{"id":110626,"date":"2023-08-25T22:04:03","date_gmt":"2023-08-25T21:04:03","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=110626"},"modified":"2023-08-25T22:04:03","modified_gmt":"2023-08-25T21:04:03","slug":"voici-pourquoi-le-liban-en-faillite-est-devenu-une-destination-touristique-a-la-mode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/voici-pourquoi-le-liban-en-faillite-est-devenu-une-destination-touristique-a-la-mode\/","title":{"rendered":"Voici pourquoi le Liban en faillite est devenu une destination touristique \u00e0 la mode"},"content":{"rendered":"<div class=\"content-main content-main-full content-article-start\">\n<div class=\"article-start\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"content-main \">\n<div>\n<div>\n<h3><span style=\"color: #666699;\">Environ 2 millions de touristes \u00e9taient cet \u00e9t\u00e9 au Liban, et les lieux branch\u00e9s de Beyrouth sont bond\u00e9s. Ils auront d\u00e9pens\u00e9 9 milliards de dollars. Pas\u00a0suffisant pour redresser l&rsquo;\u00e9conomie de ce pays ou une famille sur deux est confront\u00e9e \u00e0 une grande pauvret\u00e9.\u00a0<\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-image\">\n<div><\/div>\n<div class=\"in\"><span style=\"color: #0000ff;\">Par\u00a0<a class=\"signature\" style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/auteurs\/the-economist_116\">The Economist<\/a><\/span><\/div>\n<div class=\"wrap-to-row\"><\/div>\n<\/div>\n<article class=\"container-inside-right\">\n<div class=\" corps\">\n<div class=\"\">\n<p>Voil\u00e0 une destination de luxe. Le vol de quatre heures depuis Duba\u00ef peut co\u00fbter 1.000 dollars. Les vacanciers d\u00e9boursent souvent plus de 450 dollars pour une chambre d&rsquo;h\u00f4tel, 100 dollars pour des assiettes de poisson grill\u00e9. Les cartes journali\u00e8res pour les clubs de plage peuvent co\u00fbter 25 % du salaire minimum mensuel des locaux, mais ces \u00e9tablissements\u00a0sont bond\u00e9s. Les r\u00e9servations dans les lieux branch\u00e9s sont prises d&rsquo;assaut.<\/p>\n<h2>PIB en recul de 98%<\/h2>\n<p>Nous ne sommes pas sur la C\u00f4te d\u2019Azur ou \u00e0 Mykonos. Mais au Liban, o\u00f9 une crise financi\u00e8re a plong\u00e9 le pays dans l\u2019une des pires r\u00e9cessions de l\u2019histoire. Depuis 2019, la monnaie a perdu 98 % de sa valeur et le PIB a plong\u00e9 de 40 %. L\u2019inflation annuelle est sup\u00e9rieure \u00e0 100 % depuis juillet 2020 alors que le pays tente d&rsquo;obtenir un plan de sauvetage de 3 milliards de dollars du Fond mon\u00e9taire international.<\/p>\n<h2>2 millions de touristes<\/h2>\n<p>Rien de tout cela n\u2019a emp\u00each\u00e9 le\u00a0<a href=\"https:\/\/www.skybarbeirut.com\/\">Skybar<\/a>, une discoth\u00e8que tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e de Beyrouth, de rouvrir cet \u00e9t\u00e9 apr\u00e8s une interruption de trois ans. Les f\u00eatards sirotent des cocktails exotiques et dansent toute la nuit sur un toit illumin\u00e9 de n\u00e9ons, m\u00eame si, dans les rues en contrebas, l&rsquo;Etat ne peut pas se permettre de garder l&rsquo;\u00e9clairage public allum\u00e9.\u00a0Walid Nassar, le ministre du Tourisme, estime \u00e0 2 millions de visiteurs l&rsquo;affluence de cet \u00e9t\u00e9, soit l&rsquo;\u00e9quivalent de 40 % de la population libanaise. La plupart sont des expatri\u00e9s libanais.<\/p>\n<h2>Un\u00a0d\u00e9jeuner \u00e0 765.000 lires<\/h2>\n<p>La crise d\u00e9coule d&rsquo;une \u00ab\u00a0cha\u00eene de Ponzi\u00a0\u00bb men\u00e9e depuis des ann\u00e9es par la\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/monde\/liban-un-rapport-d-audit-releve-des-fautes-dans-la-gestion-de-la-banque-centrale_864181\">banque centrale<\/a>, qui empruntait des dollars aux banques \u00e0 des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s pour financer d&rsquo;importants d\u00e9ficits jumeaux (commercial et budg\u00e9taire)\u00a0et maintenir une parit\u00e9 fixe. En 2019, il n\u2019y avait plus suffisamment de nouveaux d\u00e9p\u00f4ts pour la maintenir. Les banques ont ferm\u00e9 leurs portes pendant des semaines, puis ont impos\u00e9 des contr\u00f4les arbitraires des capitaux. Le pays a fait d\u00e9faut en 2020.\u00a0La lire \u00e9tait fix\u00e9e depuis 1997 \u00e0 1.500 livres pour un dollar, mais le taux officiel est rapidement devenu sans importance, des taux officieux ont fait leur apparition ainsi bien s\u00fbr que le march\u00e9 noir\u00a0des devises.\u00a0Pour un d\u00e9jeuner au bord de la plage, la facture s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 765.000 lires, soit 196 dollars au taux de subvention alimentaire, mais seulement 39 dollars au cours de change de la rue. Et ce alors que\u00a0la moiti\u00e9 des familles libanaises n\u2019ont pas les moyens de manger suffisamment, et encore moins de prendre des vacances.<\/p>\n<h2>Une manne de 9 milliards de dollars<\/h2>\n<p>Le tourisme est l&rsquo;un des rares secteurs cr\u00e9ateurs d&#8217;emplois. Les visiteurs d\u00e9penseront 9 milliards de dollars cette ann\u00e9e, soit une somme \u00e9gale \u00e0 41 % du PIB ratatin\u00e9 du Liban. Pourtant, l\u2019argent ne coule pas vraiment \u00e0 flot. Les serveurs ou barmans peuvent gagner entre 150 et 200 dollars par mois.\u00a0En 1977,\u00a0<em>The Economist\u00a0\u00a0<\/em>a invent\u00e9 le terme \u00ab\u00a0<strong>syndrome hollandais<\/strong>\u00a0\u00bb\u00a0pour d\u00e9crire comment la richesse en mati\u00e8res premi\u00e8res peut nuire \u00e0 l\u2019\u00e9conomie d\u2019un pays. Le Liban ne dispose pas de telles ressources (m\u00eame si des entreprises \u00e9trang\u00e8res reniflent le gaz naturel au large de sa c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne). Ce qu\u2019il y a, c\u2019est une diaspora tentaculaire.\u00a0Pendant des d\u00e9cennies, l\u2019argent des expatri\u00e9s a permis au Liban d\u2019enregistrer l\u2019un des d\u00e9ficits courants les plus \u00e9lev\u00e9s au monde (il a atteint 26 % du PIB en 2014). L\u2019\u00e9conomie \u00e9tait improductive, mais cet argent a permis \u00e0 de nombreux Libanais de se sentir comme s\u2019ils vivaient dans un pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire, achetant des marques import\u00e9es et r\u00e9servant des vacances \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Rien de tout cela n\u2019\u00e9tait durable.<\/p>\n<h2>L&rsquo;argent de la diaspora repr\u00e9sente 38% du PIB<\/h2>\n<p>Alors que la diaspora a cess\u00e9 de d\u00e9poser son argent dans les banques insolvables du Liban, les envois de fonds\u00a0 repr\u00e9sentent d\u00e9sormais le chiffre stup\u00e9fiant de 38 % du PIB. C\u2019est suffisant pour faire avancer le pays. Mais ces flux ne soutiennent que peu d\u2019investissements publics ou priv\u00e9s. Au lieu de cela, ils reviennent directement, finan\u00e7ant la consommation dans une \u00e9conomie qui d\u00e9pend encore fortement des importations. C&rsquo;est comme une coupe de glace par une chaude journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9t\u00e9, bri\u00e8vement d\u00e9gust\u00e9e mais vite oubli\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.challenges.fr\/monde\/voici-pourquoi-le-liban-en-faillite-est-devenu-une-destination-touristique-a-la-mode_865296?context=newsletter&amp;at_medium=email&amp;at_emailtype=retention&amp;at_campaign=Cha_NL_Essentiel&amp;at_creation=Essentiel_CHA&amp;at_send_date=20230825&amp;at_link=&amp;at_recipient_id=&amp;at_recipient_list=Essentiel_Actito_Targeting&amp;_ope=eyJndWlkIjoiNjViZDc0NWEyNDk1NjFlMDRiN2FhZDE0NGMzODEzM2EifQ%3D%3D\">CHALLENGES<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ 2 millions de touristes \u00e9taient cet \u00e9t\u00e9 au Liban, et les lieux branch\u00e9s de Beyrouth sont bond\u00e9s. Ils auront d\u00e9pens\u00e9 9 milliards de dollars. 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