{"id":123315,"date":"2008-05-30T11:47:06","date_gmt":"2008-05-30T10:47:06","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/le-plateau-du-golan-en-echange-de-la-paix\/"},"modified":"2024-01-23T01:54:16","modified_gmt":"2024-01-23T00:54:16","slug":"le-plateau-du-golan-en-echange-de-la-paix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/le-plateau-du-golan-en-echange-de-la-paix\/","title":{"rendered":"Le plateau du Golan en \u00e9change de la paix ?"},"content":{"rendered":"<p>Les Isra\u00e9liens et les Syriens dialoguent depuis longtemps. La nouveaut\u00e9, c\u2019est que les deux parties ont publiquement confirm\u00e9 l\u2019existence de ces n\u00e9gociations. Mais les Am\u00e9ricains n\u2019ont pas encore donn\u00e9 leur feu vert. <\/p>\n<p>Tout a commenc\u00e9 le 6 janvier 2004, lorsque le pr\u00e9sident Bachar El-Assad a effectu\u00e9 une visite officielle en Turquie, la premi\u00e8re depuis l\u2019ind\u00e9pendance de la Syrie, en 1946. En Isra\u00ebl, on ne cachait pas son inqui\u00e9tude de voir Ankara se rapprocher de Damas. Le jeune Assad [au pouvoir depuis juillet 2000]\u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un jouet entre les mains de la vieille garde de g\u00e9n\u00e9raux baasistes syriens. De son c\u00f4t\u00e9, Ariel Sharon, Premier ministre de 2001 \u00e0 avril 2006, \u00e9tait en train de plancher sur le plan de d\u00e9sengagement de la bande de Gaza [qui a eu lieu en ao\u00fbt 2005]. <\/p>\n<p>Mais, surprise, Assad proposa au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de mettre \u00e0 profit ses bonnes relations avec Isra\u00ebl pour relancer le processus diplomatique entre Damas et J\u00e9rusalem, bloqu\u00e9 depuis le printemps 2000, apr\u00e8s la rencontre entre Hafez El-Assad et le pr\u00e9sident Bill Clinton. Assad p\u00e8re avait toujours pris soin d\u2019utiliser une m\u00e9diation am\u00e9ricaine, et les Isra\u00e9liens s\u2019attendaient \u00e0 ce que son fils fasse de m\u00eame. De fait, l\u2019ambassadeur de Turquie en Isra\u00ebl, Feridun Sinirlioglu, prit contact avec son ami Allon Liel, ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral aux Affaires \u00e9trang\u00e8res et ancien ambassadeur d\u2019Isra\u00ebl \u00e0 Ankara. Sinirlioglu demanda \u00e0 Liel de sonder son gouvernement sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une reprise des n\u00e9gociations avec la Syrie. Shalom Turgeman, conseiller diplomatique d\u2019Ariel Sharon, r\u00e9pondit : \u201cCe n\u2019est pas que le Premier ministre est oppos\u00e9 \u00e0 une paix avec la Syrie, mais, voyez-vous, les Am\u00e9ricains n\u2019aimeraient pas \u00e7a.\u201d <\/p>\n<p>La question de l\u2019alliance entre la Syrie et l\u2019Iran <\/p>\n<p>Fin mars 2004, \u00e0 la suite d\u2019une vague d\u2019attentats suicides, Ariel Sharon donna l\u2019ordre \u00e0 Tsahal d\u2019assassiner le chef du Hamas, Ahmed Yassine. Moins d\u2019un mois plus tard, le num\u00e9ro deux du Hamas, Abdelaziz Rantissi, \u00e9tait lui aussi liquid\u00e9. Cela ne dissuada pas Bachar El-Assad de proposer aux Turcs un interm\u00e9diaire discret en la personne d\u2019Ibrahim Suleiman, un septuag\u00e9naire, homme d\u2019affaires am\u00e9ricain d\u2019origine syrienne, de confession alaouite [la communaut\u00e9 au pouvoir en Syrie]et connu des Isra\u00e9liens. Uzi Arad, directeur du Centre interdisciplinaire d\u2019Herzliya [un think tank conservateur isra\u00e9lien]et ancien conseiller diplomatique de Benyamin N\u00e9tanyahou [Premier ministre de 1996 \u00e0 1999], fut inform\u00e9 de ces contacts et pri\u00e9 d\u2019y participer. Mais, en septembre 2004, apr\u00e8s plusieurs rencontres st\u00e9riles, les diplomates turcs d\u00e9cid\u00e8rent de jeter l\u2019\u00e9ponge. <\/p>\n<p>D\u00e8s la fin 2004, Nicholas Lang, l\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial de la Suisse au Moyen-Orient, prit la rel\u00e8ve de la diplomatie turque. Lors d\u2019une de ses visites \u00e0 Damas aupr\u00e8s de Farouk El-Chareh [chef de la diplomatie syrienne de 1984 \u00e0 2006], Lang souleva la question de l\u2019alliance entre la Syrie et l\u2019Iran. Ses h\u00f4tes lui r\u00e9pondirent que le r\u00e9gime alaouite faisait partie du monde sunnite et que c\u2019\u00e9tait le boycott impos\u00e9 par les Etats-Unis qui jetait la Syrie dans les bras d\u2019un r\u00e9gime chiite radical, qui s\u2019ing\u00e9rait en outre de plus en plus en Irak et au Liban. D\u00e8s lors, un accord de paix qui d\u00e9boucherait sur une r\u00e9conciliation avec les Etats-Unis permettrait \u00e0 la Syrie d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019\u00e9treinte iranienne. <\/p>\n<p>Micheline Calmy-Rey, pr\u00e9sidente et ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de la Suisse, accepta d\u2019h\u00e9berger des n\u00e9gociations \u00e0 Gen\u00e8ve. Des m\u00e9diateurs am\u00e9\u00adricains furent alors convi\u00e9s. Ainsi, Geoffrey Aronson \u2013 de la Fondation pour la paix au Moyen-Orient, instal\u00adl\u00e9e \u00e0 Washington \u2013 se joignit au groupe et d\u00e9crocha les services d\u2019un donateur am\u00e9ricain. Tous les deux mois, Liel et Arad s\u2019envolaient pour la Suisse, pour rencontrer Suleiman et Lang.<br \/>\nUzi Arad \u00e9tait remont\u00e9 contre la \u201ccapitulation\u201d des Isra\u00e9liens face aux demandes syriennes concernant le trac\u00e9 de la future fronti\u00e8re. Liel ne faisait pourtant qu\u2019endosser la position de feu le Premier ministre Yitzhak Rabin et de ses successeurs travail\u00adlistes, Shimon P\u00e9r\u00e8s et Ehoud Barak. Et, malgr\u00e9 les d\u00e9n\u00e9gations d\u2019Uzi Arad et de Benyamin N\u00e9tanyahou, Shlomo Ben-Ami, chef de la diplomatie isra\u00e9lienne en 2000, affirme qu\u2019un document \u00adofficiel d\u00e9pos\u00e9 dans le coffre-fort de la pr\u00e9sidence du Conseil indique que N\u00e9tanyahou avait bel et bien lui aussi d\u00e9fendu la m\u00eame position. <\/p>\n<p>Restait \u00e0 d\u00e9finir le trac\u00e9 de la fronti\u00e8re de 1967 <\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Uri Saguy, ancien directeur de l\u2019Aman [renseignements militaires], affirme qu\u2019en 2005 les deux parties \u00e9taient tomb\u00e9es d\u2019accord sur un retrait isra\u00e9lien sur les lignes du 4 juin 1967, en \u00e9change d\u2019une paix totale et d\u2019une d\u00e9militarisation du plateau du Golan. Restait \u00e0 d\u00e9finir le trac\u00e9 exact de la fronti\u00e8re de 1967, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe \u00e0 ce jour aucune carte agr\u00e9\u00e9e pour trancher le litige de 400 m\u00e8tres opposant Isra\u00e9liens et Syriens. Enfin, le document \u00e9labor\u00e9 par les Suisses laissait aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s le soin de fixer un calendrier pour le retrait isra\u00e9lien et l\u2019\u00e9vacuation des implantations [colonies juives]du Golan. <\/p>\n<p>Toutefois, tous les responsables isra\u00e9liens n\u2019accept\u00e8rent pas de monter dans le train syrien. Nicholas Lang se rendit \u00e0 J\u00e9rusalem en ao\u00fbt 2006, au plus fort de la guerre du Liban, et fut re\u00e7u par Joram Turbowicz, directeur de cabinet d\u2019Ehoud Olmert [Premier ministre depuis avril 2006]. Turbowicz \u00e9couta le rapport du diplomate. Qui plus est, de sources concordantes, Lang aurait m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9 une solution pour Eldad Regev et Udi Goldwasser, les deux soldats dont l\u2019enl\u00e8vement [par le Hezbollah]\u00e9tait \u00e0 l\u2019origine de la guerre. En vain. Au cabinet du Premier ministre, on nie en bloc. Finalement, Olmert accepta que Turbowicz envoie \u00e0 Gen\u00e8ve un \u00e9missaire, et les Syriens demand\u00e8rent \u00e0 Isra\u00ebl de convaincre les Am\u00e9ricains. Mais la r\u00e9ponse de ces derniers ne se fit pas attendre. C\u2019\u00e9tait non. <\/p>\n<p>D\u00e8s lors, Olmert r\u00e9agit avec sa morgue coutumi\u00e8re et railla un Allon Liel qui aurait \u201cn\u00e9goci\u00e9 tout seul\u201d. Il s\u2019en prit aussi aux ministres travaillistes qui \u00e9taient en poste \u00e0 cette p\u00e9riode \u2013 Amir Peretz [D\u00e9fense], Tzipi Livni [Affaires \u00e9trang\u00e8res], Yuli Tamir [Enseignement] et Meir Sheetrit [Int\u00e9rieur] \u2013 pour avoir d\u00e9clar\u00e9 que le gouvernement devait laisser les choses suivre leur cours. Le chef de l\u2019Aman, Aharon Zeevi-Farkash, constata que Sharon n\u2019avait pas in\u00adform\u00e9 son bras droit Olmert de l\u2019existence d\u2019un canal syrien, demanda \u00e0 ce dernier de ne pas se r\u00e9fugier derri\u00e8re le risque d\u2019un refus am\u00e9ricain.<br \/>\nD\u00e9but 2007, exactement trois ans apr\u00e8s la visite de Bachar El-Assad \u00e0 Ankara, Olmert s\u2019est retrouv\u00e9 assis dans le m\u00eame canap\u00e9 du bureau du Premier ministre turc Erdogan. Ce dernier, conscient de l\u2019\u00e9tat critique de la m\u00e9diation suisse, a donc \u00e0 nouveau propos\u00e9 ses bons offices, Olmert chargeant Turbowicz de veiller \u00e0 ce que rien ne vienne irriter les Am\u00e9ricains.  <\/p>\n<p>Ha&rsquo;Aretz <\/p>\n<p>http:\/\/www.courrierinternational.fr<br \/>\n\/article.asp?prec=0&#038;suiv=4898&#038;page=2&#038;obj_id=86012  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Isra\u00e9liens et les Syriens dialoguent depuis longtemps. La nouveaut\u00e9, c\u2019est que les deux parties ont publiquement confirm\u00e9 l\u2019existence de ces n\u00e9gociations. Mais les Am\u00e9ricains n\u2019ont pas encore donn\u00e9 leur feu vert. 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