019autre, reste derri\u00e8re ta ligne, l\u00e0 devant toi ! \u201d Bref une ambiance \u201csoviet\u201d, avant la chute du mur de Berlin!<\/p>\n<p>Les journaux francophones existent encore : \u201cLa Presse de Tunisie\u201d toujours proche, archi-proche, du gouvernement en place, \u201cLe Temps\u201d, \u201cLe Quotidien\u201d pour ceux de tous les jours, \u201cR\u00e9alit\u00e9s\u201d (aux all\u00e9geances politiques \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable) et \u201cTunis Hebdo\u201d (soi-disant \u201csatirique\u201d \u2026 mais !) pour les hebdomadaires. Quelques revues sp\u00e9cialis\u00e9es aussi. Mais le langage est devenu pauvre, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, dess\u00e9ch\u00e9. Les commentateurs et auteurs des articles d\u2019opinion, c\u2019est-\u00e0-dire l\u00e0 o\u00f9 les potentialit\u00e9s linguistiques se montrent (ou se \u201ccachent\u201d), ne sont pas sortis de leur langue de bois de l\u2019\u00e9poque Ben Ali. Et le nouveau \u201cdiscours officiel\u201d des dirigeants \u201cislamisants\u201d ne les encourage gu\u00e8re \u00e0 tourner la page, \u00e0 se rouvrir sur le monde s\u00e9mantique richissime d\u2019un fran\u00e7ais librement pratiqu\u00e9. En dehors d\u2019un cercle d\u2019intellectuels et d\u2019universitaires form\u00e9s \u201c\u00e0 l\u2019ancienne\u201d l\u2019utilisation du fran\u00e7ais se perd dans les m\u00e9andres d\u2019une rampante propagande islamo-nationaliste qui vient de loin, dont les origines se situent  \u201c\u00e0 l\u2019est de Ben Gardane\u201d** (feu Habib Bourguiba, toujours avec beaucoup de m\u00e9pris pour tout ce qui est \u201carabo-oriental\u201d). Et aujourd\u2019hui on ne mesurera jamais assez l\u2019impact d\u00e9sastreux qu\u2019exercent les cha\u00eenes TV arabes priv\u00e9es (Egypte, Arabie Saoudite), qui arrosent 24h\/24 le paysage t\u00e9l\u00e9visuel tunisien d\u2019une propagande islamiste primaire, antioccidentale par d\u00e9finition, sur les structures mentales authentiquement biculturelles des Tunisiens. C\u2019est un lavage des cerveaux qui existe en Tunisie depuis de longues ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 mais dont les fruits \u201c\u00e9closent\u201d aujourd\u2019hui dans toute leur \u201csplendeur\u201d macabre. Et ce ne sont pas les islamistes d\u2019Ennahda ou ceux de leur branche \u201caction\u201d (salafistes) qui s\u2019en plaindront. Bien au contraire. C\u2019est de l\u2019eau sur leurs moulins, plut\u00f4t de l\u2019huile sur leurs braises.<\/p>\n<p>Le nouveau discours politico-culturel en Tunisie est net. Il faut qu\u2019\u00e0 terme les reliquats d\u2019un, au d\u00e9part, v\u00e9ritable bilinguisme franco-arabe disparaissent, que l\u2019impact du fran\u00e7ais en Tunisie soit r\u00e9duit \u00e0 celui des autres langues \u00e9trang\u00e8res telles que l\u2019anglais, l\u2019allemand, l\u2019italien, l\u2019espagnol etc. Basic French, \u00e0 la rigueur. Que le Tunisien du futur ne soit finalement plus capable de \u201cr\u00eaver\u201d en fran\u00e7ais. De par sa nouvelle \u00e9ducation qu\u2019une nouvelle \u201cd\u00e9mocratie\u201d souhaite implanter. Toutes les d\u00e9clarations officielles ou officieuses des nouveaux dirigeants islamistes (chef du parti Ennahda, Premier ministre et ministres significatifs) tirent dans ce sens. Certes, on avance couverts, en tenue de camouflage, les choses se disent \u00e0 mi-voix, mais elles se disent. Le but final n\u2019est jamais perdu de vue.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent tout le syst\u00e8me bancaire tunisien est encore francophone. Cela ne pourra pas changer du jour au lendemain sans \u201ccouacs\u201d majeurs, puisque les 90% des activit\u00e9s \u00e9conomiques ext\u00e9rieures de la Tunisie se font avec l\u2019Europe, France en t\u00eate. M\u00eame chose dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur pour les sciences exactes ou la m\u00e9decine. Leur arabisation ne sera pas pour demain, mais les \u201ccamarades\u201d d\u2019Ennahda s\u2019activent dans cette direction. Et s\u2019ils restent au pouvoir de la fa\u00e7on actuelle, quasiment \u201ctotalitaire\u201d, cette folie risque de prendre corps. Car le cas \u00e9ch\u00e9ant, folie il y aurait. La langue arabe dans ses trois volets existants  &#8211;  l\u2019arabe classique du Coran, l\u2019arabe dite \u201cmoderne\u201d de la presse et de la litt\u00e9rature, les dialectes arabes parl\u00e9s des diff\u00e9rents pays arabes  &#8211;  ne \u201ccouvre\u201d pas les besoins s\u00e9mantiques des sciences exactes du 21e si\u00e8cle. On peut s\u2019en plaindre, mais c\u2019est ainsi. La preuve : m\u00eame dans les pays socialement les plus arabis\u00e9s comme par exemple l\u2019Egypte ou l\u2019Arabie Saoudite, les sciences exactes et la m\u00e9decine continuent \u00e0 fonctionner, dans les universit\u00e9s respectives, en anglais. Honteusement mais effectivement. Es geht gar nicht anders, dirait-on en allemand. <\/p>\n<p>Dans ce discours les \u201carabomanes\u201d avancent souvent un argument qu\u2019ils croient en faveur de leur cause, et de choc : l\u2019h\u00e9breu moderne chez les Isra\u00e9liens. Car toute la vie universitaire et scientifique en Isra\u00ebl se d\u00e9roule en h\u00e9breu, autre langue s\u00e9mitique raviv\u00e9e du n\u00e9ant pour les besoins d\u2019un \u201csionisme conqu\u00e9rant\u201d. Alors pourquoi eux, et pas nous ? <\/p>\n<p>Ce qui para\u00eet, au premier abord, logique et de bon sens, l\u2019est beaucoup moins d\u00e8s que l\u2019on regarde les d\u00e9tails. L\u2019h\u00e9breu moderne tel qu\u2019il se pratique aujourd\u2019hui en Isra\u00ebl est une cr\u00e9ation de toutes pi\u00e8ces n\u00e9e, certes, de l\u2019h\u00e9breu biblique et d\u2019une premi\u00e8re tentative de \u201cmodernisation\u201d de la langue, initi\u00e9e par des Juifs \u201c\u00e9clair\u00e9s\u201d d\u2019Allemagne au Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res (18e), mais cr\u00e9ation \u00e0 partir de la case d\u00e9part tout de m\u00eame. Le cr\u00e9ateur : Eliezer Ben Yehoudah (1858-1922), un philologue et journaliste bi\u00e9lorusse parfaitement plurilingue (russe, fran\u00e7ais, allemand en plus de ses \u201clangues d\u2019origine\u201d, l\u2019h\u00e9breu classique et le yiddish) qui devait \u201cconstruire\u201d un nouvel idiome h\u00e9bra\u00efque, l\u2019h\u00e9breu moderne, facile \u00e0 apprendre par tout nouvel immigrant en Palestine, depuis 1948 en Isra\u00ebl. Cet h\u00e9breu du 20e si\u00e8cle, mis \u00e0 part le fait qu\u2019il s\u2019\u00e9crit en caract\u00e8res h\u00e9bra\u00efques et qu\u2019un th\u00e9saurus vocabulaire de base provient de l\u2019h\u00e9breu classique, n\u2019a plus grand chose en commun avec la langue de la bible. Les emprunts aupr\u00e8s des grandes langues europ\u00e9ennes sont nombreux, mais qui plus est : grammaire et syntaxe de l\u2019h\u00e9breu moderne sont compl\u00e8tement  \u201crevues \u00e0 la baisse\u201d (par rapport aux structures sophistiqu\u00e9es de la langue classique) et organis\u00e9es d\u2019apr\u00e8s les langues d\u2019Europe. L\u2019orientaliste Stefan Wild (Universit\u00e9 de Bonn) allait encore plus loin en qualifiant les structures grammaticales de l\u2019h\u00e9breu moderne de calque de celles de l\u2019allemand.  Finalit\u00e9 : rendre la langue facilement accessible et  &#8211;  surtout !  &#8211;  ouverte \u00e0 l\u2019esprit des soci\u00e9t\u00e9s dites \u201cmodernes\u201d. Chaque immigrant en Isra\u00ebl apprend l\u2019h\u00e9breu moderne dans un temps record (quelques mois), \u00e9tudie, travaille, vit et \u201cr\u00eave\u201d dor\u00e9navant dans cette langue. Sciences exactes, m\u00e9decine et autres disciplines universitaires sont \u201ch\u00e9bra\u00efs\u00e9s\u201d, pratiquement tous les titulaires isra\u00e9liens de Prix Nobel scientifiques ou litt\u00e9raires, et il y en a un paquet, ont r\u00e9dig\u00e9 leurs travaux en h\u00e9breu moderne ; car la langue s\u2019y pr\u00eate, elle en poss\u00e8de le potentiel (pr\u00e9cision des termes, notions d\u2019exactitude de la syntaxe, logique inh\u00e9rente \u00e0 la pens\u00e9e scientifique d\u2019aujourd\u2019hui). L\u2019impact de l\u2019h\u00e9breu moderne en Isra\u00ebl est d\u2019une dimension telle qu\u2019un effet pervers bien \u201cisra\u00e9lien\u201d y a vu entre-temps le jour : la connaissance d\u2019autres langues importantes, domaine o\u00f9 les Isra\u00e9liens des premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations d\u2019immigration furent ma\u00eetres, a fondu comme neige au soleil. L\u2019Isra\u00e9lien \u201cunilingue h\u00e9breu\u201d, baragouinant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 un peu de basic English, est n\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019arabe par contre n\u2019a pas (encore) trouv\u00e9 son grand r\u00e9formateur linguistique, son Ben Yehoudah. Au moment des ind\u00e9pendances politiques la vie des \u00e9lites culturelles, scientifiques, politiques aussi, fonctionn\u00e8rent dans la langue de l\u2019ancien colonisateur : le fran\u00e7ais pour le Maghreb, l\u2019anglais pour le Moyen-Orient, les deux au Liban, et en Syrie un peu. <\/p>\n<p>Revenons \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 tunisienne  : les p\u00e8res fondateurs de la Tunisie ind\u00e9pendante (\u00e0 partir de 1956) avec Habib Bourguiba en t\u00eate, avaient compris que ce petit pays, voisin direct de l\u2019Europe m\u00e9ridionale (Sicile, mezzogiorno italien, midi de la France) ne trouvera son chemin vers la modernit\u00e9 que par le maintien, voire la consolidation de son univers francophone (m\u00e9dias, administration, enseignement, recherche scientifique, culture g\u00e9n\u00e9rale), en osmose, soit, avec ce qui est authentiquement \u201carabe\u201d dans le pays. Le Tunisien franco-arabe fut n\u00e9, devenu le Tunisien tout court. <\/p>\n<p>Les nouveaux dirigeants du pays  &#8211;  islamistes d\u2019Ennahda et leur excroissance salafiste  &#8211;  veulent en finir, rendre le pays \u201cunilingue arabe\u201d. S\u2019ils n\u2019osent pas le faire imm\u00e9diatement \u201cpar ordre du mufti\u201d, ils s\u2019en prendront de mani\u00e8re sournoise, rampante, d\u00e9truisant ce qui reste aujourd\u2019hui encore de la francophonie tunisienne, b\u00eatement de l\u2019int\u00e9rieur. <\/p>\n<p>Il faut insister sur le \u201cb\u00eatement\u201d. Car entre-temps 600.000 Tunisiens (ou plus, personne ne conna\u00eet leur nombre exact) vivent en France de fa\u00e7on permanente, et il existe encore un chiffre beaucoup plus frappant : sur une population nationale de 10 \u00e0 11 millions de Tunisiens, \u00e0 peu pr\u00e8s un million sont aujourd\u2019hui des binationaux franco-tunisiens (enfants de mariages mixtes, \u00e9migration momentan\u00e9e, naturalisation pour toutes sortes de raisons). Autrement dit : 10% de la population tunisienne sont en m\u00eame temps des citoyens fran\u00e7ais \u2026 et comptent bien le rester. <\/p>\n<p>Aucun pays n\u2019a le droit de priver un dixi\u00e8me de ses nationaux de leur langue maternelle \u2026 ne serait-ce que la deuxi\u00e8me. Les islamistes, catapult\u00e9s provisoirement, suite \u00e0 un mouvement r\u00e9volutionnaire qui n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas le leur, aux commandes du pays, n\u2019entendent pas les choses de cette oreille. Pour eux \u201cIslam is the solution\u201d, un univers o\u00f9 la langue de Voltaire et ses particularit\u00e9s \u00e9pist\u00e9mologiques n\u2019ont aucun droit de cit\u00e9. <\/p>\n<p>Il appartient aux Tunisiens, et aux Tunisiens seulement, de lancer, \u00e0 ces enturbann\u00e9s dans le sens propre ou figur\u00e9, un autre vigoureux \u201cD\u00e9gage ! \u201d. <\/p>\n<p>Ils en sont capables, ils l\u2019ont prouv\u00e9 r\u00e9cemment. <\/p>\n<p>*   Police de l\u2019Air et des Fronti\u00e8res <\/p>\n<p>**  Derni\u00e8re ville tunisienne avant la fronti\u00e8re libyenne <\/p>\n<p><em>* Wolfgang Freund  : Franco-Allemand, Docteur \u00e8s lettres, ancien Professeur des universit\u00e9s (sociologie et sciences de l\u2019information), correspondant de presse au Luxembourg. Ayant travaill\u00e9 en Tunisie de 1984 \u00e0 1995 (IPSI et Facult\u00e9 de Droit).<br \/>\n<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Tunisie ne parlera-t-on bient\u00f4t plus fran\u00e7ais ? 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