{"id":130898,"date":"2011-08-18T18:08:00","date_gmt":"2011-08-18T17:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/les-defis-de-la-diplomatie-de-bon-voisinage-turque\/"},"modified":"2024-01-23T12:29:54","modified_gmt":"2024-01-23T11:29:54","slug":"les-defis-de-la-diplomatie-de-bon-voisinage-turque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/les-defis-de-la-diplomatie-de-bon-voisinage-turque\/","title":{"rendered":"Les d\u00e9fis de la \u00ab diplomatie de bon voisinage \u00bb turque"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La Turquie est \u00e0 bout de patience.\u00a0\u00bb Tel est le message que le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdo\u011fan, a transmis \u00e0 Bachar Al-Assad, lors de la visite de son ministre des Affaires Etrang\u00e8res, Ahmet Davuto\u011flu, \u00e0 Damas ce 9 ao\u00fbt. Au lendemain de l\u2019entr\u00e9e des chars \u00e0 Hama, le 31 juillet, le dirigeant de l\u2019AKP s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 plus qu\u2019agac\u00e9 par la poursuite de la r\u00e9pression, jugeant \u00ab\u00a0inacceptable que le mois de Ramadan commence par des morts alors qu\u2019on attendait du r\u00e9gime syrien qu\u2019il mette rapidement en \u0153uvre des r\u00e9formes\u00a0\u00bb. En r\u00e9ponse, les responsables syriens s\u2019\u00e9taient une nouvelle fois pos\u00e9s en victime, Bouthayna Chaaban, conseill\u00e8re politique et m\u00e9diatique du chef de l\u2019Etat, estimant que si la Turquie voulait se montrer ferme avec la Syrie, celle-ci ferait montre \u00e0 son \u00e9gard de la m\u00eame fermet\u00e9 pour son absence de condamnation des \u00ab\u00a0meurtres et crimes commis par des groupes terroristes arm\u00e9s\u00a0\u00bb. Signe du manque actuel de chaleur dans la relation, Ahmet Davuto\u011flu a \u00e9t\u00e9 accueilli \u00e0 Damas, non par son homologue, Walid al-Moallem, mais par le vice-ministre des Affaires Etrang\u00e8res, Faysal Miqdad. La rencontre s\u2019est r\u00e9sum\u00e9e \u00e0 un dialogue de sourds.<\/p>\n<p>Le lendemain de la visite de Davuto\u011flu, l\u2019ambassadeur turc en Syrie, Omer Onhon, accompagn\u00e9 d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019une dizaine de journalistes turcs, s\u2019est rendu \u00e0 Hama afin de constater le retrait des chars de la ville. Erdo\u011fan a rapidement consid\u00e9r\u00e9 que ce d\u00e9veloppement \u00e9tait d\u2019une grande importance et qu\u2019il illustrait l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action turque \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Damas. Les chars ayant repris position sur la place de l\u2019Oronte, d\u00e8s le lendemain, le Premier Ministre turc a aussit\u00f4t \u00e9voqu\u00e9 avec le Pr\u00e9sident am\u00e9ricain la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une \u00ab\u00a0transition d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb en Syrie.<\/p>\n<p>La Turquie semble \u00e0 court d\u2019id\u00e9e pour arracher \u00e0 Bachar al-Assad l\u2019arr\u00eat des violences et la mise en place des r\u00e9formes. Durant cinq mois, la Turquie s\u2019est content\u00e9e de hausser progressivement le ton. Il semble que l\u2019heure de v\u00e9rit\u00e9 soit venue pour elle. Mais Erdo\u011fan est-il pr\u00eat \u00e0 rompre d\u00e9finitivement les relations avec son \u00ab\u00a0bon ami\u00a0\u00bb Bachar Al-Assad ?<\/p>\n<p><strong>Des relations bilat\u00e9rales longtemps tendues<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>La Syrie est une ancienne province de l\u2019Empire ottoman. S\u2019\u00e9mancipant de la Sublime Porte \u00e0 la sortie de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, elle a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement plac\u00e9e sous tutelle fran\u00e7aise jusqu\u2019\u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les d\u00e9cennies qui ont suivi l\u2019ind\u00e9pendance ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par de fortes tensions entre deux Etats, somme toute, relativement jeunes.<\/p>\n<p>Le contentieux le plus ancien, et qui jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui n\u2019est pas officiellement r\u00e9gl\u00e9, concerne la province du Hatay, situ\u00e9e au Nord-Ouest de la Syrie et au Sud de la Turquie. D\u2019une superficie d\u2019environ 5 500 km\u00b2 et d\u2019une population 1,3 million d\u2019habitants, ce qui \u00e9tait encore appel\u00e9 le sandjak d\u2019Alexandrette sous le mandat fran\u00e7ais,est une pomme de discorde qui a longtemps envenim\u00e9 les relations turco-syriennes. R\u00e9gion hydraulique importante, dans laquelle s\u2019\u00e9coule l\u2019Oronte, le Hatay est un carrefour de communication, \u00e0 mi-chemin entre l\u2019Europe et le Moyen-Orient. Puissance mandataire, la France l\u2019a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la Turquie, le 23 juin 1939. Ankara fondait ses revendications sur ce territoire, sur le fait que la majorit\u00e9 de sa population \u00e9tait turque &#8211; 39% dans l\u2019ensemble du sandjak et 60% \u00e0 Antioche. Ce \u00ab\u00a0don\u00a0\u00bb a permis \u00e0 la France d\u2019acheter la neutralit\u00e9 turque dans la Seconde Guerre mondiale. Mais, d\u00e8s son ind\u00e9pendance, le 17 avril 1946, la Syrie en r\u00e9clame imm\u00e9diatement la restitution. Refusant l\u2019\u00a0\u00bbinjustice g\u00e9opolitique\u00a0\u00bb dont elle a \u00e9t\u00e9 victime, elle veille \u00e0 faire figurer le liwa d\u2019Iskenderun sur toutes les cartes de la Syrie imprim\u00e9es \u00e0 Damas. <\/p>\n<p>L\u2019importance strat\u00e9gique croissante prise par le Hatay interdit aux autorit\u00e9s syriennes de le passer par pertes et profits. Devenu un axe \u00e9nerg\u00e9tique majeur gr\u00e2ce au voisinage de plusieurs ol\u00e9oducs &#8211; Bakou-Tbilissi-Ceyhan, Kirkouk-Yumurtalik, Batman-D\u00f6rtyol, Ceyhan-Kirikkale &#8211; il a \u00e9galement l\u2019avantage de s\u2019ouvrir sur la M\u00e9diterran\u00e9e face \u00e0 Chypre, une \u00eele que les militants du Parti syrien national social (PSNS, PPS au Liban) int\u00e8grent souvent dans la Grande Syrie.<\/p>\n<p>L\u2019autre facteur de tension entre Damas et Ankara, qui n\u2019est pas sans lien avec le premier, concerne le soutien apport\u00e9 par la Syrie aux revendications d\u2019ind\u00e9pendance ou d\u2019autonomie des Kurdes de Turquie\u2026 \u00e0 d\u00e9faut des Kurdes syriens, politiquement et \u00e9conomiquement marginalis\u00e9s, quand ce n\u2019est pas d\u00e9pouill\u00e9s de leur nationalit\u00e9 dans la R\u00e9publique Arabe Syrienne. Un mouvement en particulier est concern\u00e9, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Install\u00e9 en Syrie au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l\u2019organisation m\u00e8ne ses op\u00e9rations de gu\u00e9rilla au Sud-Est de la Turquie en passant par la province disput\u00e9e du Hatay. La Turquie n\u2019a jamais eu de doutes sur l\u2019implication des plus hautes autorit\u00e9s syriennes dans ce soutien. Semdin Sakik, responsable des op\u00e9rations du PKK dans la province du Hatay et n\u00b02 du mouvement, a d\u2019ailleurs reconnu, lors de son arrestation en 1998, que de nombreuses actions arm\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 orchestr\u00e9es par Damas. Abriter le PKK et son leader, Abdullah \u00d6calan, pr\u00e9sentait pour Hafez Al-Assad un double int\u00e9r\u00eat. Le premier \u00e9tait d\u2019ordre r\u00e9gional : il lui permettait de disposer d\u2019une capacit\u00e9 de nuisance en m\u00eame temps que d\u2019une monnaie d\u2019\u00e9change face \u00e0 Ankara. Outre la question du liwa d\u2019Iskenderum, la Syrie \u00e9tait en effet alors pr\u00e9occup\u00e9e par le partage des eaux de l\u2019Euphrate, qui voyait son d\u00e9bit diminuer en Syrie au fur et \u00e0 mesure que le GAP &#8211; un grand projet hydraulique pr\u00e9voyant la construction d\u2019une vingtaine de barrages en Anatolie du Sud-Est &#8211; se concr\u00e9tisait. Le second \u00e9tait d\u2019ordre interne : il permettait \u00e0 Damas d\u2019exercer un contr\u00f4le renforc\u00e9 sur sa propre population kurde, tr\u00e8s attach\u00e9e \u00e0 un leader internationalement reconnu\u2026 mais \u00e9galement inf\u00e9od\u00e9 aux dirigeants syriens. Ce n\u2019est que par la menace du recours \u00e0 la force, en janvier 1996, mais surtout en octobre 1998, qu\u2019Ankara a obtenu l\u2019expulsion par Damas d\u2019Abdullah \u00d6calan, dont la cavale s\u2019est termin\u00e9e en Afrique.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment explique la persistance de la tension dans les relations entre la Syrie et la Turquie durant plusieurs d\u00e9cennies : les liens unissant Ankara \u00e0 Tel-Aviv. Premier Etat musulman \u00e0 reconna\u00eetre Isra\u00ebl en 1950, la Turquie s\u2019est longtemps attach\u00e9e \u00e0 ne pas irriter ce partenaire, tout en s\u2019abstenant de d\u00e9velopper outre mesure les relations bilat\u00e9rales. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, les choses s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent. En 1981, la Turquie s\u2019abstient de condamner l\u2019annexion du Golan. En f\u00e9vrier 1996, elle signe avec Isra\u00ebl un accord de coop\u00e9ration militaire autorisant l\u2019usage mutuel des espaces a\u00e9riens, ce dont Isra\u00ebl profitera, en septembre 2007, lors du bombardement du site suppos\u00e9 de recherche nucl\u00e9aire d\u2019al-Kibar en Syrie. Ancien vice-pr\u00e9sident syrien aujourd\u2019hui en disgr\u00e2ce, Abdel Halim Khaddam avait alors consid\u00e9r\u00e9 que cette coop\u00e9ration militaire \u00ab\u00a0repr\u00e9sentait la plus grande menace pour les Arabes depuis 1948\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mettant un terme \u00e0 la tension, la capture d\u2019Abdullah \u00d6calan, en 1998, ouvre une nouvelle \u00e8re dans les relations entre les deux pays, concr\u00e9tis\u00e9e par la signature des accords d\u2019Adana. Signe de ce r\u00e9chauffement, le pr\u00e9sident turc Ahmet Necdet Sezer participe, en juin 2000, aux obs\u00e8ques de Hafez Al-Assad. D\u00e8s lors les relations vont en s\u2019am\u00e9liorant, rel\u00e9guant au second plan la question du Hatay que les deux partenaires \u00e9vitent d\u2019aborder dans leurs discussions.<\/p>\n<p><strong>La nouvelle diplomatie turque de l\u2019AKP<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019AKP au pouvoir, en 2002, donne une nouvelle impulsion \u00e0 la recherche par la Turquie de meilleures relations avec le monde arabe en g\u00e9n\u00e9ral, et avec la Syrie en particulier. En 2004, Bachar al-Assad est le premier Pr\u00e9sident syrien \u00e0 se rendre en Turquie. Dans le m\u00eame temps, les relations de la Turquie avec Isra\u00ebl et avec les Etats-Unis se d\u00e9gradent, notamment \u00e0 partir de l\u2019invasion am\u00e9ricaine de l\u2019Irak en 2003. D\u00e8s sa nomination au poste de Premier ministre, la m\u00eame ann\u00e9e, Recep Tayyip Erdo\u011fan condamne \u00e0 plusieurs reprises la \u00ab\u00a0terreur d\u2019Etat\u00a0\u00bb qu\u2019Isra\u00ebl fait subir aux Palestiniens, notamment par le biais d\u2019assassinats de responsables politiques.<\/p>\n<p>La diplomatie turque entre alors dans une nouvelle \u00e8re, moins tourn\u00e9e que jadis vers ses alli\u00e9s occidentaux de l\u2019OTAN. Le \u00ab\u00a0gaullisme turc\u00a0\u00bb inspire \u00e0 Ankara la m\u00eame logique de non-alignement que les BRIC &#8211; Br\u00e9sil, Russie, Inde, Chine. L\u2019AKP se lance dans une politique r\u00e9solument proactive en direction de ses voisins. Elle met en \u0153uvre avec d\u00e9cision sa nouvelle doctrine qui se r\u00e9sume dans la formule : \u00ab\u00a0z\u00e9ro probl\u00e8me de voisinage\u00a0\u00bb. De ce fait, elle acquiert rapidement une position r\u00e9gionale importante. Son r\u00f4le international en est renforc\u00e9, la Turquie s\u2019attachant \u00e0 rev\u00eatir les habits de m\u00e9diateur dans l\u2019ensemble des conflits moyen-orientaux. Pour beaucoup de d\u00e9tracteurs d\u2019Ankara, cette politique \u00e9trang\u00e8re n\u2019est pas autre chose qu\u2019un n\u00e9o-imp\u00e9rialisme, voire un n\u00e9o-ottomanisme. Elle ne chercherait qu\u2019\u00e0 imposer au Proche et Moyen-Orient la domination politique turque. Ankara aspirerait \u00e0 reconstituer \u00e0 son profit l\u2019ancien Empire ottoman.<\/p>\n<p>Mais r\u00e9duire ainsi le regain d\u2019int\u00e9r\u00eat de la Turquie pour le monde arabe serait m\u00e9conna\u00eetre le contexte bien particulier dans lequel s\u2019est forg\u00e9e cette nouvelle diplomatie. Confront\u00e9e \u00e0 la stagnation des n\u00e9gociations sur son entr\u00e9e dans l\u2019Union Europ\u00e9enne, et pr\u00e9occup\u00e9e par les changements politiques brutaux induits au Moyen-Orient par la guerre contre le terrorisme en Afghanistan, l\u2019invasion am\u00e9ricaine de l\u2019Irak, les troubles au Liban ou les tensions r\u00e9currentes avec l\u2019Iran, la Turquie ne veut pas rester marginalis\u00e9e dans des d\u00e9cisions qui concernent son environnement imm\u00e9diat et qui peuvent se r\u00e9percuter sur sa situation int\u00e9rieure. C\u2019est la volont\u00e9 de vivre dans un voisinage stabilis\u00e9 qui dicte donc la politique \u00e9trang\u00e8re d\u2019Ankara. C\u2019est avec cette id\u00e9e en t\u00eate que les dirigeants turcs s\u2019obstinent \u00e0 conserver des relations avec Bachar Al-Assad, m\u00eame lorsque celui-ci est au ban des nations : en 2003, Abdullah G\u00fcl, alors ministre des Affaires Etrang\u00e8res, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 critiquer la position belliciste des Etats-Unis et leur politique de sanction \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Damas ; en avril 2005, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique turque, Ahmet Necdet Sezer, qui n\u2019est pas membre de l\u2019AKP, se rend en visite en Syrie, un peu plus d\u2019un mois apr\u00e8s l\u2019assassinat au Liban de Rafic al-Hariri dans lequel Damas est montr\u00e9e du doigt. Cette relation offre \u00e0 la Syrie un \u00ab\u00a0protecteur r\u00e9gional\u00a0\u00bb plus cr\u00e9dible et acceptable, pour les Europ\u00e9ens et les Am\u00e9ricains, que la R\u00e9publique Islamique d\u2019Iran. Pour les Turcs, elle leur permet de mettre en avant leur capacit\u00e9 de m\u00e9diation.<\/p>\n<p>Syrie et Turquie ne cessent d\u00e8s lors de se rapprocher, signant par exemple un accord de libre \u00e9change en 2004 qui donne un \u00e9lan puissant \u00e0 leurs relations \u00e9conomiques. En 1995, les deux pays n\u2019\u00e9changeaient que pour 530 millions de dollars de biens et de services. En 2010, ce chiffre est multipli\u00e9 par cinq, atteignant 2,5 milliards de dollars. La Turquie permet \u00e9galement une relance du processus de paix, persuadant Syriens et Isra\u00e9liens de reprendre des n\u00e9gociations indirectes sous son \u00e9gide, en mai 2008. Mais, au terme du quatri\u00e8me round de discussions, l\u2019offensive isra\u00e9lienne sur Gaza de d\u00e9cembre 2008 et janvier 2009 provoque une suspension sine die du dialogue. Depuis lors, les Isra\u00e9liens rejettent le r\u00f4le de m\u00e9diateur de la Turquie. Ils consid\u00e8rent que le gouvernement d\u2019Erdo\u011fan, qui a personnellement qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0crime contre l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb la guerre de Gaza\u2026 en s\u2019appuyant sur le rapport \u00e9tabli par le juge Goldstone, et qui a eu une s\u00e9rieuse prise de bec avec le Pr\u00e9sident isra\u00e9lien Shimon P\u00e9r\u00e8s lors du forum de Davos en janvier 2009, n\u2019est plus en situation de jouer un r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire impartial. Les relations avec Isra\u00ebl se d\u00e9gradent davantage encore avec l\u2019annulation, en 2010, d\u2019exercices militaires conjoints et leur remplacement par des exercices entre les arm\u00e9es turque et syrienne, et suite \u00e0 l\u2019arraisonnement sanglant par la marine isra\u00e9lienne d\u2019une flottille humanitaire se dirigeant vers Gaza. La Turquie ne cesse depuis lors d\u2019exiger des excuses officielles isra\u00e9liennes pour les victimes de cette op\u00e9ration. En revanche, les relations avec la Syrie se maintiennent au beau fixe, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action du ministre des Affaires Etrang\u00e8res, Ahmet Davuto\u011flu, nomm\u00e9 en 2009, v\u00e9ritable id\u00e9ologue de la nouvelle diplomatie de l\u2019AKP. La question du partage des eaux de l\u2019Euphrate et du Tigre s\u2019oriente vers un r\u00e8glement, les relations \u00e9conomiques restent vivaces, des exercices militaires commun ont lieu chaque ann\u00e9e, et des accords de lutte conjointe contre le terrorisme sont m\u00eame sign\u00e9s en 2010. La cr\u00e9ation d\u2019un Conseil conjoint de Coop\u00e9ration Strat\u00e9gique, d\u00e9cid\u00e9 en septembre 2009 et aussit\u00f4t r\u00e9uni, constitue le point d\u2019orgue de cette relation bilat\u00e9rale que rien ne semblait r\u00e9cemment encore pouvoir ternir, puisqu\u2019il a pour objectif la concertation politique permanente et le passage du stade de la simple coop\u00e9ration \u00e0 celui de la compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Une politique de bon voisinage complexe \u00e0 g\u00e9rer<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9volte puis la r\u00e9volution dans laquelle le peuple syrien s\u2019est lanc\u00e9 depuis cinq mois maintenant repr\u00e9sente donc un d\u00e9fi pour Ankara. Depuis le d\u00e9but de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution de la dignit\u00e9\u00a0\u00bb, la Turquie fait montre d\u2019une grande prudence et exprime l\u2019espoir que Bachar Al-Assad adopte une attitude permettant la r\u00e9forme. Dans la continuit\u00e9 de sa politique de m\u00e9diation, le gouvernement de l\u2019AKP d\u00e9p\u00eache, au mois d\u2019avril, son ministre des Affaires Etrang\u00e8res, afin d\u2019offrir une expertise \u00e0 Damas \u00ab\u00a0pour former ses cadres au pluripartisme et \u00e0 la communication avec le peuple\u00a0\u00bb. Mais face au peu d\u2019int\u00e9r\u00eat pour leur proposition manifest\u00e9 par les autorit\u00e9s syriennes, les dirigeants turcs haussent progressivement le ton, Erdo\u011fan allant jusqu\u2019\u00e0 affirmer que la Turquie n\u2019acceptera pas \u00ab\u00a0un autre massacre de Hama\u00a0\u00bb. En r\u00e9ponse, Damas estime qu\u2019Ankara se laisse aller \u00e0 des d\u00e9clarations \u00ab\u00a0h\u00e2tives et improvis\u00e9es\u00a0\u00bb. La tension ne cesse de cro\u00eetre entre les deux partenaires. Pour nombre d\u2019observateurs, Ankara adopte en r\u00e9alit\u00e9 une posture strictement politicienne vis-\u00e0-vis de Damas, \u00e0 laquelle ne seraient pas \u00e9trang\u00e8res les \u00e9lections l\u00e9gislatives organis\u00e9es le 12 juin en Turquie. Elles jouent vraisemblablement dans le positionnement turc vis-\u00e0-vis de la Syrie, l\u2019AKP souhaitant de toute \u00e9vidence conforter sa popularit\u00e9 aupr\u00e8s de la masse de son \u00e9lectorat traditionnel, plus enclin \u00e0 soutenir les contestataires syriens que le r\u00e9gime en place \u00e0 Damas. C\u2019est dans ce contexte pr\u00e9-\u00e9lectoral qu\u2019Antalya accueille, du 31 mai au 2 juin, une conf\u00e9rence de l\u2019opposition syrienne qui provoque l\u2019ire des responsables syriens. En repr\u00e9sailles, ils tentent d\u2019organiser \u00e0 Damas une rencontre avec des organisations kurdes, au premier rang desquelles le PKK.<\/p>\n<p>D\u00e8s le lendemain des \u00e9lections, l\u2019attitude turque appara\u00eet plus timor\u00e9e et les dirigeants turcs moins port\u00e9s \u00e0 hausser le ton. Les relations ne s\u2019am\u00e9liorent pas pour autant. Le 12 juin, l\u2019ambassade de Turquie \u00e0 Damas est la cible de manifestants pro-Bachar. Si cette agression est moins violente que les attaques men\u00e9es plus tard contre les repr\u00e9sentations diplomatiques fran\u00e7aise et am\u00e9ricaine, elle est aussi de toute \u00e9vidence orchestr\u00e9e par le r\u00e9gime. Le 20 juin, Ankara accueille donc avec r\u00e9serve le discours de Bachar Al-Assad qui promet un dialogue national et annonce des r\u00e9formes cosm\u00e9tiques. Le 23 juin, un regroupement de troupes syriennes \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re syro-turque fait craindre une aggravation de la tension. L\u2019afflux de r\u00e9fugi\u00e9s syriens en Turquie provoque une pol\u00e9mique entre Ankara et l\u2019ambassadeur syrien en Turquie, Nidal Kabalan, qui s\u2019\u00e9tonne du refus turc d\u2019autoriser la visite des camps par des parlementaires syriens alors qu\u2019une d\u00e9l\u00e9gation kowe\u00eftienne y a \u00e9t\u00e9 accueillie sans probl\u00e8me. La Syrie accuse alors la Turquie de laisser transiter par ses fronti\u00e8res des armes \u00e0 destination des \u00ab\u00a0gangs arm\u00e9s\u00a0\u00bb, contre lesquels l\u2019arm\u00e9e syrienne affirme se battre. En r\u00e9ponse, Ankara annonce \u00e0 grand bruit, le 5 ao\u00fbt, l\u2019interception sur son territoire d\u2019une cargaison d\u2019armes, dont l\u2019origine, la R\u00e9publique Islamique d\u2019Iran, exclut qu\u2019elles puissent \u00eatre destin\u00e9es \u00e0 ceux qui mettent \u00e0 rude \u00e9preuve le r\u00e9gime syrien, principal alli\u00e9 des Iraniens dans la r\u00e9gion\u2026<\/p>\n<p>Il semble acquis d\u00e9sormais qu\u2019Ankara a perdu patience. Avares en d\u00e9clarations au cours du mois de juillet, les dirigeants turcs ont recommenc\u00e9 \u00e0 donner de la voix \u00e0 la veille du mois de Ramadan, notamment lorsque les chars de l\u2019arm\u00e9e syrienne ont fait leur entr\u00e9e \u00e0 Hama, le 31 juillet.<\/p>\n<p><strong>Le choix du changement ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les derni\u00e8res d\u00e9clarations de Recep Tayyip Erdo\u011fan sont sans \u00e9quivoque. A ses yeux, ce qui se passe en Syrie rel\u00e8ve aussi de la \u00ab\u00a0politique int\u00e9rieure turque\u00a0\u00bb. Cela tient \u00e0 plusieurs facteurs. Tout d\u2019abord la question des r\u00e9fugi\u00e9s. Pass\u00e9 de 12 000 \u00e0 15 000 durant le mois de juin, leur nombre a diminu\u00e9 durant le mois de juillet. Mais rien n\u2019indique qu\u2019une nouvelle hausse ne se produira pas, notamment si la ville d\u2019Alep, situ\u00e9e \u00e0 40 km de la fronti\u00e8re turque et forte de 3 millions d\u2019\u00e2mes, accroit encore sa participation aux manifestations et si les forces de s\u00e9curit\u00e9 lui r\u00e9servent le m\u00eame sort qu\u2019\u00e0 Deraa, Hama, Deir Azzor, Homs, Lattaqui\u00e9&#8230; Si tel est le cas, la mise en place d\u2019une zone tampon en Syrie, destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger les r\u00e9fugi\u00e9s, n\u2019est pas exclue par Ankara.<\/p>\n<p>Une autre source d\u2019inqui\u00e9tude pour Ankara provient du PKK. Les responsables turcs redoutent d\u2019autant plus de voir le mouvement kurde profiter de l\u2019instabilit\u00e9 qui r\u00e8gne actuellement en Syrie, que l\u2019ann\u00e9e 2011 s\u2019est d\u00e9j\u00e0 av\u00e9r\u00e9e meurtri\u00e8re, avec la mort de 107 personnes tu\u00e9es lors de combats avec la gu\u00e9rilla. La tension a \u00e9t\u00e9 entretenue par l\u2019appel, lanc\u00e9 le 14 juillet par une plateforme d\u2019ONG kurdes, \u00e0 la mise en place d\u2019une \u00ab\u00a0autonomie d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb du Kurdistan. Plus r\u00e9cemment, les services secrets turcs ont inform\u00e9 les responsables politiques et militaires de leur pays d\u2019une reprise des activit\u00e9s du PKK en Syrie, en lien avec les responsables syriens. Quoi qu\u2019il en soit, et comme le montre le pr\u00e9c\u00e9dent irakien, ce n\u2019est pas la question kurde qui dissuadera Ankara de s\u2019opposer \u00e0 la Syrie. En 2004, profitant du chaos irakien pour \u00e9tablir sa base arri\u00e8re dans le Djebel Qandil, dans le Kurdistan irakien, le PKK avait rompu une tr\u00eave en cours avec la Turquie. Or, tout en poursuivant la lutte contre l\u2019organisation militaris\u00e9e, Ankara \u00e9tait parvenu \u00e0 d\u00e9velopper avec le Kurdistan irakien de bonnes relations, notamment dans le domaine \u00e9conomique. La seule v\u00e9ritable crainte du gouvernement turc r\u00e9side dans la possibilit\u00e9 d\u2019une implosion de la Syrie, qui donnerait une large autonomie \u00e0 la r\u00e9gion kurde. Une telle \u00e9ventualit\u00e9 serait possible si le chaos perdurait trop longtemps. En soi, la question kurde n\u2019est donc pas un inhibiteur \u00e0 une prise de position forte d\u2019Ankara vis-\u00e0-vis de Damas, au contraire. Ankara ne souhaite en effet pas voir une seconde entit\u00e9 kurde \u00e0 ses fronti\u00e8res, qui aurait tendance \u00e0 raviver les aspirations \u00e0 l\u2019autonomie et \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance des Kurdes de Turquie.<\/p>\n<p>Le dernier \u00e9l\u00e9ment qui peut dissuader Ankara de durcir davantage le ton vis-\u00e0-vis de Damas concerne l\u2019\u00e9conomie. La Syrie est un march\u00e9 important pour la Turquie, qui y exporte et y dispose d\u2019un certain nombre d\u2019entreprises sur place. L\u2019adoption de sanctions \u00e9conomiques unilat\u00e9rales semble donc une hypoth\u00e8se peu envisageable pour Ankara. Mais si la crise actuelle perdure, affectant la marche des affaires et incitant les entrepreneurs et les grands commer\u00e7ants syriens \u00e0 exporter leurs capitaux, la Turquie ne trouvera plus d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 sa relation \u00e9conomique avec Damas. A l\u2019instar de l\u2019Union Europ\u00e9enne et des Etats-Unis, elle pourra alors envisager la mise en place de sanctions \u00e9conomiques cibl\u00e9es contre des personnalit\u00e9s proches du r\u00e9gime syrien, et conseiller aux investisseurs turcs de stopper temporairement leurs op\u00e9rations en Syrie. De telles d\u00e9cisions auraient des cons\u00e9quences importantes, notamment \u00e0 Alep o\u00f9 sont implant\u00e9es la plupart des entreprises \u00e0 capitaux turcs. Mais, pour l\u2019heure tout du moins, cette option reste peu probable, la Turquie pr\u00e9f\u00e9rant, pour ne pas se singulariser, s\u2019en tenir \u00e0 une logique multilat\u00e9rale de sanctions, en collaboration avec les Am\u00e9ricains et les Europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Un facteur de poids, l\u2019Iran, va toutefois peser dans le choix des dirigeants turcs, quel qu\u2019il soit. La Syrie pourrait en effet devenir un motif d\u2019affrontement entre T\u00e9h\u00e9ran et Ankara. Si la Turquie d\u00e9cide de durcir ses prises de position envers Damas et de traduire ses menaces en gestes concrets, l\u2019Iran disposera \u00e0 son encontre de moyens de r\u00e9pression non-n\u00e9gligeables, au premier rang desquels figurent le gaz et le p\u00e9trole. Ankara d\u00e9pend en effet de ces deux ressources iraniennes. L\u2019Iran repr\u00e9sente \u00e9galement un march\u00e9 consid\u00e9rable, qui plus est en expansion, dont la Turquie ne peut envisager la perte de gait\u00e9 de c\u0153ur. Toutefois, la politique de non-alignement turque peut jouer en sa faveur. Si Ankara maintient le dialogue engag\u00e9 avec T\u00e9h\u00e9ran sur son programme nucl\u00e9aire &#8211; rappelons que, afin d\u2019\u00e9viter \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran une nouvelle s\u00e9rie de sanctions, la Turquie a sign\u00e9, en mai 2010, un accord avec le Br\u00e9sil et l\u2019Iran qui pr\u00e9voit le stockage sur son territoire d\u2019une partie du combustible nucl\u00e9aire iranien &#8211; l\u2019Iran sera moins enclin \u00e0 entrer dans une logique d\u2019affrontement avec une puissance internationale montante, qui pourrait s\u2019av\u00e9rer un alli\u00e9 finalement plus utile que la Syrie.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Alors qu\u2019une partie de la soci\u00e9t\u00e9 civile turque, qui a r\u00e9cemment renouvel\u00e9 son soutien \u00e0 l\u2019AKP, souhaite que ses dirigeants se montrent plus fermes et plus entreprenants \u00e0 l\u2019\u00e9gard du r\u00e9gime syrien, la Turquie s\u2019est cantonn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui dans une attitude prudente. Elle semble toutefois perdre peu \u00e0 peu patience et confiance dans Bachar al-Assad, et la lettre que le Pr\u00e9sident Abdullah G\u00fcl a adress\u00e9e \u00e0 son homologue syrien par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019Ahmet Davuto\u011flu, lors de sa derni\u00e8re visite \u00e0 Damas, a des accents d\u2019ultimatum. Ankara, dont la nouvelle diplomatie s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es par une volont\u00e9 permanente de r\u00e9gler les diff\u00e9rends par le dialogue, n\u2019appara\u00eet plus tr\u00e8s loin du point de rupture avec Bachar Al-Assad. Si elle ne veut pas faire voler en \u00e9clats le principe phare de sa diplomatie et si elle tient \u00e0 conserver les b\u00e9n\u00e9fices de sa politique de \u00ab\u00a0z\u00e9ro probl\u00e8me avec ses voisins\u00a0\u00bb, elle va devoir faire montre d\u2019une grande habilet\u00e9.<\/p>\n<p>En prenant chaque jour davantage le parti du peuple syrien, Ankara fait peut-\u00eatre le pari d\u2019une diplomatie \u00e0 \u00ab\u00a0z\u00e9ro probl\u00e8me\u00a0\u00bb avec les futurs dirigeants de la nouvelle Syrie. En soutenant des contestataires qui appartiennent dans leur majorit\u00e9 \u00e0 l\u2019islam sunnite, comme sa propre population, elle se pose d\u2019une certaine mani\u00e8re, face \u00e0 l\u2019Iran chiite dont la pr\u00e9sence et l\u2019action en Syrie ne doivent rien au hasard, en v\u00e9ritable leader du monde musulman sunnite, au d\u00e9triment d\u2019une Arabie saoudite aux dirigeants vieillissants, timor\u00e9s et trop longtemps silencieux face au drame syrien.<\/p>\n<p>http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La Turquie est \u00e0 bout de patience.\u00a0\u00bb Tel est le message que le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdo\u011fan, a transmis \u00e0 Bachar Al-Assad, lors de la visite de son ministre des Affaires Etrang\u00e8res, Ahmet Davuto\u011flu, \u00e0 Damas ce 9 ao\u00fbt. 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