{"id":122208,"date":"2007-11-25T07:48:51","date_gmt":"2007-11-25T06:48:51","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/le-liban-sombre-dans-le-vide-politique\/"},"modified":"2024-01-23T01:51:32","modified_gmt":"2024-01-23T00:51:32","slug":"le-liban-sombre-dans-le-vide-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/le-liban-sombre-dans-le-vide-politique\/","title":{"rendered":"Le Liban sombre dans le vide politique"},"content":{"rendered":"<p>Le sablier constitutionnel crachera ses derniers grains dans quelques heures, et le vide approche \u00e0 grands pas. C&rsquo;est ce soir \u00e0 minuit que le mandat pr\u00e9sidentiel d&rsquo;\u00c9mile Lahoud expire. Le pays va vivre une semaine de vide constitutionnel. \u00c9chec de la tentative fran\u00e7aise, cinqui\u00e8me report des \u00e9lections vendredi prochain, tutelle irano-syrienne&#8230; Pourquoi \u00e7a bloque ?<\/p>\n<p>De report en report, l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle est accapar\u00e9e par la politique du bord du gouffre. Ce soir, le Liban se pr\u00e9pare \u00e0 au moins une semaine de vide constitutionnel, puisque les pr\u00e9sidentielles sont report\u00e9es \u00e0 vendredi prochain.<br \/>\nPas plus tard que ce matin, se profilaient trois possibilit\u00e9s, qui pourront \u00eatre remises sur la table vendredi prochain en cas de sixi\u00e8me report. <\/p>\n<p>&#8211; Emile Lahoud peut former un gouvernement provisoire et nommer \u00e0 sa t\u00eate le chef des Arm\u00e9es, le g\u00e9n\u00e9ral Michel Sleiman. Ce que la majorit\u00e9 refuse, jugeant ill\u00e9gitime ce gouvernement.<br \/>\n&#8211; Selon la Constitution, c&rsquo;est le Premier ministre Faoud Siniora qui doit exercer l&rsquo;int\u00e9rim. <\/p>\n<p>&#8211; Autre solution propos\u00e9e hier soir par le g\u00e9n\u00e9ral maronite Aoun : il pourrait y avoir, pendant une phase transitoire, \u00ab\u00a0une vacance du pouvoir organis\u00e9e\u00a0\u00bb entre majorit\u00e9 et opposition, ce qui permettrait d&rsquo;\u00e9viter la formation d&rsquo;un gouvernement parall\u00e8le. <\/p>\n<p>Bernard Kouchner a reconnu hier soir avoir \u00a0\u00bb beaucoup esp\u00e9r\u00e9 \u00ab\u00a0, mais qu&rsquo;il \u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas possible \u00a0\u00bb que les diff\u00e9rentes parties s&rsquo;entendent sur la d\u00e9signation d&rsquo;un candidat maronite pour succ\u00e9der au pr\u00e9sident \u00c9mile Lahoud. Il a promis de continuer \u00e0 soutenir le Liban pour sortir de la crise politique ; il veut y croire. \u00a0\u00bb Nous sommes s\u00fbrs que nous y arriverons, que les Libanais y arriveront. \u00a0\u00bb Mais il s&rsquo;avoue sceptique sur l&rsquo;\u00e9volution s\u00e9curitaire. \u00a0\u00bb Je crains que le blocage politique n&rsquo;engendre une d\u00e9gradation de la s\u00e9curit\u00e9 au Liban. De r\u00e9els dangers existent. \u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Le politologue libanais Khattar Abou Diab expose son interpr\u00e9tation de l&rsquo;\u00e9chec fran\u00e7ais. Il rappelle d&rsquo;abord que c&rsquo;est le duo Chirac-Bush qui a permis au Liban de reprendre sa libert\u00e9 et sa relative ind\u00e9pendance en 2005, apr\u00e8s le retrait des troupes syriennes. Mais il souligne qu&rsquo;avec l&rsquo;arriv\u00e9e de Sarkozy \u00e0 l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, la politique qui avait pr\u00e9valu au Liban a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9e. \u00a0\u00bb Il n&rsquo;a pas la m\u00eame politique que son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Il a privil\u00e9gi\u00e9 l&rsquo;ouverture avec la Syrie et a fait un blocage radical avec l&rsquo;Iran. Et quand il n&rsquo;y a pas de continuit\u00e9 dans la politique \u00e9trang\u00e8re, on a des surprises. Sarkozy n&rsquo;aurait pas d\u00fb rompre aussi radicalement avec T\u00e9h\u00e9ran. Le dossier nucl\u00e9aire aurait d\u00fb attendre pour que la politique fran\u00e7aise soit efficace. \u00ab\u00a0. Pour lui, le duo franco-am\u00e9ricain doit fonctionner \u00e0 nouveau \u00a0\u00bb comme avant \u00a0\u00bb : les bonnes relations entre Sarkozy et son homologue Bush le font esp\u00e9rer.<\/p>\n<p>Et si l&rsquo;impasse politique n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un probl\u00e8me libanais ? Si l&rsquo;impasse politique ne r\u00e9sultait pas du seul fait de l&rsquo;impossibilit\u00e9 \u00e0 tisser des alliances interconfessionnelles ? K. Abou Diab reconna\u00eet qu&rsquo;il y a de toute \u00e9vidence une dimension libanaise dans la crise politique. Mais pas seulement. La source du blocage est un \u00a0\u00bb un probl\u00e8me r\u00e9gional \u00ab\u00a0. <\/p>\n<p>\u00c9coutons-le : \u00a0\u00bb Le Liban est la victime par excellence de son environnement g\u00e9opolitique. Il est le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;une \u00e9preuve de force entre l&rsquo;Iran et les \u00c9tats-Unis. Alors que ce sont eux qui ont voulu recomposer le Moyen-Orient, c&rsquo;est l&rsquo;Iran qui a pris la rel\u00e8ve et assure cette recomposition r\u00e9gionale. C&rsquo;est l&rsquo;axe conduit par l&rsquo;Iran, compos\u00e9 de la Syrie et du Hezbollah, qui bloque les \u00e9lections du Liban. Les Libanais doivent choisir un pr\u00e9sident selon le souhait irano-syrien. Pour T\u00e9h\u00e9ran et Damas, Aoun est le paravent id\u00e9al, qu&rsquo;ils utilisent. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Certes, le blocage politique r\u00e9sulte de la division entre majorit\u00e9 et opposition. Mais pas seulement. Les cassures au sein du camp chr\u00e9tien contribuent \u00e0 le p\u00e9renniser. Depuis que le g\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun (chef du Courant patriotique libre) a rafl\u00e9 70 % de l&rsquo;\u00e9lectorat chr\u00e9tien aux l\u00e9gislatives de mai 2005, puis conclu une alliance avec le Hezbollah en f\u00e9vrier 2006, le camp chr\u00e9tien s&rsquo;est d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9. Et les adversaires du g\u00e9n\u00e9ral Aoun assimilent d\u00e9sormais les \u00a0\u00bb aounistes \u00a0\u00bb aux \u00a0\u00bb pro-syriens \u00ab\u00a0. Or s&rsquo;il est un homme qui s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 contre la pr\u00e9sence syrienne au Liban, jusqu&rsquo;\u00e0 la combattre par le feu en 1988, c&rsquo;est bien le g\u00e9n\u00e9ral Aoun. <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, fort de sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9lectorale, il estime qu&rsquo;il est le candidat le mieux plac\u00e9 \u00e0 la succession d&rsquo;\u00c9mile Lahoud. Et ses partisans pr\u00e9sentent l&rsquo;entente avec le Hezbollah comme positive : Michel Aoun est, pour eux, le seul homme politique capable de convaincre le parti chiite de baisser les armes et de dissoudre sa milice. <\/p>\n<p>K. Abou Diab estime que les Am\u00e9ricains \u00a0\u00bb ne sont pas enthousiastes \u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de nommer un nouveau pr\u00e9sident. \u00a0\u00bb J&rsquo;ai un soup\u00e7on l\u00e9gitime que les Am\u00e9ricains n&rsquo;ont pas aid\u00e9. L&rsquo;ambassadeur am\u00e9ricain \u00e0 Beyrouth a annonc\u00e9 mercredi, devant une douzaine de personnalit\u00e9s, que s&rsquo;il y avait un \u00e9chec de la m\u00e9diation internationale, ce serait un \u00e9chec \u00a0\u00bb forc\u00e9 \u00ab\u00a0. Les Am\u00e9ricains, pour faciliter Annapolis, n&rsquo;ont pas exerc\u00e9 les pressions n\u00e9cessaires pour que la Syrie laisse les \u00e9lections se d\u00e9rouler. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si un pr\u00e9sident n&rsquo;est pas nomm\u00e9 demain, le pays est menac\u00e9 d&rsquo;\u00e9clatement et de divisions. Pour A. Sfeir, les tensions \u00a0\u00bb confessionnelles \u00a0\u00bb sont m\u00eame la premi\u00e8re source d&rsquo;inqui\u00e9tude des Libanais eux-m\u00eames. Il va plus loin et parle de \u00a0\u00bb repli communautaire \u00ab\u00a0. \u00a0\u00bb C&rsquo;est ce qui est en train de se produire au Liban et c&rsquo;est la menace la plus grave pour le pays. Ce repli s&rsquo;explique car on a sacrifi\u00e9 la citoyennet\u00e9 nationale en faveur d&rsquo;une citoyennet\u00e9 communautaire. L&rsquo;un des d\u00e9fis majeurs du prochain pr\u00e9sident sera d&rsquo;ailleurs de rendre cette nation &#8211; qui existe &#8211; \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat qui, lui, n&rsquo;existe pas. La partition du Liban est aussi d&rsquo;autant plus r\u00e9elle que le Hezbollah devient de plus en plus un \u00c9tat dans l&rsquo;\u00c9tat et peut profiter du vide constitutionnel. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Beyrouth vit dans l&rsquo;ombre de Damas, et jamais la communaut\u00e9 internationale n&rsquo;a tant fait pression sur la Syrie pour que cesse son ing\u00e9rence dans la politique libanaise. <\/p>\n<p>L&rsquo;Europe a multipli\u00e9 les contacts avec Damas, mettant fin de facto \u00e0 l&rsquo;ostracisme du r\u00e9gime baasiste, avant m\u00eame d&rsquo;avoir une preuve de bonne volont\u00e9 de la part de Damas. Du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, alors que Jean-David Levitte, bras droit du pr\u00e9sident, affirmait que Paris ne perdrait rien en entrant en contact avec Damas, Nicolas Sarkozy n&rsquo;a m\u00e9nag\u00e9 aucun recours aupr\u00e8s du r\u00e9gime baasiste, encha\u00eenant coups de fil et envoi d&rsquo;\u00e9missaires. Le Premier ministre italien, Romano Prodi, s&rsquo;est entretenu par t\u00e9l\u00e9phone avec Bachar el-Assad. Le pr\u00e9sident russe a \u00e9galement contact\u00e9 les hautes sph\u00e8res syriennes. Et Condoleezza Rice a bien voulu subtilement promettre une relance des relations avec la Syrie, si et seulement si Damas se d\u00e9cidait \u00e0 mettre un terme \u00e0 ses immixtions au Liban. <\/p>\n<p>Mais \u00e0 toujours consid\u00e9rer le Liban comme son prolongement naturel et strat\u00e9gique vers la M\u00e9diterran\u00e9e, et parce qu&rsquo;elle craint l&rsquo;av\u00e8nement \u00e0 Beyrouth d&rsquo;un r\u00e9gime pro-occidental (et donc pro isra\u00e9lien selon sa grille de lecture), la Syrie fait obstacle, et a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 saboter ces \u00e9lections. <\/p>\n<p>Des \u00e9lections que le Liban veut \u00a0\u00bb libanaises \u00ab\u00a0. Comme l&rsquo;explique Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l&rsquo;Orient : \u00a0\u00bb On a un peuple libanais qui essaie de r\u00e9cup\u00e9rer une nation souveraine. Mais la Syrie, bien qu&rsquo;elle ait perdu de sa supr\u00e9matie, a conserv\u00e9 toute sa puissance de nuisance. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>http:\/\/www.lepoint.fr\/slideshow\/monde\/view_slide.html?id=712<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sablier constitutionnel crachera ses derniers grains dans quelques heures, et le vide approche \u00e0 grands pas. C&rsquo;est ce soir \u00e0 minuit que le mandat pr\u00e9sidentiel d&rsquo;\u00c9mile Lahoud expire. 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