Les sciences politiques interdites en Ouzbékistan

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«Une pseudo-science occidentale qui ne prend pas en compte le modèle ouzbek» : c’est ainsi que le gouvernement d’Islam Karimov justifie l’interdiction de l’enseignement des sciences politiques dans les universités d’Ouzbékistan. C’est une lettre ouverte d’un groupe de chercheurs ouzbeks sur Facebook qui a donné l’alerte le 29 août, avant que le décret officiel ne soit rendu public. Dans celui-ci, le ministre de l’Education, Alisher Vakhabov, ordonne que les mots «science politique» soient retirés des intitulés de cours, qui devront s’appeler désormais «Théorie et pratique de la construction d’une société démocratique en Ouzbékistan». Le ministre demande aussi aux bibliothèques des universités de verser tous les livres traitant le sujet dans un fonds spécial accessible uniquement sur demande.

Vieux dinosaure à la tête du pays du temps même de l’Union soviétique, Islam Karimov a obtenu en mars un quatrième mandat de président à 77 ans, avec 90,39 % des voix, d’autant plus facilement que ses trois adversaires étaient tous issus de partis politiques alliés. Alors que la constitution de ce pays de 30 millions d’habitants ne permet que deux mandats, il dirige le pays depuis un quart de siècle.

Campagnes massives de travail obligatoire dans les champs de coton, stérilisation forcée, absence de médias indépendants, détention arbitraire, torture, sont régulièrement dénoncés par les défenseurs des droits de l’homme. Selon les ONG, au moins 10 000 personnes seraient détenues pour des motifs politiques par le régime de Tachkent. L’Ouzbékistan est considéré comme l’un des régimes les plus corrompus et autoritaires de la planète. Farkhad Tolipov, éminent professeur à l’origine de la lettre ouverte, rappelle que le terme «pseudo-science» était employé par l’Union soviétique dans les années 30 et 40, et incluait déjà la géopolitique.

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