{"id":127026,"date":"2010-03-19T18:18:51","date_gmt":"2010-03-19T17:18:51","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/mashhad-au-coeur-de-la-sainte-machine-a-sous-diran\/"},"modified":"2024-01-23T11:31:22","modified_gmt":"2024-01-23T10:31:22","slug":"mashhad-au-coeur-de-la-sainte-machine-a-sous-diran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/mashhad-au-coeur-de-la-sainte-machine-a-sous-diran\/","title":{"rendered":"Mashhad: Au C\u0153ur de la Sainte  Machine \u00e0 Sous d\u2019Iran"},"content":{"rendered":"<p><em>Plus grand que le Vatican et plein d&rsquo;argent. L&#8217;empire commercial et le pouvoir politique du sanctuaire de l&rsquo;Imam Reza.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><img1078|center><\/p>\n<p>Mashhad, Iran \u2013 Le sanctuaire de l\u2019Imam Reza est un d\u00e9fil\u00e9 somptueux de mosqu\u00e9es, de minarets et de cours de marbre. Il est plus vaste que la cit\u00e9 du Vatican et attire plus de p\u00e8lerins musulmans que La Mecque, ville natale du proph\u00e8te Mahomet en Arabie Saoudite. <\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, plus de 12 millions d\u2019Iraniens, d\u2019Irakiens et d\u2019autres musulmans chiites voyagent vers le sanctuaire du Nord de l\u2019Iran pour rendre hommage \u00e0 l\u2019Imam Reza, un martyr v\u00e9n\u00e9r\u00e9 du IXe si\u00e8cle. Tous viennent pour prier devant sa tombe \u2013 et beaucoup pour remplir la cage en or et argent qui prot\u00e8ge ses os, de billets de banque.<\/p>\n<p>Depuis des si\u00e8cles, le sanctuaire a entrem\u00eal\u00e9 la foi et l\u2019argent, en collectant des dons d\u2019argent, des terres, des bijoux et des \u0153uvres d\u2019art du d\u00e9vot. Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas seulement le site religieux le plus sacr\u00e9 d\u2019Iran, mais c\u2019est aussi, selon certaines estimations, la plus grande et la plus riche de l\u2019empire commercial dans la R\u00e9publique Islamique.<\/p>\n<p>Parmi ses investissements, on compte la fabrication de bus urbains en passant par la vente de pizzas strudels et la fabrication d\u2019hormones de croissance pour la production de caviar d\u2019esturgeon. En m\u00eame temps, il dirige un centre  d&rsquo;\u00e9tudes islamiques et d\u00e9tient une immense collection de corans. Dans le sanctuaire, on peut voir un panneau non-fumeur et lire : \u00ab Ici, c&rsquo;est une zone de vols des anges. Ne polluez pas avec la fum\u00e9e. \u00bb <\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes un conglom\u00e9rat islamique \u00bb, affirme Mehdi Azizian, conseiller en entreprise et beau-fr\u00e8re de l\u2019ayatollah Abbas Vaez-Tabassi, le chef du sanctuaire qui a 73 ans. \u00ab C&rsquo;est normal que certains ne comprennent pas tout ce que nous faisons, car c&rsquo;est immense.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le double r\u00f4le du sanctuaire de l\u2019imam Reza contribue \u00e0 expliquer comment le pouvoir de la vieille \u00e9lite cl\u00e9ricale dure, trois d\u00e9cennies apr\u00e8s la R\u00e9volution Islamique de 1979. \u00ab L\u2019argent c\u2019est le pouvoir, et les Mollahs\u2026 dominent certains \u00e9l\u00e9ments importants de l\u2019\u00e9conomie iranienne. \u00bb, explique Thierry Coville, un expert fran\u00e7ais sur l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Iran et auteur d\u2019un r\u00e9cent ouvrage sur le pays. <\/p>\n<p>Le sanctuaire de l\u2019imam Reza fait partie d\u2019un groupe de <em>bonyads<\/em>, des fondations caricatives avec d\u2019\u00e9normes exploitations acquises par des g\u00e9n\u00e9rations de dons ou confisqu\u00e9es apr\u00e8s la r\u00e9volution. Ils ne publient pas de comptes et, dans la plupart des cas, ne r\u00e9pondent qu&rsquo; au chef iranien, l\u2019ayatollah Ali Khamemei.<\/p>\n<p>Ce statut conf\u00e8re aux <em>bonyads<\/em> une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante en dehors de la bureaucratie formelle de l\u2019\u00c9tat d\u2019Iran et freinent le pouvoir des officiels \u00e9lus au suffrage universel, qu\u2019ils soient tourn\u00e9s vers les r\u00e9formateurs aux id\u00e9es occidentales ou des z\u00e9lotes populistes, comme le pr\u00e9sident actuel Mahmoud Ahmedinejad. <\/p>\n<p><img1079|center><br \/>\nAlors que les Occidentaux voient souvent dans les luttes internes en Iran  des luttes entre des musulmans traditionalistes et des lib\u00e9raux pseudo la\u00efcs, la v\u00e9rit\u00e9 c&rsquo;est que certains des conflits les plus importants pivotent autour des int\u00e9r\u00eats financiers, et non des id\u00e9ologies. M. Ahmadinejad a favoris\u00e9 le corps des gardes r\u00e9volutionnaires, une force paramilitaire ayant des int\u00e9r\u00eats commerciaux qui sont parfois en comp\u00e9tition avec les fondations d\u00e9tenus par le sanctuaire. <\/p>\n<p>Le sanctuaire de l\u2019Imam Reza, <em>Astan-e Quds-e Razavii<\/em>, ou la porte sainte de Reza, poss\u00e8de des mines, des usines de textile, une usine de bus, une usine pharmaceutique, une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019ing\u00e9nierie, une boulangerie, une raffinerie de sucre, des fermes de b\u00e9tail, des \u00e9levages de chameaux, des vergers et des dizaines d\u2019autres propri\u00e9t\u00e9s. Le sanctuaire poss\u00e8de \u00e0 lui seul les trois-quarts des terres \u00e0 Mashhad, la deuxi\u00e8me plus grande ville d&rsquo;Iran, sans compter les vastes terres qu\u2019il poss\u00e8de dans d\u2019autres \u00c9tats. Il a trac\u00e9 des conduites d\u2019eau au Liban, construit un pont entre l\u2019Irak et la Syrie, et a recherch\u00e9 des contrats pour la construction de routes en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes impliqu\u00e9s dans tout genre d&rsquo;industries \u00bb, dit M. Azizian, 53 ans, un ing\u00e9nieur civil dynamique qui a dirig\u00e9 les affaires du sanctuaires pendant des ann\u00e9es et qui supervise maintenant un programme massif de reconstruction. Au m\u00e9pris du code vestimentaire en Iran, qui refuse les styles \u00e9trangers, il a le go\u00fbt pour les blues-jeans, les chemises \u00e0 rayures et les costumes bien coup\u00e9s. Un jour, alors qu\u2019il conduisait sa Nissan Explorer, il interrogea un visiteur sur l\u2019indice du Dow Jones pour l&rsquo;industrie et il dressa le sanctuaire comme un partenaire fiable pour les investisseurs \u00e9trangers. <\/p>\n<p>Un journal d\u2019affaire iranien, Sarmayeh, a class\u00e9 la fondation du sanctuaire de l\u2019Imam Reza comme le plus grand des bonyads d\u2019Iran. Le journal pr\u00e9cise que les entreprises commerciales de la Fondation repr\u00e9sentent 7,1 % du produit int\u00e9rieur brut de l\u2019Iran, ce qui constitue 188,5 milliards de dollars, selon le Fonds Mon\u00e9taire International. Les \u00e9conomistes iraniens et \u00e9trangers consid\u00e8rent que ce chiffre est beaucoup trop \u00e9lev\u00e9. Ils ajoutent que les bonyads ont du mal \u00e0 g\u00e9rer efficacement leurs int\u00e9r\u00eats divers et qu\u2019ils s\u2019accrochent parfois \u00e0 un rendement m\u00e9diocre pour prot\u00e9ger les emplois et leur influence politique. En revanche, tous sont d\u2019accords pour dire que le sanctuaire est une grande puissance en Iran. <\/p>\n<p>Saeed Laylaz, un \u00e9minent \u00e9conomiste qui a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Mashhad, compare la situation de l\u2019Iran \u00e0 celle de l\u2019Europe m\u00e9di\u00e9vale, o\u00f9 la richesse de l\u2019\u00c9glise catholique et sa pr\u00e9tention \u00e0 parler au nom de Dieu a permis aux Papes et aux cardinaux de rivaliser et souvent d&rsquo;\u00e9clipser les rois. \u00ab La religion et l\u2019\u00e9conomie sont de pairs partout \u00bb, dit M. laylaz. Sans argent, affirme-t\u2019il, les clercs \u00ab seraient de simples mystiques \u00bb. <\/p>\n<p>Selon un rapport publi\u00e9 en 1996 par le Centre iranien officiel de statistiques, tous sauf une poign\u00e9e de 79.000 mosqu\u00e9es de l\u2019Iran, des sanctuaires et autres institutions religieuses ont des dotations, qui comportent g\u00e9n\u00e9ralement des terres. Cela correspond au mod\u00e8le de l\u2019Europe pr\u00e9 moderne, o\u00f9 des \u00e9glises et monast\u00e8res avaient de grandes propri\u00e9t\u00e9s -avant que des rois comme Henri VIII d\u2019Angleterre ne le leurs saisissent. D\u2019apr\u00e8s les \u00e9conomistes, le sanctuaire de l\u2019Imam Reza est de loin le plus grand propri\u00e9taire de terre en Iran en dehors de l\u2019\u00c9tat. <\/p>\n<p>Les plus grand h\u00f4tels de Mashhad, comme certaines usines et  fermes, se situent sur les terres du sanctuaire et payent un loyer au Bonyad. Une zone de libre-\u00e9change le long de la fronti\u00e8re iranienne avec le Turkm\u00e9nistan se situe sur les terres du sanctuaire et est desservie par un a\u00e9roport construit par le d\u00e9partement construction du sanctuaire.<\/p>\n<p>Mohammad Noory, le chef de l&rsquo;unit\u00e9 du d\u00e9veloppement ext\u00e9rieure du sanctuaire, qui a fait ses \u00e9tudes en Grande-Bretagne, estime que le sanctuaire est titulaire de pr\u00e8s d\u2019un quart de toutes les terres priv\u00e9es en Iran. <\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas seulement la richesse qui fait la puissance du sanctuaire mais aussi son ind\u00e9pendance face au contr\u00f4le du gouvernement. Il n\u2019est pas non plus contr\u00f4l\u00e9 par le pouvoir parlementaire et les auditeurs gouvernementaux n&rsquo;ont pas le pouvoir de  v\u00e9rifier ses livres de comptes. Le r\u00e9gisseur du sanctuaire n&rsquo;est d&rsquo;autre que l\u2019ayatollah Khamenei, le chef supr\u00eame de la R\u00e9publique, lui-m\u00eame du Mashhad.<\/p>\n<p>Cette structure particuli\u00e8re des centres du pouvoir en Iran a rendu difficile les efforts Am\u00e9ricains pour d\u00e9chiffrer les intentions de T\u00e9h\u00e9ran. Des responsables am\u00e9ricains se sont efforc\u00e9s, par exemple, de d\u00e9terminer si les dirigeants de T\u00e9h\u00e9ran  avaient sanctionn\u00e9 la fourniture d\u2019armes iraniennes aux milices chiites en Irak. L\u2019Iran a envelopp\u00e9 son programme nucl\u00e9aire dans un brouillard de confusion, en disant un jour qu\u2019il veut n\u00e9gocier avec la communaut\u00e9 internationale et un autre jour, qu\u2019il refuse. <\/p>\n<p>Les relations ambigu\u00ebs entre le sanctuaire de Mashhad et le pouvoir d\u2019\u00c9tat ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence apr\u00e8s la guerre au Liban en 2006, quand Isra\u00ebl a men\u00e9 une guerre contre la milice chiite du <em>Hezbollah<\/em>. Apr\u00e8s le conflit, des dizaines de millions de dollars apparaissent myst\u00e9rieusement pour financer la reconstruction du pays et all\u00e9ger les r\u00e9seaux sociaux du Hezbollah. Dans un entretien \u00e0 Beyrouth, en 2007, le principal conseiller financier du Hezbollah, Hussein al-shami, a dit que c&rsquo;\u00e9tait le sanctuaire de l\u2019Imam Reza qui avait fourni cet argent. <\/p>\n<p>M. Azizian nie et indique que le Hezbollah et d\u2019autres groupes chiites veulent tout simplement se draper derri\u00e8re le caract\u00e8re sacr\u00e9 de l\u2019Imam Reza. Le sanctuaire, affirme-t\u2019il, finance des fondations caricatives et des organismes de d\u00e9veloppement en Iran m\u00eame. Il s\u2019agit notamment des somptueux travaux de r\u00e9novation du sanctuaire de l\u2019Imam reza qui ont co\u00fbt\u00e9 plus de 30 millions de dollars. L\u2019autre b\u00e9n\u00e9ficiaire est l\u2019h\u00f4pital Reza de Mashhad, qui est \u00e0 la pointe de la technologie, une installation qui a co\u00fbt\u00e9 100 millions de dollars. Il est \u00e9quip\u00e9 de scanners et d&rsquo;autres \u00e9quipements de General Electric Co. et de Siemens AG, entre autres.<br \/>\n<img1080|center><\/p>\n<p>Le chef du sanctuaire, l\u2019Ayatolah Vaez-Tabassi, est l\u2019un des dignitaires religieux les plus influents d\u2019Iran. Il a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 comme appelant \u00e0 une \u00ab guerre sainte perp\u00e9tuelle \u00bb et d\u00e9crivant le chanteur am\u00e9ricain Michael Jackson comme un envoy\u00e9 de Satan. Mais, M. Azizian, dont la s\u0153ur est mari\u00e9e \u00e0 l\u2019Ayatollah, affirme que M. Vaez-Tabassi, bien qu\u2019il soit  \u00ab tr\u00e8s religieux \u00bb, est ouvert aux nouvelles id\u00e9es et au monde ext\u00e9rieur. L\u2019Ayatollah a un site web qui offre des graphismes sophistiqu\u00e9s et des vid\u00e9os o\u00f9 il joue son emprisonnement dans les prisons du Shah. N\u00e9anmoins, il a refus\u00e9 d\u2019\u00eatre interview\u00e9. <\/p>\n<p>Au fil des ans, la bureaucratie d\u2019\u00c9tat iranienne a tent\u00e9 de faire valoir son autorit\u00e9 sur les Bonyads et les autres centres de pouvoir, souvent sans grand succ\u00e8s. Et M. Azizian explique \u00ab\u00a0l&rsquo;aspect fondamental est le suivant: personne n&rsquo;est plus puissant que le sanctuaire de l&rsquo;Imam Reza.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La tension entre l\u2019autorit\u00e9 politique et religieuse remonte aux d\u00e9buts de l\u2019islam en 818 et \u00e0 la myst\u00e9rieuse mort de l\u2019Imam Reza, homonyme du sanctuaire et  descendant du proph\u00e8te Mahomet. Les chiites croient qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9 par des raisins offerts par le calife de l&rsquo;\u00e9poque qui lui, \u00e9tait sunnite. L\u2019Imam Reza a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans le petit village de Sanabad, qui est ensuite devenu connu sous le nom de Mashhad, \u00ab lieu de martyr\u00bb. <\/p>\n<p>Au XVIe si\u00e8cle, la dynastie Safavide d&rsquo;Iran a adopt\u00e9 l\u2019Islam chiite comme une religion d\u2019\u00c9tat, en stimulant fortement le statut et la richesse de Mashhad . Les rois  Safavides ont cherch\u00e9 \u00e0 centraliser le contr\u00f4le des fondations religieuses, mais ont reconnu l\u2019ind\u00e9pendance du puissant sanctuaire du Mashhad. <\/p>\n<p>Le XXe Si\u00e8cle a apport\u00e9 d\u2019importants d\u00e9fis \u00e0 l\u2019autonomie du clerg\u00e9. Reza Pahlavu, un ancien soldat qui f\u00fbt le Shah d\u2019Iran entre 1925 jusqu\u2019en 1941, \u00e9tait un modernisateur essentiellement la\u00efque. En 1935, les fid\u00e8les \u00e0 Mashhad ont protest\u00e9 contre un code vestimentaire qui a exig\u00e9 des chapeaux de style occidentaux, ce qui nuisait \u00e0 la pri\u00e8re. Une \u00e9meute a \u00e9clat\u00e9 et les troupes ont ouvert le feu. Selon certaines versions, le Shah a fait ex\u00e9cut\u00e9 le chef du sanctuaire.<\/p>\n<p>En 1953, le fils du Shah, Mohammad Reza Pahlavi, prend le pouvoir apr\u00e8s un coup d\u2019\u00c9tat orchestr\u00e9 par les Am\u00e9ricains et se met \u00e0 d\u00e9raciner l\u2019autorit\u00e9 cl\u00e9ricale. L\u2019\u00c9tat a commenc\u00e9 \u00e0 superviser les fondations religieuses et a nomm\u00e9 un g\u00e9n\u00e9ral au titre de gardien du sanctuaire de l\u2019Imam Reza. <\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, M. Vaez-tabassi, \u00e9tait un jeune \u00e9tudiant en th\u00e9ologie et le fils d\u2019un religieux respect\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 \u00e0 5 reprises pour son discours anti gouvernemental.  Il est devenu bon ami  avec un autre dissident, M. Khamenei, aujourd\u2019hui leader supr\u00eame. Lorsque le Shah f\u00fbt renvers\u00e9 en 1979, le leader r\u00e9volutionnaire ayatollah Khomeiny a imm\u00e9diatement nomm\u00e9 M. Vaez-Tabassi, gardien en chef du Sanctuaire de l\u2019Imam Reza, ainsi r\u00e9tablissement  l\u2019autorit\u00e9 cl\u00e9ricale sur le site et sur ses propri\u00e9t\u00e9s. <\/p>\n<p><img1082|center><br \/>\nLe gouvernement islamique a expropri\u00e9 les biens du Shah et de ses partisans en faveur des nouveaux <em>Bonyads<\/em> islamiques. Le plus grand d\u2019entre eux \u00e9tait le Bonyad Mostazafan ou la Fondation des opprim\u00e9s, qui prenait en charge les services sociaux et s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 en une importante soci\u00e9t\u00e9. Parmi les actifs qui ont \u00e9t\u00e9 saisis par <em>Mostazafan<\/em>, il y avait l&rsquo;usine de mise en bouteille du partenaire iranien de Pepsi cola, l&rsquo;h\u00f4tel Hilton de t\u00e9h\u00e9ran et un immense club de sport \u00e0 Duba\u00ef. Un groupe se faisant appel\u00e9 la Fondation <em>Mostazafan<\/em> de New York a pris le contr\u00f4le d\u2019une tour de bureau de Manhattan construit dans les ann\u00e9es 1970 par le Shah d\u00e9chu.  (La Fondation de New York, qui changea plus tard son nom, est encore la propri\u00e9taire majoritaire de la Tour de la Cinqui\u00e8me Avenue, mais elle nie tout lien avec T\u00e9h\u00e9ran). <\/p>\n<p>Le premier alarm\u00e9 de la puissance des Bonayds \u00e9tait le pr\u00e9sident iranien de la post r\u00e9volution, Abdolhassan Banisadr, il vit aujourd\u2019hui en exil non loin de Paris. Il affirme qu\u2019il se plaignait \u00e0 l\u2019Ayatollah Khomeiny en 1980 au sujet de la corruption grandissante des Bonyads, qui ont \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9s d\u2019imp\u00f4ts, et a demand\u00e9 instamment qu\u2019ils soient mis sous contr\u00f4le officiel du gouvernement. Le r\u00e9gime n\u2019a jamais entrepris un m\u00e9nage s\u00e9rieux, affirme-t-il. Lorsqu\u2019il s\u2019exprimait r\u00e9cemment dans sa villa d\u00e9labr\u00e9e de Versailles, il \u00e9voqua le fait que la libert\u00e9 accord\u00e9e aux Bonyads a autoris\u00e9 \u00ab les mollahs \u00e0 mettre en place un \u00c9tat parall\u00e8le \u00bb. L\u2019Islam en tant que force de galvanisations est \u00ab termin\u00e9 depuis longtemps, maintenant tout est question d\u2019argent \u00bb. M. Azizian \u00e0 Mashhad, a r\u00e9pond en traitant M. Banisadr de quelqu&rsquo;un du pass\u00e9 et de traitre.<\/p>\n<p>La guerre Iran-Irak  de 1980-88 a donn\u00e9 un grand \u00e9lan aux Bonyads, les poussant dans la ligne de front des secours et des travaux de reconstruction. Les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9tenues par le sanctuaire de l\u2019Imam Reza ont contribu\u00e9 \u00e0 la reconstruction des villes d\u00e9truites par l\u2019Irak et a fourni des vivres aux forces iraniennes.<\/p>\n<p>Cependant, apr\u00e8s la mort de l\u2019Ayatollah Khomeiny en 1989, les pressions ont augment\u00e9 pour faire en sorte que les Bonyads soient contr\u00f4l\u00e9s par l&rsquo;\u00e9tat. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident relativement lib\u00e9ral, Mohammad Khatami en 1997, le Parlement a adopt\u00e9 une loi stipulant que les fondations \u00e9taient sous la surveillance \u00ab du pr\u00e9sident et sous les auspices du chef supr\u00eame \u00bb. Le fr\u00e8re du chef de la Fondation des opprim\u00e9s, a \u00e9t\u00e9 reconnu coupable de d\u00e9tournement de fonds. <\/p>\n<p>Le sanctuaire de l\u2019Imam Reza a \u00e9galement subit des critiques. Certains m\u00e9dias avaient publi\u00e9 des all\u00e9gations de corruption contre le fils a\u00een\u00e9 de Vaez-Tabassi, Nasser, qui g\u00e9rait une zone de libre \u00e9change pr\u00e8s du Turkm\u00e9nistan qui elle-m\u00eame \u00e9tait contr\u00f4ler par le sanctuaire.  Les accusations port\u00e9es contre lui allaient de contrats \u00e9nerg\u00e9tiques frauduleux aux d\u00e9tournements de fonds impliquant une soci\u00e9t\u00e9 de commerce \u00e0 Duba\u00ef. L&rsquo;enqu\u00eate n&rsquo;a pas donn\u00e9 de suite.<\/p>\n<p>M Azizian, l\u2019oncle de Nasser, qualifie les all\u00e9gations de corruption de tentative des la\u00efcs radicaux pour saper l\u2019Ayatollah vaez-tabassi, l\u00e9tablissement cl\u00e9ricale et la R\u00e9publique islamique elle-m\u00eame. \u00ab Si vous attaquez l\u2019orteil, on attaque tout le corps \u00bb, clame-t-il. <\/p>\n<p>Pendant ce temps, le sanctuaire fait un \u00e9talage de sa propre force. Il a fait  une action en justice pour faire valoir un droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des terrains contest\u00e9es dans les quartiers riches de T\u00e9h\u00e9ran. M. Azizian affirme que le sanctuaire n\u2019avait pas l\u2019intention de saisir les biens, mais simplement de rappeler aux r\u00e9sidents de T\u00e9h\u00e9ran \u00ab vous vivez sur les terres de l\u2019Imam Reza \u00bb. <\/p>\n<p>Peu avant la fin du second mandat du pr\u00e9sident Khatami  et l\u2019\u00e9lection de M. Ahmadinejad en 2005, le Parlement a finalement ordonn\u00e9e que les fondations payent certains imp\u00f4ts. Mais plusieurs bonyads religieux ont \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9s, y compris le mausol\u00e9e de l\u2019Imam Reza.  <\/p>\n<p><img1081|center><\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de chiffre exact sur les b\u00e9n\u00e9fices engendr\u00e9s annuellement pas le sanctuaire. M. Azizian estime que ce chiffre est d&rsquo;au moins 50 millions de dollars, mais il n&rsquo;existe pas de comptes publics consolid\u00e9s. Il y a plusieurs ann\u00e9es, les \u00e9conomistes iraniens estimaient le budget total annuel du sanctuaire \u00e0 2 milliards de dollars. Une grande partie de ses recettes proviennent des loyers des terrains l\u00e9gu\u00e9s au sanctuaire des si\u00e8cles derniers. De nos jours,  les dons de terres ont diminu\u00e9, mais les p\u00e8lerins laissent encore des billets de banque devant le tombeau de l\u2019Imam. <\/p>\n<p>\u00ab Nous croyons que tout ce que nous poss\u00e9dons vient de l\u2019Imam reza \u00bb, dit Gholami Azimi, un travailleur dans un centre m\u00e9dical de 28 ans qui  a fait don de son temps libre pour aider le sanctuaire dans le contr\u00f4le des foules. \u00ab Donner quelque chose en retour est la seule chose que je puisse faire \u00bb ajoute-t\u2019il. Le sanctuaire indique qu\u2019il a une liste d\u2019attente de 20.000 personnes d\u00e9sireuses de travailler en tant que b\u00e9n\u00e9voles, balayeurs et gardiens sur les lieux. <\/p>\n<p>L\u2019actuel pr\u00e9sident iranien, M. Ahmadinejad, est plus en phase avec les perspectives conservatrices des eccl\u00e9siastiques que son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Mais lui aussi, est entr\u00e9 en conflit avec l\u2019institution religieuse. <\/p>\n<p>En 2007, un haut conseiller de M. Ahmadinejad se moquait de la participation du temple de l\u2019Imam Reza dans \u00ab la construction des grattes ciels et dans la fabrication de d\u2019automobile \u00bb ajoutant que de telles activit\u00e9s devaient \u00eatres laiss\u00e9es \u00e0 d\u2019autres. Le gouvernement extr\u00e9miste de M. Ahmadinejad a favoris\u00e9 les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de ses propres partisans en dehors de l\u2019\u00e9lite cl\u00e9ricale. Un grand b\u00e9n\u00e9ficiaire : le corps des gardes r\u00e9volutionnaires. Les unit\u00e9s op\u00e9rationnelles de cette force paramilitaire ont remport\u00e9 des contrats pour construire le nouvel a\u00e9roport de T\u00e9h\u00e9ran, d\u00e9velopper des champs de gaz et traiter des grands projets de g\u00e9nie civil- un domaine dans lequel le sanctuaire de l\u2019Imam Reza est aussi en concurrence. <\/p>\n<p>M. azizian, qui a travaill\u00e9 pour le sanctuaire depuis son arriv\u00e9e au service des finances en 1983,dit ne pas \u00eatre inquiet. Les dirigeants politiques vont et viennent, mais tous, y compris M. Ahmadinejad, sont \u00ab les serviteurs de l\u2019Imam Reza et\u2026 doivent ob\u00e9ir \u00e0 l\u2019Imam \u00bb. Le sanctuaire cherche maintenant \u00e0 se d\u00e9velopper \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et est soucieux de trouver des investisseurs \u00e9trangers pour les coentreprises pour des partenariats. \u00ab Allons \u00e0 Duba\u00ef et cr\u00e9ons une entreprise, au Canada, \u00e0 Singapour, et m\u00eame en Afghanistan. Nous sommes pr\u00eats \u00bb, d\u00e9clare t\u2019il, notant que le statut du sanctuaire offre une protection \u00e0 100 % aux investisseurs potentiels \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 Mashhad, le sanctuaire construit une nouvelle afin de profiter du boom de la construction. Dans sa boulangerie, la compagnie de <em>Reza Bread<\/em>,  a install\u00e9 des \u00e9quipements allemands pour produire des strudels aux fruits, principalement pour l\u2019exportation. Il tire sa levure \u00e0 partir de la \u00ab <em>Reza Yeast company<\/em> \u00bb, son sucre de \u00ab <em>Reza Sugar company<\/em> \u00bb et ses pommes et autres fruits des vergers appartenant au sanctuaire. L&rsquo;un des plus grands clients est l<em>\u2019H\u00f4pital Reza<\/em>. <\/p>\n<p>Les compagnies du sanctuaire, affirme le directeur de la boulangerie, Ghasemiyan Moghadam, payent les produits au prix du march\u00e9 mais \u00ab travaillent entre elles comme les organes d\u2019un seul et m\u00eame corps \u00bb. Le fait que le sanctuaire soit l&rsquo;unique propri\u00e9taire, pr\u00e9tend t\u2019il, facilite \u00e9galement les relations de travail. \u00ab Quand vous travaillez tous pour l\u2019Imam Reza, comment pouvez-vous pr\u00e9tendre \u00e0 faire la gr\u00e8ve ? \u00bb demanda t\u2019il. La boulangerie a r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de 1, 2 M de dollars l\u2019an dernier. <\/p>\n<p>Un peu plus loin sur la route on trouve l&rsquo;usine pharmaceutique Samen, o\u00f9 le sanctuaire a augment\u00e9 sa part de 40% \u00e0 70% en achetant les actions du holding gouvernemental. Suite \u00e0 cette acquisition, explique le directeur g\u00e9n\u00e9ral Saeed Ahmed Kakhki, l&rsquo;usine se trouve d\u00e9sormais dans l&rsquo;obligation de payer des taxes sur seulement 30 pour cent de ses b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas toutes les entreprises du sanctuaire qui font aussi bien. Le sanctuaire a vendu r\u00e9cemment sa participation dans une entreprise de transports de camions qui \u00e9tait en difficult\u00e9, et son usine de fabrication d\u2019autobus \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran souffre d&rsquo;une r\u00e9putation. Cependant, dit M. azizian, l\u2019avenir commercial du sanctuaire est s\u00e9curis\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Quand nous avons  l\u2019Imam Reza de notre c\u00f4t\u00e9, nous n\u2019avons pas peur \u00bb affirme t\u2019il. \u00ab Nous nous sentons tr\u00e8s prot\u00e9g\u00e9. Nous avons Dieu \u00bb<\/p>\n<p>Article publi\u00e9 en anglais en Juin 2007 par le Wall Street journal: <a href=\"http:\/\/online.wsj.com\/article\/SB118072271215621679.html\">Inside Iran&rsquo;s Holy Money Machine<\/a> <\/p>\n<p>Traduit par S\u00e9rine Akar (serine.akar@gmail.com)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus grand que le Vatican et plein d&rsquo;argent. L&#8217;empire commercial et le pouvoir politique du sanctuaire de l&rsquo;Imam Reza. Mashhad, Iran \u2013 Le sanctuaire de l\u2019Imam Reza est un d\u00e9fil\u00e9 somptueux de mosqu\u00e9es, de minarets et de cours de marbre. Il est plus vaste que la cit\u00e9 du Vatican et attire plus de p\u00e8lerins musulmans<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-127026","post","type-post","status-publish","format-standard"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}