{"id":119987,"date":"2007-02-26T10:31:59","date_gmt":"2007-02-26T09:31:59","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/la-guerre-de-juillet-2006-au-liban-ses-premisses-son-deroulement-et-ses-suites\/"},"modified":"2024-01-27T21:14:18","modified_gmt":"2024-01-27T20:14:18","slug":"la-guerre-de-juillet-2006-au-liban-ses-premisses-son-deroulement-et-ses-suites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/la-guerre-de-juillet-2006-au-liban-ses-premisses-son-deroulement-et-ses-suites\/","title":{"rendered":"La guerre de juillet 2006 au Liban : ses pr\u00e9misses, son d\u00e9roulement et ses suites"},"content":{"rendered":"<p>Les pr\u00e9misses : <\/p>\n<p>A partir de Mai-Juin 2000 c&rsquo;est \u00e0 dire du retrait isra\u00e9lien du territoire libanais, mis a part les minuscules fermes de Ch\u00e9baa sur laquelle existe un litige de souverainet\u00e9 entre le Liban et la Syrie, la pr\u00e9sence d\u2019un groupe arm\u00e9 au Liban comme le Hozballah au Sud Liban ne se justifie plus. Mais l\u2019occupant syrien r\u00e9ussit \u00e0 imposer le maintien de ce groupe arm\u00e9 au Liban Sud et de restreindre la pr\u00e9sence arm\u00e9e de l\u2019Etat (Gendarmerie+Arm\u00e9e) \u00e0 son aspect symbolique dans la zone lib\u00e9r\u00e9e. Le Hezbollah d\u00e9tenait le vrai pouvoir au Liban Sud, r\u00e9gnait librement sur ses localit\u00e9s, imposait ses normes religieuses, morales et sociales \u00e0 la population et rendait certains services sociaux, \u00e9ducatifs et sanitaires. Pendant ce temps il installa progressivement son armement, dans la r\u00e9gion \u00e9vacu\u00e9e par Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>Isra\u00ebl de son cot\u00e9 ne perdait pas son temps. \u00ab La meilleure arm\u00e9e du monde \u00bb avait \u00e9tait humili\u00e9e en 2000 et oblig\u00e9e de quitter inconditionnellement le Sud Liban pour limiter ses pertes humaines. Et qui l\u2019avait humili\u00e9e ? : \u00ab Une bande de terroristes \u00bb : c&rsquo;est-\u00e0-dire le Hezbollah dans le jargon isra\u00e9lo am\u00e9ricain. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019Isra\u00ebl se retire d\u2019un territoire arabe sous la pression militaire. Pour l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne, son \u00e9tat major, une bonne partie de l\u2019\u00e9lite politique isra\u00e9lienne, cela \u00e9tait simplement intol\u00e9rable et surtout donnait un mauvais exemple aux Palestiniens. La revanche se pr\u00e9parait avec divers plans alternatifs et l\u2019aide du sponsor am\u00e9ricain. <\/p>\n<p>Le retrait syrien du Liban, le 28 Avril 2005 enlevait le principal appui r\u00e9gional au Hezbollah. D\u2019autant plus qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9  pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par la r\u00e9solution 1559 du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU qui stipulait le d\u00e9sarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises, r\u00e9affirmant ainsi une des dispositions de l\u2019Accord d\u2019entente nationale libanais de Ta\u00ebf (1989) qui fut le nouveau pacte national sur lequel \u00e9tait sens\u00e9 se b\u00e2tir le Liban d\u2019apr\u00e8s 1990 et qui entre autres stipulait : la dissolution de toutes les milices, l\u2019extension de la souverainet\u00e9 de l\u2019Etat par ses propres forces arm\u00e9es \u00e0 tout le territoire libanais et jusqu\u2019aux fronti\u00e8res internationales, le retour \u00e0 l\u2019accord d\u2019armistice de 1949 pour r\u00e9gir les relations avec Isra\u00ebl, et la formation d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;union nationale.<\/p>\n<p>La situation politique et juridique de Hezbollah devenait faible.<\/p>\n<p>La guerre de juillet 2006: son d\u00e9roulement:<\/p>\n<p>D\u2019un autre cot\u00e9 l\u2019Iran entrait dans une confrontation avec la communaut\u00e9 internationale mais surtout avec les Etats- Unis sur le dossier nucl\u00e9aire. Les Etats Unis voulaient conserver le monopole isra\u00e9lien sur l\u2019armement nucl\u00e9aire au Moyen Orient. Les autres pays membres permanents du Conseil de S\u00e9curit\u00e9, Russie et Chine comprises ne voulaient aussi pas avoir une puissance nucl\u00e9aire de 70 millions d\u2019habitants tr\u00f4nant au milieu des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res mondiales. C\u2019est pour cela qu\u2019il y avait un certain consensus entre ces puissances (auquel il faut ajouter l\u2019Allemagne) pour contenir les projets nucl\u00e9aires iraniens. Les Etats Unis et Isra\u00ebl se distinguaient par des tendances bellicistes dans ce domaine. Le 10 Juillet 2006 Javier Solana en n\u00e9gociation \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran avec le Guide Supr\u00eame de la R\u00e9volution Islamique l&rsquo;Ayatollah Ali Khamenei (qui est l\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame \u00e0 l\u2019Iran) au sujet du dossier militaire iranien d\u00e9clare \u00e0 la fin de ses n\u00e9gociations qu\u2019elle furent non productives. Le dossier nucl\u00e9aire iranien \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 de Vienne \u00e0 New York.<\/p>\n<p>L\u2019Iran pris peut \u00eatre les devants, Le lendemain le Hezbollah enl\u00e8ve 2 soldats isra\u00e9liens, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re libano- isra\u00e9lienne en territoire isra\u00e9lien, dans une zone ou depuis l\u2019an 2000, il n\u2019y avait eu aucune op\u00e9ration militaire. <\/p>\n<p>La r\u00e9action isra\u00e9lienne fut extr\u00eamement violente et compl\u00e8tement d\u00e9mesur\u00e9e avec l\u2019acte du Hezbollah. (Voir la description d\u00e9taill\u00e9e des dommages de cette guerre sur le site web du Centre Lebret\u2013Irfed). Bref un d\u00e9cha\u00eenement sans commune mesure avec l\u2019acte qui \u00e9tait sens\u00e9 le causer. Le Liban, avec l\u2019appui des pays arabes, essaya plusieurs fois d\u2019imposer un cess\u00e9 le feu, le v\u00e9to anglo-saxon l\u2019emp\u00eacha. La cessation des combats n\u2019eut lieu que lorsque l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne eu des difficult\u00e9s a avancer plus loin que quelques kilom\u00e8tres en territoire libanais avec beaucoup de pertes humaines et qu\u2019il \u00e9tait clair qu\u2019une liquidation militaire de Hezbollah demandait des efforts beaucoup plus co\u00fbteux en hommes, avec de forts risques de pertes humaines isra\u00e9liennes et des bombardements qui pour la premi\u00e8re fois dans le conflit isra\u00e9lo-arabe touchaient en profondeur le territoire isra\u00e9lien (un million de personnes quitt\u00e8rent le Nord isra\u00e9lien). Ce que le Liban \u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 supporter par 30 ans de \u00ab guerres pour les autres \u00bb Isra\u00ebl n\u2019y \u00e9tait pas habitu\u00e9\u2026 La pression politique isra\u00e9lienne interne aussi amena l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne \u00e0 cesser le combat. La pression arabe amena \u00e0 modifier la r\u00e9solution du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 dans un sens moins favorable \u00e0 Isra\u00ebl et les combats cess\u00e8rent le 14 Ao\u00fbt soit 3 jours apr\u00e8s le vote de la r\u00e9solution du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 N\u00f8 1701. 3 jours utilis\u00e9s par Isra\u00ebl pour larguer 250 mille bombes \u00e0 fragmentation, bombes \u00e0 uranium appauvri et autres joujoux offerts par \u00ab l\u2019Uncle Sam \u00bb via les a\u00e9roports britanniques. <\/p>\n<p>Les premi\u00e8res suites de la guerre:<\/p>\n<p>&#8211;   Sur un mot d\u2019ordre d\u2019Amal et de Hezbollah (les deux grands partis politiques chiites, libanais) les r\u00e9fugi\u00e9s du Sud revinrent massivement \u00e0 leurs lieux d\u2019origine, quitte \u00e0 y camper et commenc\u00e8rent \u00e0 \u00eatre g\u00e9n\u00e9reusement d\u00e9dommag\u00e9s par le Hezbollah. Il faut noter que les r\u00e9fugi\u00e9s chiites avaient \u00e9t\u00e9 accueillis les bras ouverts dans toutes les r\u00e9gions et surtout dans les r\u00e9gions chr\u00e9tiennes. Dans ces derni\u00e8res r\u00e9gions cet accueil avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 par le Courant Patriotique Libre du G\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun, ce qui laissa le meilleur effet sur ses r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 majorit\u00e9 chiites.<\/p>\n<p>&#8211;   Au plan international, le Liban sembla \u00eatre sur la voie d&rsquo;\u00eatre s\u00e9par\u00e9 des aspects militaires et s\u00e9curitaires du conflit isra\u00e9lo- arabe comme c\u2019est le cas de l\u2019Egypte de la Jordanie et pratiquement de la Syrie d\u2019ou on n&rsquo;entend aucun coup de feu en direction des territoires occup\u00e9s par Isra\u00ebl au \u00ab\u00a0Joulane\u00a0\u00bb depuis 33 ans. Les forces des Nations Unies et l\u2019arm\u00e9e libanaise occupent une zone tampon le long de la fronti\u00e8re sud ou m\u00eame si le Hezbollah conserve des armes cach\u00e9es, il peut les utiliser difficilement : l\u2019arm\u00e9e libanaise et les forces des Nations Unis pouvant perquisitionner et les saisir \u00e0 n\u2019importe quel moment. Politiquement il serait tr\u00e8s difficile au Hezbollah de reprendre le combat. Il aurait tous les Libanais \u00e0 dos, y compris un pourcentage croissant de Chiites Cette derni\u00e8re communaut\u00e9 a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement punie par Isra\u00ebl pour son appui au Hezbollah : les principales zones d\u2019habitat chiite : Liban Sud, B\u00e9kaa Nord, Banlieue Sud Ouest de Beyrouth ayant subi de tr\u00e8s graves destructions et leur population ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite au statut de r\u00e9fugi\u00e9s dans leur propre pays. <\/p>\n<p>Les probl\u00e8mes politiques aiguis\u00e9s par cette guerre: des flash-back<\/p>\n<p>&#8211;   La question politique essentielle qui se posa d\u00e8s lors est comment mobiliser l\u2019ensemble des forces vives du pays pour la reconstruction physique et politique. Pour cela, la r\u00e9ponse est claire : il faut \u00e9largir l\u2019actuel gouvernement afin d&rsquo;en faire un gouvernement d&rsquo;union nationale. Ce qui lui manque c&rsquo;est d\u2019y int\u00e9grer des ministres repr\u00e9sentant le Courant Patriotique Libre du G\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun et son bloc parlementaire \u00ab R\u00e9forme et Changement \u00bb, qui constituent la plus grande force politique chr\u00e9tienne. Le G\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun a sign\u00e9 un memorendum d\u2019entente avec le Hezbollah le 5 f\u00e9vrier 2006, dans la symbolique Eglise Saint Michel de Chiah sur l\u2019ancienne ligne de marcation entre les banlieues \u00ab Sud Est \u00bb (chr\u00e9tienne) et \u00ab Sud Ouest \u00bb (chiite) de Beyrouth, est en bonnes relations avec les Chiites et ses relations se sont renforc\u00e9s par l\u2019organisation de l\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s chiites dans les zones chr\u00e9tiennes pendant la guerre. Il devient difficilement contournable et le tandem Hariri Joumblat et ses alli\u00e9s satellites peuvent difficilement continuer \u00e0 l\u2019isoler et \u00e0 l\u2019exclure du gouvernement. D\u2019autant plus que l\u2019accord d\u2019Entente Nationale de Taef base de Deuxi\u00e8me R\u00e9publique Libanaise stipule qu\u2019une des premi\u00e8res mesures \u00e0 prendre pour la reprise du pays doit \u00eatre la constitution d\u2019un gouvernement d\u2019union nationale. Ceci ne fut pas fait sous la tutelle syrienne entre 1990-2005, et pour cause : il fallait \u00ab\u00a0diviser pour r\u00e9gner\u00a0\u00bb. Le Liban enfin d\u00e9barrass\u00e9 de ses occupants r\u00e9gionaux, les \u00e9lites actuellement au pouvoir continueront-elles \u00e0 pratiquer les politiques de la tutuelle syrienne ? <\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces interrogations et comprendre le d\u00e9roulement et les enjeux de la crise actuelle qui s&rsquo;est exacerb\u00e9e depuis Novembre 2006 il faut aussi revenir en 2005 :<\/p>\n<p>L&rsquo;assassinat de l&rsquo;ancien premier, ministre libanais Rafik Hariri et de ces compagnons le 14\/2\/2005, \u00e0 amen\u00e9 la majorit\u00e9 des Libanais musulmans sunnites (Courant du Futur dirig\u00e9 par la famille Hariri) \u00e0 rejoindre la majorit\u00e9 de leurs compatriotes chr\u00e9tiens de toutes communaut\u00e9s (Maronites, Grecs Orthodoxes, Grecs Catholiques, Arm\u00e9niens Orthodoxes et Catholiques et autres) et la majorit\u00e9 les Druzes (dirig\u00e9s par Walid Joumblat), dans un mouvement de masse demandant le retrait des troupes syriennes. Ce retrait a lieu le 28\/4\/2005. Le Hezbollah y perd un appui strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Le 7 Mai 2005, le g\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun leader du Mouvement Patriotique Libre, principale force souverainiste libanaise \u00e0 majorit\u00e9 chr\u00e9tienne et qui luttait depuis plus de 15 ans contre l&rsquo;occupation syrienne, revient triomphalement \u00e0 Beyrouth apr\u00e8s 15 ans d&rsquo;exil en France. Ce retour se fait en d\u00e9pit des efforts de l&rsquo;alliance Harriri- Joumblat et alli\u00e9s pour retarder le retour de Aoun apr\u00e8s les \u00e9lections l\u00e9gislatives du printemps 2005.<\/p>\n<p>Le jour m\u00eame du retour de Aoun \u00e0 Beyrouth, le Parlement libanais reconduit la loi \u00e9lectorale anti-constitutionnelle de l&rsquo;an 2000, qui avait \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par les services de renseignement syriens \u00e0 la demande de Rafik Harriri. Cette loi, par un truquage anti-constitutionnel du d\u00e9coupage des circonscriptions, faisait que pr\u00e8s de 72% des d\u00e9put\u00e9s chr\u00e9tiens \u00e9taient \u00e9lus par des coll\u00e8ges \u00e9lectoraux \u00e0 majorit\u00e9 musulmane (sunnites, chiites, et druzes). A l&rsquo;\u00e9poque c&rsquo;\u00e9tait un des moyens qu&rsquo;utilisait l&rsquo;occupant syrien et son alli\u00e9 Rafik Harriri, pour affaiblir politiquement les chr\u00e9tiens libanais, principale force d&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;occupant syrien et ses alli\u00e9s. Le vote de la loi \u00e9lectorale divise les politiciens chr\u00e9tiens certains d&rsquo;entre eux faisant passer leurs int\u00e9r\u00eat \u00e9lectoraux avant tout, rejoignent d\u00e9finitivement le tandem Harriri \u2013 Joumblat. Ce tandem conclut une alliance avec le duo chiite pro syrien Amal \u2013 Hezbollah, \u00e0 objectif \u00e9lectoral, mais avec des objectifs politiques proclam\u00e9s d&rsquo;appui \u00e0 la r\u00e9sistance du Hezbollah. Le r\u00e9sultat est que cette alliance quadripartite Harriri, Joumblat, Amal, Hezbollah (qui repr\u00e9sente les principales forces communautaires musulmanes) marginalisent les chr\u00e9tiens au Parlement.<\/p>\n<p>Les chr\u00e9tiens se sentent trahis par leurs nouveaux alli\u00e9s druzes (Joumblat) et sunnites (Harriri) qu&rsquo;ils avaient aid\u00e9s \u00e0 se d\u00e9barrasser de l&rsquo;occupant syrien. Ils votent massivement pour le g\u00e9n\u00e9ral Aoun et ses alli\u00e9s, qui receuillent 70% des suffrages chr\u00e9tiens exprim\u00e9s. Ces \u00e9lections donnent les r\u00e9sultats suivants : <\/p>\n<p>&#8211; Liste Aoun et alli\u00e9s         # 33% des suffrages      16,4% des si\u00e8ges<\/p>\n<p>&#8211; Liste Harriri Joumblat    # 33% des suffrages       55,4% des si\u00e8ges<\/p>\n<p>et \u00ab\u00a0alli\u00e9s\u00a0\u00bb ____   <\/p>\n<p>&#8211; Liste Amal Hezbollah    # 33% des suffrages      28% des si\u00e8ges<\/p>\n<p>et alli\u00e9s.  <\/p>\n<p>La fraude l\u00e9gale \u00e9tait flagrante : Le groupe Aoun et alli\u00e9s avait la moiti\u00e9 des si\u00e8ges auxquels et avait droit, le groupe Harriri Joumblat avait 168% des si\u00e8ges auxquels il avait droit, et le groupe Amal, Hezbollah avait 85% des si\u00e8ges auxquels il avait droit.<\/p>\n<p>Ces \u00e9lections donnent lieu \u00e0 des fraudes \u00e9lectorales de grande intensit\u00e9 de la part du tandem Hariri-Joumblat: achats de voix en masse, falsification des r\u00e9sultats, attaques et violences sur les partisans des listes adverses, etc\u2026<\/p>\n<p>Pour fermer la porte \u00e0 tout recours l\u00e9gal, le Parlement issu de ces \u00e9lections partiellement falsifi\u00e9es, modifie la loi du Conseil Constitutionnel pour l&#8217;emp\u00eacher de statuer la l\u00e9galit\u00e9 du Scrutin et de ses r\u00e9sultats <\/p>\n<p>On a affaire a un Parlement qui n&rsquo;a rien de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratiquement\u00a0\u00bb \u00e9lu, comme le proclament le pouvoir actuel et ses protecteurs occidentaux. La repr\u00e9sentativit\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s chr\u00e9tiens est fortement contest\u00e9e : 18 sur 64 sont \u00e9lus par des \u00e9lecteurs chr\u00e9tiens\u2026 <\/p>\n<p>Le gouvernement issu de ces \u00ab\u00a0\u00e9lections\u00a0\u00bb en \u00e9t\u00e9 2005 et dirig\u00e9 par Fouad Saniora, comprenait deux ministres du Hezbollah pour la premi\u00e8re fois et proclamait dans sa d\u00e9claration minist\u00e9rielle son appui \u00e0 la \u00ab\u00a0R\u00e9sistance\u00a0\u00bb(arm\u00e9e du Hezbollah). Il incluait des repr\u00e9sentants du Pr\u00e9sident Emile Lahoud. Le seul exclu de ce gouvernement \u00e9tait le Courant Patriotique Libre (CPL) du G\u00e9n\u00e9ral Aoun et ses alli\u00e9s (qui avaient eu 70% des voix des chr\u00e9tiens). Les ministres chr\u00e9tiens y d\u00e9tenaient des portefeuilles marginaux et n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lus par des chr\u00e9tiens. Une fois les \u00e9lections termin\u00e9es et le gouvernement form\u00e9, le tandem Harriri-Joumblat remet sur le tapis la question de l&rsquo;application compl\u00e8te de la r\u00e9solution 1559: c&rsquo;est-\u00e0-dire du d\u00e9sarmement du Hezbollah. Cette volte face post-\u00e9lectorale du tandem Harriri-Joumblat cr\u00e9e des tensions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du gouvernement, appuy\u00e9 par les USA et la France, et comprenant des alli\u00e9s de la Syrie et de l&rsquo;Iran. De m\u00eame est de nouveau remise sur le tapis vers la fin 2005, la cr\u00e9ation d&rsquo;un tribunal \u00e0 caract\u00e8re international pour juger les responsables de l&rsquo;assassinat de Rafik Harriri, ses compagnons et des autres personnes assassin\u00e9es. Depuis la premi\u00e8re tentative de faire passer le principe d&rsquo;un tribunal international en Conseil des Minitres am\u00e8ne le retrait temporaire du gouvernement des ministres repr\u00e9sentant Amal et le Hezbollah en D\u00e9cembre 2005. Ces derniers craignaient l&rsquo;utilisation de ce tribunal par les USA pour faire pression sur leur alli\u00e9 syrien. Ce retrait est concomitant avec l&rsquo;assassinat d&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 loyaliste Jebrane Tueini.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9motion cr\u00e9e par cet assassinat facilite l&rsquo;approbation du principe de cr\u00e9ation de ce tribunal par le gouvernement libanais et la transmission de cette approbation au Conseil de S\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Entre temps, le dialogue men\u00e9 entre le CPL (Aoun) et le Hezbollah (Nasrallah) aboutit \u00e0 la signature d&rsquo;un \u00ab\u00a0m\u00e9morandum of understanding\u00a0\u00bb) (MOU) en dix points le 6 F\u00e9vrier 2006. Ce m\u00e9morandum qui appelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9largissement du dialogue entre toutes les parties libanaises, aboutit en fait au lancement d&rsquo;un processus de dialogue entre les principales forces et personnalit\u00e9s politiques du pays sur des points fondamentaux : accord pour demander la d\u00e9limitation des fronti\u00e8res avec la Syrie, et l&rsquo;\u00e9tablissement des relations diplomatiques avec la Syrie, nouvelle loi \u00e9lectorale, tribunal \u00e0 caract\u00e8re international pour juger de l&rsquo;assassinat de Rafik Harriri et des autres assassinats, etc\u2026)<\/p>\n<p>Le dialogue qui dure de Mars \u00e0 Juin 2006 achoppe sur le probl\u00e8me de l&rsquo;armement du Hezbollah, et devait reprendre en Juillet 2006, quant \u00e9clate la guerre du 11 juillet.<\/p>\n<p>La crise politique actuelle :<\/p>\n<p>A partir de la mi Ao\u00fbt 2006, donc de la fin des op\u00e9rations militaires, la tension politique remonte : le Hezbollah accuse le gouvernement et le tandem Harriri- Joumblat, d&rsquo;\u00eatre de m\u00e8che avec les USA, cours de cette guerre et d&rsquo;avoir contribu\u00e9 \u00e0 faire durer les combats pour affaiblir le Hezbollah et faciliter son d\u00e9sarmement.<\/p>\n<p>Le CPL r\u00e9clame plus que jamais un gouvernement d&rsquo;union nationale et une nouvelle loi \u00e9lectorale permettant une repr\u00e9sentation fid\u00e8le de la population.<\/p>\n<p>Le tandem Harriri \u2013 Joumblat reprend ses pressions dans le Comit\u00e9 du Dialogue r\u00e9uni en Novembre 2006, pour acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;approbation des statuts du tribunal international. Le gouvernement pr\u00e9cipite les choses et d\u00e9cide de pr\u00e9senter le projet de statuts envoy\u00e9 par le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 pour approbation au Cabinet, avant d&rsquo;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 par le Comit\u00e9 de Dialogue. Ceci am\u00e8ne les ministres chiites \u00e0 quitter le gouvernement le 11 Novembre 2006, ainsi qu&rsquo;un ministre chr\u00e9tien loyal au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Ce retrait met tr\u00e8s fortement en question la l\u00e9gitimit\u00e9 et la constitutionalit\u00e9 du gouvernement car une communaut\u00e9 libanaise en entier (les chiites) n&rsquo;est plus repr\u00e9sent\u00e9e, en plus du d\u00e9faut de non repr\u00e9sentativit\u00e9 des ministres chr\u00e9tiens. La Constitutions libanaise stipule en effet la non l\u00e9gitimit\u00e9 de tout pouvoir contraire \u00e0 l&rsquo;entente nationale.<\/p>\n<p>Cette situation am\u00e8ne Amal et Hezbollah \u00e0 s&rsquo;aligner sur les positions du G\u00e9n\u00e9ral Aoun demandant un gouvernement d\u2019Union Nationale, a une nouvelle loi \u00e9lectorale et des \u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es. Devant le refus du tandem Hariri-Joumblat d\u2019accepter les demandes de l\u2019opposition, celle ci d\u00e9cide de passer \u00e0 la pression populaire. <\/p>\n<p>Entre-temps, le 21 Novembre 2006, un ministre chr\u00e9tien Pierre Gemayel, est assassin\u00e9. Ceci fait monter les tensions, et le pouvoir essaye d\u2019utiliser l\u2019assassinat contre le CPL (dont des bureaux sont attaqu\u00e9s et les portrait de Aoun br\u00fbl\u00e9s). Ceci retarde le mouvement de l\u2019opposition, qui d\u00e9clenche un sit-in dans le centre de Beyrouth pr\u00e8s des si\u00e8ges du Gouvernement et du Parlement, \u00e0 partir du 1er D\u00e9cembre 2006, r\u00e9clamant un Gouvernement d\u2019Union Nationale et une nouvelle loi \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>Des manifestations ponctuent le sit \u2013 in, de m\u00eame que des veill\u00e9es de No\u00ebl, de l\u2019Adha et du Nouvel An. Une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale d\u2019un jour d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e pour le 23 janvier 2007, est largement suivie, malgr\u00e9 les tentatives de briser la gr\u00e8ve par des groupes loyalistes arm\u00e9s de pierres, de gourdins et d\u2019armes l\u00e9g\u00e8res, en r\u00e9gion chr\u00e9tienne. Le 25 Janvier 2007 une bagarre \u00e9clate \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Arabe de Beyrouth, d\u00e9g\u00e9n\u00e9rant en tirs sur les manifestants et l&rsquo;arm\u00e9e, dans le zone musulmane de Beyrouth : Le risque de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence en affrontements arm\u00e9s sunnito &#8211; chiites est jugul\u00e9 par l\u2019action des leaders des deux bords et le couvre feu d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Des portes de sortie de crise? <\/p>\n<p>La Ligue Arabe s\u2019active en m\u00e9diations. L\u2019Arabie Saoudite et l\u2019Iran, voulant \u00e9viter un conflit sunnite-chiite au Liban, n\u00e9gocient un compromis et une solution politique bas\u00e9s sur la concomitance de l\u2019acceptation du tribunal international et du gouvernement d\u2019Union Nationale. Les deux pays pr\u00eachent le calme \u00e0 leurs alli\u00e9s libanais.<\/p>\n<p>Les pays occidentaux, USA en t\u00eate, poussent le gouvernement Saniora \u00e0 l\u2019intransigeance. La Syrie cherche un nouveau r\u00f4le au Liban. <\/p>\n<p>Le Liban est de nouveau menac\u00e9 de conflits arm\u00e9s, pour assurer les int\u00e9r\u00eats politiques de parties r\u00e9gionales et internationales. Seul un accord ferme et \u00e9quilibr\u00e9 entre les Libanais peut sauver la situation :  les contenus \u00e9quilibr\u00e9s du communiqu\u00e9 du Synode des \u00e9v\u00eaques maronites en janvier 2007, les propositions de la Ligue Arabe et des rencontres saoudo-iraniennes, constituent d\u2019excellentes bases pour un pareil accord. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les pr\u00e9misses : A partir de Mai-Juin 2000 c&rsquo;est \u00e0 dire du retrait isra\u00e9lien du territoire libanais, mis a part les minuscules fermes de Ch\u00e9baa sur laquelle existe un litige de souverainet\u00e9 entre le Liban et la Syrie, la pr\u00e9sence d\u2019un groupe arm\u00e9 au Liban comme le Hozballah au Sud Liban ne se justifie plus.<\/p>\n","protected":false},"author":1253,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[700],"class_list":{"0":"post-119987","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"tag-archives-fr"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119987","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1253"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=119987"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/119987\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=119987"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=119987"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=119987"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}