{"id":101044,"date":"2022-11-22T18:53:46","date_gmt":"2022-11-22T17:53:46","guid":{"rendered":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/?p=101044"},"modified":"2022-11-22T18:53:46","modified_gmt":"2022-11-22T17:53:46","slug":"introuvable-unite-politique-de-letat-libanais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/middleeasttransparent.com\/fr\/introuvable-unite-politique-de-letat-libanais\/","title":{"rendered":"Introuvable unit\u00e9 politique de l\u2019\u00c9tat libanais"},"content":{"rendered":"<h3><span style=\"color: #666699;\">En ce 22 novembre 2022, la R\u00e9publique libanaise c\u00e9l\u00e8bre le 79\u00e8me anniversaire de son ind\u00e9pendance nationale de la puissance mandataire fran\u00e7aise. En 1920, la France avait cr\u00e9\u00e9 l\u2019\u00c9tat du Grand Liban en adjoignant au Sandjak autonome du Mont-Liban de 1861 cinq districts ruraux et les villes c\u00f4ti\u00e8res ainsi que Beyrouth, capitale d\u2019un vilayet ottoman depuis 1888. Au milieu du naufrage actuel du Grand Liban, il est utile de se demander si le mariage du Petit Liban de la Montagne avec les r\u00e9gions et les villes qui lui ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es a permis ou non de mieux r\u00e9aliser l\u2019unit\u00e9 politique au sein d\u2019un \u00c9tat moderne circonscrit par des fronti\u00e8res inviolables et jouissant d\u2019une souverainet\u00e9 que nul ne remet en cause.<\/span><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On a r\u00e9cemment vu, gr\u00e2ce aux media, l\u2019ancien pr\u00e9sident Michel Aoun se laisser promener \u00e0 Batroun par son gendre favori Gebran Bassil, dans un v\u00e9hicule \u00e9lectrique aux allures de \u00ab\u00a0Papamobile\u00a0\u00bb. Une petite foule de partisans enthousiastes applaudissait, lan\u00e7ait des vivats ainsi que des acclamations de loyaut\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9 au chef et \u00e0 son h\u00e9ritier politique. L\u2019image est hautement significative dans le contexte actuel d\u2019un Liban plong\u00e9 dans les t\u00e9n\u00e8bres \u00e0 cause de la gestion d\u00e9sastreuse de G. Bassil du secteur de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques. Le gendre du G\u00e9n\u00e9ral Michel Aoun poss\u00e8de donc un joujou automobile \u00e9lectrique dernier cri. On aimerait savoir comment il charge les batteries en lithium qui alimentent le v\u00e9hicule vu que l\u2019EDL ne fournit plus de courant \u00e9lectrique au pays. De m\u00eame, on aimerait savoir comment la m\u00eame EDL a pu accumuler un d\u00e9ficit de 40 milliards de dollars depuis 2009 sous la gestion de Bassil. \u00c0 ceci on ajoutera, \u00e0 l\u2019adresse de G. Bassil, le d\u00e9ficit des communications ainsi que les d\u00e9penses somptuaires engag\u00e9es pour construire moult barrages, tel celui de Mseilha qui ne retient aucune goutte d\u2019eau mais en facilite l\u2019infiltration en sous-sol.<\/p>\n<p>On r\u00e9torquera que l\u2019actuel pr\u00e9sident du parti identitaire d\u2019extr\u00eame droite CPL n\u2019est pas l\u2019unique responsable de la faillite de l\u2019\u00c9tat et de sa r\u00e9duction \u00e0 la disette. C\u2019est vrai. Le probl\u00e8me est plus profond et structurel car enracin\u00e9 dans une culture d\u2019un autre \u00e2ge qui a domin\u00e9, durant des si\u00e8cles, le Mont-Liban o\u00f9 les minorit\u00e9s druze, maronite et chiite ont fini par cohabiter ensemble gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019emprise d\u2019un noyau de familles f\u00e9odales, druzes et musulmanes surtout, qui ont ainsi pu assurer un minimum d\u2019unit\u00e9 politique dont le fondement se trouve dans le compromis perp\u00e9tuel sans cesse renouvel\u00e9 entre les notables des diff\u00e9rents clans. L\u2019unit\u00e9 politique, au sein de cette soci\u00e9t\u00e9 rurale, est d\u2019abord un ordre \u00e9tabli par la bonne entente entre dynasties familiales dirig\u00e9es par un seigneur, un \u00ab\u00a0<em>za\u00efm<\/em>\u00ab\u00a0. L\u2019administration ottomane g\u00e9rait ces r\u00e9gions par l\u2019entremise d\u2019un tel ordre f\u00e9odal. Par contre, les villes c\u00f4ti\u00e8res ainsi que l\u2019hinterland vivaient sous la domination directe de la bureaucratie ottomane. Zones d\u2019\u00e9changes et de commerce, les r\u00e9gions urbaines et c\u00f4ti\u00e8res ont ainsi permis \u00e0 une certaine bourgeoisie marchande, de type patricien, d\u2019\u00e9merger et de g\u00e9rer les cit\u00e9s et leurs d\u00e9pendances.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-101048 aligncenter\" src=\"https:\/\/middleeasttransparent.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/beycap.png\" alt=\"\" width=\"243\" height=\"327\" \/><\/p>\n<p>Dans son essai \u00ab\u00a0<em>Beyrouth, capitale contre le Mont-Liban<\/em>\u00ab\u00a0, Ezzedine Mohamad aborde cette probl\u00e9matique de l\u2019urbanit\u00e9 et de la ruralit\u00e9, exacerb\u00e9e par le d\u00e9veloppement fulgurant de Beyrouth \u00e0 partir de 1840 qui verra la modeste petite bourgade passer de moins de 10.000 habitants en 1800 \u00e0 plus de 200.000 en 1900. Cette nouvelle ville-monde sera proclam\u00e9e capitale du Grand Liban.<\/p>\n<p>La permanence de l\u2019esprit f\u00e9odal et clanique permet de comprendre pourquoi la foule de Batroun, priv\u00e9e de courant \u00e9lectrique et d\u2019eau courante, applaudit bruyamment le nouveau joujou \u00e9lectrique du seigneur fondateur de la dynastie dont le bien-aim\u00e9 gendre est l\u2019h\u00e9ritier d\u00e9sign\u00e9 du legs politique. Tout le sexennat de Michel Aoun (2016-2022) fut une interminable et laborieuse gestation du pouvoir dynastique, destin\u00e9 \u00e0 passer \u00e0 son gendre-l\u00e9gataire. Dans d\u2019autres r\u00e9gions rurales libanaises, d\u2019autres clans familiaux et d\u2019autres foules enthousiastes ob\u00e9issent \u00e0 la m\u00eame logique. La ruralit\u00e9, avec son clanisme f\u00e9odal, semble \u00eatre une constante ind\u00e9racinable dans certaines soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Ceci pose la question de l\u2019unit\u00e9 politique. Un syst\u00e8me f\u00e9odal est fondateur d\u2019un certain ordre \u00e9tabli o\u00f9 il n\u2019y a pas de citoyens, des sujets autonomes, mais des dynasties de familles et de clans. Ceci n\u2019a rien \u00e0 voir avec le contrat social. La r\u00e9f\u00e9rence qui cimente un tel ordre rel\u00e8ve plut\u00f4t de l\u2019arbitraire et de la bonne entente des \u00ab\u00a0parrains\/<em>za\u00efms<\/em>\u00ab\u00a0. C\u2019est ce qu\u2019avait constat\u00e9 le dernier gouverneur ottoman (1912-1915) du Sandjak du Mont-Liban, Ohann\u00e8s Pacha Kouyoumdjian qui pastichait la soci\u00e9t\u00e9 de son ressort administratif en disant qu\u2019elle \u00e9tait un m\u00e9lange de \u00ab\u00a0tribalisme s\u00e9mitique et de f\u00e9odalisme indo-europ\u00e9en\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Georges Corm, dans \u00ab\u00a0<em>Le Liban contemporain<\/em>\u00a0\u00bb regrette que \u00ab\u00a0Beyrouth et la Montagne n\u2019ont pas su s\u2019apprivoiser mutuellement\u00a0\u00bb apr\u00e8s leur r\u00e9union en 1920 au sein du Grand Liban. Ainsi, Robert de Caix de Saint-Aymour (1869-1970), \u00e9missaire fran\u00e7ais au Levant fait observer : \u00ab\u00a0Il est tr\u00e8s douteux qu\u2019une grosse ville comme Beyrouth [\u2026] soit une capitale d\u00e9sirable pour la Montagne ; le caract\u00e8re de celle-ci pourrait en \u00eatre alt\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Nombreux sont en effet les libanais qui se per\u00e7oivent toujours \u00ab\u00a0<strong>\u00e0<\/strong>\u00a0\u00bb Beyrouth et non \u00ab\u00a0<strong>de<\/strong>\u00a0\u00bb Beyrouth. L\u2019historienne Carla Edd\u00e9 attire l\u2019attention sur l\u2019importance, pour les Beyrouthins d\u2019origine, de se dire libanais depuis une ville du littoral \u00ab\u00a0syrien\u00a0\u00bb tant ceci \u00ab\u00a0donne un argument de poids au projet libaniste et brise l\u2019image d\u2019une revendication presque exclusivement maronite du Mont-Liban\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Fleuron incontest\u00e9 des r\u00e9formes ottomanes, les <strong><em>Tanzimat<\/em><\/strong>, Beyrouth poursuit son exceptionnel d\u00e9veloppement au XIX\u00b0 si\u00e8cle en se d\u00e9sottomanisant et en optant r\u00e9solument pour la modernit\u00e9 occidentale. Aux yeux de la Montagne, son \u00e9mergence se justifie par son inclusion dans sa propre sph\u00e8re d\u2019autonomie. Peu \u00e0 peu ceci a fini par inclure la ville dans les conflits de la Montagne. Aux yeux des nationalistes arabes par contre, Beyrouth existe parce qu\u2019elle \u00e9tait devenue la capitale incontest\u00e9e de la renaissance culturelle arabe. En prenant de l\u2019ampleur, Beyrouth va devenir le th\u00e9\u00e2tre de confrontation de la logique de ruralit\u00e9 et de celle d\u2019urbanit\u00e9. Devenue en quelques d\u00e9cennies la vitrine de l\u2019Orient arabe, elle sera le th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ration de tous les nationalismes de l\u2019Orient. Beyrouth n\u2019a pas eu le temps d\u2019\u00eatre politiquement elle-m\u00eame. Les anciennes grands familles de la Montagne et les notabilit\u00e9s patriciennes des villes \u00ab\u00a0vont entrer en rivalit\u00e9 pour la gestion du pays en usant du communautarisme le plus \u00e9troit\u00a0\u00bb. Ceci aura pour r\u00e9sultat un \u00a0\u00bb\u00a0r\u00e9gime d\u00e9testable de client\u00e9lisme confessionnel et de corruption qui bloquera l\u2019\u00e9panouissement de la soci\u00e9t\u00e9 libanaise\u00a0\u00a0\u00bb (G. Corm). La soci\u00e9t\u00e9 du Mont-Liban avait v\u00e9cu \u00ab\u00a0sous un r\u00e9gime politique fond\u00e9 sur la domination inter-communautaire de grands f\u00e9odaux\u00a0\u00bb sans intervention directe des autorit\u00e9s religieuses. Par contre, le Grand Liban sera g\u00e9r\u00e9 par un club \u00e9troit de familles qui, dans leur comp\u00e9tition pour le pouvoir, devront se concilier de plus en plus les forces communautaires.<\/p>\n<p>Un si\u00e8cle plus tard, en ce 79\u00e8me anniversaire de l\u2019ind\u00e9pendance, le statut de Beyrouth ne semble toujours pas r\u00e9solu. La capitale libanaise n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 acqu\u00e9rir une autonomie suffisante lui permettant de jouer le r\u00f4le rassembleur de matrice de l\u2019unit\u00e9 politique d\u2019une nation. G\u00e9ant urbain \u00e9conomique et culturel, elle n\u2019a pas pu acqu\u00e9rir le statut de cit\u00e9 normative en mati\u00e8re politique. Hypoth\u00e9qu\u00e9e par les contradictions de sa naissance, la ville n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre s\u00e9v\u00e8rement ruralis\u00e9e et l\u2019unit\u00e9 de son territoire fragment\u00e9e. Ce fut le cas durant la guerre civile (1975-1990). C\u2019est surtout le cas depuis l\u2019assassinat de Rafic Hariri en 2005 qui a mis le Liban et sa capitale sous l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de deux forces claniques identitaires: le Hezbollah musulman-chiite et le CPL chr\u00e9tien-maronite. Ce couple du populisme identitaire d\u2019origine rurale a remplac\u00e9 le couple bourgeois sunnito-maronite (Riad el Solh et B\u00e9chara el Khoury) qui avait fait le Liban ind\u00e9pendant de 1943.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de l\u2019interm\u00e8de \u00ab\u00a0haririen\u00a0\u00bb de la reconstruction de la ville (1992-2005), force est de constater qu\u2019aujourd\u2019hui la logique f\u00e9odale, clanique et identitaire semble triompher. Il suffit d\u2019observer la rocambolesque campagne \u00e9lectorale pr\u00e9sidentielle. Elle voit s\u2019affronter des h\u00e9ritiers de familles maronites traditionnelles m\u00eame si Gebran Bassil appara\u00eet comme un outsider \u00e0 un tel club f\u00e9odal. Depuis l\u2019acc\u00e8s de son beau-p\u00e8re Michel Aoun \u00e0 la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique en 2016, Bassil s\u2019est appliqu\u00e9 \u00e0 s\u2019en prendre, par tous les moyens, \u00e0 ses seuls rivaux chr\u00e9tiens pr\u00e9sidentiables afin de les d\u00e9truire politiquement.<\/p>\n<p>Certains r\u00eavent aujourd\u2019hui de retourner au Petit Liban, celui du Protocole de 1861 r\u00e9gissant le Sandjak autonome du Mont-Liban. D\u2019autres, et ils sont nombreux, souhaiteraient m\u00eame retourner au r\u00e8glement de 1845 qui avait divis\u00e9 la Montagne en deux districts (<em>ca\u00efmacamats<\/em>), ce qui avait consacr\u00e9 l\u2019autonomie communautaire, en l\u2019occurrence la division confessionnelle sur une base territoriale. Le compromis de 1845 fut un \u00e9chec. D\u2019autres formules d\u2019implosion sont \u00e9galement d\u00e9battues actuellement. Tout le monde semble avoir fait le deuil de l\u2019\u00c9tat unitaire, celui de 1920, sans m\u00eame se pr\u00e9occuper de la condition\u00a0<em>sine qua non<\/em>\u00a0indispensable \u00e0 toute formule f\u00e9d\u00e9rative : l\u2019\u00c9tat central.<\/p>\n<p>Il existe deux obstacles insurmontables \u00e0 toute formule f\u00e9d\u00e9rative actuellement :<\/p>\n<ul>\n<li>Le premier est le conflit existant sur la nature m\u00eame de l\u2019\u00c9tat central. Tel est le noyau central de la crise libanaise depuis 2005 et la mont\u00e9e en puissance de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie iranienne. On voit mal comment une f\u00e9d\u00e9ration pourrait se voir stabiliser dans ces conditions.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le deuxi\u00e8me rel\u00e8ve de l\u2019archa\u00efsme clanique, notamment en milieu chr\u00e9tien. Si aujourd\u2019hui, dans un Liban unitaire, la campagne pr\u00e9sidentielle est une interminable s\u00e9rie de r\u00e8glement de comptes entre chefs maronites pr\u00e9sidentiables, on peut pr\u00e9dire que dans un canton confessionnel chr\u00e9tien homog\u00e9n\u00e9is\u00e9, on risque bien d\u2019assister \u00e0 une interminable guerre civile entre chefs de clans afin de faire \u00e9merger un chef unique, n\u00e9cessairement le parrain le plus fort, c\u2019est \u00e0 dire le moins d\u00e9mocratique, capable de toutes les forfaitures possibles lui permettant de s\u2019approprier le pouvoir supr\u00eame au sein de son groupe.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019explosion du 4 ao\u00fbt 2020 sur le port de Beyrouth fut le tomber de rideau de l\u2019aventure exceptionnelle d\u2019une grande m\u00e9tropole ouverte et cosmopolite, lieu d\u2019une modernit\u00e9 ouverte sur le monde. Cette explosion cl\u00f4ture un chapitre fabuleux de la capitale libanaise, aujourd\u2019hui tristement ruralis\u00e9e et fragment\u00e9e par des forces identitaires populistes et des milices li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Si ce 79\u00e8me anniversaire de l\u2019ind\u00e9pendance de la R\u00e9publique Libanaise doit avoir un sens, ce serait celui de \u00a0\u00bb repenser Beyrouth \u00a0\u00bb afin de mener \u00e0 bien le chantier de l\u2019unit\u00e9 politique libanaise \u00e0 venir, loin de son cadre archa\u00efque et traditionnel qui suscite encore tant de nostalgie chez certains.<\/p>\n<p>acourban@gmail.com<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/icibeyrouth.com\/liban\/156258\">Ici Beyrouth<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En ce 22 novembre 2022, la R\u00e9publique libanaise c\u00e9l\u00e8bre le 79\u00e8me anniversaire de son ind\u00e9pendance nationale de la puissance mandataire fran\u00e7aise. 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