{"id":130682,"date":"2011-07-25T17:56:32","date_gmt":"2011-07-25T16:56:32","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/la-russie-et-la-syrie-un-soutien-inconditionnel\/"},"modified":"2024-01-23T12:29:45","modified_gmt":"2024-01-23T11:29:45","slug":"la-russie-et-la-syrie-un-soutien-inconditionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/la-russie-et-la-syrie-un-soutien-inconditionnel\/","title":{"rendered":"La Russie et la Syrie : un soutien inconditionnel?"},"content":{"rendered":"<p>Le 27 juin 2011, une d\u00e9l\u00e9gation de six membres de l\u2019opposition syrienne \u00e0 l\u2019\u00e9tranger s\u2019est rendue \u00e0 Moscou avec pour objectif d\u2019inviter la Russie \u00e0 modifier sa politique \u00e9trang\u00e8re vis-\u00e0-vis de la Syrie. Men\u00e9e entre autres par Radwan Ziadeh, Moulhem al-Droubi et Mahmoud al-Hamza, la d\u00e9l\u00e9gation a rencontr\u00e9 Mikha\u00efl Margelov, envoy\u00e9 sp\u00e9cial du pr\u00e9sident Medvedev pour l\u2019Afrique. Bien que qualifi\u00e9e de \u00ab constructive \u00bb par la d\u00e9l\u00e9gation, la rencontre n\u2019a pas permis d\u2019obtenir un revirement de l\u2019attitude de Moscou en direction de Damas. Les propos de Mikha\u00efl Margelov sur ce point sont sans ambigu\u00eft\u00e9: \u00ab Nos relations avec la Syrie repr\u00e9sentent un capital qui ne peut-\u00eatre dilapid\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p><img2218|center><br \/>\nCo\u00efncidence ou pas, une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019Association d\u2019amiti\u00e9 russo-syrienne se rendait \u00e0 Damas d\u00e8s le lendemain pour r\u00e9affirmer le soutien russe \u00e0 la politique de r\u00e9formes et de dialogue pr\u00f4n\u00e9e par le pr\u00e9sident Bachar al-Assad. Cette politique ne trouve pourtant que peu d\u2019\u00e9chos aux oreilles des Syriens, qui entendent surtout le bruit assourdissant des chars dans les rues de leurs villes. La d\u00e9l\u00e9gation russe a rencontr\u00e9 dans la m\u00eame journ\u00e9e les deux vices-pr\u00e9sidents syriens, Farouq al-Charaa et Najah al-Attar, et le ministre des Affaires Etrang\u00e8res, Walid al-Moallem.<\/p>\n<p>Ces visites crois\u00e9es posent deux questions : Comment expliquer le soutien moscovite au r\u00e9gime syrien ? Et ce soutien est-il aussi in\u00e9branlable que veut le croire Damas ?<\/p>\n<p><strong>L\u2019axe Moscou-Damas, un bref historique<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Les relations diplomatiques entre Moscou et Damas remontent \u00e0 la fin de la seconde Guerre Mondiale. Consciente de l\u2019importance strat\u00e9gique du Moyen-Orient, notamment du fait de ses ressources p\u00e9troli\u00e8res, l\u2019URSS s\u2019attache \u00e0 entretenir les relations les plus cordiales possibles avec les diff\u00e9rents Etats de la r\u00e9gion, dont la plupart sont encore alors sous domination mandataire. En 1944, Moscou reconna\u00eet la Syrie, deux ans avant l\u2019ind\u00e9pendance effective du pays. Damas devient rapidement un pion majeur de l\u2019\u00e9chiquier r\u00e9gional. Son importance s\u2019accroit, dans les ann\u00e9es 1970, avec la rupture progressive conduite par Anouar al-Sadate des liens de l\u2019Egypte avec l\u2019URSS et avec le rapprochement \u00e9gyptien du camp occidental. Toutefois l\u2019alliance sovi\u00e9to-syrienne n\u2019est pas in\u00e9branlable, et la guerre interne libanaise provoque les premi\u00e8res lignes de fractures entre le r\u00e9gime de Hafez al-Assad et Moscou. L\u2019URSS, naturellement encline \u00e0 soutenir les forces \u00ab progressistes \u00bb et palestiniennes, se montre r\u00e9serv\u00e9e sur l\u2019intervention syrienne, destin\u00e9e au d\u00e9part \u00e0 venir en aide aux milices chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p><img2219|center><\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1980 sont des ann\u00e9es de refroidissement des relations entre les deux pays, et les rapports de plus en plus cordiaux entre Moscou et Tel-Aviv ne contribuent gu\u00e8re \u00e0 les am\u00e9liorer. Les fondements id\u00e9ologiques de l\u2019alliance sovi\u00e9to-ba\u2019thiste ne suffisent plus \u00e0 maintenir les liens privil\u00e9gi\u00e9s entre les deux partenaires. A la chute de l\u2019URSS, en 1991, les nouveaux responsables russes ont d\u2019autres priorit\u00e9s diplomatiques et strat\u00e9giques que la Syrie. La nouvelle diplomatie mise en place par Moscou, qui s\u2019inspire de celle de la d\u00e9funte URSS, vise \u00e0 entretenir les meilleures relations possibles avec l\u2019ensemble des pays du Moyen-Orient. La Syrie n\u2019appara\u00eet alors que comme un pays parmi d\u2019autres.<\/p>\n<p><strong>Quels int\u00e9r\u00eats en Syrie pour Moscou ?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En juin 2011, alors que la r\u00e9pression se poursuit en Syrie, que les r\u00e9formes annonc\u00e9es ne trouvent pas de traduction concr\u00e8te, que le dialogue entre le r\u00e9gime et la rue est au point mort, Moscou continue d\u2019afficher son soutien \u00e0 Bachar al-Assad. Elle ne semble pas pr\u00eate \u00e0 abandonner un partenaire redevenu strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Si les relations \u00e9conomiques entre la Russie et la Syrie restent relativement limit\u00e9es, compar\u00e9es au volume des \u00e9changes russes avec les autres pays de la r\u00e9gion, elles tendent malgr\u00e9 tout \u00e0 prendre une dimension croissante. En 2004, le volume des \u00e9changes syro-russes s\u2019\u00e9levait \u00e0 218 millions de dollars, dont 206 millions d\u2019exportations russes. En 2008, alors que la Syrie faisait son retour sur la sc\u00e8ne internationale apr\u00e8s trois ans d\u2019isolement provoqu\u00e9 par l\u2019assassinat de Rafic Hariri, le volume des \u00e9changes a progress\u00e9 consid\u00e9rablement, se hissant \u00e0 2 milliards de dollars. On trouve aujourd\u2019hui en Syrie un certain nombre de grandes entreprises russes. Stroytransgaz, compagnie du secteur gazier d\u00e9tenue par Gazprom, a entrepris une s\u00e9rie de projets en Syrie depuis 2005, en coop\u00e9ration avec la Syrian Gas Compagny, pour un montant \u00e9valu\u00e9 de 600 millions de dollars.<\/p>\n<p>Financi\u00e8rement les relations russo-syriennes sont au beau fixe. En janvier 2005, la Russie a accept\u00e9 une ren\u00e9gociation de la dette syrienne, contract\u00e9e durant l\u2019\u00e8re sovi\u00e9tique. 73% des 13,4 milliards de dollars dus par Damas ont \u00e9t\u00e9 purement et simplement effac\u00e9s. Les 27% restants ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9s en deux cat\u00e9gories. Une moiti\u00e9 devait \u00eatre rembours\u00e9e normalement dans un d\u00e9lai de 10 ans, tandis que l\u2019autre a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9e sur des comptes russes en Syrie pour servir au financement d\u2019investissements et \u00e0 l\u2019achat de biens syriens.<\/p>\n<p>Les relations \u00e9conomiques entre les deux pays ne suffisent pas \u00e0 expliquer le soutien que les dirigeants russes continuent d\u2019accorder \u00e0 Bachar al-Assad. La coop\u00e9ration militaire joue ici un r\u00f4le plus fondamental. Pour Moscou, la Syrie est un partenaire non n\u00e9gligeable, du fait \u00e0 la fois de sa situation g\u00e9ographique sur la M\u00e9diterran\u00e9e et de son ind\u00e9pendance affich\u00e9e vis-\u00e0-vis de l\u2019Occident. Il est donc important pour les dirigeants russes de conserver de bons rapports avec ce qu\u2019ils consid\u00e8rent comme un relais ou une porte d\u2019entr\u00e9e en direction des mers chaudes, pr\u00e9occupation majeure des strat\u00e8ges russes depuis des d\u00e9cennies. L\u2019am\u00e9lioration des capacit\u00e9s d\u00e9fensives de la Syrie est devenue une pr\u00e9occupation pour Moscou, qui apporte sa coop\u00e9ration \u00e0 leur renforcement, en d\u00e9pit des observations et du m\u00e9contentant des Isra\u00e9liens. Jusqu\u2019en 2006, le soutien militaire russe \u00e0 la Syrie est rest\u00e9 cantonn\u00e9 \u00e0 des processus de modernisation, \u00e0 l\u2019entretien d\u2019armements plus ou moins caducs et \u00e0 la formation d\u2019officiers syriens. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, on estimait que 10 000 d\u2019entres eux avaient fait au moins un passage entre les mains d\u2019experts sovi\u00e9tiques ou russes. A cette m\u00eame date, pr\u00e8s de 2 000 conseillers militaires russes se trouvaient sur le territoire syrien. A partir de 2006, les choses se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es, la Russie et la Syrie s\u2019\u00e9tant mis d\u2019accord pour des exportations d\u2019armes de type d\u00e9fensif, notamment dans la d\u00e9fense a\u00e9rienne (missiles de type Strelets, Buk-M2 Ural). Moscou veille toutefois \u00e0 ne pas s\u2019engager dans la voie de la vente d\u2019armements potentiellement offensifs, qui auraient pour effet de nuire aux relations bilat\u00e9rales avec Tel-Aviv. Ainsi en 2008, en r\u00e9ponse aux demandes pressantes isra\u00e9liennes, la Russie refuse de vendre des missiles de type Iskander-E \u00e0 Damas, car ils sont susceptibles d\u2019\u00eatre transform\u00e9s en \u00ab armes de destruction massive \u00bb. Moscou joue donc un jeu d\u2019\u00e9quilibriste, cherchant \u00e0 la fois \u00e0 conforter une relation avec la Syrie redevenue strat\u00e9gique, sans entrer en d\u00e9saccord avec d\u2019autres partenaires r\u00e9gionaux, dont l\u2019importance est aussi d\u2019ordre \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La Syrie se satisfait de cette recherche d\u2019\u00e9quilibre de la diplomatie russe. Elle sait qu\u2019elle ne peut attendre davantage de la seule grande puissance &#8211; avec la Chine, mais sur un mode mineur &#8211; actuellement dispos\u00e9e \u00e0 lui assurer une protection diplomatique en usant de son droit de veto au Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU. Pour montrer son engagement dans cette relation, le r\u00e9gime syrien se positionne d\u00e8s qu\u2019il le peut comme un partenaire inconditionnel de Moscou. Il apporte ainsi son soutien \u00e0 une autre pr\u00e9sidence h\u00e9r\u00e9ditaire, celle des Kadyrov, en prise \u00e0 la dissidence tch\u00e9tch\u00e8ne. En ao\u00fbt 2008, la Syrie est le deuxi\u00e8me Etat apr\u00e8s la Bi\u00e9lorussie \u00e0 apporter son appui \u00e0 Moscou dans sa guerre contre la G\u00e9orgie. En \u00e9change de ses prises de position, Damas attend des marques de solidarit\u00e9 russes en cas de troubles, qu\u2019ils soient r\u00e9gionaux ou internes, comme c\u2019est le cas aujourd\u2019hui. Cet appui de Moscou s\u2019est d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. En juillet 2003, trois mois apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime irakien de Saddam Hussein, les dirigeants russes ont invit\u00e9 Bachar al-Assad \u00e0 Moscou, affichant leur solidarit\u00e9 avec le chef de l\u2019Etat syrien que les Etats-Unis, qui discutaient \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode du \u00ab Syrian Accountability and Lebanese Sovereignty Restauration Act \u00bb, s\u2019appr\u00eataient \u00e0 inscrire sur la liste des ind\u00e9sirables de Washington. En 2005, alors que la Syrie \u00e9tait diplomatiquement isol\u00e9e, la Russie a maintenu de bonnes relations avec Damas. Si trois ans plus tard Bachar al-Assad a \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9 internationalement \u00e0 l\u2019initiative de Nicolas Sarkozy, \u00e0 la faveur de son projet d\u2019Union Pour la M\u00e9diterran\u00e9e, et s\u2019il a obtenu de Washington, en janvier 2011, la d\u00e9signation tant attendue d\u2019un nouvel ambassadeur, la Russie reste la seule grande puissance dont les relations avec le r\u00e9gime des Assad se caract\u00e9risent aujourd\u2019hui par une relative stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Bachar al-Assad et ses proches savent qu\u2019ils doivent m\u00e9nager et fid\u00e9liser cet alli\u00e9 puissant. La concession aux Russes d\u2019une base navale militaire \u00e0 Tartous entre dans ce cadre. Cette base avait \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 la disposition des forces navales sovi\u00e9tiques d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1960. Mais la qualit\u00e9 m\u00e9diocre de ses infrastructures et sa faible profondeur en faisaient plus un point de ravitaillement et de maintenance qu\u2019une r\u00e9elle base militaire et logistique. Laiss\u00e9s dans un relatif abandon \u00e0 la chute de l\u2019URSS, les lieux n\u2019ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9investis par Moscou qu\u2019en 2008. D\u2019ici 2012, les am\u00e9nagements entrepris &#8211; la construction de deux quais flottants, de d\u00e9p\u00f4ts, de casernes et d\u2019autres infrastructures &#8211; permettront \u00e0 Tartous d\u2019accueillir les plus gros b\u00e2timents de la flotte russe, comme le croiseur Piotr Veliky.<\/p>\n<p><img2217|center><\/p>\n<p>Cette base, qui offrira un acc\u00e8s m\u00e9diterran\u00e9en hautement strat\u00e9gique \u00e0 la Russie, s\u2019ajoutera alors \u00e0 celles dont Moscou dispose d\u00e9j\u00e0 sur la Mer Noire, \u00e0 Novorossisk (Russie) et \u00e0 S\u00e9bastopol (Ukraine). Alors que la Russie s\u2019appr\u00eatait \u00e0 \u00e9vacuer ce dernier port en 2017, rendant urgent un r\u00e9am\u00e9nagement du port de Tartous, le retour au pouvoir \u00e0 Kiev de Viktor Ianoukovytch, en 2010, et la signature d\u2019un nouvel accord lui ont offert un sursis de 25 ans. Mais il n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une implantation en M\u00e9diterran\u00e9e, qui permet \u00e0 Moscou de s\u2019affranchir des contraintes li\u00e9es au franchissement des d\u00e9troits contr\u00f4l\u00e9s par la Turquie, membre de l\u2019OTAN. De plus, de par sa proximit\u00e9 avec le canal de Suez, Tartous permet de rejoindre la Corne de l\u2019Afrique et l\u2019Oc\u00e9an Indien, o\u00f9 la marine russe participe \u00e0 la lutte contre la piraterie s\u00e9vissant dans le Golfe d\u2019Aden. La mise \u00e0 disposition de cette infrastructure a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de tensions dans les relations entre Moscou et Tel Aviv, les Isra\u00e9liens \u00e9tant peu d\u00e9sireux de voir d\u00e9ploy\u00e9s en Syrie des missiles anti-navires de type Yakhont ou d\u2019autres mat\u00e9riels sophistiqu\u00e9s. Leur installation \u00e9tait justifi\u00e9e, aux yeux des Russes, par la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger leurs navires, mais ils offraient de facto \u00e0 la Syrie une protection suppl\u00e9mentaire contre toute incursion de son voisin. Malgr\u00e9 les protestations isra\u00e9liennes, la Russie reste d\u00e9termin\u00e9e et, en f\u00e9vrier 2011, Anatoli Serdioukov, ministre de la D\u00e9fense russe, a annonc\u00e9 que le \u00ab contrat \u00e9tait en cours de r\u00e9alisation \u00bb et que les livraisons auraient lieu en temps et en heure. Le 5 juillet 2011, la Russie ne voyait toujours pas de raisons objectives \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la coop\u00e9ration militaro-technique avec la Syrie.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Jusqu\u2019o\u00f9 la Russie est-elle pr\u00eate \u00e0 soutenir la Syrie ? \u00bb<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 cette question, que lui posait au milieu du mois de juin une journaliste de la TV officielle syrienne, l\u2019ambassadeur de Russie \u00e0 Damas, Serguey Kirpichenko, a implicitement conditionn\u00e9 le soutien de son pays \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une \u00ab solution politique aux \u00e9v\u00e9nements en cours \u00bb et la \u00ab r\u00e9alisation des r\u00e9formes \u00bb. Pri\u00e9 de donner son avis sur la \u00ab fabrication et l\u2019exag\u00e9ration des faits \u00bb auxquels se livraient, selon les m\u00e9dias syriens, la presse et les t\u00e9l\u00e9visions \u00e9trang\u00e8res, il n\u2019a pas ni\u00e9 que la d\u00e9sinformation existait, mais il a pr\u00e9cis\u00e9 &#8211; un d\u00e9tail que l\u2019agence officielle de presse SANA a oubli\u00e9 de rapporter \u2013 que la d\u00e9sinformation serait nettement plus limit\u00e9e si la Syrie autorisait l\u2019entr\u00e9e de journalistes \u00e9trangers pour couvrir les \u00e9v\u00e9nements. Il pouvait difficilement \u00eatre plus explicite.<\/p>\n<p>Le 21 juin 2011, en visite en France, Vladimir Poutine est all\u00e9 plus loin. Tout en maintenant son refus d\u2019une r\u00e9solution internationale condamnant la Syrie, il a adress\u00e9 une mise en garde \u00e0 Bachar al-Assad et \u00e0 son r\u00e9gime qui peut \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab s\u00e9rieuse \u00bb. Selon l\u2019agence de presse russe, RIA Novosti, il a en effet d\u00e9clar\u00e9 que, \u00ab pour une raison inconnue, on a l\u2019impression que nous avons des relations particuli\u00e8res avec la Syrie. A l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique, c\u2019\u00e9tait le cas. Mais \u00e7a ne l\u2019est plus aujourd\u2019hui. Actuellement, la Syrie a plut\u00f4t des relations particuli\u00e8res avec la France \u00bb. Il a ajout\u00e9 : \u00ab\u00a0Nous n\u2019y avons pas d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers : ni bases militaires, ni grands projets, ni investissements importants \u00e0 d\u00e9fendre. Rien\u00a0\u00bb. Et, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019installation au pouvoir de Hafez al-Assad en novembre 1970, il a conclu : \u00ab\u00a0Nous sommes conscients qu\u2019il est impossible d\u2019utiliser des outils politiques datant de 40 ans dans le monde contemporain. J\u2019esp\u00e8re que le gouvernement syrien en est conscient et en tirera les conclusions n\u00e9cessaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De tels propos sugg\u00e8rent que Moscou ne se tiendra pas ind\u00e9finiment au c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9gime syrien. Son soutien n\u2019est pas aussi inconditionnel qu\u2019il y para\u00eet. Les pressions d\u2019autres partenaires, plus importants que la Syrie, p\u00e8sent dans la d\u00e9finition de la politique \u00e9trang\u00e8re russe. On se souviendra que, le 2 septembre 2004, lors de la r\u00e9union du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU, la Russie n\u2019a pas fait usage de son droit de v\u00e9to pour emp\u00eacher l\u2019adoption de la r\u00e9solution 1559, qui imposait \u00e0 toutes les troupes \u00e9trang\u00e8res de se retirer du Liban. On se souviendra aussi qu\u2019elle ne l\u2019a pas fait davantage, le 31 octobre 2005, lors de la discussion de la r\u00e9solution 1636, qui r\u00e9clamait du gouvernement syrien qu\u2019il apporte sa coop\u00e9ration \u00e0 la commission d\u2019enqu\u00eate sur l\u2019attentat contre Rafic Hariri\u2026<\/p>\n<p>http:\/\/syrie.blog.lemonde.fr\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 27 juin 2011, une d\u00e9l\u00e9gation de six membres de l\u2019opposition syrienne \u00e0 l\u2019\u00e9tranger s\u2019est rendue \u00e0 Moscou avec pour objectif d\u2019inviter la Russie \u00e0 modifier sa politique \u00e9trang\u00e8re vis-\u00e0-vis de la Syrie. Men\u00e9e entre autres par Radwan Ziadeh, Moulhem al-Droubi et Mahmoud al-Hamza, la d\u00e9l\u00e9gation a rencontr\u00e9 Mikha\u00efl Margelov, envoy\u00e9 sp\u00e9cial du pr\u00e9sident Medvedev<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-130682","post","type-post","status-publish","format-standard"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130682","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=130682"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/130682\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=130682"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=130682"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=130682"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}