{"id":126853,"date":"2010-02-14T18:54:00","date_gmt":"2010-02-14T17:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/cinq-ans-apres-la-mort-de-rafic-hariri-le-tribunal-pour-le-liban-na-toujours-pas-rassemble-de-preuves-decisives\/"},"modified":"2024-01-23T11:31:13","modified_gmt":"2024-01-23T10:31:13","slug":"cinq-ans-apres-la-mort-de-rafic-hariri-le-tribunal-pour-le-liban-na-toujours-pas-rassemble-de-preuves-decisives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/cinq-ans-apres-la-mort-de-rafic-hariri-le-tribunal-pour-le-liban-na-toujours-pas-rassemble-de-preuves-decisives\/","title":{"rendered":"Cinq ans apr\u00e8s la mort de Rafic Hariri, le Tribunal pour le Liban n&rsquo;a toujours pas rassembl\u00e9 de preuves d\u00e9cisives"},"content":{"rendered":"<p>LE <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/proche-orient\/article\/2010\/02\/13\/cinq-ans-apres-la-mort-de-rafic-hariri-le-tribunal-pour-le-liban-n-a-toujours-pas-rassemble-de-preuves-decisives_1305287_3218.html#ens_id=1294153\">MONDE<\/a> | 13.02.10 | <\/p>\n<p>La Haye Correspondance<\/p>\n<p>inq ans apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien premier ministre libanais Rafic Hariri dans un attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e perp\u00e9tr\u00e9 au coeur de Beyrouth, le 14 f\u00e9vrier 2005, le Tribunal sp\u00e9cial pour le Liban (TSL) ne compte ni accus\u00e9s ni fugitifs. Son procureur, le Canadien Daniel Bellemare, affirme que \u00ab\u00a0l&rsquo;enqu\u00eate avance\u00a0\u00bb, mais, \u00e0 Beyrouth, le doute s&rsquo;installe, m\u00eame si le tribunal n&rsquo;est plus aujourd&rsquo;hui au centre du jeu politique libanais.<\/p>\n<p>R\u00e9gi par un accord sign\u00e9 entre le gouvernement et les Nations unies en juin 2007, sous l&rsquo;impulsion de la France et des Etats-Unis, malgr\u00e9 l&rsquo;opposition du Parlement libanais, le tribunal a toujours suscit\u00e9 la controverse. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;enqu\u00eate progresse lentement, dans un contexte politique et judiciaire sem\u00e9 d&#8217;emb\u00fbches.<\/p>\n<p>Ses premi\u00e8res conclusions, d\u00e8s 2005, mettaient en cause la Syrie. Mais, apr\u00e8s la lib\u00e9ration de quatre officiers sup\u00e9rieurs libanais pro-syriens d\u00e9tenus pendant quatre ans puis lib\u00e9r\u00e9s \u00e0 la demande du tribunal, en avril 2009, Damas saluait une victoire. Ces lib\u00e9rations ne r\u00e9sultaient pas de conclusions erron\u00e9es mais des m\u00e9thodes des premiers enqu\u00eateurs : t\u00e9moins douteux, promesses ou pressions sur d&rsquo;autres, pi\u00e8ces \u00e0 conviction r\u00e9colt\u00e9es hors des r\u00e8gles de l&rsquo;art et inutilisables dans un proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Mais malgr\u00e9 ces erreurs de parcours, l&rsquo;enqu\u00eate avance. Le r\u00e9seau des t\u00e9l\u00e9phones portables utilis\u00e9s par les ex\u00e9cutants a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9. Il conduirait, selon certaines sources, \u00e0 des responsables au sein m\u00eame du mouvement chiite libanais Hezbollah. C&rsquo;est ce qu&rsquo;assurait un article publi\u00e9 en mai 2009 par le magazine allemand Der Spiegel, pointant des membres des op\u00e9rations sp\u00e9ciales du Hezbollah. \u00ab\u00a0Qui est la taupe ?\u00a0\u00bb, s&rsquo;interrogeait alors un chercheur proche de l&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<p>M\u00eame si les fuites tombaient \u00e0 point nomm\u00e9 pour la majorit\u00e9 anti-syrienne, \u00e0 quelques jours des \u00e9lections l\u00e9gislatives de juin, plusieurs sources jugent cr\u00e9dible l&rsquo;essentiel des r\u00e9v\u00e9lations du Spiegel. Mais elles ne d\u00e9douaneraient pas la Syrie. \u00ab\u00a0Si on estime que c&rsquo;est le Hezbollah, on peut assumer qu&rsquo;il n&rsquo;aurait jamais fait cela sans l&rsquo;aval de la Syrie, et \u00e9ventuellement l&rsquo;aide de l&rsquo;Iran\u00a0\u00bb, affirme une source au sein de l&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Mais m\u00eame bas\u00e9e sur des \u00e9l\u00e9ments concrets, l&rsquo;analyse ne suffit pas \u00e0 monter un dossier judiciaire. \u00ab\u00a0Il est impossible de p\u00e9n\u00e9trer des groupes ou des organisations aussi importants que ceux qui ont commis l&rsquo;attentat, et il est difficile de travailler dans un pays o\u00f9 il existe des zones de non-droit\u00a0\u00bb, affirme un autre enqu\u00eateur. Des groupes impossibles \u00e0 infiltrer, des t\u00e9moins qui disparaissent, une sc\u00e8ne de crime pass\u00e9e au bulldozer le jour m\u00eame de l&rsquo;attentat : le tribunal travaille dans un contexte politique peu favorable.<\/p>\n<p>Paris et Washington ont-ils toujours besoin du tribunal Hariri alors que la situation a chang\u00e9 et que les deux pays se sont lentement rapproch\u00e9s de Damas ? Ils restent officiellement tr\u00e8s attach\u00e9s au tribunal, consid\u00e9r\u00e9 \u00ab\u00a0comme un moyen de pression\u00a0\u00bb sur la Syrie, estimait dans un rapport publi\u00e9 en janvier 2009 l&rsquo;organisation International Crisis Group (ICG). Le tribunal reste pour l&rsquo;heure un joker, que chacun conserve dans son jeu.<\/p>\n<p>Pour Peter Harling, responsable r\u00e9gional de l&rsquo;organisation, bas\u00e9 \u00e0 Damas, \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;origine il y avait une d\u00e9cision politique, prise par une instance politique ; d\u00e9sormais, le processus est devenu judiciaire, il a une vie propre dont le calendrier est d\u00e9connect\u00e9 des ambitions politiques qui lui ont donn\u00e9 naissance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais la discr\u00e9tion du procureur Bellemare agace n\u00e9anmoins les diplomates \u00ab\u00a0qui essayent de lui tendre des pi\u00e8ges, mais il reste muet sur l&rsquo;enqu\u00eate\u00a0\u00bb, raconte une source proche du Quai d&rsquo;Orsay. \u00ab\u00a0Il est tr\u00e8s pr\u00e9tentieux dans ses rapports avec les autres, notamment les autorit\u00e9s nationales et les services \u00e9trangers, et donc peu populaire. Il se sent surpuissant mais ne comprend pas bien les finesses du dossier. Il veut adapter des m\u00e9thodes d&rsquo;enqu\u00eate traditionnelles canadiennes \u00e0 une enqu\u00eate politique sur un territoire qu&rsquo;il ne contr\u00f4le et ne comprend pas\u00a0\u00bb, regrette un enqu\u00eateur.<\/p>\n<p>Comme toute juridiction internationale, le TSL doit avancer des preuves. Sans elles, pas de proc\u00e8s. Si des services de renseignements occidentaux et r\u00e9gionaux en d\u00e9tiennent, l&rsquo;\u00e9quipe du procureur aura besoin de leur aide alors que les enqu\u00eateurs peinent \u00e0 mesurer leur volont\u00e9 r\u00e9elle de coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>Pour poursuivre les auteurs de l&rsquo;attentat, il faudra n\u00e9cessairement que justice et diplomatie se rejoignent de nouveau. Le tribunal dispose de peu d&rsquo;outils juridiques pour faire appliquer ses d\u00e9cisions. Seul le Liban a l&rsquo;obligation de coop\u00e9rer. Au printemps 2009, le pr\u00e9sident du tribunal, Antonio Cassese, a soumis des accords de coop\u00e9ration bilat\u00e9rale \u00e0 des pays de la r\u00e9gion dont la Syrie, ainsi que d&rsquo;autres Etats parmi lesquels la France et les Etats-Unis. Mais aucun n&rsquo;a, \u00e0 ce jour, \u00e9t\u00e9 sign\u00e9.<\/p>\n<p>A La Haye, le tribunal souffre aussi d&rsquo;un malaise, illustr\u00e9 par les d\u00e9missions de hauts responsables enregistr\u00e9es depuis un an. Derni\u00e8re en date, celle du chef des enqu\u00eates, l&rsquo;Australien Nick Kaldas, qui quittera le tribunal fin f\u00e9vrier.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/proche-orient\/article\/2010\/02\/13\/cinq-ans-apres-la-mort-de-rafic-hariri-le-tribunal-pour-le-liban-n-a-toujours-pas-rassemble-de-preuves-decisives_1305287_3218.html#ens_id=1294153\">Article paru dans l&rsquo;\u00e9dition du 14.02.10<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE MONDE | 13.02.10 | La Haye Correspondance inq ans apr\u00e8s l&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien premier ministre libanais Rafic Hariri dans un attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e perp\u00e9tr\u00e9 au coeur de Beyrouth, le 14 f\u00e9vrier 2005, le Tribunal sp\u00e9cial pour le Liban (TSL) ne compte ni accus\u00e9s ni fugitifs. 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